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mardi 28 octobre 2014

L'esprit d'escalier

Peut-on connaître une architecture simplement par la qualité de l'un de ses détails constructifs ?
Si j'en crois mes amis Patrick et Miguel, oui !
Voici que tous les deux, sans se passer le mot, m'envoient une carte postale d'un escalier !
Commençons par l'envoi de Patrick Gaïaudo :



Cette carte postale nous montre donc l'escalier du MHK de Kassel grâce à une photographie de Fritz Dressler. Je ne sais rien de cette construction, même pas s'il s'agit d'une construction moderne ou ancienne. En effet, il est impossible de localiser cet escalier au MHK. Pourtant sa forme, le dessin de ses marches, nous font rêver à une construction contemporaine, mais je crois bien que je me fais avoir par l'image et que, d'ailleurs, ce petit jeu pourrait bien être le centre même de l'envoi de mon ami Patrick, se jouant de moi et de mes goûts ! Merci en tout cas, Patrick, pour cette énigme.
Pour cet autre escalier, c'est beaucoup plus simple :



Envoyé par Miguel Mazeri, cet escalier est sans doute l'un des plus célèbres de son époque, l'un de ceux qui marquent la qualité de son architecte. Ici ce n'est rien moins que Bernard Zehrfuss pour le Musée gallo-romain de Lyon en 1975. Merci Miguel !
On notera que l'éditeur joue bien son rôle en donnant au verso toutes les informations sur l'architecte. Comment ne pas être ému par cette ligne superbe descendant d'un puits de lumière ? L'immense et épaisse rampe accentuant d'ailleurs le dessin de l'hélice et provoquant la sensation d'un mouvement vers nous.
Mais j'ai dans ma bibliothèque un très beau livre acheté aux Emmaüs. Il s'agit de Stahltreppen chez Julius Hoffmann éditeur. Ce livre est consacré aux escaliers métalliques et fut imprimé en 1962. C'est une merveille éditoriale qui pourrait à elle seule mériter plusieurs articles ! 
On y retrouve Claude Parent comme quoi, on peut avoir rêvé de rampes et avoir réalisé de très beaux escaliers. On notera également que Robert Doisneau est crédité par trois fois dans cet ouvrage. Cela démontre bien que les photographes prenaient également ce type de commandes plus techniques.
Je vous donne à voir quelques beaux morceaux dans un choix tout à fait personnel !
Allez, ne soyez pas jaloux... Si, si, vous l'êtes.... C'est bien fait !




Architecte : Arne Jacobsen. Photographe : Strüwing.

Architecte : Arne Jacobsen. Photographe : Strüwing

Architectes : Gio Ponti, A. Fornaroli, A. Rosselli, Mailand.

Architecte : Harald Dielmann. Photographe : Freidhelm Thomas.
Architecte : Harald Dielmann. Photographe : Freidhelm Thomas.

Architecte : Arne Jacobsen. Photographe : ?

Architecte : Albert Stenzel. Photographe : Hans Lohrer.

Architecte : Dr Carlo Villa. Photographe : Camera-Color Mailand.

Architectes : Leon Palm, Willy van der Meeren. Photographe : ?

Architecte : Sergio W. Bernades. Photographe : ? 
Architecte : J. J. ven der Linden. Photographe : Jaap d'Oliveira.
Architecte : Alois Giefer.

Architecte : Löpfe et Hänni (?)
Architecte : J. J. van der Linden. Photographe : Jaap d'Oliveira.

Architecte : Georges Johannet. Photographe : Doisneau











Architecte : Georges Johannet. Photographe : Doisneau

Architecte : Georges Johannet. Photographe : Doisneau.
Pour finir, nous nous attarderons sur des escaliers d'architectures de Claude Parent.
D'abord la Maison Soultrait (1956-58) avec ces deux belles vues de l'escalier puis un immeuble de bureaux à Paris, réalisé avec Ionel Schein, équipé d'un escalier en dalles de verre très épaisses et massives.




Architectes : Claude Parent, Ionel Schein. Photographe : Etienne Bertrand Weill.




mercredi 11 septembre 2013

A Fontainebleau : Les Journées de Destruction du Patrimoine


Et, nous apprenons en ces journées du Patrimoine à Fontainebleau, le soutien de Jack Lang pour le sauvetage de la Halle. Merci de sa lucidité.

Nous recevons et nous soutenons :


Les Journées du Patrimoine : deuil annoncé à Fontainebleau

Au moment où toutes les communes de France célèbrent les trésors qu'elles possèdent et rééditent avec fierté les Journées du Patrimoine, Fontainebleau se prépare à un deuil, celui de son marché couvert. Le Maire et son Conseil municipal ont en effet décidé de livrer aux pelleteuses la halle de béton achevée en 1942 par Nicolas Esquillan, l'ingénieur de renommée internationale, auteur du CNIT de la Défense, lundi 23 septembre prochain.

Il est incompréhensible que la Municipalité n'ait pas mesuré l'intérêt architectural et patrimonial d'un équipement dont les qualités d'usage sont connues de tous les bellifontains. Méconnue jusqu'ici, mal entretenue et injustement méprisée, la halle du marché s'est récemment attirée les suffrages de personnalités reconnues du monde du Patrimoine, de neuf Grands Prix de l'Architecture et de cinq Grands Prix de l'Urbanisme. Tous ont accepté d'ajouter leur nom et de cautionner l'ultime recours qui va être lancé incessamment pour
enrayer cette destruction indigne.

* les signataires :
9 grands prix nationaux de l'architecture :
Frédéric Borel, Paul Chemetov, Adrien Fainsilber, Claude Parent,
Dominique Perrault, Rudy Ricciotti, Francis Soler, Gérard Thurnauer,
Bernard Tschumi
5 grands prix nationaux de l'urbanisme :
Francis Cuillier, Christian Devillers, Bruno Fortier, Yves Lion et
Philippe Panerai.

S'y ajoute le Comité de Vigilance Brutaliste, et l'ensemble des défenseurs du Patrimoine qui restent en alerte.
pour plus d'informations :


et nous recevons aussi, et nous soutenons aussi :


"... Alors qu'une petite troupe démagogique et injurieuse, s'autorise à penser quelque chose du Patrimoine en brandissant des petites pancartes à l'égal de leur petite pensée, celle pas supérieure finalement à leur signe de ralliement, le cloporte, il est temps de réagir à l'urgence extrême de sauver le marché couvert de Fontainebleau.
Si l'objectivité scientifique et historique existe dans le domaine du Patrimoine, alors il ne fera aucun doute que les grands noms de l'architecture et de l'urbanisme* qui ont signé la lettre de soutien contre la démolition de ce qui est l'un des grands chefs-d'œuvre de l'un de nos grands constructeurs sont la preuve de la réalité patrimoniale de ce marché couvert de Nicolas Esquillan auquel on doit également le C.N.I.T.
Comment être aveugle à ce point ? Comment construire en éradiquant ainsi une forme, une pensée ? Quel architecte (et pour quelle architecture) peut ainsi penser une œuvre en supprimant celle historique existante ? Comment des autorités culturelles de la première importance peuvent ainsi revenir sur leur parole, aveuglées par les questions minuscules des petits enjeux locaux de petits boutiquiers que nous n'osons même pas nommer politiques tellement ils en sont étrangers ?
Comment alors, la foule (dont on sait toujours l'intelligence) peut ainsi se grouper derrière cette position en injuriant ceux qui ne font qu'accorder à leur propre environnement la vérité historique qu'il mérite ?
C'est la petite France.
On la connait bien.
C'est sa honte.
Et dire que nous fêterons bientôt les journées du Patrimoines et qu'on verra alors l'autorité ministérielle se promener et dire son attachement à ces journées... Et s'il n'y avait que Fontainebleau...
Sans doute que pour la première fois en France et à Fontainebleau, nous assisterons à des Journées de la Destruction du Patrimoine. C'est une nouveauté."

Et pour se réjouir, encore :



On pourrait rapidement croire en une forme similaire de celle du marché couvert de Fontainebleau mais nous sommes devant celui de Rueil-Malmaison qui a déjà... disparu !
La carte postale  Guy nous montre pourtant là aussi, une construction qui ne manquait pas, loin de là, de qualités et qui avait même fait l'objet d'un signalement par une fiche patrimoniale qui n'a donc servi à rien...
Le cauchemar !
À croire que, en Ile-de-France, dès qu'une construction moderne est repérée, elle est détruite !
Poursuivons avec ces canopées de béton qui ont marqué la France :



Cette carte postale des éditions SEPT nous montre le marché aux fleurs de Nice dans une belle photographie mettant bien en avant la construction étonnante et la vie qui sait s'y installer. Elle aussi disparue...
Et pour se rappeler si nécessaire, le talent de Nicolas Esquillan :



La carte postale Cap nous montre le très beau Centre National des Industries et des Techniques en 1960. Au verso de la carte figurent des informations sur la construction : Architectes : MM. Camelot, de Mailly et Zehrfuss - entreprises : Balency et Schuhl, Boussiron et Coignet - superficie plancher : 10 hectares, portée record du monde de la voûte : 218 m. Hauteur : 50 m.
Un peu plus proche, la carte postale Estel nous montre le Palais des Expositions au Rond-point de la Défense dans une très belle photographie :



Et encore plus près de vous :



Cette fois c'est une édition Arlux qui nous montre le C.N.I.T très animé. Là aussi une bien belle carte, une bien belle photographie pour l'un des Monuments Français parmi les plus beaux. Pas de doute qu'on assistera bientôt à sa destruction...