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vendredi 9 août 2024

Corbusier ? Ronchamp ? What the fuck ?!

 Nous croyons toujours avoir fait le tour d'une certaine analyse possible des images. Et puis, au fond, finalement, cette analyse a l'air peu utile puisque aujourd'hui l'accumulation des images suffirait à construire une oeuvre, une idée et pire une critique. 

L'Instagramabilité des images (ce mot entrera dans le Robert bientôt) est même le seul et dernier acte de critique en architecture, art qui a pris le pli de cette révélation unique. L'immonde tour Alta (Altra raté) au Havre en est l'exemple. Il y en a des milliers comme celle-là mais celle-là, faut l'avouer elle est comac.

On pense peu les espaces, on écrit plus de poésie sur leurs articulations avec le monde et l'analyse reste maintenant en retrait, l'important étant de faire signe. Avant on aurait dit : faire semblant. 

L'architecture d'aujourd'hui (oui...) fait-elle semblant de faire architecture au profit des images ? Elle imprime sur les rétines ébahies des effets parfois d'ailleurs réussis qui doivent marquer les esprits par la puissance attendu d'un étonnement. En anglais on dirait : what the fuck ?!

Alors quand un exemple devenu historique (et presque fautif) se joue justement de sa propre image, on espère toujours que cela remettra les pendules à l'heure. Ronchamp fut bien la surprise attendue réglant d'un coup les questions et principes de la Modernité*. Un suicide de l'ordre durement établi en quelque sorte, une tumeur bubonique qui est d'ailleurs volontairement imphotographiable, je veux dire que, d'un seul point de vue unique, on ne peut en rendre compte.

"J'ai vécu le coup de Ronchamp." Claude Parent.

Il était malin (pas agent du Mal) le Corbusier. Alors ce que très vite la culture critique de l'architecture appela le caillou a du être dans l'obligation pour en évoquer sa mouvance de multiplier les points de vue et cela pour le pèlerin fatigué comme pour le critique ou l'architecte informé. Ici, pas de jaloux, tout le monde est à la même enseigne de cette impossibilité : représenter.

En voici une petite suite :



Je commence avec une vue parfaitement abstraite, abstraction bien volontairement considérée par Corbu, ici magnifiée par un photographe resté anonyme. Charles Bueb ?

On note comme la composition est implacable et ne laisse aucune chance au regardeur de saisir de quoi il retourne. Un grand pan de crépi blanc occupe la moitié de l'image et l'autre est composé de formes et de contrastes dont il est impossible pour quelqu'un qui ne serait pas venu là de comprendre leur logique. Cette effet de formes perdues, comme jetées au hasard hardi d'une composition ne peut être l'objet que d'un photographe ayant compris le désir de l'architecte de former un cirque des tensions, une idée de la ruine, un morcellement des espaces. C'est un photographe (j'a envie de dire et d'écrire) corbuséen, voué à la tache de rendre les honneurs d'une architecture de chaos et de sensations. Une photogénie bien calculée. Il faut d'avance en aimer cette abstraction, faire comme si Corbu était là pour nous guider les yeux sur des compositions concrètes et  fabriquées pour faire justement des images. Il faut donc une sensibilité convaincue d'avance pour comprendre l'utilité d'un tel cadrage. Mais, bien entendu, ce qui nous saute au yeux c'est ce putain de crépi. Pourquoi donc nous coller le visage contre cette surface grumeleuse, volontairement sauvage, racoleuse, paysanne ? Pourquoi donc le noir et blanc sert-il ici à jouer ainsi des états de surfaces entre le lisse et le rugueux fabriquant les masses, les séparant par leur tonalité de gris. Du blanc ? D'accord ! Mais seulement si vous en supportez sa matière, son grain. On dit aussi le grain en photographie. Quelle autre architecture fut ainsi photographiée de si près, la tête dedans ? Quel est ce message radical ? 


Sur cette autre carte postale, toujours sans photographe, on note que celui-ci a réussi avec une Chapelle toute de courbes d'en déterminer un angle droit qui s'enfonce dans le ciel : un coin.

Le photographe saisit le ciel dans l'espace entre l'abri du pèlerin et La Chapelle, comme si leur rôle était bien d'établir ainsi un certain ordre du regard. L'architecture serait aussi dans les espaces laissés vacants par le bâti. C'est bien là une idée ancienne. Mais ici, justement, les formes de ce bâti restent peu reconnues, peu saisissables et il faut en connaitre le programme architectural pour en dire quelque chose. Il faut être un photographe acquis à la cause de l'architecte pour se permettre de fabriquer une image qui, au lieu de décrire l'objet, en fabrique d'abord une atmosphère dont le bâtiment lui-même est vu comme un révélateur de points de vues et dont l'usage s'efface à ce rôle. Là encore, il faut sans doute être un photographe corbuséen en quelque sorte, déjà convaincu ou ayant bien accepté cette vision et sa mission.
Il est alors difficile de dire ce qui est une pure fiction du regard, ce qui est déjà organisé par l'architecte, de dire comment c'est le bâtiment qui commande lui-même ses vues. Et que voudrait nous raconter cet aplat du ciel étendu à l'infini ? Que sommes-nous chargés de prendre en compte ? Un infini pointé du doigt ?
La grande quantité de points de vues édités en cartes postales (et en grande partie visibles sur ce blog) est bien là pour prouver le jeu plastique du cadrage sur un tel objet. Une Chapelle mouvante, changeante, créant des surprises parfois face à elle, parfois cadrant le paysage, le remodelant pas ses limites, sa présence. Ce n'est rien d'autre que ça que je voudrais raconter.
Et combien de fois encore cela va-t-il durer ?
Walid Riplet.


* voir mon texte et celui de Claude Parent, le coup de Ronchamp, dans l'ouvrage sur Charles Bueb et La Chapelle de Ronchamp.

Les deux cartes sont des éditions de la Société Immobilière de N.-D. du Haut, sans date, sans nom de photographe, sans correspondance.

Pour revoir Ronchamp sur ce blog (faut un peu de temps...) :


jeudi 9 mai 2024

l'autre ascension

On peut toujours se demander à qui sert ce type d'image ? Pourquoi donc laisser si peu de place à l'architecture dans cette photographie ? 
On peut aussi répondre de la sorte : l'architecture y est justement à sa place et c'est la manière de bien la montrer.
En effet, trop habitués que nous sommes à ce que la carte postale porte le monument en plein cadre, on est toujours interrogatifs devant une proposition tentant de fait de conceptualiser l'objet architectural dans son paysage. Mais peut-on parler de paysage lorsqu'on est ainsi suspendu dans le ciel, au-dessus de la Chapelle de Ronchamp de Le Corbusier ? Qui a vraiment l'opportunité de voir ainsi La Chapelle ? Est-ce bien là un point de vue de l'architecte ?
Car, ici, perdue dans la forêt, dans les collines, dans la topographie, La Chapelle ne ressemble pas à grand chose d'autre qu'un éclat blanc (trop blanc ?) venant faire travailler le terrain et l'étendu qui semblent infinis, comme si ce petit morceau de blancheur était le seul artefact sur ce sol immense.
On peut le dire:  personne ne voit vraiment l'architecture de Le Corbusier comme ça, personne pour décoller depuis son sol et réintroduire de la sorte une telle échelle, une telle proportion entre la construction et sa géographie. Je fais exprès de ne pas dire son paysage.
Veut-on nous convaincre de sa parfaite intégration ? Veut-on, au contraire, nous montrer comment c'est l'architecture qui est le point principal de cet environnement ? Comment c'est elle qui le construit ?
On remarque d'emblée la dramaturgie de l'image, le ciel menaçant et contrasté, la dureté des noirs, le parfait équilibre de la composition, La Chapelle posée à exactement deux-tiers du ciel et un tiers du sol et centrée dans sa largeur. Le monde semble vide autour d'elle.
Comme on ne sait rien du photographe qui n'est pas nommé, il est difficile d'argumenter sur ce désir précis d'image. Sans doute que le pèlerin, à pied, a-t-il besoin d'une telle réinscription dans le réel de cette géographie pour savoir par où et comment et pourquoi il est venu ici, sur ce sommet précis, heureux de pouvoir devant ce type d'image se positionner enfin dans son cheminement.
Car l'ascension de la colline de Ronchamp est d'abord religieuse. Elle n'a d'existence que pour la découverte du lieu ainsi sanctifié devenu par la force de l'architecture, un pèlerinage aussi oecuménique que sacré, aussi esthétique qu'obligé vers, à la fois Dieu et...le Corbusier.
On fait le pèlerinage vers Corbu tout autant maintenant (et peut-être plus) que vers le lieu sanctifié.
Retournement du sens ?
Il serait donc bon, par ce type de proposition d'image, de redire la modestie de l'objet face à la grandeur du monde, de dire que ce morceau tortueux et complexe à la fois contraste et construit son rapport au monde dans une certaine idée du miracle : l'architecture.
Après l'ascension, redescendre sur terre.
La carte postale n'a ni nom de photographe, ni nom d'éditeur. Elle fut imprimée à Lyon chez M. Lescuyer & Fils, imprimeurs. La photographie provient des Archives de La Chapelle. Voilà qui est bien court pour déterminer si je me trompe.
Bien à vous. Vous entendez comme moi le bruit du moteur de l'avion ?

dimanche 27 novembre 2022

Le brutalisme reconnu avant le brutalisme étudié



Est-il utile à un collectionneur de récupérer un modèle de carte postale chaque fois qu'il se présente et en autant d'exemplaires que possible ?
J'avoue avoir du mal lorsque je vois dans une boite à chaussure une carte que je possède déjà à la laisser dans le tas des drouilles, me prenant alors pour un sauveur, comme si le tri et l'extraction du commun permettait de remettre de l'ordre dans le monde. Je vous laisse faire ce que vous voudrez d'une analogie possible avec la vie. Je ne suis pas assez philosophe.
Mais il ne faut pas oublier aussi qu'une carte postale est toujours circonstanciée et donc très souvent finalement unique. Elle a un correspondant et un destinataire, une histoire donc de contact, de vie à raconter, de raison du choix d'une image.
On pourrait bien décider qu'ici sur ce blog le multiple permet justement le singulier et il doit bien y avoir dans le monde des collectionneurs de cartes postales un cas un peu particulier d'un collectionneur qui ne collectionne qu'un seul modèle de carte postale.

En attendant, il arrive aussi que la boite à chaussures dans laquelle est oubliée la carte postale contienne aussi des photographies mélangées. En voici une bien particulière pour nous les aficionados de Le Corbusier qui vous fera vivre un petit étonnement, un soubresaut attendri, une minute d'admiration ébahie :




Cette mauvaise photographie au sens de sa lecture un peu dure nous permet de voir l'abri du pélerin à Ronchamp terminé. Enfin, on le devine dans le charbon de l'image au contraste un peu trop marqué mais au fond, au bout du chemin surgissent les travaux de La Chapelle à peine démarrés.
Cela pourrait bien nous suffire de voir ainsi l'une des icônes de l'architecture en train de naître. C'est déjà un document historique et la pauvreté de la photographie ne retire rien finalement à ce moment. Je ne savais pas que l'abri du pélerin fut bâti avant La Chapelle elle-même.
Mais ce qui est le plus étonnant et qui questionnera tout passionné de l'histoire de l'architecture c'est bien ce que le photographe a inscrit alors au dos de sa photographie (voir début de l'article)
Oui. Cela est incroyable non ?
Autrement dit, la question du rapprochement du style de Le Corbusier et des bunkers et blockhaus avait bien eu lieu ailleurs que dans les textes à venir de Reyner Banham sur le brutalisme. Il existait donc une évidence formelle à ce rapprochement, rapprochement ici de culture populaire. De la sémiologie par le peuple en quelque sorte. On ne pourra pas ici affirmer que cela soit perçu comme négatif par le photographe mais disons que le désir de le préciser sur sa photographie prouve toute de même, à cette période, au milieu des années cinquante, un rapprochement qui mérite d'être noté et ainsi appuyé.
"j'ai reconnu dans les formes, dans le matériau, dans les ombres des architectures défensives de l'horreur" semble vouloir nous dire cette petite note au dos de l'image. Bien entendu, rien de la Chapelle elle-même ne peut être ainsi gratifié de cette qualité car elle n'existe pas encore. Mais c'est bien l'abri (au sens presque militaire) qui ici oblige le visiteur à sauter le pas de ce rapprochement, bien loin des critiques et historiens de l'architecture ou des architectes Virilio et Parent qui, eux, feront de cette "image" une réalité constructive presque dix années après à Banlay. 
Quel document !
Il y aurait donc des évidences perçues par tous et cela pourrait nous amener à croire que, évidemment, l'architecte lui-même ne pouvait pas ne pas le voir, le penser et surtout le réaliser.
Car, si au milieu des années cinquante, un particulier, seul devant les constructions de Le Corbusier ose gratifier ainsi par "style Blockhaus" une construction d'un architecte contemporain c'est qu'il fait lui-même l'analyse de ce style et qu'il le nomme. Le Blockhaus encore tiède des drames de la guerre devient un terme générique suffisamment populaire et clair pour qualifier une architecture qui n'a rien de militaire. C'est bien le signe d'un glissement sémantique inouï.
Reyner Banham devait bien l'entendre avant d'avoir à l'écrire.
Je reste stupéfait.



Mais voilà la seconde carte postale du chantier. Voilà celle que vous croyez avoir déjà vu ici mais non, il s'agit bien d'un autre exemplaire. Cet exemplaire daté du 5.5.55 nous raconte bien la distance entre la naissance de La Chapelle de Ronchamp et son inauguration. Le correspondant dans son texte informe lui-même de ce moment puisque il annonce pour le 25 juin cette inauguration en espérant y être et que ses amis y seront aussi. Voilà comment l'instantanéité d'un moment rejoint à rebours l'histoire. 

Pour voir ou revoir une toute petite sélection des cartes postales de La Chapelle de Ronchamp :

et, sans doute la plus importante :
 

samedi 14 août 2021

Le Corbusier entre tas et colline

 Bien entendu, il existe des cartes postales pour ceux qui connaissent déjà les lieux. Des cartes postales dont l'objet premier n'est pas tellement de faire découvrir au correspondant un espace à lui inconnu, mais bien des cartes postales voulant le montrer sous un angle inusité. Le rôle du photographe alors est bien de regarder ailleurs, c'est-à-dire de permettre la reconnaissance, la complicité entre le regardeur et l'expéditeur  mais aussi de prouver là une originalité particulière, une forme inattendue de ce qui est connu. Souvent cet angle est perçu comme plus artistique, plus original, donnant surtout au photographe une place plus importante puisque sa présence est alors l'atout de l'originalité de cette image.
Il a vu ça lui, en quelque sorte. Et il le signifie.
En voici deux exemples sur un objet architectural iconique : Ronchamp et sa Chapelle. 
Il s'agit d'une telle icône qu'on peut en effet se demander comment il est encore possible d'en montrer une particularité, un terrain peu exploité, une vision fraîche. Le ou les photographes vont alors faire une chose incroyable, ils vont prendre le risque de ne pas montrer l'icône !
Regardez comment sur cette carte postale, le photographe resté anonyme (Bueb ?) tourne ostensiblement le dos à La Chapelle !



Quel culot !
Par contre, il ne tourne pas le dos au programme corbuséen puisque, ainsi, il nous montre l'un des abris du pèlerin sur la colline et il nous montre aussi sa situation dans le paysage. Il est déjà rare de voir des représentations mettant en avant ces petites constructions mais il est encore plus rare d'en voir une depuis ce point de vue. On pourrait en chanter le brutalisme tranquille et le toit végétalisé, on pourrait s'amuser de la polychromie ici éteinte par le noir et blanc mais mon œil quitte rapidement ces questions pour s'attarder sur le tas de terre fraîchement retournée qui vient là, comme une maquette de la colline de Ronchamp. Pourquoi diable avoir laissé ici ce tas de terre et pourquoi donc le photographe a cru intéressant de le cadrer ? Pour me faire écrire ? N'aurait-il pas pu simplement monter sur ce tas de terre et faire son cliché ? Est-ce là l'indice que tout cela sort de terre, que tout cela reste encore inscrit dans le chantier ou dans la rudesse radicale et franche du réel ? L'architecture se doit-elle, quand elle est sacrée, de dire quelque part son origine première et géologique ? Ce tas de terre serait-il un indice de la vanité du monde ? Allez... Je vous sens un peu réticent. Parfois, les choses sont là et c'est justement ce qui fait leur force. Être tas.
Et si nous osions encore plus, et si nous prenions un risque encore plus grand ?



Sur cette carte postale sans nom de photographe, on voit la colline de Ronchamp et en émergeant à peine, presque imperceptiblement  La Chapelle de Le Corbusier. En effet sur la courbe naturelle de la colline un truc, un machin vient perturber la douceur de la courbe, prenant en quelque sorte la pente pour la poursuivre comme un tremplin minuscule, une cale pour un ciel bien trop vide. Trois registres de gris divisent l'image de manière horizontale : herbes folles au premier, forêt sombre au deuxième et grand ciel au troisième. L'écorchure au milieu, le pépin dans la bouche, le caillou dans la chaussure c'est bien La Chapelle. Pour faire une telle image, pour penser que celle-ci rencontrera ses amateurs, il faut savoir déjà de quoi est faite l'architecture. Il n'est plus nécessaire de la montrer vraiment mais il reste possible que son surgissement en soit aussi un signe. Ici, si l'on considère d'abord l'ascension de la Colline de Ronchamp et son pèlerinage comme le centre-même du projet architectural, alors c'est bien depuis ce point de vue, dans l'attente de l'ascension qu'il faudrait montrer La Chapelle. C'est bien ce qui est là-haut qu'il faut aller voir et surtout rencontrer. Aller à Ronchamp c'est parcourir l'espace entre ce point de vue et cette Chapelle. 
Le chemin est l'objet de cette image.
Aucune de ces deux cartes postales, extrêmement originales, osées et révélatrices n'a cru bon nous donner le nom des photographes. C'est bien dommage. Mais on imagine aussi la réception un peu timide de ce genre de cartes, le pèlerin aura toujours tendance dans la masse des cartes postales montrant de face la Chapelle à en bouder les points de vue plus originaux. On y est allé, en effet. Il ne fait aucun doute que la rareté-même de ces cartes démontre aussi que ce que l'on demande à cet art c'est bien une forme de clarté de l'objet, sans risque de se tromper ou de préférer le cheminement du photographe à celui du visiteur. Chacun, en quelque sorte veut son Ronchamp et étrangement, celui-ci ne le sera que dans une communauté d'images et non dans une forme trop personnelle. L'erreur du photographe c'est de croire que ses particularités, son originalité sont recevables par d'autres. Garde ton histoire, garde ton chemin, je veux juste tenir dans mes doigts l'objet pour lequel je suis venu ici, en haut de la colline.

Pour revoir quelques articles sur Ronchamp :
...et tant d'autres....

dimanche 26 janvier 2020

Ronchamp du signe

On pourrait dire que lorsqu'un photographe choisit de photographier l'air autour d'une architecture en lieu et place de l'architecture elle-même c'est que cette architecture a atteint un sommet de reconnaissance qui fait qu'elle n'a même plus besoin de se la raconter pour exprimer sa présence.
Est-ce le cas ici?



Dans ce très beau cliché devenu une carte postale, le photographe resté anonyme fait d'abord du ciel le point d'ancrage de son image. La Chapelle de Ronchamp montre certes sa façade mais elle sert surtout à pointer alors les nuages un peu comme la proue d'un navire fend les vagues. Il sera bien difficile au correspondant qui n'aurait jamais vu cette Chapelle de Corbu, depuis cette carte postale de pouvoir en comprendre une forme globale. Cette manière de tirer le bâtiment vers une forme abstraite ne donnant aucun indice ni de la fonction de l'église ni de son implantation c'est au moins vouloir raconter sa richesse formelle. Elle est comme un paysage avec lequel il est possible de travailler. En terme de surface, il y a plus de ciel que de bâtiment sur cette photographie.
Seul l'escalier donnera bien l'échelle de l'homme et il suffit de glisser un pouce dessus pour qu'il ne reste rien des proportions. Les arbres sont trop loin pour exprimer ce rapport. Des percées hasardeuses, un crépi moutonneux et la minuscule pyramide aztèque ne livrent pas non plus d'information. Il faut donc rester avec le seul désir abstrait de formes parlant pour elles-mêmes, s'agençant au gré d'un cadreur.
Mais qui a photographié ainsi ? Charles Bueb ? Maurice Blanc ? Lucien Hervé ?
Certainement un œil déjà habitué, ayant tourné autour de la construction, ayant laissé le témoignage visuel au profit de l'expérience plastique, voulant donner au souvenir d'un lieu un peu plus que seulement sa description.
Mais à force de ne pas vouloir montrer, à force de vouloir contrer ce désir légitime d'image, ne risque-t-on pas de ne pas voir ?
Il y a aussi dans les grands chocs esthétiques, dans la beauté soudaine quelque chose qui pourrait empêcher de seulement les enregistrer. Alors l'artiste, le photographe, le témoin se croit obligé à son tour de faire œuvre, à cadrer sur le bord, hors des limites des attendus. Il se confronte avec cette beauté, tente d'en saisir un sens, veut prouver sa capacité, à son tour, à modeler l'espace.
Il fait signe.

Pour revoir et relire les très nombreux articles sur Ronchamp, allez ici.

samedi 26 octobre 2019

Et sur cette pierre je bâtirai mon église

Bon.
Euh...
C'est plus qu'exceptionnel et rare.
Voilà :



Ce document va nous demander beaucoup d'analyses et d'enquêtes.
Sur cette photographie, on reconnaît évidemment Le Corbusier. On devine mal ce qui fait le décor autour de lui. Au fond, un mur de pierre et une foule attentive. On reconnaît facilement aussi des hommes d'église. Le mystère sur ce moment est lui vite élucidé car au verso tout nous est indiqué par notre mystérieux correspondant : il s'agit de la pose de la première pierre de la Chapelle de Ronchamp. C'est donc pour l'architecture mondiale un moment particulièrement important et émouvant. Mais si le verso semble rapidement répondre à nos interrogations, il ne nous permet pas de circonstancier ce moment et de bien comprendre qui est là (à part Corbu) et qui, surtout, fait cette prise de vue et invente donc cette iconographie historique. Existe-il un contre-champ de cette prise de vue permettant de voir le photographe qui cadre ainsi l'architecte ?
Que fait Corbu ?
Le prêtre semble lui indiquer un endroit sur une feuille de papier et Corbu semble vouloir écrire ou signaler quelque chose. En fait, il signe le parchemin qui sera scellé dans la pierre.
L'autre élément important de ce document c'est bien la pierre elle-même. Il me faudra savoir où elle se situe exactement à Ronchamp et quelle est donc cette forme étrange aux angles bien droits qui la dessinent.
Quelqu'un connaît-il un témoignage direct de cette pose de première pierre ?
Qui saura identifier les personnes sur ce cliché ?
On reconnaît très bien Georges Béjot juste derrière Le Corbusier qui s'adresse à un jeune prêtre à lunettes qui doit être Lucien Ledeur. Sur un site, je retrouve exactement ce cliché et aussi un autre pris un peu avant. Mais alors qui a ainsi publié plusieurs fois cette image et dans quelle cadre fut-elle diffusée ?
Ce site nous indique la piste de l'Abbe Bollé-Rédat ce qui, évidemment, sur ce blog, nous indiquerait une possible proximité avec Charles Bueb.


On note aussi que même si cette photographie fut bien envoyée comme une carte postale, c'est-à-dire directement, à nu, sans enveloppe, elle ne possède aucun signe éditorial du genre. On note que la disposition du texte et de l'adresse existe simplement par une séparation d'un trait au stylo-bille et que le positionnement du timbre est tout de même très fantaisiste. La carte n'est pas signée comme si l'image, l'écriture mais aussi le sujet permettront au destinataire de comprendre immédiatement qui est son correspondant. Cela indique une familiarité à l'événement, au lieu et peut-être aux protagonistes. On admire aussi le professionnalisme des personnels de la Poste à l'époque pour déchiffrer et trouver le destinataire... La carte fut expédiée le 11 septembre et arriva le 13 de l'année 54 soit quelques mois après l'événement.
La présence des architectes sur les cartes postales est rare sauf dans des cas auto-promotionnels (Hector Guimard) ou institutionnels. Par contre, la pose de la première pierre est souvent l'occasion d'une carte postale mais alors il s'agit de cartes postales du début du siècle ou des années 20 lors de la reconstruction des églises après la Première Guerre Mondiale. La présence de Corbu sur cette image, le désir même de cette image de l'architecte, la considération à son égard tout cela prouve en tout cas que Corbu avait déjà bien une image et une reconnaissance telle que de le partager était le signe d'avoir vécu un moment privilégié de l'Histoire de l'Architecture.
Espérons que rapidement nous aurons plus d'informations sur ce moment, sur le photographe pour que ce moment émouvant puisse prendre toute la lumière qu'il mérite.
Cette carte postale, (carte-photo) est de fait maintenant l'une des plus belles et des plus rares de ma collection.
Et j'ai plaisir à la partager avec vous.
Pour revoir quelques articles sur Ronchamp :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2019/05/avec-des-planches-du-courage-et-du-genie.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/04/charles-bueb-publie-ronchamp-revele-le.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/06/la-fatigue-ronchamp.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/07/les-missiles-sur-ronchamp.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/04/le-corbusier-au-cube.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/07/ma-quete.html
......






L'homme à droite a un casque sur la tête et semble porter un micro dont le fil passe sur le visage des spectateurs :

 Mais comment s'appelle dans la liturgie le nom de ce seau rempli sans doute d'eau bénite ?






lundi 6 mai 2019

Avec des planches, du courage et du génie


La sidération passée, nous pourrions vous laisser avec l'image.
Que pourrions-nous bien ajouter à ce cliché de la chapelle de Ronchamp en construction ?
D'abord l'étonnement à voir ce moment et surtout à le voir ainsi édité. On notera que le photographe resté anonyme attend un moment bien avancé du chantier, permettant de bien lire déjà la forme générale de la chapelle. Il ne lui manque plus grand chose en fait.
On est au moment du décoffrage de la coque du toit. Les planches gisent sur le sol et les murs sont encore en pierres apparentes.
C'est très émouvant comme moment. On peut d'ailleurs trouver aussi que l'appareillage des pierres avait une certaine allure et que son contraste avec le toit en béton brut avait déjà une grande force.
Mais qui est venu, à ce moment-là, immortaliser ce chantier ? Et, surtout qui a pu bien penser que cela intéresserait une clientèle d'acheteurs venus en pèlerinage ?
Ici, sur ce blog, nous aurons vite fait de penser à Charles Bueb, bien évidemment.
La carte postale ne mentionne ni nom de photographe ni nom d'éditeur d'ailleurs.
Étrange. Il ne s'agit pourtant pas d'une carte-photo. Alors ?
Autre étonnement la carte fut expédiée bien tardivement puisqu'elle est oblitérée en 1990 !
Si on compare l'état du chantier sur cette carte postale et celui photographié par Charles Bueb on est dans l'obligation d'y voir un rapprochement. Je compare les dos des cartes postales de Charles Bueb et celle-ci et, patatras, ça ne tient plus...
Mystère...
Sur le toit, on devine deux silhouettes en promenade, des chanceux arpentant la coquille de crabe. On voit aussi un arbuste souvent posé là par les ouvriers des chantiers pour que tout se passe bien. Un grigri de maçon. Pour le reste, le chantier est vide, les herbes sont folles.

Il y a fort à parier que nous sommes en 1954, autour de la visite du chantier par Le Corbusier. Peut-être même un peu après si on en croit l'avancement du mur du campanile sous bâche sur la carte postale alors qu'il est nu sur la photographie de Charles Bueb.
Espérons que les cartes postales de Ronchamp continuent de nous servir d'aussi beaux documents.

Pour revoir Ronchamp :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=ronchamp+
Pour revoir Charles Bueb :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/04/charles-bueb-publie-ronchamp-revele-le.html












































mercredi 11 juillet 2018

Les missiles sur Ronchamp

Lorsque, comme moi, on possède un Fonds d'environ 10 000 cartes postales, il peut arriver que le cerveau défaille.
Et si l'ordre d'un rangement parfait ne venait pas, de temps en temps, remettre les choses à leur place, je pourrais croire pendant longtemps que je possède des doubles. Or, oui, il m'arrive de ranger. Dans le classeur consacré à Le Corbusier, je crois ranger un doublon, doublon que je garde toujours me disant que 2 c'est mieux que 1.
Mais voilà...


D'abord il est toujours intéressant de voir une architecture en cours d'utilisation. Ici, sur ces deux vues aériennes, la messe en plein air a lieu et permet bien de comprendre l'utilisation de l'espace extérieur de la Chapelle de Ronchamp. La foule se répand, tourne autour de la Chapelle et on devine les limites, les espaces et leurs orientations. De plus, l'éditeur nous donne pour ce moment et même cet événement, la date de cette messe : le 14 octobre 1962. Je me souviens que j'avais cru naïvement lors de mon premier regard que Le Corbusier pourrait bien être l'un des petits points sur cette carte postale. Mais non... il n'est pas là... car il s'agit d'une messe extérieure pour le Pèlerinage et non une vue de l'inauguration ou du sacrement de la Chapelle. La dernière fois que Le Corbuiser est venu là, c'est le 6 octobre 1959. Dommage.
Sur la première carte postale, on voit la file indienne des prêtres et des officiants en aube blanche gagner l'autel extérieur et d'ailleurs la foule n'a pas encore fermé leur chemin. La foule a aussi grimpé sur la pyramide extérieure permettant de bien voir l'office.
Je me pose la question de la nécessité de voler au-dessus de Ronchamp en ce jour. Quelle manifestation particulière Monsieur Larcher de Vesoul est-il venu photographier avec son avion ? Et d'ailleurs est-il le pilote et le photographe ? Pourquoi avoir édité plusieurs (au moins deux donc...) vues aériennes de ce moment particulier ? Pourquoi avec autant de netteté inscrire la date sur le cliché comme pour en révéler l'importance ? Le moment du Pèlerinage suffit-il à justifier ces vues aériennes ? L'instantanéité étant impossible, en effet, on peut affirmer que les acteurs de cette foule n'ont pas pu le jour-même acheter ces cartes postales. Il fallait donc pour repartir avec un souvenir de cet événement, revenir acheter la carte postale plus tard, un autre jour. On peut aussi s'amuser à lire le mouvement de l'avion qui tourne de la droite vers la gauche et surtout descend un peu puisque on ne peut plus lire le dessus du toit sur la deuxième carte postale. Armé de mon compte-fil, je regarde les détails. Je vois avec surprise que des personnes se donnent la main pour former un cordon en haut du chemin, sans doute pour guider les visiteurs. Mais je suis surtout surpris de voir des hommes grimpés sur le toit de l'abri du pèlerin, ils ont grimpé là grâce à une échelle ! Je m'amuse aussi à bien percevoir que l'avion est repéré et que les têtes sont tournées parfois vers lui, certains faisant un signe de la main à l'avion bien au ras du sol.
Mais, bien entendu, je me pose une autre question. Est-ce que Charles Bueb est là ? Est-il en ce jour si particulier en train de faire à son tour des photographies ? C'est bien possible mais rien ne peut aussi me l'assurer. On retrouve bien dans ses photographies l'ambiance de ces moments de foules autour de la Chapelle de Ronchamp, comment elle complète le lieu, lui donne sa raison. Atteindre un lieu qui est un but, c'est toujours exiger la pause en sa proximité.
Est-ce que Monsieur Larcher, dans son avion savait que dans un ciel lointain, au-dessus de Cuba, le même jour, Rudolf Anderson Jr. photographiait les bases de missiles ? Les ciels, parfois, ne portent pas les mêmes histoires, les mêmes jours...
Et n'oublions pas que pour survoler Ronchamp, un avion de chasse, parfois, c'est utile.
Comme... un mirage...

Pour savoir comment photographier Ronchamp, je vous conseille encore l'excellent livre Charles Bueb, Ronchamp, Le Corbusier aux éditions Facteurs Humains. C'est toujours un beau livre et une belle histoire...
isbn-978-2-9600513-7-7














































































































































lundi 11 juin 2018

La fatigue à Ronchamp

Parce que Ronchamp n'est pas seulement une église mais un programme religieux plus complexe, Le Corbusier n'y a pas seulement dessiné une chapelle mais bien un ensemble offrant d'abord, cela va de soi, le lieu de culte mais également un abri pour les pèlerins, sujets premiers de cet espace spirituel.
Le pèlerin est un être en mouvement désirant un but, dont le cheminement intérieur se matérialise dans le concret du cheminement réel. Arrivé à destination, il doit trouver à la fois l'objet de sa quête mais aussi le repos. Non pas que la fatigue soit un élément du programme du pèlerinage, même si elle est une manière de se débarrasser de l'harassement des pensées négatives, mais elle est présente, subtile, comme une présence du corps, ce sac de peau comme disait Corbu qu'il faut bien emmener avec soi en haut de la colline salvatrice. La joie est là, ne nous y trompons pas. Oh ! La belle joie que cette fatigue utile, achalante, digne !
Pour elle, il fallait un abri, et à Ronchamp, c'est Le Corbusier qui le dessine. Souvent oublié des représentations de Ronchamp, souvent même oublié de notre cinéma intérieur que nous nous fabriquons de Ronchamp, l'abri des Pèlerins est pourtant bien un élément essentiel de ce mouvement vers la colline sacrée. Il est, de plus, d'une beauté brutaliste stupéfiante, jouant de tous les contrastes avec la Chapelle. Il est donc assez étonnant d'en trouver une représentation en carte postale même si il faut relativiser cette surprise :



























En effet, dans un lieu aussi fréquenté, il est normal de vouloir offrir finalement toutes les représentations. Le pèlerin depuis toujours a été friand des objets liés à son pèlerinage et il a toujours été un fétichiste de son propre mouvement. La représentation n'y échappe pas et vouloir revenir avec l'image de ce mouvement, vouloir en communiquer le but atteint enfin est très normal. Et puis la très grande fréquentation entraîne forcément la possibilité aussi de multiplier les angles des points de vue, presque certain qu'il y a là la possibilité de jouer avec l'ensemble des représentations de chacun. N'oublions pas non plus qu'il existe des cartes postales de second regard, celles fabriquées pour les habitués d'un lieu, leur permettant d'échapper aux représentations habituelles et de ne pas répéter leur désir d'images. Plus un lieu est fréquenté, plus il a de chance de proposer des angles et des images originales et variées, c'est la loi du marché qui autorise cette générosité des points de vues. On enverra l'abri des Pèlerins soit à une personne à laquelle on a déjà envoyé la Chapelle l'an dernier, soit à une personne connaissant le lieu, soit aussi, évidemment, parce que finalement c'est bien là que le correspondant arrive.
Cette carte postale est une édition de la Société Immobilière de Notre-Dame de Ronchamp. Elle ne précise pas son photographe qui pourrait bien évidemment être Charles Bueb. On note que l'abri est photographié en contre-plongée depuis le chemin en contrebas, laissant tout de même à la Chapelle la chance d'apparaître à gauche de la photographie, cela, bien clairement, pose le désir de la localiser. Cela permet aussi de jouer du contraste entre les lignes courbes de la Chapelle et les angles de l'abri, tous deux pourtant, semblant darder le ciel gris. Tout le vocabulaire corbuséen est de sortie : disposition des ouvertures, leur retrait dans l'épaisseur du mur, les traces des planches dans le béton banché, les aplats de couleurs vives, le déversoir épais des gouttières, la forme tenue, serrée, compacte d'un dessin très lisible.
Je pense soudain à la cantine de Marçon par Wogenscky. 
On notera enfin, que la carte ne fut pas expédiée, sans doute achetée comme souvenir, comme une note que l'on fait d'un lieu, vertu de la Veduta.
Mais avant d'arriver, le pèlerin perçoit-il cela :


Cette carte postale du même éditeur nous montre à peine la Chapelle, perdue au milieu des branches, posée sur le haut de sa colline. Bien entendu, il s'agit d'une image dramatique, au sens où elle joue avec notre désir de nous raconter l'histoire du moment du surgissement du lieu du pèlerinage, de son but, enfin, là-bas, au loin, presque déjà là. Ce point de vue permet aussi de comprendre comment le rocher sculpté par Le Corbusier semble naturel, comme un fruit, un caillou, la carapace d'on ne sait quel crabe de montagne échoué là. Là également, cette carte postale s'adresse sans doute à un client ayant déjà joué au pèlerin, ayant déjà usé son œil sur une image plus attendue et cherchant un point de vue plus original, moins resserré sur l'église mais plus sur l'événement même du pèlerinage lui-même. Un regard averti en quelque sorte, délaissant la représentation de l'objet architectural au profit de la représentation de l'événement.
Une fois encore l'éditeur oublie de nous nommer quel photographe-pèlerin a ainsi vu Ronchamp. Dommage d'avoir perdu le corps qui va avec cet œil, écartant les branches, un peu loin du lieu, regardant avec émotion la chance de Ronchamp comme nous avait écrit Claude Parent dans sa préface pour notre livre sur Charles Bueb.

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