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dimanche 19 mai 2019

Peï et puis Peï et puis plus rien

Ils sont toujours dans leurs examens, ça ne rigole pas.

Monsieur Peï est décédé.
Avec une telle figure de l'architecture, difficile d'être original ou de croire que l'on révélera quelque chose de plus. Quelques clics sur votre clavier et vous aurez des milliers de pages sur cet architecte génial.
Bien entendu, en France, on a la Pyramide du Louvre si photogénique que des milliers de cartes postales vous en raconteront la forme et la présence. Je ne manquerai pas à mon devoir de vous en montrer quelques-unes.
Mais je voudrais vous montrer d'abord cette Tour à Singapour, la O.C.B.C car je la trouve particulièrement bien dessinée et qu'elle est peut-être moins connue que notre belle Pyramide :




































La carte postale est une édition S.W. Singapore sans nom de photographe ni d'ailleurs de nom d'architecte. Je n'arrive pas à trouver le nom de l'architecte de la tour U.O.B à gauche de l'image et qui est détruite maintenant.
Pour la Pyramide, je commence par cette carte postale que j'aime beaucoup :


Il s'agit d'une édition CL'H montrant le nettoyage acrobatique de la Pyramide qui, effet superbe, semble disparaître dans le ciel. Je l'ai déjà publiée mais bon, elle est très touchante.
Je vous propose celle-ci :




































Cette carte postales des éditions de la réunion des Musées Nationaux est datée de 1988 ! Déjà ! La photographie est de Deidi von Schaewen pour Connaissances des arts. Bien entendu, l'intérêt d'une telle image est de percevoir mieux la structure surtout grâce au détail en haut de la photographie. Si la transparence du verre semble bien totale depuis l'intérieur, on remarque tout de même que la grille marque l'image. C'est très beau et cela fait penser à Frei Otto.
Et si on zoomait ?


Voici donc une autre carte postale serrant encore davantage sur la résille. L'éditeur est éditions à vue d'œil (joli nom) et le photographe est Xavier Testelin. Quoi dire ? Qu'il est difficile de faire la netteté sur le Louvre derrière et la pyramide devant, dans le même temps...
Je m'arrête là.
Il pourrait y avoir encore tant et tant de cartes postales de cette pyramide du Louvre.
Je vous rappelle que vous pouvez aussi lire ou relire l'article sur le beau MuDam dessiné par Monsieur Peï au Luxembourg ici :

https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/03/lea-luxembourg.html


samedi 22 mars 2014

Léa Luxembourg

Sous la pyramide du Louvre avec votre  smart-phone, vous auriez réservé un co-voiturage vers le Luxembourg au départ de la Porte de Bagnolet.
Dans une Clio hors d'âge, vous auriez posé votre sac et salué gentiment le jeune couple un peu punk, un peu jeune, un peu allemand qui ferait la route avec vous.
Vous auriez mis votre casque sur vos oreilles après les politesses d'usage et tout en surveillant mi confiante mi inquiète la conduite de la conductrice, vous auriez plongé dans un album un peu ancien de Perfume Genius. Vous auriez vérifié trois fois que votre hôtel était bien réservé, que oui, ce code est bien celui d'une réservation puis en lisant votre courriel, vous auriez relu ce message d'un ami de Facebook que vous n'avez jamais vu mais qui vous conseillait d'aller au MuDam, ce beau musée dessiné par l'architecte Peï.
La route aurait défilé tranquillement, seulement rythmée par les arrêts cigarettes de vos compagnons de voyage. Vous auriez ri toute seule en regardant les cartes postales* vendues dans les stations-service et quelque chose dans le flot automobile, dans sa densité serait venu vous dire que vous vous approchiez de votre destination.
La conductrice vous demanderait trois fois si vous ne préféreriez pas aller d'abord à votre hôtel, mais non, vous auriez voulu qu'on vous dépose au MuDam si, évidemment cela ne dérangait pas trop, et que, finalement c'était bien la destination de votre co-voiturage.
Vous auriez alors regardé la voiture partir, votre sac sur vos pieds en ne sachant que faire de ce croisement de vie. C'est pour tout le monde ainsi.
Il serait déjà 12h30 et vous auriez faim. Ici, vous aurait dit votre ami, il faut manger dans le musée. Alors d'un pas alerte, joyeuse et rafraîchie par un vent printanier et étranger à vos habitudes, vous seriez enfin entrée dans le Mudam.







L'accueil serait charmant, professionnel, attentif comme on sait l'être en Suisse, en Allemagne et donc au Luxembourg. On vous prierait de laisser votre sac et, un peu maladroitement, vous vous seriez dirigée vers le restaurant en tenant mal tous les câbles de votre smart-phone et de votre appareil photo.
Là, vous auriez été fortement impressionnée d'abord par la sensation d'un luxe inouï mais retenu comme on sait le faire en Suisse, en Allemagne et donc au Luxembourg. Rien de trop, juste de beaux matériaux parfaitement mis en valeur par un dessin certes grandiloquent mais totalement classique et qui laisse aux œuvres toutes leur place.



Mais d'abord s'asseoir sous le design des Bouroullec, commander une salade absolument délicieuse et une sorte de dessert au café que le jeune serveur vous prierait par politesse, comme on le fait chez soi, et seulement si vous le désiriez d'aller consommer au salon. Le Soleil ferait d'étranges formes sur le sol et le fauteuil des frères Bouroullec ferait merveille pour ce moment de détente.



Il vous faudrait alors aller à la rencontre des œuvres et de l'architecture de Monsieur Peï et votre esprit ferait immanquablement cet aller-et-retour avec le Louvre, comparant les deux architectures.
Et le soleil tournerait autour de l'architecture, vous indiquant qu'il serait temps maintenant de sortir. Un visiteur aurait engagé avec vous une conversation, il serait un des contre-bassistes de la Philharmonie juste à côté. Vous voyant passionnée par l'architecture, il vous aurait indiqué que cette autre merveille est de Monsieur Christian de Portzamparc.



Vous auriez alors désiré y écouter un concert et le contre-bassiste rejoint par sa petite fille de 4 ans et sa femme vous aurait proposé gentiment de venir au concert de ce soir, il aurait une place certes pas très bien placée mais libre suite à un désistement familial.
Vous auriez passé votre première soirée au Luxembourg en écoutant Debussy.
Vous auriez aimé le Luxembourg.
Vous auriez toujours, depuis ce jour, envie d'y revenir.
Et, chaque année depuis, vous envoyez à Émilie, la petite fille du contre-bassiste une carte à Noël.
Petite fille qui vous aurait alors surnommé Léa Luxembourg.



*

Par ordre d'apparition :
carte postale des éditions du MuDam, Peï Architect Design, Photo : Christian Aschman
carte postale des éditions du MuDam, Peï Architect Design, Photo : Rémi Villaggi
carte postale des éditions du MuDam, Peï Architect Design, Photo : Christian Aschman
idem
carte postale des éditions Gropalux, Luxembourg
carte postale des éditions du MuDam, Peï Architect Design, Photo : Christian Aschman
carte postale des éditions Messageries du Livre, S.A.R. le Grand Duc Héritier, Guillaume de Luxembourg, Photo : Thierry Martin.