lundi 11 novembre 2019

Un immeuble






































Il m'arrive peu souvent de vous montrer des cartes postales aussi anciennes. Mais j'aime parfois contredire mes intentions, mes recherches et ce matin, au boulodrome de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, dans la chaleur commune de tous, chinant ensemble, je n'ai pu résister à cette carte-photo.
Dans une ville qui restera inconnue, à une date qui restera inconnue (circa 1905-1910) on voit une façade d'immeuble avec ses trois balcons, l'un au dessus de l'autre, chacun occupé par des habitants qui posent de toute évidence, ils regardent le photographe.
Me voilà au 11 rue Simon-Crubellier, immédiatement.
Et je pense à ce que habiter veut dire. Le balcon, projection merveilleuse d'un petit porte-faux sur l'extérieur reste cet espace de connivence avec le monde des autres, ce droit minimum à une part de ciel, suspendu dans le vide, l'habitant y profite de l'air. Ici, l'immeuble n'a vraiment rien d'extraordinaire et on reconnait dans les fers des balcons des fontes sans doute bon marché.
Mais que les fenêtres sont hautes ! Comme Auguste Perret les aurait aimées ! L'homme et la femme debout, devant.
On devine aussi la séance de pose. Le photographe demandant à tout le monde d'occuper son balcon. Même famille sans doute ou au moins amitié partagée qui fait qu'il est heureux de se voir photographier ensemble. Un nouvel emménagement ? Les enfants en haut avec l'homme et deux femmes seules sur les premiers étages, que veut dire cette distinction ?
Au dessus de la porte d'entrée une pancarte laisse lire le mot : reparaturen, ce qui, en allemand, signifie réparation. Mais de quoi ? Et serions-nous donc en Allemagne ?
Est-ce cette réparation qui justifie cette prise de vue ?
J'ai d'abord eu du mal à me convaincre que jamais je ne saurai où nous sommes. J'aurais aimé qu'un menu détail me fasse remonter la piste et que, même, peut-être, un jour, je puisse retrouver ce lieu et y faire un cliché. Mais il y a si peu de chances. Si peu...
Alors je me réjouis des images qui surgissent de ma culture, de ce goût du balcon chez les peintres comme Caillebotte, de ce moment des immeubles un peu hausmanniens et du rythme de vie de chacun, l'un au dessus de l'autre, dans des espaces communs et identiques. Cet immeuble est sans doute dans ses formes encore moderne pour l'époque, lumière et air et fausse subtilité d'un décorum bourgeois. Pilastres, corniches etc...On imagine aussi la hauteur des plafonds, la surcharge décorative des intérieurs qui déborde un peu sur les rideaux en crochet des fenêtres.
On pourrait aussi questionner face à ce type d'immeuble tout ce que la Modernité a voulu transformer de cette manière d'habiter la ville.
Qui y-a-t-il ici de si terrible à dénoncer, à quoi faudrait-il renoncer ?
La densité ? La monotonie ? La fausseté des décors ? Le rapport à la rue ?
Je ne sais pas vraiment.
Et je m'en fiche.
J'aime mieux tenter d'entendre les conversations de ce moment, la jovialité qu'il a demandé, l'accord de tous pour participer, le jeu aussi et même l'humour de la situation.
Il y a dans cette mise en scène d'une façade d'immeuble dans une ville inconnue quelque chose que nous reconnaissons tous. Nous appartenons finalement à ce genre d'image, nous en sommes en quelque sorte.
Et comme ils durent tous être impatients, quelques heures ou quelques jours après de voir revenir le photographe avec ses clichés et de rire ensemble d'être...ensemble.
Maintenant ils sont chez moi, retenus dans le temps, à jamais convaincus qu'ils se sont bien amusés ainsi de leur architecture, de leur ville, de leur monde.
Je vous promets à vous six, de vous garder au mieux, encore longtemps ensemble.
Je suis avec vous.





dimanche 10 novembre 2019

Xavier Mauduit, taisez-vous*

Depuis quelques années, il est facile de voir comment France Culture devient France Inter.
Et c'est bien, de ma part, un regret.
Si on devait trouver une preuve parfaite de cette France-Interasition de France Culture, il suffit d'entendre Xavier Mauduit dans l'émission d'histoire du matin.
Son ton étonné de lui-même, d'avoir le droit de parler là, sur France Culture, sa manière de reprendre l'antenne et le vocabulaire qu'il essaie toujours de simplifier, de traduire, comme si l'auditeur n'était pas assez cultivé pour en saisir une complexité, tout cela forme une émission de radio sur l'histoire qui ressemble à un cours d'histoire-géographie dans un collège des années 80.
Une petite musique vulgarisée, simplifiée et bien pensante.
Il n'ouvre jamais le débat, toujours il laisse croire que l'invité a raison : servilité amourachée du passe-plat.
Ni journaliste, ni chroniqueur, ni penseur d'ailleurs (et surtout pas) il est une fraicheur joyeuse pour auditeur convaincu. Un entre-soi de la gentillesse humaniste, réduisant son rôle à une fiche lecture type Annabac.

Il a une mission de vulgarisation.

Ce jeudi, une caricature de cette position :

https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/une-histoire-du-vivre-en-ville-44-reves-et-cauchemars-architecturaux


Dans le mixeur de sa pensée et de celle de son invitée Samia Henni, on mettra Fernand Pouillon, l'Armée, la Colonisation, le mot "camp", l'urbanisme et bien évidemment pour fermer le clapet de tout le monde Maurice Papon.
Et bien entendu le glissement de terrain se fait : les Grands Ensembles de France sont des copies de camps de concentration voulue par l'Armée Française de la Colonisation en Algérie.... Algérie, terrain des délires autoritaires des architectes et urbanistes français (donc forcément complices des militaires et de l'autorité)... Ouh... C'est sulfureux en diable !
Voilà Mauduit qui dénonce un complot droitier ! Ça sent le Pulitzer !
Et l'invitée ira jusqu'à accuser Paul Delouvrier d'être l'architecte de ces errements post-coloniaux en région parisienne. Voilà. Ben voyons... Pauvre Pouillon, instrumentalisé aussi.
On rigole.
Car, une fois encore, l'objectif c'est de nous culpabiliser.
On le fera sans aucune, aucune, aucune, aucune analyse de l'architecture, on le fera sans aucune lecture des plans, on le fera sans aucune explication probante de ce qui fait l'architecture ou la ville, sur la formation et l'histoire des architectes, on le fera et c'est le plus grave sans aucune contradiction ou opposition puisque le livre est édité chez B42, ce livre est forcément juste... On rit des documents d'époque forcément complices, on se moque de leur ton, mais on ne les analyse pas, mot à mot, réel contre réel. L'auditeur se doit d'être un ami complice comprenant le second degré et les sous-entendus. Le pire chez Mauduit, dans une émission d'histoire, c'est bien son instrumentalisation des documents et ses reprises d'antenne.
Car ce qui compte ce n'est pas le réel, c'est l'idée que l'on s'en fait en amont. Et la purée idéologique est en place, pré-digérée et diffusée sur France Culture.
Et Björk viendra rassurer le gentil Xavier.

Pourrions-nous rêver sur France Culture que l'architecture et l'urbanisme ne soient pas ainsi mixées par des incompétents ? Quand retrouverons-nous sur cette chaîne de vrais spécialistes, de vrais historiens de l'architecture et de la ville et surtout quand retrouverons-nous des vraies sensibilités éveillées et non des idéologies ?

Alger, La Nouvelle Gare Maritime par les éditions JOMONE en vétitable photographie.
Pas de nom d'architecte ni de photographe (sans doute que l'Armée surveille...)
Cette nouvelle Gare serait de Urbain Cassan, architecte et des Frères Perret comme constructeurs.
Michel a fait une croix pour dire qu'il habite là à son fils chéri resté en Métropole en 1957. Michel est sans doute un collaborateur de l'Autoritarisme Colonial Français.


Alger, Boulevard Bugeaud, la Nouvelle Mairie, toujours chez JOMONE éditeur. On note une édition qui joue au grand luxe avec grand bord blanc et même cuvette gaufrée pour y installer la photographie d'une grande qualité maIs qui restera donc anonyme.
La Nouvelle Mairie serait de Messieurs Ferlié et Niermans, architectes.

Même éditeur, même choix éditorial pour le tout aussi superbe Hôtel des Postes d'Alger que l'on doit à Jules Voinot et Marius Toudoire, architectes. Il doit s'agir pour Mauduit et son invitée d'une honteuse appropriation des signes culturels mauresques et maghrébins....


pour revoir l'Algerie sur ce blog :
https://archipostcard.blogspot.com/2012/03/algerie-evenements-volume-3.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/05/algerie-moderne-par-mr-mauri-architecte.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/01/at-bat-afrique-algerie.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/01/tout-est-juste-chez-pouillon.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/02/herbe-alger-eleve.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/05/le-couteur-alger.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/03/oran-blanche-et-bleue-pastel.html 
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/09/la-tuile-bouteille-est-une-fusee.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/02/il-est-frais-mon-architecte-il-est-frais.html

* c'est un hommage à l'un de vos collègues, Xavier.


mercredi 6 novembre 2019

La transparence

Le Palais des Congrès de Royan est sans doute l'une des plus belles réalisations de cette ville et surtout, l'une des dernières suffisamment bien conservée pour en lire les atouts. Malgré les extensions et sa façade vitrée, (ou grâce...) le Palais des Congrès a su conserver sa place dans le parcours de l'Architecture Modernes d'exception à Royan.


Si de nombreuses cartes postales nous en montrent sa façade incroyablement complexe et belle dont l'intérêt provient du jeu particulièrement étudié des capillarités entre le dedans et le dehors, il y a peu de cartes postales allant voir l'autre façade, celle sur le jardin abrité derrière le Palais.
Certes, bien moins spectaculaire, cette façade n'en possède pas moins des atouts que cette édition Elcé (Chatagneau éditeur écrivez-moi svp) fait apparaître avec force.
D'abord, à l'opposé de la façade sur mer, une grande régularité presque stricte dont les éléments préfabriqués donnent le rythme, éléments, rappelons-le de Jean Prouvé. Ce mur-rideau propose à la fois un jeu de verticales et d'horizontales dont la séparation est articulée par la trouée béante de l'entrée. On peut presque voir la mer au travers... La transparence est totale.










































C'est bien cette transparence que le Palais des Congrès devra retrouver lors de sa future restauration. Il faudra aussi retrouver la lecture première de ces éléments de façade, redonner au bâtiment la clarté de ses modules et donc de ses fonctions. Car, ici, le mur-rideau parle en quelque sorte de son intérieur et de son plan. La cage de verre qui semble ainsi traverser la construction prouve aussi l'originalité de sa structure pouvant libérer des espaces vides allant d'une façade à l'autre. Il faut que, côté jardin, on n'oublie pas la jubilation du grand large et offrir de fait une vision, une projection de ce spectacle.
On note aussi que le Palais des Congrès agit comme un abri pour ce jardin permettant son existence hors d'un contact trop vif avec les éléments marins. Ce jardin est donc un morceau de ville offert aussi par le barrage que constitue le Palais des Congrès. Un havre, en quelque sorte.
Il va de soi que nous sommes impatients de retrouver ainsi notre Palais des Congrès, de pouvoir enfin revenir boire un Orangina sur sa terrasse en ne sachant pas bien si nous sommes dans le ciel, dans la mer, sur la terre.
La carte postale fut expédiée en 1962.
Parce que je me crois à Royan, j'en profite avec vous :






































Cette spectaculaire carte postale fut éditée par Iris pour Cap-Théojac. On y voit Notre-Dame comme écrasant le Front de Mer, le surplombant avec une force que j'ai du mal à restituer dans mon imaginaire. Le photographe J.-D. Surdes a fait là un incroyable travail, certainement au téléobjectif pour faire en quelque sorte venir Notre-Dame sur le devant. Quelle belle image ! Quelle force !
On note que le photographe, sans doute attendri par le capital romantique du béton de Royan a aussi cadré la nonchalance de la promenade d'un couple, les pieds dans l'eau goûtant le plaisir simple d'une marche dans la mer. Le Casino est encore là, présent, beau.
Rien à ajouter devant une image aussi précieusement baignée d'un bleu-gris attendri.
Rien.
Ah si...
J'aimerais y vivre aussi ma transparence.



dimanche 3 novembre 2019

Marcel Gascoin à la ferme

Aujourd'hui, je ne vous proposerai pas de carte postale mais un article paru dans la revue Le Pèlerin en 1949.
Cette revue provient une fois encore de la collection de mon frère Christophe. Qu'il en soit ici remercié.
En double page centrale, on trouve donc un article dans cette revue encore très pauvre sur la Reconstruction et notamment, pour une fois, sur la Reconstruction en milieu rural qui est souvent oubliée dans les livres d'histoire alors même que la France est encore largement paysanne. D'ailleurs le titre de cet article 3 millions de fermes à rénover permet de comprendre la tâche à accomplir.
Bien entendu, ce désir de faire de ce chaos une chance pour une agriculture moderne rappelle les désirs de Bézard et de Le Corbusier à Piacé. Mais on devine rapidement que là où le duo d'avant-guerre repense totalement l'organisation professionnelle et son rôle dans la société, allant du détail du mobilier aux jonctions routières, ici, dans cet article il est certes question d'architecture rationalisée et de mobilier mais moins d'une redistribution du rôle des campagnes dans la vie nouvelle. Il s'agit aussi surtout de revoir les dispositions du travail des femmes dans la ferme, les tâches y étant sexuées : l'extérieur et la culture aux hommes, l'intérieur et le foyer aux femmes.
Mais ne soyons pas trop rapidement des juges de cette réalité et de cette disposition d'esprit, il faut toujours tenter de voir dans ce qui nous étonne ce que signifie aussi pour nous, aujourd'hui, notre point de vue.
On note par contre que Marcel Gascoin utilise les mêmes dispositifs rationnels pour permettre une libération des espaces avec son architecte M. Maître. Les circulations y sont particulièrement étudiées, les espaces ouverts et là-aussi, l'économie des efforts particulièrement bien étudiée. Le passe-plat attribué à Corbu et Perriand trouve aussi ici son rôle. On note aussi un désir moral de faire du mobilier et de la maison moins un patrimoine familial mais plus un outil pour vivre mieux, plus sainement mais aussi dans le désir d'un équilibre des tâches et des fonctions plus marqué. On ne sait pas, par contre, comment Marcel Gascoin a étudié la vie dans les fermes, comment avec M. Maître, ils ont ensemble réuni les informations et les souhaits des uns et des autres même si, en 1949, la vie à la ferme est encore bien partagée par tous et visible.
On note que les images sont des dessins très sobres, très clairs. Une grande netteté y domine, un vide décoratif presque monacal. Couleurs et lumière dessinant les espaces dans lesquelles les pièces de mobilier viennent se poser doucement. On reconnaît d'ailleurs parfaitement le type du mobilier de Marcel Gascoin et son rationalisme adouci.
Il est difficile aussi de savoir si, par hasard ou par recherches, Marcel Gascoin et M. Maître ont eu connaissance du projet de Piacé. Ce qui est certain c'est que tout cela révèle un état d'esprit, une certaine idée de ce que doit être une fonction. Mais aussi de ce que cette Modernité demande d'abandon à une certaine tradition patrimoniale et cela à l'intérieur d'une revue catholique dont on peut aujourd'hui s'étonner qu'elle ait pu faire écho à cette Modernité : ici, non pas au nom d'une révolution sociétale nécessaire mais au nom simplement de ceux qui vivent ces espaces et ces fonctions. Une dignité retrouvée, sans doute.
Je vous donne ce lien vers un excellent article de Patrice Gourbin écrit pour le CAUE 14. Vous y verrez quelques images du travail de M. Maître, architecte et y comprendrez, par une belle analyse le beau Patrimoine de cette Reconstruction dans le Calvados. Voilà du beau travail.
http://caue14.com/wp-content/uploads/2014/01/architecture_urbanisme_de_la_reconstruction_dans_le_calvados.pdf

Je vous rappelle aussi ce blog, celui qui, en quelque sorte a réinventé Marcel Gascoin, c'est là encore un excellent travail :
http://art-utile.blogspot.com/2012/11/marcel-gascoin-interview-1963.html

Bonne lecture... Bon courage à ceux qui vont prendre leur voiture pour chercher, au fond d'une grange du Calvados, un buffet ou un siège de Marcel Gascoin...

























































































dimanche 27 octobre 2019

Futuro et micro chez les soviets

Alors hier je vous faisais plaisir.
Je crois.
Aujourd'hui je continue :



J'ai hâte de voir à quelle vitesse cette image va se retrouver chez les petits suiveurs, Bublemania et consorts. Consort en un seul mot. As-tu déjà oublié de le préciser ?
Oui, il s'agit bien d'une Futuro. Oui il s'agit bien d'une carte postale et même d'une carte postale soviétique comme eux seuls savaient les faire avec un verso proposant toutes les grilles nécessaires à remplir (attention de ne pas déborder, l'administration soviétique n'aimait pas ça).
Cette Futuro est une école de ski dans la région de Karatchaï et... elle y est encore ! Et on peut même y dormir si cela vous tente. 
L'image n'est-elle pas superbe ? La Futuro est posée dans le blanc de la neige, faisant fi de la pente et regardant la montagne.


On aimera tout particulièrement les quatre personnages faisant la queue et attendant l'ouverture de la soucoupe volante ! Ils ont tous un petit cartable comme s'ils allaient à l'école... de ski ?
Des apprentis-guides de montagne ou de simples citoyens venant à leur cours de glissade ?
Étrangement perdue là sur la pente de la montagne, soudain je me pose une question (et vous excuserez mon pragmatisme) : où vont les eaux usées, vous voyez ce que je veux dire ?
On devine deux énormes tuyaux  plongeant depuis la Futuro vers le sol... Ça doit être ça !
La carte postale n'ayant pas été envoyée, elle ne propose pas de date. L'éditeur non plus, seul le nom du photographe Ivanov Ivanov est lisible. Bien entendu, le nom de l'architecte Matti Suuronen n'est pas non plus mentionné.




Et comment est-elle arrivée ici cette Futuro ? Est-elle descendu du ciel suspendue à un incroyable Mil Mi 12 ?
Mais je me pose la question de la diffusion de ce modèle dans l'Union Soviétique. Suuronen aurait-il vendu ses moules et son modèle à l'Union Soviétique ?
Surtout que l'Union Soviétique faisait également des recherches dans les micro architectures comme en témoigne cette exemple trouvé dans les archives de l'Agence Lestrade. Merci Jean et Walid de m'avoir signalé cet article*.
On aimerait, bien entendu, très vite, trouver les archives de l'Institut Zonal de Recherches et d'Élaboration de Projets Expérimentaux de Bâtiments Industriels et Publics de Leningrad ! Avec un tel titre de bureau, cela devrait être bien chouette de retrouver les études et d'entendre les témoignages des architectes... On note une influence de Haüsermann ou Antti Lovag dans les formes libres et organiques même si la façade en tôle et hublots fait aussi penser à Prouvé. On s'étonne que le béton, même en coque fine, soit le matériau choisi pour ce genre de construction rapide mais surtout en terrain et climat difficile. Mais comme il devait être plaisant de rêver sortir de sa bulle pour lire le dernier numéro de la Pravda. Si on regarde derrière la bulle soviétique on devine les formes d'un autre bâtiment qui a l'air aussi très curieux. Il est aussi amusant de constater que cette utopie d'une architecture légère, en nappe et en module simple a pu traverser le rideau de fer surtout que l'on aime l'Union Soviétique bien plus pour son brutalisme architectural très monumental.



































Pour revoir quelques articles sur la Futuro ou sur Matti Suuronen :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/05/pour-reseau-national-des-micro-et.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/10/venturo-house-entre-mer-et-foret.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/01/toute-petite-suite-hollandaise.html

* comme j'en ai ras le bol de voir mes documents pillés et copiés sans source, je fais de même. Cette source ne vous sera communiquée que si vous la demandez gentiment. Et ne cherchez pas dans A.A...

samedi 26 octobre 2019

Et sur cette pierre je bâtirai mon église

Bon.
Euh...
C'est plus qu'exceptionnel et rare.
Voilà :



Ce document va nous demander beaucoup d'analyses et d'enquêtes.
Sur cette photographie, on reconnaît évidemment Le Corbusier. On devine mal ce qui fait le décor autour de lui. Au fond, un mur de pierre et une foule attentive. On reconnaît facilement aussi des hommes d'église. Le mystère sur ce moment est lui vite élucidé car au verso tout nous est indiqué par notre mystérieux correspondant : il s'agit de la pose de la première pierre de la Chapelle de Ronchamp. C'est donc pour l'architecture mondiale un moment particulièrement important et émouvant. Mais si le verso semble rapidement répondre à nos interrogations, il ne nous permet pas de circonstancier ce moment et de bien comprendre qui est là (à part Corbu) et qui, surtout, fait cette prise de vue et invente donc cette iconographie historique. Existe-il un contre-champ de cette prise de vue permettant de voir le photographe qui cadre ainsi l'architecte ?
Que fait Corbu ?
Le prêtre semble lui indiquer un endroit sur une feuille de papier et Corbu semble vouloir écrire ou signaler quelque chose. En fait, il signe le parchemin qui sera scellé dans la pierre.
L'autre élément important de ce document c'est bien la pierre elle-même. Il me faudra savoir où elle se situe exactement à Ronchamp et quelle est donc cette forme étrange aux angles bien droits qui la dessinent.
Quelqu'un connaît-il un témoignage direct de cette pose de première pierre ?
Qui saura identifier les personnes sur ce cliché ?
On reconnaît très bien Georges Béjot juste derrière Le Corbusier qui s'adresse à un jeune prêtre à lunettes qui doit être Lucien Ledeur. Sur un site, je retrouve exactement ce cliché et aussi un autre pris un peu avant. Mais alors qui a ainsi publié plusieurs fois cette image et dans quelle cadre fut-elle diffusée ?
Ce site nous indique la piste de l'Abbe Bollé-Rédat ce qui, évidemment, sur ce blog, nous indiquerait une possible proximité avec Charles Bueb.


On note aussi que même si cette photographie fut bien envoyée comme une carte postale, c'est-à-dire directement, à nu, sans enveloppe, elle ne possède aucun signe éditorial du genre. On note que la disposition du texte et de l'adresse existe simplement par une séparation d'un trait au stylo-bille et que le positionnement du timbre est tout de même très fantaisiste. La carte n'est pas signée comme si l'image, l'écriture mais aussi le sujet permettront au destinataire de comprendre immédiatement qui est son correspondant. Cela indique une familiarité à l'événement, au lieu et peut-être aux protagonistes. On admire aussi le professionnalisme des personnels de la Poste à l'époque pour déchiffrer et trouver le destinataire... La carte fut expédiée le 11 septembre et arriva le 13 de l'année 54 soit quelques mois après l'événement.
La présence des architectes sur les cartes postales est rare sauf dans des cas auto-promotionnels (Hector Guimard) ou institutionnels. Par contre, la pose de la première pierre est souvent l'occasion d'une carte postale mais alors il s'agit de cartes postales du début du siècle ou des années 20 lors de la reconstruction des églises après la Première Guerre Mondiale. La présence de Corbu sur cette image, le désir même de cette image de l'architecte, la considération à son égard tout cela prouve en tout cas que Corbu avait déjà bien une image et une reconnaissance telle que de le partager était le signe d'avoir vécu un moment privilégié de l'Histoire de l'Architecture.
Espérons que rapidement nous aurons plus d'informations sur ce moment, sur le photographe pour que ce moment émouvant puisse prendre toute la lumière qu'il mérite.
Cette carte postale, (carte-photo) est de fait maintenant l'une des plus belles et des plus rares de ma collection.
Et j'ai plaisir à la partager avec vous.
Pour revoir quelques articles sur Ronchamp :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2019/05/avec-des-planches-du-courage-et-du-genie.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/04/charles-bueb-publie-ronchamp-revele-le.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/06/la-fatigue-ronchamp.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/07/les-missiles-sur-ronchamp.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/04/le-corbusier-au-cube.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/07/ma-quete.html
......






L'homme à droite a un casque sur la tête et semble porter un micro dont le fil passe sur le visage des spectateurs :

 Mais comment s'appelle dans la liturgie le nom de ce seau rempli sans doute d'eau bénite ?






dimanche 20 octobre 2019

Deux hôtels

Celle-là, vraiment, je ne m'y attendais pas !
Comme quoi, il faut maintenir les recherches et surtout être prêt à de belles surprises. Surtout que celle-ci vient de Suisse et qu'il faut bien le dire, le flot du tout-venant des cartes postales ne nous montre pas tant que ça ce beau pays pourtant si avide d'architectures modernes et contemporaines. Alors, réjouissons-nous :



Ce magnifique bâtiment est l'hôtel Bernerhof à Interlaken. Comment ne pas tomber amoureux immédiatement de son dessin, de son béton laissé brut. Regardez comment l'architecte a composé sa façade. En fait, il oriente toutes les fenêtres vers la percée urbaine afin de permettre à toutes les chambres d'avoir un point de vue sur la rivière et les montagnes. En ce sens, la vue satellite nous permet de mieux comprendre ce travail et pourquoi toutes les ouvertures sont ainsi anglées en opposition à la rue. Aujourd'hui, malheureusement, l'Hôtel Bernerhof a été peint de manière très laide.

























Finissant dans une proue agressive et pointue d'où s'échappe un délicieux escalier en colimaçon, l'Hôtel Bernerhof a aussi sur son toit des édicules dont le dessin semble plus libre et contrastant avec cette façade. Tout le rez-de-chaussée est ouvert et avec mon compte-fil je remarque que les clients fixent tous le photographe, Monsieur E. Häsler qui travaillait à Interlaken.



La carte postale ne nous donne pas de nom d'éditeur, elle fut donc éditée directement par l'Hôtel Bernerhof mais, par contre, elle nomme bien l'architecte : Peter W. Klaus.
Est aussi précisé " dipl. Architekt ETH/SIA, Zürich 6."
Je ne trouve malheureusement aucune piste dans ma documentation ni dans le Fonds Lestrade.
Quelle autre merveille helvète Peter W. Klaus a-t-il dessinée ?
Si nos ami(e)s suisses pouvaient nous aider...

Quittons la Suisse en voiture de sport rapide et confortable. Dirigeons-nous vers Rotterdam. En entrant dans l'Hôtel Hilton, nous n'aurons pas besoin de nous présenter, le réceptionniste nous reconnaîtra forcément et nous indiquera que notre chambre habituelle est disponible. Oui, nous sommes comme ça. Simples...


Le brouhaha des jets d'eau sur le devant de cette carte postale des éditions Vita Nova ne nous empêchera pas de lire le très beau et très pur dessin de Huig Maaskant son architecte.
Ce dessin est tellement un archétype du genre, parfaitement raide, génialement strict et rude. Admirons comment les ouvertures sont distribuées sur cette façade avec le décrochement en bout de lignes d'immenses baies largement ouvertes.
Beauté radieuse.
L'éditeur ne nous dit de l'architecte ni de son photographe.
Pourtant, tous les deux, ont su trouver le moyen de faire entrer le ciel dans la façade.







lundi 14 octobre 2019

Ris-Orangis, dossier largement ouvert










30 novembre 2019 : courrier envoyé ce jour au Préfet de l'Essonne. On notera aucune réponse de personne concernant les courriers précédents...Pourquoi changer des habitudes ?

à Monsieur Albertini
Préfet de l’Essonne
Monsieur le Préfet,
par la présente, je vous indique que je fais donc appel de la décision négative* prise par la commission des Monuments Historiques.
Ce dossier, de fait, n’a pas été traité correctement et surtout a été traité dans des délais déraisonnables de la part d’une administration.
Plus de 7 années...
Il va de soi que ce délais a malheureusement permis à la construction d’être transformée ce qui a forcément joué sur son avenir mais également sur son classement.
Qui porte la responsabilité de cette défiguration  ?
Pendant ces 7 longues années sans réponse de cette administration, je n’ai jamais eu aucun contact direct pour expliquer ma démarche ou faire la démonstration de la nécessité de ce classement auprès des personnels en charge de ce classement. Je n’ai pu défendre ce bâtiment devant cette commission, ni même y exprimer simplement ma démarche.
Tout cela est un très mauvais signe envoyé aux citoyens qui voient leur demande légitime auprès d’une administration traitée avec des délais irrespectueux et surtout ayant des conséquences néfastes sur ce Patrimoine.
Mon expérience me prouve que d’autres DRAC travaillent plus respectueusement avec les citoyens.
En conséquence, je vous demande d’annuler cette décision et d’appuyer ma demande d’un nouveau passage en commission plus respectueux d’une attente de 7 années.

Veuillez agréer Monsieur le Préfet l’Expression de ma Considération Distinguée.
David Liaudet

 



14 octobre 2019 : je reçois enfin le courrier officiel m'annonçant la réponse négative au classement.
Croyez-vous que j'en sois étonné ?
J'ai d'abord cru que l'arrivée de Monsieur Préaut aiderait. Je me suis trompé. Je dois aussi vous indiquer que j'ai dû appeler une fois encore pour avoir des nouvelles et que Monsieur Préaut n'a jamais pris le temps de me joindre. Je ne suis sans doute pas assez important. On notera aussi la suffisance avec laquelle on me répond au téléphone, émettant une surprise à mon désir d'avoir une réponse : "il semblerait, Monsieur que vous ayez le désir de savoir le résultat de la commission ?"
Comment vous dire Madame... Ça fait sept ans que j'attends, alors du désir, oui j'en ai et autre chose aussi maintenant.
J'ai hésité, en fait, à poursuivre ce combat car être entre Ubu et Kafka c'est épuisant. Mais je viens d'un milieu populaire où s'excuser est important. Personne de cette administration n'ayant eu le courage d'émettre des excuses même verbales à l'encontre du traitement déplorable de ce dossier (sept ans pour une réponse négative) il ne me reste pour défendre mon honneur que de continuer ce combat.
Je vais donc poursuivre.
Voici donc les courriers envoyés ce jour :

courrier à Monsieur Préaut, conservateur régional

à Monsieur Préaut,
veuillez trouver ci-jointes ma réponse au courrier m'informant de l'avis défavorable pour le classement du centre commercial de Ris-Orangis et une copie de mon courrier à Monsieur le Ministre de la Culture. 
Étant donné :
que je n'ai pas eu le plaisir d'avoir été invité à défendre ce dossier de quelque manière que ce soit ni auprès de qui que ce soit,
que je n'ai pas eu l'honneur de vous avoir au téléphone malgré mes nombreux appels,
que votre administration a dépassé les bornes d'un délai de réponse raisonnable à une demande citoyenne,
que cette manière de traiter les citoyens ressemble fort à une stratégie de l'usure,
que l'intérêt en Ile-de-France pour les constructions de la seconde moitié du XXème siècle est loin d'être exemplaire,
qu'il n'a même pas été question d'inscrire le centre commercial au Label Patrimoine Remarquable du XXème siècle,
et qu'enfin (et surtout?) je n'ai reçu aucune excuse ni verbale ni écrite pour le délai de traitement de ce dossier de votre part ou de celle de vos services, je me vois dans l'obligation de faire un recours auprès du Préfet, puis, si nécessaire, auprès du Tribunal Administratif de Versailles.
Croyez bien que j'en suis désolé.
Bien entendu, à toute occasion, sur tous les types de réseaux, de médias, de contacts avec le monde culturel et de l'enseignement, je me ferai une joie d'expliquer l'incroyable conclusion de ces sept années pour une réponse négative de vos services.
Veuillez agréer Monsieur Préaut, l'Expression de ma Considération Distinguée.
David Liaudet

courrier à Monsieur Darrioumerle, bureau de la protection :

à
Monsieur Arnaud Darrioumerle
conservation régionale des monuments historiques
Bureau de la protection

Monsieur Darrioumerle,

Si j’en crois l’entête du courrier ci-joint vous êtes en charge maintenant du traitement du dossier de classement du centre commercial de Ris-Orangis, dessiné par Monsieur Claude Parent.

Je reçois de vos services ce courrier daté du 9 octobre 2019.
Soit Sept années après le dépôt de la demande de classement du centre commercial de Ris-Orangis.
Un record...
Vous ne deviez pas alors être en charge de ce poste. Vous n’êtes donc certainement pas responsable de ce délai.
Mais qui l’est alors ?

Vous comprendrez qu’il m’est heureux de recevoir enfin, après sept années et quelques mois, une réponse officielle d’un service public.
Ce temps de réponse a certainement un nom.

On notera que ce courrier n’a pas une ligne pour s’excuser de ce délai auprès d’un citoyen.
Cela aussi a certainement un nom.

On notera qu’aucune autorité ni aucun personnel de cette administration n’a pris le temps de s’adresser au citoyen directement pendant ces sept années pour prendre connaissance de son engagement et de ses raisons.

On notera qu’en plus de ce temps de sept années et quelques mois pour prendre une décision négative, ce courrier ne prend pas une ligne pour circonstancier et justifier ce refus, ce qui est tout de même particulièrement incroyable.

On notera aussi (et c’est le plus grave) que ce délai de traitement a permis que ce centre commercial soit transformé. Certainement une forme de gestion par l’usure.

La suffisance avec laquelle ce dossier fut géré est donc totale.
Étant un nouvel interlocuteur, je suis certain que cela changera avec vous.
Alors, je me suis bien entendu posé la question de poursuivre ou non encore et encore mon engagement dans ce dossier.
C’est épuisant les délais de réponse d’une administration.
J’ai déjà donné deux ans et demi pour le classement du centre commercial de Sens dessiné également par Monsieur Parent et mes relations avec la DRAC Bourgogne y furent alors d’une tout autre nature : le respect complet et mutuel.
Et donc plus de sept ans pour le dossier de Ris-Orangis.
Je suis engagé dans la défense de ce Patrimoine contemporain et moderne, je le fais avec le soutien de quelques autres citoyens, sans aucune autre énergie que le désir de mettre sous la lumière ce Patrimoine souvent méprisé, souvent oublié.
L’attitude de vos services prouve malheureusement que j’ai raison et la situation du Patrimoine de la deuxième moitié du XXème siècle en Ile-de-France le prouve également. Car, oui, mettre sept ans pour traiter le dossier d’une demande légitime et citoyenne est, si ce n’est une forme de violence, c'est au moins du dédain.
J’apprends que Madame Parent n’a même pas été informée par vos services de votre décision... Invraisemblable oubli... Franchement...

Par ce courrier je vous annonce que je fais donc appel de cette décision auprès du Préfet et que, le cas échéant, je ferai appel auprès du Tribunal de Versailles. Je serai curieux de voir comment effectivement un Tribunal Administratif jugera d’un délai de réponse de sept années par une administration.
Bien entendu, comme pour le reste de ce dossier devenu ubuesque et c’est moins drôle kafkaïen, je continue d’informer le public de l’avancée de ce dossier sur mon blog, lors de mes conférences, auprès de mes étudiants, lors de mes émissions de radio, sur les réseaux sociaux, bref, partout où la démocratie et la légitimité citoyenne me le permettra.
Cela ne m’amuse pas. Il faut malheureusement informer les citoyens de la manière dont on traite leurs demandes et des délais inacceptables qu’une administration française leur inflige.

Il est évident que ce n’est pas contre le refus de la commission maintenant que je me bats (elle est souveraine) mais contre ce que je prends comme du dédain et une suffisance à mon égard et à l’égard des citoyens m’ayant soutenu.
J’attends donc rapidement une explication circonstanciée de ce refus et des excuses de la part de vos services  pour le délai de traitement de ce dossier.

Sept ans...

Je joins une copie de ce courrier à Monsieur Riester, Ministre de la Culture.
Ce courrier étant une lettre ouverte, elle figurera, avec votre courrier sur mon blog.


Veuillez agréer, Monsieur Darrioumerle, l’Expression réelle pour ma part de ma Considération encore distinguée.

David Liaudet

courrier à Monsieur Riester, Ministre de la Culture,

objet : classement au titre des Monuments Historiques
Centre Commercial de Ris-Orangis, Claude Parent architecte.

Monsieur le Ministre,

veuillez trouver ci-joint un courrier que j’envoie à Monsieur Darrioumerle* en charge maintenant du dossier de classement du centre commercial de Ris-Orangis dessiné par Monsieur Claude Parent.
La commission ayant émis un refus, je fais donc appel auprès du Préfet et si nécessaire, auprès du Tribunal Administratif de Versailles. Il est impossible que dans une démocratie on mette autant de temps pour répondre  par la négative à une demande citoyenne.

Plus de sept ans, Monsieur le Ministre...

Est-ce acceptable ?
Est-ce acceptable, qu’après sept années d’attente, que ce refus ne soit pas circonstancié par un rapport, qu’aucun personnel de votre administration ne prenne la peine d’informer de vive voix le citoyen ayant porté ce dossier ?
Est-ce acceptable que les ayants-droit de Monsieur Parent ne soient pas informés de cette décision ?
Est-ce enfin acceptable qu’aucun personnel de cette administration, après sept années d’attente, ne prenne la peine de s’excuser pour ce délai de traitement irrespectueux ?

Croyez-vous que cela donne à votre action et à l’énergie de la Mission Bern une image correcte de la France citoyenne ?
Est-ce conforme à  l’engagement du Président de la République d’écouter les citoyens et les citoyennes ?

Certain, Monsieur Riester que vous comprendrez la nécessité maintenant de répondre par des délais raisonnables de la part de vos administrations à des citoyens simplement engagés avec vous dans la défense du Patrimoine de notre pays, je me permets donc de vous dire à la fois ma peine mais aussi ma colère que je crois légitime.
Mon engagement, Monsieur le Ministre, reste donc entier, avec vos services, et surtout au service du Patrimoine de notre République.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’Expression de ma Considération Distinguée.

David Liaudet



*conservation des monuments historiques, Bureau de la protection, DRAC Ile-de-France.
ps : ce courrier sera joint au dossier visible sur mon blog pour une plus grande clarté de l’avancement de ce dossier.




30 août 2019 : bien entendu, personne de la DRAC Ile-de-France n'a eu le courage de m'appeler pour me dire les résultats du passage en commission...
5 juillet 2019 :
Si j'en crois le secrétariat de la Conservation du Patrimoine, le centre commercial serait passé en commission le 4 juillet, c'est à dire hier.
Il m'aura fallu appeler pour savoir qui aurait la responsabilité de défendre et de porter ce dossier à ce point final. Vous comprenez, quelqu'un qui porte un dossier pendant 7 années se doit de réclamer encore cette dernière information. Il va de soi que me la communiquer ne... va pas de soi.
J'ai donc eu le nom de cette personne que je ne publierai pas ici pour l'instant pour ne pas donner l'impression que je harcèle des services. N'est-ce pas ?
Par contre, je n'ai pas eu le bonheur d'entendre cette personne me demander quoi que ce soit sur le bâtiment ni même sur mon action pendant ces derniers moments ou même pendant ces 7 années passées. Je vous laisse juge de comment une administration s'appuie sur une demande citoyenne.
Reste à attendre la décision de cette commission, attendre jusqu'à quand ? Car, voyez-vous, il ne m'a pas non plus été communiqué la date de publication de cette décision. 7 ans encore ?
Je suis donc persuadé que cette commission aura été sensible aux arguments de la personne ayant porté enfin, après 7 longues années, ce dossier.
Ce dossier, quoi qu'il arrive maintenant sera exemplaire de la gestion patiente d'une administration.
Il me faudra maintenant trouver à nouveau en Ile-de-France un dossier à soutenir, j'espère dans l'Essonne, c'est tellement amusant d'attendre, d'attendre, d'attendre qu'une demande citoyenne, légale, parfaitement en règle soit traitée après 7 années.

16/04/2019 :

7 ans
J'appelle ce matin Madame Chauvin (Conservation Régionale Patrimoine de l'Essonne) car elle n'a pas tenu sa promesse de me rappeler la semaine dernière. On a l'habitude.
Finalement, étrangement, en changeant de téléphone, je réussis à la joindre. On imagine la manœuvre.
Elle m'indique que, comme convenu, le bâtiment passera en commission en 2019. Je lui demande combien de commissions ont lieu par an et sa réponse est de trois. Elle m'indique alors qu'une première commission a eu lieu cette année mais que le centre commercial n'y a pas été présenté car il n'y avait pas d'agent pour le faire (sic!). Je lui rappelle que cela fait 7 ans maintenant et elle me renvoie cette pathétique excuse maintenant de la difficulté de trouver tous les propriétaires... 7 ans pour trouver des propriétaires... Il m'a fallu un après-midi pour trouver le syndic...
Lorsque que je lui rappelle que nous en sommes à 7 ans d'instruction du dossier, elle le réfute tranquillement... Avec un aplomb superbe. Petit rappel Madame, que vous le vouliez ou non, que vous vous en défendiez ou non, le dossier a été déposé en 2012.
2012 + 7 = 2019. Voilà, point barre. 
7 ans pour traiter un dossier... Bravo la DRAC Ile-de-France, 7 ans c'est l'âge de raison.
À bientôt.
J'appellerai vers Juin ou Juillet. Ça ira ? Ça fera 7 ans et quelques mois.
Appelez, vous aussi : 01 56 06 50 56, c'est un numéro public, vous avez le droit de le composer afin de poser à votre tour toutes les questions nécessaires sur l'incroyable suivi de ce dossier.

4/12/2018 :
Comme convenu, je vous donne toutes les informations, documents, liés au dossier de classement du centre commercial de Ris-Orangis.
Il y a une bonne (?) nouvelle, du moins une promesse faite hier par téléphone par
Madame Chauvin (Conservation Régionale Patrimoine de l'Essonne) qui m'a informé que le centre commercial passera en commission en... 2019. C'est la première fois que Madame Chauvin me donne (après ces trois dernières semaines de coups de fils sans rappel) enfin une date, même si elle est approximative. La date, pas Madame Chauvin. Restons vigilants sur cette promesse, dans le même temps Madame Chauvin m'annonce des restructurations de postes dans son service qui, je l'espère, ne seront pas une nouvelle excuse pour un report de date... 
Sinon toujours aucune nouvelle, jamais, de Monsieur Cerclet.
Donc, je vous demande de faire tout ce que vous jugerez juste pour appuyer cette demande (voir ci-dessous). Toutes les énergies seront les bienvenues.
Je vous donne ci-dessous les derniers courriers envoyés à Madame Da Costa qui n'a pas cru bon me répondre et à Monsieur Riester, nouveau Ministre de la Culture qui lui non plus n'a pas cru bon me répondre ou faire répondre par ses services (sans doute débordés par la restauration de l'Arc de Triomphe ou le Loto du Patrimoine). Je vous laisse tirer les conclusions populaires que vous voudrez en ces temps de tensions avec les représentants démocratiques. Il y a des méthodes de désespérance qui ressemblent à des méthodes de communication. Les courriers envoyés en novembre résonnent aujourd'hui, comment dire.... avec une grande acuité.

envoyé ce jour, 2 avril 2019, après une promesse de rappel de Madame Chauvin :

Bonjour Madame Dexternes,

lors de mon dernier contact début décembre 2018 (avec Madame Chauvin), il m'a été affirmé que le dossier du centre commercial de Ris-Orangis, dessiné par Monsieur Claude Parent devrait passer en commission en 2019.
Comme convenu lors de cette conversation téléphonique, je me permets donc de vous contacter régulièrement pour savoir si une date de passage en commission a été établie et savoir également qui viendra défendre ce dossier en commission.

Il n'est pas la peine, je crois, de vous rappeler que ce dossier attend depuis maintenant plus 6 ans.

6 ans.

J'aimerais beaucoup parler avec vous de cette situation. Puis-je venir vous voir ?

Dans l'espoir qu'enfin soit pris en charge ce dossier, dans le respect des démarches citoyennes et des droits,
veuillez agréer Madame Dexternes, l'Expression de ma Considération Distinguée.


envoyé le 6 novembre 2018, toujours aucune réponse :

à

Monsieur Franck Riester
Ministre de la Culture et de la Communication

Monsieur le Ministre,

Je me permets de vous joindre pour évoquer avec vous les retards de l’un de vos services.
Depuis plus de six ans, j’ai déposé une demande de classement au titre des Monuments Historiques pour le centre commercial de Ris-Orangis, œuvre de Monsieur Claude Parent, architecte, Membre de l’Académie des Beaux-Arts, Commandeur de la Légion d’Honneur, malheureusement décédé en 2016.

Cette demande est légitime, le dossier est parfaitement en règle et l’œuvre de Monsieur Parent en est digne.

Depuis ces six années, aucune mesure de protection ni aucune date de passage en commission (qui restera souveraine) ne m’ont été proposées par la Conservation des Monuments Historiques de l’Essonne.

Six années, Monsieur le Ministre que l’œuvre d’un Commandeur de la Légion d’Honneur est négligée par cette administration.

J’en suis fort attristé.
Croyez-moi, Monsieur le Ministre, à l’heure ou le Président de la République met l’accent avec raison sur le Patrimoine dans sa politique culturelle et sur l’engagement citoyen, voir ainsi une telle absence de réponse à une demande citoyenne est dommageable à la fois pour la construction elle-même, pour l’honneur de son architecte reconnu mondialement mais aussi pour l’image du fonctionnement de nos institutions culturelles et républicaines.

Si la question n’est bien évidemment pas de classer d’office ce bâtiment, il est bien légitime  que ce dossier passe au moins en commission. Ce délai de six années ayant permis, malheureusement, une détérioration du bâtiment depuis le dépôt de cette demande.

Qui en sera jugé responsable au regard de l’Histoire de l’Architecture et de la gestion de notre Patrimoine Moderne et Contemporain ?

Monsieur le Ministre, quelle politique allez-vous engager pour que les citoyens soient considérés comme des partenaires pour la sauvegarde du bâti contemporain ? Quelles mesures prendre pour que la gestion de notre Patrimoine soit aussi un écho des préoccupations du monde civil, associatif et des particuliers ? Comment redonner envie aux citoyens de défendre leur Patrimoine, citoyens qui possèdent les énergies nécessaires et sont les déclencheurs d’alerte sur notre Patrimoine Moderne et Contemporain bien trop souvent délaissé ? (l’école d’architecture de Nanterre ou la Maison du Peuple de Clichy en sont d’autres exemples honteux).

Les citoyens, hors des enjeux de carrière, hors des politiques locales sont souvent les plus engagés.

Dans l’espoir que ce courrier trouve chez vous et dans votre administration un écho favorable, celui d’une écoute nécessaire et encourageante aux démarches citoyennes,

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’Expression de ma Considération Distinguée.


envoyé le 7 novembre 2018, toujours pas de réponse :

Madame Nicole da Costa
Directrice régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France


Madame,

depuis votre réponse* de décembre 2017, je n’ai eu aucune proposition et surtout aucune date pour un passage en commission de la part de vos services qui restent sourds à mes appels.**

J’ai donc signalé ce fonctionnement auprès de Monsieur Franck Riester, Ministre de la Culture et de la Communication.

J’ai pris également contact avec le Général d’Armée Benoît Puga, Grand Chancelier de la légion d’honneur, pour que celui-ci puisse être au courant de la manière dont le travail de Monsieur Parent, Commandeur de la légion d’honneur, est considéré par la Conservation des Monuments Historiques de l’Essonne.

Madame Parent et les ayants-droit de l’œuvre de Monsieur Parent sont également informés de cette attitude.

Je vous rappelle que le dossier a été déposé il y a plus de six années...
Une année s’est écoulée depuis votre dernière réponse sans aucun progrès depuis.

Il me reste encore, Madame da Costa, de l’énergie.
Par conséquent, maintenant, je tiens beaucoup à la notion de préjudice et donc de réparation.
Je prends donc ce jour les dispositions nécessaires.

Par souci de transparence et d’information, ce courrier (comme d’ailleurs toutes les pièces concernant ce dossier) sera lisible sur mon blog.

Veuillez agréer, Madame, l’Expression de ma Considération Distinguée.


David Liaudet


*copie ci-jointe
**pour info : appels à vos services : 7 novembre 2018, 30 octobre 2018, 29 octobre 2018, 23 octobre 2018, 9 octobre 2018, 6 novembre 2017, 30 octobre 2017, 15 mars 2017, 8 mars 2017, 7 mars 2017, 7 février 2017, 26 septembre 2017, 25 septembre 2017, 4 avril 2016, 25 septembre 2016, 13 septembre 2016, 4 avril 2016, septembre 2014 etc...
Rien à ajouter...

 


13/03/2018 :

Bonjour chères lectrices, bonjour chers lecteurs,
Comme vous le savez, depuis six ans maintenant je me mobilise et je tente de vous mobiliser pour que le Centre Commercial de Ris-Orangis, dessiné par Claude Parent puisse obtenir une inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques tout comme celui de Sens.
Six années que le dossier est déposé comme le droit m'y autorise auprès de la DRAC Île-de-France. Six ans que strictement rien n'a bougé, le bâtiment a même subi entre-temps une modification qui, heureusement ne porte pas pour l'instant préjudice à la construction de Monsieur Parent. Je vous laisse juge d'une administration de défense du Patrimoine, si lente, que pendant qu'elle n'agit pas, le Patrimoine est attaqué alors même qu'il est signalé.
Vous me direz que la Région Ile-de-France est en passe de devenir une sorte d'exemple du mauvais traitement et de l'indifférence au Patrimoine Moderne et Contemporain. Est-ce la peine de refaire la liste ?
Oui ?
Et ne croyez pas que les modestes contre-exemples que l'on vous donnera pourront inverser la vapeur... Le bilan est négatif. Point barre.
Tours-Nuages de Aillaud à Nanterre gravement menacées, destruction du Foyer des Jeunes travailleurs de Prouvé et Chemetov à Saint-Ouen-sur-Seine, dans un silence coupable des institutions, Saccage programmé de la Maison du Peuple (là, on touche le fond) à Clichy, lamentable abandon de l'école d'architecture de Nanterre, Centre Thomson-Houston de Vélizy-Villacoublay de Parent et Virilio (dernière œuvre du duo)... Et tant d'autres... par exemple, la Halle de Fontainebleau, véritable cas d'école du retournement politique.
Alors devant autant de temps passé à attendre patiemment, en croyant sincèrement que, sans doute, les agents en charge de ces dossiers pouvaient être débordés, j'ai pris mon mal en patience.
Mais voilà, après des coups de téléphone dont je garde la liste, après des courriers sans réponse, je m'aperçois que l'on me sert toujours la même excuse que vous pourrez lire ci-dessous.
J'ai donc décidé de vous montrer comment fonctionne (mal ?) une institution de Conservation des Monuments Historiques, comment elle s'occupe des demandes légitimes des citoyens, comment, en fait, elle travaille sur l'usure, c'est malheureusement, tout ce qu'il me reste à croire.
Vous trouverez donc à partir de maintenant tous les courriers, contacts, actions que j'entreprends pour obtenir, tenez-vous bien, non pas le classement mais seulement le droit à ce que ce dossier passe en commission, comme la loi rappelée par Agnès Chauvin dans l'article du Parisien m'y autorise. La commission sera souveraine. On s'étonnera tout de même que, le Centre Commercial de Claude Parent, devant l'importance de cet architecte n'ait même pas obtenu le Label Patrimoine du XXème Siècle même si on sait le peu de cas que l'histoire fait des bâtiments couverts par ce dernier...
Alors, je me doute que vous ne serez sans doute pas nombreux à prendre la peine de lire tous ces courriers et tous ces documents. Je veux juste que vous soyez certains que je ne lâcherai rien et que vous pouvez agir :
1 signez la pétition
2 envoyez la carte postale de soutien, demandez-la moi, elle est gratuite.
3 écrivez au Maire de Ris-Orangis, à la DRAC Ile-de-France pour demander où en est le dossier.
4 écrivez au Ministère de la Culture
5 signalez le bâtiment à la Mission Stéphane Bern ou toutes autres constructions du XXème Siècle qui le mérite.
6 partagez cet article, racontez partout comment se passe le traitement des dossiers dans cette DRAC, il est temps que maintenant après six années d'attente, une demande citoyenne soit entendue.

On notera que ce dossier aura vu défiler pas moins de 4 Ministres de la Culture... Madame Filippetti, Madame Azoulay, Madame Pellerin, toutes socialistes et maintenant Madame Nyssen. Espérons que Madame Nyssen, ayant publié un ouvrage sur Claude Parent, saura enfin soutenir ce dossier...

Je remercie le FRAC Centre qui vient de relayer la pétition sur Facebook.

On commence ?

Dernières nouvelles, reçue hier, 7 avril 2018 :



On note une légère progression... On me répond. Merci.
On note aussi qu'une fois encore sont invoqués les propriétaires auxquels on accorde encore un délai jusqu'à la prochaine réunion du syndic... J'imagine qu'il y a une réunion par an, avec un peu de chance, la prochaine aura lieu en...f in d'année... On aime donc savoir que les propriétaires sont informés depuis décembre 2016 (sic) mais que leur avis ne sont pas encore récupérés. Ils ont donc eu trois mois au moins pour répondre. Je devrais dire 5 ans, 9 mois et enfin trois mois. Et on leur accorde encore un temps de réponse. Oui, moi aussi je pense ça.
Je vais aussi de mon côté expliquer ce dossier au syndic et reprendre contact avec la Société Intermarché. Je suis certain de trouver parmi eux des interlocuteurs ouverts et désireux de voir ce dossier avancer du bon côté. Il faut les aider à comprendre leur chance.
Pour ce qui est de l'explication sur le Label Architecture Contemporaine Remarquable, je vous laisse juge. Il n'y a pas d'étude en cours ! Et c'est pour quand l'étude ? Et qu'est-ce qui est étudié en ce moment ? Les Villas ? Les Stades ? Le logement social sans aucun doute. Et qui s'en charge que je puisse lui signaler le bâtiment et l'urgence de le labelliser ? Qui ? Et que penser d'une stratégie de labellisation par typologie ?
Pour information, à cette date, aucune réponse même factuelle du Ministère de la Culture ou de Madame Nyssen, aucune réponse de Monsieur le Maire de Ris-Orangis Monsieur Raffalli (on s'y habitue), aucune réponse de Stéphane Bern et aucune réponse, bien entendu de Dominique Cerclet.
Continuons la mobilisation ! Pour Ris-Orangis, Nanterre, Clichy............


Le 26 mars 2018
à

Monsieur Stéphane Bern
Chargé de la Mission d’Identification
du Patrimoine immobilier en péril


objet : lettre ouverte concernant le traitement du Patrimoine Moderne et Contemporain.


Monsieur Bern,


Je me permets de vous joindre afin que vous soyez totalement informé sur un cas d’école qui pourrait vous être utile dans la compréhension des enjeux de la gestion du Patrimoine Moderne et Contemporain, plus particulièrement de celui de la deuxième moitié du XXème siècle.

Depuis six années maintenant, un dossier de demande de classement a été déposé auprès de la DRAC Île-de-France. Six années... Sans que rien ne bouge.
Ce dossier concerne l’un des éléments les plus importants de l’œuvre de Claude Parent, architecte dont l’importance historique n’est vraiment plus à démontrer à quiconque :
Le centre commercial de Ris-Orangis (Essonne).

Malgré sa place dans l’histoire, malgré la mobilisation citoyenne et médiatique autour de ce centre commercial, la DRAC Île-de-France n’a donc pas désiré passer rapidement la construction en commission.

Six années...

Monsieur Bern, vous devez maintenant que vous avez pris en charge cette Mission être éclairé sur la gestion patrimoniale des bâtiments du Vingtième Siècle si souvent mal traités, mal aimés alors même qu’ils sont une richesse incroyable pour notre pays et sont souvent mieux aimés à l’étranger que sur notre propre sol.
L’œuvre de Monsieur Parent ayant été, par exemple, citée en exemple par Rem Koolhaas à la Biennale d’architecture de Venise, le centre commercial de Ris-Orangis y ayant une place toute particulière.

Comment une œuvre reconnue peut ainsi être mise à l’écart pendant six années, temps qui permet malheureusement de transformer le bâtiment sans consultation des ayants-droit de l’œuvre de Monsieur Parent, lui-même malheureusement décédé pendant que le dossier attendait sous une pile de papiers à la DRAC Île-de-France ?

Au-delà de cet exemple, Monsieur Bern, c’est à l’ensemble du Patrimoine du Vingtième siècle et plus particulièrement encore la période des Trente Glorieuses que nous nous devons, nous, citoyens, amateurs, à un regard attentif et généreux. Les attaques contre ce Patrimoine sont légion : École d’Architecture de Nanterre, Maison du Peuple de Clichy, Tours-Nuages de Nanterre, Halles de Fontainebleau, Foyer des Jeunes travailleurs de Saint-Ouen sur-Seine etc... Et je n’évoque ici que les constructions concernées récemment sur le territoire de la DRAC Île-de-France.

Savez-vous, Monsieur Bern, à quel point le Patrimoine de cette période est sous représenté dans les obtentions de classement ? Je reprends les chiffres de Monsieur Dominique Amouroux :
L'analyse faite des labels XXe et des ISMH relatifs à des édifices XXe est effarant puisque 75% concernent des édifices d'avant 1914 (dont quasiment pas d'Art Nouveau), 20% des édifices entre 1919 et 1939 (avec très peu d'édifices Art Déco), 2% des réalisations liées à la Seconde Guerre Mondiale et donc 3% des édifices post 1945....

Votre Mission pourrait être une chance incroyable de mettre en avant cet héritage souvent situé sur des territoires dont l’image culturelle est malheureusement dégradée. La mise en avant de ce formidable Patrimoine contemporain touchant à tous les types de programmes (logements, Art Sacré, édifices administratifs, commerciaux...) pourrait enfin être un acte fort pour ces territoires, trouvant là un ancrage historique et culturel puissant.
Une reconnaissance.

Il s’agit aussi d’interroger l’énergie citoyenne, parfois soutenue par les institutions en charge de l’aider, parfois contre leur lenteur, pour que la culture retrouve son sens premier : une cohérence nationale. Il s’agit de ne pas épuiser cette énergie citoyenne qui a toujours en France été à l’origine de son Patrimoine auquel le Peuple français, à raison, a toujours été attaché.
C’est dans cette démarche que je veux m’inscrire avec vous.

J’ai donc signalé le centre commercial de Ris-Orangis sur le site de votre Mission.
C’est mon dernier espoir ?
L’œuvre de Monsieur Parent mérite mieux que le dédain d’un temps qui passe sans réponse. Il fut, il est encore, un exemple pour de nombreux architectes, des étudiants en architecture et en Art. Monsieur Parent fut de ces architectes ayant travaillé dans le réel des besoins, il a offert à Ris-Orangis un exemple que l’architecture commercial peut être un moment spatial, une idée du partage de la ville, une compréhension du paysage urbain. En ce sens, il est un exemple pour l’Histoire de l’architecture, tout comme Le Corbusier, associant théories et pratiques, radicalité et attention aux gens. Il fut celui qui enseigna à Jean Nouvel. Cela dit tout.

Monsieur Bern, je m’en remets à vous, à votre Mission, au sens même de l’histoire de la prise en charge citoyenne dans notre République.

Veuillez agréer, Monsieur Bern, l’expression de ma Considération Distinguée.

David Liaudet


Le 14 janvier 2018,

à

Madame Xavière Desternes
Conservation Régionale des Monuments Historiques,
Essonne.

Madame,
Suite à ma démarche* pour savoir s'il serait envisageable de porter plainte auprès du Tribunal Administratif pour non réponse d'une administration publique à une demande citoyenne, j'ai l'honneur de recevoir un courrier de Madame Nicole da Costa (voir ci-dessous) m'indiquant votre stratégie pour l'avenir de la demande de classement du Centre Commercial de Ris-Orangis, dessiné par Monsieur Claude Parent.
Demande, je le rappelle déposé en mars 2012 il y a 6 ans...
Pour justifier ce temps long, vous arguez d'une complexité du dossier liée à la multitude des propriétaires qui devraient être tous informés de cette demande de classement. Au téléphone, lorsque je prends des nouvelles, c'est toujours ce retour des propriétaires qui est invoqué. Pendant ce délai que vous accordez à la réponse des propriétaires, le bâtiment est transformé. C'est d'ailleurs lors de l'un de mes coups de fil que je vous en ai informé. Mais après tout, c'est normal, c'est la vie d'un bâtiment et c'est heureux que la construction de Monsieur Claude Parent puisse trouver un nouveau rythme de vie, de nouveaux usages ce qui est la preuve de sa polyvalence et aussi d'une réelle inscription dans son paysage urbain surtout lorsque cette transformation ne bouleverse pas de manière irrémédiable le bâtiment. Un permis de construire a donc été déposé en Mairie de Ris-Orangis, Mairie de Ris-Orangis qui, alors qu'elle était au courant de cette demande de classement, a donc bien accordé ce permis de construire. Vous a-t-elle consulté ? Voilà qui est éclairant sur ce que peut provoquer ce délai de réponse sur un bâtiment de cette importance.
Quatre chaînes nationales de télévision sont venues faire un reportage à Ris-Orangis, les journaux locaux, régionaux, nationaux et la presse spécialisée ont parlé de cette demande de classement. France Culture a réalisé une émission spéciale et France Inter une interview. Les Cahiers de la Maison de Banlieue et de l'Architecture ont édité un article et une visite guidée fut même organisée, ouverte à tous, elle a connu un beau succès populaire au beau milieu des clients curieux.
Le Groupe Inter-Marché communique aussi positivement sur ce classement.
Devant un tel déferlement médiatique, il m'est très difficile de croire, Madame Desternes, que les propriétaires ne soient toujours pas au courant de cette demande de classement et que ce délai de six années ne leur ait pas permis de donner leur avis et de vous contacter.
De toute manière, Madame, vous le savez tout comme moi, cet avis n'est que consultatif pour ce type de demande.
Ne pas répondre à une information n'est pas ne pas en être informé.
Espérons que votre nouvelle campagne d'informations auprès des propriétaires soit efficace et que, surtout, l'attente de leur réponse ne prennent pas à nouveau six années...
Pourriez-vous me donner  un ordre d'idée pour un temps de réponse de leur part qui vous semble raisonnable ? Il serait dommage de donner l'impression d'instrumentaliser ce temps de réponse pour épuiser les énergies de défense du Patrimoine.
Il est assez compréhensible de penser que votre service soit débordé, que les demandes et les urgences arrivent de toutes parts, que vous n'ayez pas le personnel nécessaire pour traiter tous les dossiers rapidement et que la richesse de votre territoire vous oblige à des priorités.
Sans doute, peut-on concevoir cela.
Sans doute aussi que cela est la cause d'une gestion dans l'urgence, celle qui intervient trop tard sous la précipitation des pelleteuses  et des personnels politiques. Malheureusement la Région Ile-de-France est riche maintenant de ces tristes exemples.
Dans le Parisien*, un article passionnant nous explique comment travaille ce service. Madame Agnès Chauvin rappelle avec conviction et raison que tout citoyen peut en effet faire une demande de classement, que les services de l'État sont là pour les écouter et les guider et que, formidable, même le Patrimoine du Vingtième Siècle est ainsi protégé. Cet article date d'avril 2016, la demande de classement de Ris-Orangis date de mars 2012. Il y a donc bien eu des commissions qui ont statué sur le Patrimoine du Vingtième Siècle pendant ces 6 années, c'est heureux de le lire et de l'entendre. Certainement que ces propriétaires ont eu l'occasion de vous donner leur avis.
La question n'est pas d'ailleurs tant celle du classement de ce bâtiment exceptionnel, la question n'est pas qu'un désir reçoive une réponse positive, la question n'est pas de prendre la place des compétences scientifiques. La question c'est de savoir comment on donne la chance à une architecture emblématique d'être reconnue et comment dire à la population de Ris-Orangis et de la Grande Banlieue parisienne qu'elle possède un Patrimoine moderne et contemporain. La question est ici de faire acte de communication autour de cette histoire et d'éveiller les consciences à cette histoire. 25 ans étant le délai légal nécessaire à ce recul et six années supplémentaires de réflexion sont donc une chance ?
Dans Libération**, le 28 décembre 2017, Monsieur Bernard Toulier évoque le Label Patrimoine du Vingtième Siècle et le Patrimoine en banlieue. Il a bien raison. Il est grand temps que, hors des questions territoriales, hors même des questions de jugement esthétique ou de formation personnelle des agents du Patrimoine (trop peu sensibilisés à l'architecture contemporaine ?), les constructions de la deuxième moitié du Vingtième Siècle soutenues justement par les institutions qui en signalent l'importance, soient protégées. Cette protection est l'acte le plus fort mais surtout le plus juste pour éduquer, raconter notre histoire commune, loin des politiques locales qui passent et de maintenir ce qui, pour nous, communauté nationale, façonne notre espace historique. Le Label Patrimoine du XXème Siècle signale certes, mais il ne protège absolument pas, loin s'en faut. Et d'ailleurs le centre commercial de Ris-Orangis, tout à fait éligible à ce Label ne le possède même pas... Pourquoi donc ?
Alors, si je vous adresse cette lettre ouverte c'est que je souhaite aujourd'hui que l'ensemble des démarches en cours soient maintenant rendues publiques pour, comme vous semblez le désirer, que les propriétaires mais aussi tous les citoyens puissent assister à la réalisation d'un travail de réflexion sur ce Patrimoine et puissent juger du fonctionnement des institutions en charge de ces dossiers.
Que chacun, non pas s'élève en juge, mais puisse être acteur, car agir c'est la seule réalité concrète de la citoyenneté. Je réponds en quelque sorte à votre désir de transparence.
En ce sens, je rejoins les désirs du Président de la République et de Madame la Ministre de la Culture ayant invité par la Mission Stéphane Bern les citoyens  à s'emparer de l'action patrimoniale.
Avec vous, Madame, avec l'ensemble des acteurs locaux et nationaux de ce dossier, avec les ayants-droit de Monsieur Claude Parent qui ne sont jamais informés, eux, par ces services de l'avancement de ce dossier ni des transformations sur le bâtiment, avec les étudiants en Art et en Architecture, avec les amateurs d'architecture moderne si nombreux aujourd'hui et qui génèrent du tourisme, avec les citoyens de Ris-Orangis qui font là, simplement leurs courses et font vivre leur ville, avec les propriétaires, faisons de ce bâtiment un signe fort pour ce territoire, une ode au vivre ensemble, un exemple que ce Patrimoine n'est pas qu'une histoire dans des livres spécialisés mais un objet vivant, une œuvre.
Monsieur Claude Parent le mérite.
Toujours à votre disposition pour vous aider dans ce dossier,  toujours citoyen,
veuillez agréer Madame Desternes, l'Expression de ma Considération Distinguée.
David Liaudet
Une copie de cette lettre ouverte sera adressée à Madame Naad Parent, à Monsieur Raffalli, Maire de Ris-Orangis et bien entendu à Madame Nyssen, Ministre de la Culture.
*l'article du Parisien :
http://www.leparisien.fr/paris-75/huit-nouveaux-monuments-sous-haute-protection-de-l-etat-19-04-2016-5728751.php
**l'article de Libération :
http://www.liberation.fr/france/2017/12/28/sauvegarder-le-patrimoine-de-banlieue-une-question-politique_1619400

le courrier en question* :



courriel envoyé le 12 mars :

Bonjour Monsieur Cerclet,

venant à l'instant d'essayer de joindre Madame Chauvin, son répondeur m'indique qu'en cas d'urgence, je peux vous laisser un message sur cette adresse.
Il y a bien urgence, Monsieur Cerclet.

Dans dix jours, nous fêterons ensemble, je l'espère, le sixième anniversaire du dépôt de dossier en vue du classement possible du centre commercial de Ris-Orangis, de Claude Parent, architecte.

Six années, Monsieur.

Depuis ces six années, toutes les actions possibles ont été réalisées pour que, enfin, cette demande soit, comme il en est légitime et donc de droit français, prise en considération.
Ce que Madame Chauvin d'ailleurs rappelle si pertinemment dans un article au journal Le Parisien.
Les journaux locaux ou nationaux, la télévision (trois chaînes nationales) France Culture, France Inter, une pétition, une visite organisée avec le soutien du gérant d'Intermarché, tout cela n'a pu échapper aux propriétaires du bâtiments qui sont donc informés maintenant, tout comme l'est la Mairie de Ris-Orangis qui délivre d'ailleurs des permis de construire sur ce bâtiment pendant que les six années passent...

Je me réserve donc encore le droit de porter plainte auprès du Tribunal Administratif pour non réponse d'une administration à une demande citoyenne.
Le dernier courrier reçu ne peut en aucun cas être une réponse valide devant l'incroyable lenteur de cette demande et ce retranchement derrière cette nécessité d'informer les propriétaires.

Ne pas avoir de réponse n'est pas, en droit français, ne pas avoir été informé... Donc acte.

De plus, depuis la réception de ce courrier, aucune nouvelle sur l'avancement du dossier, cela fait maintenant presque trois mois.

J'ai donc décidé à partir d'aujourd'hui de rendre publics l'ensemble des courriers et des communications avec vos services afin que le fonctionnement (dysfonctionnement ?) d'une administration soit rendue lisible. Cela va dans votre sens, il s'agit bien d'informer le plus possible les propriétaires qui trouveront ainsi sur mon blog, toutes occasions de suivre ce dossier avec moi, avec vous.

Je ferai aussi copie de tous les documents aux ayants-droit de l'œuvre de Monsieur Claude Parent, ayants-droit qui n'ont pas été informés, eux, des transformations sur le centre commercial de Ris-Orangis.

Ainsi, ce courrier, sera dès ce soir lisible sur mon blog, ainsi que ma réponse au courrier de Madame Desternes.

Je tiens à vous le dire à nouveau, il n'est pas question d'un droit au classement mais d'une obligation de répondre par la procédure légale à cette demande. Il est de votre devoir de faire passer ce bâtiment en commission même pour le retoquer. On peut d'ailleurs également s'étonner qu'il ne soit pas au moins, inscrit au  Label Patrimoine du XXème siècle.

Je tiens également à vous informer, (et c'était l'objet de mon appel à Madame Chauvin ce matin), que j'ai signalé le bâtiment à la Mission Stéphane Bern pour le Patrimoine.
À l'heure du Grand Paris, à l'heure où le Gouvernement demande aux citoyens d'être acteurs de leur Patrimoine, le cas sidérant de Ris-Orangis et de son délai de six années saura sans doute intéresser les politiques ainsi que le public de Ris-Orangis, les amateurs d'architecture, les ayants-droit mais aussi de tous les citoyens désireux d'être acteurs de leur Patrimoine comme le demande donc, cette Mission gouvernementale sous l'égide du Président de la République.

Un cas... d'école.

Dans l'attente (six ans...) de votre réponse à cette vraie urgence, veuillez Monsieur Cerclet, être certain de l'expression de ma considération distinguée.

David Liaudet


envoyé le 14 mars :

Monsieur Stéphane Raffalli,
Maire de Ris-Orangis,


Monsieur le Maire, permettez-moi de vous souhaiter un joyeux anniversaire.
Cela fait maintenant six ans que le dossier de classement du centre commercial dessiné par Claude Parent fut déposé, pour l’instant sans réponse.

Ce délai a malheureusement permis des transformations sur le bâtiment sans que les ayants-droit de Monsieur Parent n’en soient informés.
Vous avez accordé ce permis de construire ce qui éclaire votre position sur ce dossier.

Malgré mes courriers et mes appels téléphoniques nombreux à votre mairie, avec, chaque fois la promesse par votre secrétariat d’un rappel, je n’ai pu avoir votre avis sur ce dossier que je relance donc avec vigueur. J’ai beaucoup de temps libre et un respect pour l’action citoyenne.

Je tiens à vous informer que j’ai signalé le centre commercial à la Mission Stéphane Bern, mission sous l’égide du Ministère de la Culture et de la Présidence de la République. Peut-être que ce nouveau dossier, ouvert sur un autre front patrimonial touchera au but.

Vous trouverez ci-joints les courriers expédiés à Monsieur Dominique Cerclet et à Madame Desternes au sujet de ce retard de traitement. Des copies de ces courriers furent envoyés ce matin à Madame la Ministre de la Culture. Ils sont également disponibles sur mon blog, libres de consultation, pour que les citoyens de Ris-Orangis puissent suivre ce dossier de manière transparente et juger du traitement régional mais aussi municipal de leur Patrimoine.
Je ferai de même pour ce courrier et pour l’ensemble des démarches que maintenant, je désire porter au regard du plus large public possible.

J’ose encore, Monsieur le Maire, croire en votre soutien, en votre intérêt pour le Patrimoine de votre ville, à l’heure ou la Présidence de la République sous l’action de Madame Nyssen demande aux citoyens de s’emparer de leur Patrimoine et d’en devenir des défenseurs actifs. Pour ma part, je désire me joindre à ce mouvement.

Soyez certain, Monsieur le Maire, de ma Considération Distinguée.

David Liaudet


envoyé le 14 mars :
Objet : délais de traitement des demandes de classement au titre des Monuments Historiques.

à

Madame Nyssen
Ministre de la Culture et de la Communication


Madame Nyssen,


En septembre 2008, Béatrice Simonot publiait aux Éditions Acte Sud un important ouvrage sur l’œuvre de Monsieur Claude Parent : le fou de la diagonal, Claude Parent, architecte.

Je me permets donc de vous joindre, Madame la Ministre, certain que vous ne pouvez qu’être intéressée par l’avenir de l’œuvre de Monsieur Claude Parent.
En 2011, après deux années et demi de travail, sur ma demande et avec l’appui de très nombreux soutiens citoyens, la DRAC de Bourgogne portait le centre commercial de Sens (Yonne) à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Il s’agissait d’un acte fort et courageux pour un bâtiment de ce type, reconnaissant là l’importance de cette construction pour l’histoire de l’architecture contemporaine.

Il y a six années maintenant, un dossier pour le centre commercial de Ris-Orangis, également œuvre de Claude Parent fut déposé à la DRAC Île-de-France (Essonne). Et depuis plus de six années maintenant, ce dossier n’a obtenu aucune réponse positive ou négative. Je me permets donc de vous envoyer la copie d’une lettre ouverte que j’adresse ce jour à Monsieur Cerclet et Madame Desternes chargés de ce dossier à la D.R.A.C Île-de-France (Conservation de l’Essonne).
Il n’est pas ici question d’exiger quoi que ce soit d’autre qu’un traitement équitable de ce dossier qui depuis six années attend simplement le droit de passer en commission, commission qui restera souveraine. Le plus grave étant que ce bâtiment, pendant ce délai, fut malheureusement transformé sans que les ayants-droit de l’œuvre de Monsieur Parent en soient informés.


Alors que la banlieue subit des outrages insensés sur les constructions du Vingtième Siècle (école d’architecture de Nanterre de Jacques Kalisz, Foyer des jeunes travailleurs de Jean Prouvé et Paul Chemetov à Saint-Ouen-sur-Seine, Tours-Nuages de Émile Aillaud, Maison du Peuple de Clichy de Beaudouin et Lods...) et que cette banlieue manque souvent d’une reconnaissance de son Patrimoine récent, le centre commercial de Ris-Orangis a pourtant depuis peu retrouvé un regain d’intérêt de la part des critiques, historiens de l’architecture mais également des simples citoyens venant là faire leurs courses dans un lieu qui résonne maintenant d’une toute autre manière. La dernière visite guidée du bâtiment organisée par la Maison de la banlieue et de l’architecture fut un très grand succès populaire.
Il est toujours gênant, dans ces moments de convivialité et de pédagogie patrimoniale, d’avoir à expliquer au public que les institutions qui devraient offrir une protection semblent totalement inactives. Six années sans traitement d’un dossier...

Votre Ministère ayant mis en place la Mission Stéphane Bern afin que chaque citoyen puisse redevenir actif face au Patrimoine en danger, j’ai donc également inscrit sur cette liste le centre commercial de Ris-Orangis en espérant un nouveau sursaut.

Je suis certain qu’au-delà de ce cas particulier qui attend depuis six années maintenant son traitement, c’est à l’ensemble du Patrimoine du Vingtième siècle que nous devons un regard particulier. Notre pays en est riche, c’est une chance.
C’est une chance d’offrir aux populations de ces quartiers souvent mal aimés une attention et une valorisation. C’est par cette valorisation du lieu de vie que l’on offre aussi l’opportunité de saisir pour soi, la Culture.

Certain que vous comprendrez cette position, et dans l’espoir qu’une nouvelle politique de conservation et d’exceptionnalité de ce Patrimoine du Vingtième Siècle soit mise rapidement en oeuvre,

Veuillez Agréer Madame la Ministre, l’Expression de ma Considération Distinguée.

David Liaudet
PS : tout ce dossier est maintenant visible sur mon blog et sur les réseaux sociaux afin que le public puisse suivre le fonctionnement des institutions patrimoniales. Il en va du désir de transparence maintenant nécessaire devant le retard du traitement de ce dossier.
http://archipostalecarte.blogspot.fr/


Pour revoir une partie des articles sur Ris-Orangis :
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/03/ris-orangis-un-centre-commercial.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2015/04/un-centre-commercial-monument.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2016/05/a-lenseigne-de-la-banlieue-claude-parent.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2018/01/territoire-perdu-de-la-conservation-du.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2017/04/derniere-lettre-ouverte-madame-azoulay.html 
http://archipostcard.blogspot.fr/2016/09/journee-europeennes-doubli-du-patrimone.html