mardi 14 décembre 2021
Ça soulève le cœur.
mercredi 1 septembre 2021
Kyklos, encore un emblème menacé à Port Leucate...
N'avez-vous pas immédiatement envie de prendre votre voiture et de venir à Port Leucate en voyant une telle vue sur la mer ? Ce point de vue est déjà dégradé par un espace se voulant contemporain... Il s'agit d'une édition Audumares de Perpignan expédiée en 1972.
Le Kyklos vu depuis les coupes-vents dessinés par Candilis pour la station de Port Leucate qui devrait s'emparer de ce modèle et les fabriquer à nouveau. On voit bien la masse du Kyklos, comment ses courbes fabriquaient une colline douce au-dessus de la plage. Il s'agit d'une carte postale Iris par Théojac.
Cette carte nous permet de voir le traitement des surfaces des murs en crépi épais très à la mode à cette période. On prend un verre ensemble ? Allez ! Éditions de France.
samedi 22 août 2020
Port Gruissan ? C'est Daniel Leclercq !
L'histoire de l'architecture est souvent écrite par des professionnels de la recherche, des historiens de l'architecture construisant leur théories et explications au sein d'une corporation qui se reconnaît. Pourtant, il existe des personnalités qui, souvent par amour pour un lieu et une histoire, construisent à leur tour des histoires de l'architecture. Par le biais d'un regard amouraché, ils réussissent à rétablir si ce n'est une vérité du moins des précisions plus grandes, des originalités hors d'un commun admis de l'histoire de ces lieux, de ces architectures.
Daniel Leclercq depuis des années maintenant est de ceux-la. Port Gruissan, c'est Daniel Leclercq. Et il travaille Daniel, il creuse son sillon, il cherche, toujours prêt à remettre en question le dogme, à rétablir la vérité, à décrypter les documents, à les faire chanter entre eux, se refusant à croire trop rapidement aux affirmations répétées toujours avec les mêmes inexactitudes. Il aime aller à la source où l'eau est plus fraîche et plus limpide.
Voilà que je reçois de sa part deux ouvrages entièrement consacrés à Port Gruissan et à son architecte Raymond Gleize. On y retrouve son goût immodéré pour une analyse pointue, une jubilation documentaire et ce désir un peu fou d'aller contre des préjugés et des présupposés. Il n'a pas peur. Il n'a pas peur parce qu'il travaille.
Certes, parfois c'est touffu mais que voulez-vous, si vous tenez à comprendre la Mission Racine, l'implantation de Port Gruissan et de ses choix esthétiques et urbains, il ne faut pas faire semblant de lire mal des documents mais bien prendre les traces et archives pour ce qu'elles sont : indispensables pour penser vrai. C'est l'amour qui le conduit, qui le porte. Car il vit cette architecture, il la parcourt, il l'arpente, la décrypte et tente même tout pour en défendre son plan masse et ses décors les plus fins, ses espaces publics et les crépis des murs. Un vrai travail d'inventaire comme on dit dans le métier. Il ne fait aucun doute que ce travail gigantesque devra servir à l'avenir de base à toute analyse patrimoniale de Port Gruissan. Daniel Leclercq est, de fait, une autorité, c'est-à-dire, au sens noble, il est autorisé à parler et expliquer. Car, chez lui, il y a surtout ce désir de passeur, de pédagogue. Il veut être précis pour aider à comprendre mais il ne manque alors ni d'humour, ni de fantaisie et même de délicatesse que ses photographies des lieux ou le jeu amusant et frais d'une fiction lui permettent de révéler. C'est goûteux.
Alors bien entendu Port Gruissan est aujourd'hui bien moins mainstream que La Grande Motte, la Reine de la Mission Racine. Mais justement, il ne faudrait pas que son ombre occulte les autres lieux et Port Gruissan mérite de fait ce regard. Car c'est une ville équilibrée, moderne, moins spectaculaire sans doute mais aussi plus urbaine au sens exacte de l'urbanité : vivre une vraie ville. Port-Gruissan est marquée par une architecture sensible et délicate qui a presque pour vocation d'en faire oublier l'extravagance d'une modernité de spectacle de sa grande sœur. Une sérénité franche.
Port Gruissan a de la chance d'avoir Daniel Leclercq.
Lisez Daniel Leclercq !
Ce livre est un ovni dans la production des livres d'architecture et même une audace car Daniel Leclercq y joue un jeu curieux dont je vous laisse découvrir la règle en le lisant. En tout cas, l'entretien qu'il produit avec Raymond Gleize permet de bien entrer dans le travail de l'architecte et de ses subtilités en oubliant pas, en retour de dresser un autre portrait, celui de son auteur. Savoureux, je vous dis et inédit dans sa forme et dans la richesse de son fonds historique.
Entretiens, Raymond Gleize, essai. Daniel Leclercq éditions de Saint/Roch
Ce grand album est LE livre sur l'histoire de Port-Gruissan. Bourré de documents, rempli d'une analyse fine de l'histoire, Daniel Leclercq y plonge littéralement dans toutes les particularités, les aspérités, les contre-vérités pour rendre un hommage appuyé à cette ville et à ce projet inscrit dans la Mission Racine. Le chapitre sur Paris Match est réellement typique des errements faciles empruntés par les répétiteurs que Daniel Leclercq corrige avec précision. Et ça change beaucoup de choses sur la vision de cet ensemble ! Tous les amoureux de l'histoire de l'architecture du balnéaire et de cette période architecturale devraient regarder cet ouvrage comme l'exemple de ce qu'il faut faire pour bien restituer une histoire : précision et amour mêlés. C'est aussi un beau livre à l'iconographie bien choisie venant appuyer l'argumentaire.
Port-Gruissan, Patrimoine (remarquable) du XXe Siècle, Daniel Leclercq, édition Valda/Saint Roch
Et comme Daniel Leclercq n'oublie pas les cartes postales comme documents possibles à l'histoire de l'architecture, j'en glisse une petite qui le réjouira. il s'agit d'une édition As pour Apa-Poux à Albi. la carte n'indique ni le nom de l'architecte, ni du photographe; Nous sommes sur le nouveau port et on y voit bien la belle architecture-signature de Port-Gruissan :
Pour voir ou revoir des cartes postales de Port-Gruissan :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/01/gruissan-son-guide.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/07/port-gruissan-en-verite.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/04/bleu-jaune-orange-gris-nostalgie.html
dimanche 5 juillet 2020
Une nappe à carreaux
Corbu et son musée infini, les adorables de Superstudio et leur monument continu, les géomètres de la Reconstruction ont orthonormé le monde, leurs plans, leurs cités avec une indifférence superbe à ceux qui devront venir vivre dedans ce dédain*. C'est la vulgate qui dit ça. On sait que c'est bien plus poétique que cela.
Depuis une fenêtre du Grand Ensemble (sic) de Vélizy-Villacoublay le photographe des éditions Yvon (resté anonyme) cadre depuis sa pointe le carré du centre commercial. L'effet depuis la fenêtre est saisissant et raconte certainement mieux la géométrie et l'implacable certitude de sa modernité. Carré, carré, carré, carré... et donc grille somptueuse et cinétique. Comment le spectacle d'un tel ordonnancement de l'espace était alors perçu par l'habitant ouvrant sa fenêtre sur une telle perfection ? Ennui ? Admiration ? Sentiment de netteté de la vie ? En fait, certainement qu'en venant à ce huitième ou neuvième étage, le photographe cherchait à retrouver le génie du dessin ou de la maquette de ce Grand Ensemble. Depuis Bruno Vayssière et son analyse on sait comment cette représentation de la Modernité a valu pour la Modernité elle-même. L'altitude nettoie tout et affirme la décision. Marcel Lods adorait l'avion et pilotait. Sans doute pas Robert Auzel.
N'avez-vous pas, comme moi, ce sentiment que rien ne pourra stopper cette nappe sur le sol ? Et comment ne pas voir dans sa platitude face aux immeubles parfaitement bien rangés une force sereine ? Une nappe à carreaux sur laquelle on aurait rangé le service. Et voyez-vous comment le Grand Ensemble est maîtrisé ? Voyez-vous comment il laisse l'œil traverser l'étendue jusqu'au lointain entre les barres ?
Une chose essentielle me met en joie : la rambarde à gauche. Ce petit morceau de réel, prouvant que l'image est bien venue d'un monde et non d'un rêve, me raconte immédiatement l'histoire de cette prise de vue. La rencontre avec l'habitant, la décision de venir là, de choisir ce point de vue. Et bien entendu comme chez Pouillon la jubilation de l'habitant servant, par sa fenêtre ouverte, le besoin de cette image.
Les arbres dépassent du patio central, tout comme Superstudio épargne Manhattan. Le ciel est un peu bas et étale. Les gens se pressent sous l'enseigne du Monoprix. Mais comment définir, aimer, comprendre la construction très appliquée des espaces intermédiaires entre cette barre et ce centre commercial ? Ce renoncement à la rue, ce désir de zoner les fonctions, la lisibilité, voire la transparence du plan urbain sont-ils si condamnables ? Cet espace libéré et cette densité habilement travaillée sont-ils fautifs ? Faut-il les protéger, les préserver, les REqualifier ?
La géométrie c'est beau. L'ordre c'est beau. La rigueur aussi. N'y voyez pas d'offense ou d'autoritarisme. Voyez cela comme la manière de mettre l'important en avant : ciel, sol, habiter, et lumière. Comme on dira un peu plus tard en mai 68 : urbanité, propreté, sexualité.
* on sait aussi ce goût chez ce cher Candilis et consorts.
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=leucate
samedi 2 décembre 2017
D'écrire sur l'architecture
Se situer...
Dans une image photographique, pouvoir projeter sa propre vie ou au moins l'expérience d'un instant, pouvoir signaler à l'autre un état de l'espace de l'image qui fut nôtre ou le moment d'une correspondance, marquer l'image pour la particulariser et la dégager du commun de l'édition, tout cela me fascine. Il s'agit toujours pour celui qui s'inscrit là de fonder une complicité avec le lieu, son image et donc sa représentation mais aussi celui qui reçoit et qui doit saisir à la fois le signe lui-même mais aussi ce qu'il précise. La difficulté étant toujours pour le signe, tout en marquant l'endroit, de ne pas le recouvrir !
Voici deux exemples dont un premier bien spectaculaire en ce sens :
D'abord il ne sera pas difficile d'admirer la superbe architecture de ces H.B.M 212 de Germain Dorel dont l'uniformité de l'héliogravure en un seul ton ne rend pas hommage à la polychromie de ses matériaux tout en accentuant les volumes et la belle perspective. Vous trouverez si facilement des infos sur cet ensemble maintenant inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques que je ne vous ferai pas l'article !
Allez ici :
https://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=865
ou encore ici :
http://www.atlas-patrimoine93.fr/pg-html/bases_doc/inventaire/fiche-mh.php?idfic=007p07
Ce qui nous intéresse c'est bien comment sur cette carte postale Cim, le ou la correspondante qui écrit à ses parents réussit l'exploit de raconter son changement de logement et d'en détailler toutes les fonctions ! On notera le soin extrême à écrire hors de la façade en rejetant dans le ciel ou sur la chaussée les inscriptions reprises par des petits points et des flèches signalant les fenêtres ou les balcons !
Il est, je le redis, assez rare finalement que des correspondants donnent leur avis ou leurs impressions sur leur lieu d'habitat comme si l'image comblait à elle seule ce besoin. Ici, non seulement le correspondant écrit sur l'image mais remplit aussi le dos de la carte postale de précisions sur ce déménagement. La carte est datée du 20 avril 1937, l'ensemble H.B.M. est donc tout récent encore.
" Nous venons de chercher Paris-Soir, et regardant les cartes postales, je vous envoie en même temps, que réponse à votre lettre, la vue de notre nouveau logement, vous comparerez avec la carte envoyée au mois d'octobre dernier, qui vous donnait la vue côté de la route, tandis que celle-ci donne sur les jardins, ce n'est qu'à titre d'indication car beaucoup de volets sont clos, c'était avant de prendre possession des immeubles. Nous sommes bien et pas haut. Je vous mets le détail de l'installation au recto et vous joins en même temps le reste de la correspondance."
Je vous conseille d'aller lire le Paris-Soir en question ici ! Magie de l'internet !
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76416092/f1.item
On notera que le correspondant est observateur car il affirme que le photographe des éditions Combier est venu avant la livraison des appartements en s'appuyant sur le détail des volets tous ouverts. Pourtant il y a bien là quelques fenêtres ouvertes également et même des rideaux... On note également que ne pas être trop haut est encore considéré comme une chance. Sur l'image, drôlerie de l'indication des poubelles, certainement pour souligner leur distance avec le nouvel appartement. On note également les lieux de rassemblements ! Un tel document est bien entendu une richesse que les inscriptions ne viennent pas perturber mais au contraire enrichir d'un mode de perception et de réception de l'architecture. On comprend même que, dans ce cas précis, l'achat et donc le désir de représentation dans l'image furent spontanés car associés à l'achat du journal. L'image fait envie et donne l'idée de correspondre en quelque sorte.
Tout autre exemple d'inscription, tout autre architecture :
Cette carte postale des éditions SL nous montre la ville de Port-Barcarès en cours de construction. Ce qui en fait l'intérêt c'est bien que l'éditeur a cru bon d'indiquer aux acheteurs l'ensemble des nominations des lieux. On pourrait y voir une sorte de guide touristique, de moyen simple pour le touriste perdu dans ce paysage tout neuf à reconnaître les lieux ! D'ailleurs il est aussi intéressant soudain de se rendre compte qu'une ville naissante a besoin de ce nominalisme comme si, ainsi titrés, les constructions et bâtiments trouvaient une légitimité ou, au moins, une familiarité nouvelle. L'alignement des noms, leur choix très largement tourné vers l'esprit maritime et balnéaire forment un poème assez drôle : les argonautes, les barbecues, le soleil levant, le centre commercial, les sirènes, les cabestans, la sardane, les totems. Sans aucun doute que Georges Perec et Jules Verne se seraient emparés de cette liste pour l'intégrer dans une intrigue littéraire. Mais l'autre particularité c'est bien que l'éditeur use d'un procédé normalement attribué aux correspondants eux-mêmes marquant au stylo-bille leur lieu de séjour. C'est bien un ready-made au sens premier du terme que nous avons sous les yeux. Ajoutons que cela, bien entendu, nous permet de percevoir les règles d'urbanisme de cette ville nouvelles ou les îlots sont posés les uns à côtés des autres, affichant chacun un design architectural différent, offrant encore des étendues vides, sortes de déserts entre les lotissements, des vides qui seront bien vite comblés par les promoteurs.
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| retrouvez ce lieu plus précisément ici : http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/07/pop-port.html |
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| pour retrouver Georges Candilis, allez là : http://archipostalecarte.blogspot.fr/search?q=candilis |
Déjà historique, ce point de vue nous permet de voir des constructions depuis longtemps disparues, un état de la ville où elle était pionnière, où le vacancier devait avoir l'impression de voir naître un monde aujourd'hui toujours debout ou ignoré, voire méprisé comme si le premier âge de la ville de Port-Barcarès n'avait de toute façon comme vocation de n'être qu'un état éphémère.
On sera donc passé de d'écrire la carte postale à écrire la carte postale par elle-même. C'est je crois le signe d'un état de la civilisation.
Ouh la ! Cette conclusion est peut-être un peu ambitieuse !
mardi 28 février 2017
Conférence sur Jean-Michel Lestrade
C'est gratuit et ouvert à tous.
Cela sera la première occasion d'évoquer en public l'œuvre de cette personnalité trop oubliée de l'histoire de l'Architecture des Trente Glorieuses. Je tenterai de remettre en lumière ce parcours exceptionnel et pourtant discret de ce calculateur qui a permis aux architectes parmi les plus célèbres de son temps (Gillet, Candilis, Renaudie, Prouvé, Esquillan...) de réaliser dans le réel les espoirs d'une architecture humaniste et sociale.
Par bonheur, cette conférence se fera en présence de Jean-Jean Lestrade, arrière-petit-fils de Jean-Michel Lestrade avec lequel nous trions les archives de l'agence Lestrade dans l'espoir du montage d'une exposition sur l'œuvre de son aïeul dans les prochains mois.
Venez nombreux !
Toutes les infos pratiques ici :
https://fr-fr.facebook.com/events/1875100229380223/
samedi 6 août 2016
À quel point, l'amour
Depuis plus d'une heure maintenant, Alvar écoutait son oncle lui raconter sa vie amoureuse, comment il avait rencontré Hans puis Mathew.
Hans, Alvar l'avait bien connu, il fut pour lui bien plus qu'un oncle, il fut comme un ami sérieux, attentif et surtout libérateur. C'est bien Hans qui avait permis en quelque sorte qu'Alvar puisse renoncer à ses études d'ingénieur pour faire de la musique. C'est bien Hans qui rappela à Gilles comment lui-même avait eu du mal à faire ce pas de côté, hors de l'influence trop prégnante quoique inconsciente de Jean-Michel Lestrade. C'est bien Hans qui donna ce goût de la musique classique à Alvar en lui faisant écouter pour la première fois le divin Bist du bei mir de Bach en lui laissant penser qu'il pourrait le chanter. Et Alvar le chanta un jour de décembre, il avait 12 ans, Hans pleura tout son soûl.
C'est bien Hans qui offrit la mer, les régates, la montagne à Alvar. Tous les étés, dès ses treize ans, ils partaient tous les deux dans des promenades sportives juste entre eux. C'est bien Hans qu'Alvar appela pour lui annoncer sa rencontre avec Émilie et qui demanda des conseils à son oncle allemand pour mener à bien cette nouvelle vie. Et c'est bien à Alvar et seulement à Alvar que Hans raconta ses premières inquiétudes sur son Sida déclaré très tôt.
Maintenant, dans la maison silencieuse, Alvar était surtout curieux de Mathew. Depuis le décès de Hans, Gilles faisait des aller-et-retours incessants aux États-Unis. Bien plus fréquemment qu'il n'en faisait déjà avec Hans. Mathew connaissait Hans, en fait, ils se connaissaient tous les trois depuis 1967. Hans et Gilles avaient rencontré Mathew à la Cinémathèque Française lors d'une projection de la Belle et la Bête de Cocteau. Ils étaient simplement assis côte à côte et Hans demandait alors à Gilles si, dans leur couple, il serait la Belle ou la Bête. Il n'eut pas le temps de répondre que ce petit freluquet moustachu et blond répondit à sa place : "la Bête". Le générique commença, il fallait se taire.
À la fin de la projection, Gilles voulut en savoir plus et il demanda si, maintenant que Mathew avait vu le film, il pensait encore qu'il était la Bête et si, évidemment, Hans serait la Belle.
- Non, répondit du tac au tac Mathew, la Belle c'est moi !
Cela fit rire les trois hommes. Il n'y avait pas de doute, il n'y avait pas de mystère sur qui était ce Mathew avec son accent. Il était américain, il était blond et mince, trop même, et il était gay, tellement gay. Il avait la chance en quelque sorte de le porter sur lui, de le dire dans sa voix, ses gestes, ses mouvements imperceptibles du cou et des poignets. Hans lui demanda d'où il venait. Mathew prit une sorte de raccourci pour raconter en une phrase qui il était :
- de Nanterre, des U.S.A (qu'il prononça uhessè), de San Francisco, choisis ce que tu veux.
Hans répondit immédiatement San Francisco parce que c'est prometteur et Nanterre parce que c'est juste à côté et que, ainsi, Mathew pouvait les inviter à boire un verre. Ce qu'il fit.

À Nanterre, sur les murs de la petite piaule de l'étudiant américain, il n'y avait quasiment que des portraits ou des images de cinéma. Une vieille carte postale de Jean Marais souriant accueillait les visiteurs à l'entrée. On marchait dès la porte passée sur des revues comme Positif ou les Cahiers. Aucune revue en langue anglaise, Mathew affirma d'un coup qu'il n'y avait pas de bonnes revues américaines de cinéma et que, de toute façon, il était venu là pour apprendre aussi la langue française. Un matelas hors d'âge au sol, un cendrier Ricard plein de mégots sur un tabouret en Formica, Mathew n'avait même pas de frigo dans sa chambre, il alla en face, chez son copain Édouard récupérer les bières qui s'y tenaient au frais. Tout se passa tranquillement en quelque sorte. Comme l'époque savait le faire. Ils formaient un trio maintenant. Un américain, un allemand, un français. Cela dura un été.

Mathew dut retourner à San Francisco, il ne voulait pas louper la révolution gay, il voulait voir qui était ce Harvey Milk dont lui parlait tout le temps son ami Dick Pabich resté là-bas. Il prit l'avion en empruntant l'argent à Hans et tenta de convaincre Gilles et Hans de le suivre. Mais cela ne se fit pas. Gilles fit alors une pose dans son récit. Il affirma à Alvar qu'il était en quelque sorte la raison de cette réticence car Hans voulait absolument le voir grandir, assister à ses premiers pas. Ils purent tout de même partir fin 68 début 69. Non, début 69 se rappela Gilles car Hans voulait justement être présent pour le Noël d'Alvar. Ils retrouvèrent Mathew qui les accueillit à l'aéroport avec une parfaite imitation de Delphine Seyrig ce qui déclencha l'hilarité générale. Il était comme ça ce Mathew. Sous une veste militaire, il avait un t-shirt jaune vif d'où sortaient ses deux très maigres et longs bras et un pantalon rouge à pattes d'éléphant comme on dira plus tard. Quelques longs colliers en perles de bois et rien d'autre. Il était nu pieds. Il conduisait vite son immense et décatie Dodge ainsi, comme Brigitte Bardot à St-Tropez, sans chaussures aimait-il à plaisanter. Cette fois ce fut Alvar qui rompit le récit et posa cette question : "Comment tu as su que tu étais gay ?" Gilles rigola. Et lui répondit. "Ah, Je crois savoir pourquoi tu me poses cette question maintenant. Toi, tu ne te poses pas la question depuis quand tu es hétéro ?" Alvar acquiesça et posa une autre question, demandant cette fois si ce fut facile avec ses parents. Gilles répondit que Hans fut celui qui lui a tout permis, qu'il avait plu immédiatement à son père et que tout cela fut implicite. Que ce fut bien plus difficile de dire qu'il ne reprendrait pas l'agence et qu'il partait vivre avec Hans en Allemagne.
- En quelle année ? demanda alors Alvar.
- En 69, justement au retour de ce voyage à San Francisco. Et Gilles soudain regarda dans les yeux son neveu et lui demanda d'un coup :
- Et toi, tu le sais depuis quand qu'il est gay ton fils ?
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Denis avait un culot monstre qui parfois, embarrassait même Jean-Jean pourtant habitué à ses frasques et à ses blagues.
- Mais Madame, excusez-moi, mais vous ne pouvez pas décemment me vendre cette carte postale ancienne de Royan au prix de 2 euros ! Et vous savez pourquoi Madame ? Simplement parce que vous avez sous les yeux, non seulement deux jeunes futurs architectes sans le sou mais que, en plus, Madame, vous avez l'honneur de parler à l'un des arrières-petits-fils de l'un des plus éminents architectes de la Reconstruction de Royan ! Oui Madame, permettez-moi de vous présenter ici même Monsieur Lestrade !
Jean-Jean ne savait plus où se mettre et la femme derrière son stand sur ce vide-grenier à Saujon n'en revenait pas du culot du jeune homme mais cette tirade fit rire son mari qui, tout en rendant la monnaie à une autre cliente affirma d'un coup :
- Mais nous en sommes extrêmement honorés ! Et si ces messieurs les futurs architectes me font le plaisir de choisir une autre carte postale, je leur ferai volontiers un petit prix !
- Voilà qui est raisonnable ! Je reconnais bien là l'accueil charentais ! reprit Denis heureux d'avoir trouvé un complice de flagornerie.
Tout gêné, Jean-Jean plongea à nouveau sa main dans la boîte à chaussures remplie de cartes postales.

Il en trouva une assez ennuyeuse d'Orléans mais qui donnait le nom de son architecte au dos : Cabinet Jean Semichon en se disant que cela amuserait l'ami de son père, David, de recevoir une Boring Postcard puis il tomba en arrêt sur une incroyable carte postale de Port-Leucate montrant le Kykklos.

- Regarde ça Denis !
- Ah ouais, faut avouer, c'est chouette, tu as le nom de l'architecte ?
- Non... Mais t'as vu les étranges panneaux de couleurs ! Trop beaux ! Non ? C'est con que David ne soit pas là. Je la prends aussi. Je vais l'appeler ce soir pour avoir des infos, je dois avoir son portable. Non, non, mieux, je lui ferai la surprise, je lui enverrai avec celle d'Orléans. On regardera dans le guide aussi.
- Est-ce que ces messieurs les futurs architectes trouvent leur bonheur ? demanda à nouveau le vendeur avec un large sourire.
- Oui, combien pour ces cartes là ? demanda Alvar.
- Alors voyons...Vous en avez pris combien ? 4 ?
- Oui !
- Disons 4 euros ?
- Ok, 4 mais je prends celle-ci en plus, affirma soudain Denis en ajoutant au paquet une carte postale de Jean Marais.
- Voilà une affaire rondement menée, messieurs ! Jean Marais sera en bonne compagnie ! conclut le vendeur.
- Vous ne savez pas à quel point Monsieur ! Vous ne savez pas à quel point ! rétorqua Denis.
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- Oui, Jean-Jean, pour les architectes c'est assez facile à trouver. Tu es à l'Agence ou chez ton père ?
- Chez Papy.
- Bon, regarde Techniques et Architecture, série 2-31 numéro spécial sur l'aménagement du Languedoc-Roussillon, tu l'as ?
- Attendez, je descends dans l'agence..... Euh, oui, j'y suis.
- Bon, page 97 tout en bas, tu trouveras. Tu vois Jean-Jean ?
- Euh... Attendez... Yes ! J'ai ! Il y a une photo de la maquette, ils disent Gardia et Zavagno comme architectes. Mais pour les panneaux décoratifs, tu as... vous avez une idée David ?
- Oui, de bon architectes et tu peux me tutoyer ! Pas sûr, les panneaux pourraient bien être de Jacques Tissinier. Mais rien de certain. Pour ça tu peux avoir des infos auprès de mon ami Clément Cividino, il a travaillé avec lui. Tu sais c'est celui qui a retrouvé et sauvé les Hexacubes dont je t'ai parlé la dernière fois.
- Oui !
- Au fait, merci pour cette très belle carte et pour celle d'Orléans. Comment fut ton voyage avec Denis ?
- Génial ! Faudra que je vous... que je TE montre les photos. On a même réussi notre pari, tu me dois 10 balles !
- Vraiment ? Rien ne me fait plus plaisir ! Je te l'avais bien dit que c'était facile ! Il a aimé ça ?
- Denis ? Attends ! Oui ! En fait, ce fut vraiment simple de le convaincre ! Et faut dire que la plage de Jenny est vraiment belle et y avait personne ! Que nous ! On a même dormi dans la voiture.
- Vous n'aviez pas de tente ?
- Si mais on avait peur de se faire remarquer en camping sauvage alors que dans la voiture, c'était plus discret.
- On se voit jeudi je crois.
- Ah ?
- Oui, tes parents m'ont invité. Ton père voudrait qu'on prépare un hommage à Jean-Michel, une expo peut-être.
- Ah ? Super ! Je serai là, tu verras Denis. Tu ne le connais pas encore je crois.
- D'une certaine manière si, vu comment tu m'en parles. Bon, écoute, là je dois partir, Jean-Jean.
- Bon, oh pardon ! Je voulais pas... Bon, bon, à jeudi David.
- À jeudi mon gars, salutations à tout le monde.
- Ouais, j'y manque pas.
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Par ordre d'apparition :
- Jean Marais, éditions O. P. , photographie de Teddy Piaz non datée.
- San Francisco, Transamerica Pyramid, photographer Tom Tracy, édition Impact, 1978.
- Royan, le Front de Mer avant sa défiguration. édition C. A. P. expédiée en 1959.
- Orléans, Place d'Arc, Cabinet Jean SEMICHON, Paris 1988, édition Ligneau, expédiée en 1989.
- Port-Leucate, le Kykklos, les architectes Gardia et Zavagno ne sont pas nommés par l'éditeur Société Éditions de France.
mardi 15 mars 2016
le Capitaine Candilis sans Capitainerie

Je reçois, je diffuse :
" L'héritage moderniste se voit donc une fois de plus (et une fois de plus pour Candilis) totalement méprisé. Alors qu'une ville balnéaire existe, prend son identité dans le travail d'un architecte et de son équipe, (architecte génial reconnu par l'histoire), les seuls qui ne comprennent pas la chance qu'ils ont, sont ceux-la même qui gèrent cette héritage : les politiciens locaux.
Il faut le dire, à leur défense, ils manquent sans doute d'une éducation de l'histoire de l'architecture et de l'œil, mais aussi d'un sens aigu de l'histoire locale, mettant à bas tout ce qui constitue la réalité historique du lieu où ils vivent. Lors de nos visites de Port Leucate, nous n'avions vu que mépris pour cette modernité qui malheureusement n'est pas détruite pour laisser place à une nouvelle mais pour fabriquer une image ressemblant à un décor digne de Walt Disney, mélange somptueux de néo-provençal revu par Las Vegas, de ferronnerie Brico Rama Brico Dépôt (un must du génie local) et un concept de l'espace inventé par le lobby tout puissant des vérandalistes aluminium qui doivent avoir, avec la mairie qui donnent les autorisations, ce même goût pour l'architecture de carton-pâte.
C'est trop tard maintenant.
C'est par terre.
L'histoire de l'architecture se rappellera les noms des responsables.
On notera que, comme à l'habitude, les arguments sont comme toujours les mêmes : état de la construction, risques, non-conformité. On s'amuse de ces arguments qui sont, en fait, le symptôme de quoi ? Simplement d'un manque d'entretien et d'un désir larvé de voir ce béton disparaitre. On laisse pourrir pendant des années sans rien toucher, on fait venir les pompiers, on évoque la sécurité, on fait la démagogie habituelle sur les besoins d'aujourd'hui qui ne correspondent plus à la construction d'hier et Hop ! On met par terre avec, bien entendu, aucune honte et même une certaine joie . Nous avons honte pour eux. Bref, une histoire bien connue aujourd'hui en France. Nous conseillons donc aux élus locaux de la Culture de la Ville de Port Leucate (il y en a ?) de voyager en Suisse, en Allemagne et surtout en Hollande où les constructions modernes font l'objet d'une attention, de recherches, de soins incroyables appuyés, c'est vrai, par des architectes, des responsables patrimoniaux, des règlements et une éducation qui font que la population, la démocratie, l'histoire donnent à lire dans le réel des rues, les héritages successifs avec originalité, idées, et même fierté. Oui, Monsieur le Maire, fierté de l'histoire et de la modernité.
L'éradication de la Capitainerie de Port Leucate est une faute patrimoniale grave.
Grave.
Très grave.
Nous avions cru un instant avec le classement des Carrats que cette ville et cette région auraient pu s'engager comme Royan ou Le Havre dans un vrai travail de reconnaissance de cette héritage de la Mission Racine. Il n'en est rien. Il s'agit sans doute d'un mélange audacieux de manque de courage politique et d'ignorance avec une pointe amère croquante-fondante de démagogie locale.
Bon vent Port Leucate !
Tu deviendras un magnifique décor pour rêve de cagoles où l'on fait semblant, où tout fait semblant."
Le Comité de Vigilance Brutaliste
Voilà qui est dit avec...euh...mesure.
Pour se rappeler un peu l'importance patrimoniale de cette Capitainerie :
elle faisait partie des tous premiers bâtiments construits par l'équipe de Monsieur Candilis pour tester le système constructif réalisant une trame étendue et infinie. Le système constructif, à la fois extrêmement fin, léger et intelligent permettait par un jeu nommé par l'équipe de Monsieur Candilis "Meccano" de produire rapidement des espaces modulables, transformables à volonté et donc de jouer avec les espaces intérieurs et extérieurs produisant un vrai urbanisme. On le sait, en architecture, la structure signe l'intelligence. Ici, à Port Leucate, avec ce système, l'équipe de Monsieur Candilis avait simplement inventé une nouvelle forme de mapping architectural si à la mode aujourd'hui. Il suffit de regarder les dessins techniques de ce système pour en comprendre le génie de sa simplicité et donc de sa beauté constructive. À l'égale des grands systèmes constructifs allant de Eiffel à Mimram, Monsieur Candilis avait offert à Port Leucate et Port Barcarès une possibilité d'avenir, un choix urbain et architectural d'une très grande originalité. C'est, sans doute, cette originalité que des yeux aveuglés par une fausse histoire du lieu n'ont pas su percevoir. On n'aime plus, en effet, une architecture qui dans sa forme, sa légèreté, sa fonction donne trop vite à lire son sens de l'égalité, son humanisme et surtout, sa liaison franche avec le paysage.
On notera que ce système de Port Leucate était si important pour Monsieur Candilis et son équipe qu'il faisait la couverture de son ouvrage sur les constructions de loisirs !
Recherches sur l'architecture des loisirs
Georges Candilis
édition Karl Krämer, 1972.
Pour revoir tous les articles sur Monsieur Candilis :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search/label/Georges%20Candilis
maquette et Capitainerie :
ici, le centre commercial fait du même système :
Comme un jeu de construction aux possibilités infinies :

Détails techniques :

Je vous donne à nouveau à voir les cartes postales qui rendent compte de ce système constructif :
carte postale de la capitainerie du port de Port Leucate des éditions DINO non datée.

carte postale du centre commercial de Port Leucate, éditions Audumares, non datée :

samedi 23 janvier 2016
Ah ! Les cons !
Commençons par le début :

Sur cette carte postale éditée par L' E.P.A.L.E et dont la photographie est de Ballenghien, on voit très bien les constructions du quartier du Pont de Bois dessinées par Alexis Josic et son équipe pour un concours daté de 1973. On y remarque immédiatement une qualité évidente de polychromie d'une architecture fortement marquée par des volumes en gradin s'emboîtant les uns dans les autres et produisant des espaces vides et des pleins dont le dessin original et très beau des ouvertures vient ponctuer les façades. On y reconnaît une écriture typique de l'époque, le semi-collectif qui tentait de rompre avec l'héritage du hard french en renouvelant l'idée de l'habitat collectif. On a vu cela avec un autre exemple, les gradins-jardins de Messieurs Andrault et Parat.



On sait aussi que Alexis Josic a fait partie des groupes de l'ATBAT puis de Candilis-Josic-Woods et en a partagé en tous points les interrogations spatiales et urbaines allant de l'espace de la cellule à celui de la ville dans un déploiement attentif de l'acte de construire et de la nécessité d'habiter cet acte, tout en mettant d'abord et toujours au centre de ces questions un humanisme profond, attentif aux besoins comme aux rêves, attentif surtout à donner une forme aux relations entre ceux qui utilisent ces espaces, espaces qui ne seront pas seulement de l'habitat qualifié de collectif.
On sait comment aujourd'hui est ravalé au sens propre comme au sens figuré cette pensée par des bailleurs, des propriétaires, des maires, qui écoutent davantage les avis de la police et des pompiers que celui des habitants et ne s'occupent en rien de ce que cette histoire et cette pensée ont de riche, d'original et surtout donc d'humaniste.
Non.
On brise à l'envi les circulations, on sacrifie les espaces, les attentions, les détails, sans égard. Voyez et lisez bien ce que les architectes ayant réalisé les modifications de ce quartier utilisent comme vocabulaire et arguments pour, non pas se justifier d'une nouvelle pensée architecturale mais appliquer sans regret ni remord et surtout sans aucune position éthique des demandes sécuritaires et de tranquillité publique.
http://www.lavoixdunord.fr/region/villeneuve-d-ascq-la-renovation-de-l-ilot-4-au-ia28b50417n1552590
La démagogie devient la raison d'un espace et le construit avec même une certaine jubilation à ruiner une pensée complexe, joyeuse, humaniste qui n'est pour rien dans les errements de la petite délinquance. Le politiquement correct et la bien pensance construisent maintenant nos espaces et cela se fait avec la collaboration d'architectes dont on se demande qui leur a enseigné cette méthode d'obéissance pour construire. Prenez les normes des pompiers, prenez vos ordres auprès de la brigade des stups et appliquez à la lettre leurs désidérata, vous ferez une bonne architecture. Demandez donc quelle taille doit faire une fenêtre pour que, dans le même temps, un pompier puisse l'emprunter depuis le dehors mais qu'un petit malfrat ne puisse pas s'en échapper depuis l'intérieur et vous aurez une idée de la pensée architecturale qui conduit aujourd'hui nos constructions. Ajoutez pour l'urbanisme, l'angle de braquage maximum des automobiles pour en interdire le demi-tour et donc la fuite et vous aurez saisi comment aujourd'hui on dessine nos circulations. Saupoudrez de bancs sur lesquels on ne peut pas s'allonger, de gabions chics pour empêcher les intrusions et vous deviendrez paysagiste.
Alors je vous donne à lire un texte publié dans Techniques et Architecture de 1973 et qui explique comment on pense.
Vous verrez qu'il y a un monde entre les petits ravaleurs et les vrais architectes. Ce monde c'est l'espace accordé à l'habitant.
On notera que la carte postale semble être une édition produite à des fins de promotion de l'habitat. Tout en fin d'article, quelques images de l'état actuel avec, en prime, un selfie de la Google car !
Pour une fois je vous donne la superbe couverture de ce numéro de Techniques et Architecture :






























