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lundi 23 juin 2025

Wogenscky à peine lisible

 

Oh oui ! On pourrait bien passer à coté. On pourrait bien vite ranger cette carte postale dans le classeur en surpoids du Hard French en ne voyant là qu'une petite cité de plus dans la production française d'après-guerre. Il faut le dire rien de bien particulier nous attache à cette image aérienne, cette carte postales des éditions Combier.
Nous sommes au-dessus de Yutz, plus précisément au-dessus du Quartier des Provinces. La vieille ville est un peu au loin (Thionville ?) et le quartier moderne est venu comme souvent se greffer d'un coup, un peu loin, comme pour ne pas déranger. Le trouble de l'image nait bien de ce contraste de l'implacable rangement des petites barres un rien tassées et des toits de hasard du reste de la ville.
Alors, parfois, souvent, il faut remercier les éditeurs de cartes postales de nous dire de regarder autrement. En effet, sur cette carte postale Combier le nom de l'architecte est écrit même si il l'est avec une faute d'orthographe ! On ne lui en veut pas. Moi-même j'oublie de bien orthographier parfois ce nom si célèbre de l'Architecture Française. Mais depuis cette photographie, vous avouerez qu'il reste difficile de comprendre l'originalité et la force de l'écriture architecturale de Wogenscky. On y voit surtout que les barres sont vraiment les unes sur les autres. C'est assez radical et honnête, ce n'est pas tant là que se dessine la qualité de l'architecture. On remarque aussi que sur une telle parcelle, l'architecte aurait pu faire le choix d'immeubles plus hauts pour libérer plus de terrain. Le peu d'étages de ces petites barres (4) doit certainement vouloir tenter une approche plus...humaniste, plus tranquille moins effrayante que les Cités Radieuses de son maître adoré...



Mais tout cela produit surtout une image rayée d'horizontales dans sa moitié basse. C'est assez impressionnant ce désir de tout tenir ainsi, règle en main. Oh non ! Ne croyez pas que vous allez avoir de ma part un texte dénonçant le fascisme de la ligne droite ou de la géométrie ! Ce serait bien indécent ! Je ne suis pas de ceux qui voient dans un angle droit l'émergence d'une pensée raide ou autoritaire ! Nous laisserons cela aux critiques d'architectures et historiens un peu perdus voulant que l'on parle d'eux. J'ai, pour ma part, le sentiment et même la certitude qu'il n'y a aucune raison de faire ce genre de lecture et que l'oeuvre entière de Wogenscky prouve son attachement humaniste. 
Depuis cette image au moins, la seul lisibilité du travail de Wogenscky pourrait se produire dans les tous petits points de couleurs des entrées : oranges ou bleus. Wogenscky à peine lisible est-ce le signe de moins de Wogenscky ? Sans doute pas. Cette discrétion est plus le choix d'une certaine élégance de la grille, le désir de ne pas faire une architecture tonitruante affirmant haut et fort sa Modernité. Une discrétion sensible.
Sauf erreur de ma part, je ne vois aucune mesure de protection ni Label pour cet ensemble. Quelqu'un pour, heureusement, me contredire ?
Ma promenade sur Google Map me rassure peu sur l'état de l'ensemble.
Il ne fait aucun doute que les autorités patrimoniales de la Région, que les amateurs de Wogenscky feront rapidement le nécessaire pour soutenir et inscrire cette belle écriture dans notre temps présent.
Enfin...on espère.








mardi 13 septembre 2016

Le Corbusier en carton

Pouvoir associer en une seule carte postale beaucoup des thématiques que nous abordons ici est toujours une joie.
Architecture Moderne + le Corbusier + maquette + carte postale + logements + Pessac =



Oui.
Il s'agit bien pour moi d'une vraie découverte que l'existence d'une telle maquette mais aussi de sa publication en carte postale !
L'éditeur est Elcé, autrement dit L. Chatagneau, l'un des grands éditeurs de Royan. Monsieur Chatagneau nous donne au verso les informations suivantes : Pessac, "les Quartiers Modernes Frugès" édifiés par Le Corbusier-1926. Maquette exécutée par Henry Frugès.
Si on n'est pas comme moi un spécialiste de l'histoire de cette cité, on sursaute d'emblée au fait que cette maquette fur réalisée par le promoteur de cette célèbre cité de Le Corbusier. Comme l'éditeur ne date pas la réalisation de cette maquette, on peut facilement se poser les questions de son origine et de son utilisation. Maquette promotionnelle pour vendre les appartements, maquette réalisée après cette construction pour en venter l'architecture, maquette d'amoureux de Le Corbusier prêt à donner de son temps pour faire comprendre par cet objet l'importance du lieu ? Cette maquette dont on ne sait pas si elle voyageait ou si elle était présente en permanence sur le lieu même reste donc depuis cette carte postale un rien mystérieuse, tout comme d'ailleurs le désir de sa diffusion en carte postale ce qui signifie tout de même un marché et des visites pour cet objet.
Heureusement, on a l'Internet ! Il suffit de deux clics pour trouver la réponse :
http://lamachineahabiter.com/maquette-fruges/
La vidéo n'a pas de son, je trouve cela étrange.
En tout cas, on comprend de suite cette maquette et sa raison d'être et c'est bien d'avoir ainsi une réponse. Toute cette énergie et cette passion à faire ainsi dans le menu détail un tel objet pour chanter l'importance de ce site dans l'œuvre de Le Corbusier sont incroyables. Reste tout de même une interrogation sur l'usage à la fois de la maquette et de cette carte postale. Il ne fait aucun doute qu'ici l'édition a comme rôle de diffuser au mieux le travail de l'architecte en offrant en quelque sorte une vue aérienne aisée, nous connaissons ce phénomène avec les cartes postales des maquettes de Royan par exemple. Bien entendu, ici, la maquette étant construite bien après la construction du quartier, elle n'a pas du tout le même rôle. Elle permet dans le cadre d'une visite d'architecture, visite donc déjà patrimonialisée de mieux saisir l'ensemble immobilier. La maquette, comme la carte postale ont donc une valeur d'abord didactique. Fabriquer une telle maquette sans autre but que de partager le travail de Le Corbusier dit bien aussi l'ampleur de l'attachement au quartier, du désir d'en donner à voir ses spécificités, d'en défendre ses atouts. C'est un acte d'amour. Mais lors de notre visite du quartier en 2007, je ne me souviens pas d'avoir eu une telle opportunité. Comment donc cette maquette fut et est donnée à voir au public ? Comment dans la visite de l'amateur d'architecture, cet objet fut donc visible dans le parcours ? Existe-il d'autres cartes postales de ce quartier ayant eu, elles aussi, le désir de partager la construction de Le Corbusier ? Y-a-t-il eu une maquette réalisée à l'époque et aujourd'hui disparue, disparition qui pourrait être le moteur de cette restitution ? On sait également que, en 1967, date de fabrication de cette maquette, l'état de la Cité Frugès était bien altéré. La maquette devait donc bien avoir un rôle de renaissance, de pureté, de retour à une forme idéale au delà des modifications et des transformations du temps par les habitants. Un rêve à revoir, une utopie à rebours.







 C'est aussi cela que diffuse la carte postale. Je ne sais pas si l'éditeur Elcé (Chatagneau) décida seul de cette édition ou s'il fut appelé pour la réaliser. Le marché de ce genre étant très très serré, je pense à une commande. Je n'ai pas rencontré encore dans mes recherches de cartes postales d'époque de ce quartier. Pourtant, vu l'ampleur et l'originalité de ce quartier, vu le nombre des habitants et donc des clients potentiels, il est possible de penser qu'il y a bien eu, même à très petit nombre, une édition d'époque de cartes postales de ce quartier.
La patience nous fera trouver un jour l'objet de notre désir. Peut-être que cela se fera sous la forme d'une carte postale de maquette ! Et si nous ne trouvions pas, nous pourrions bien aussi nous amuser à la produire.
Je vous propose de voir sur le site de l'INA, le court mais émouvant film sur Pessac. On y voit Henry Frugès, en train...de peindre sa maquette ! On voit aussi que nous sommes, comme pour la carte postale en 1967 et que la question du classement de la Cité Frugès est au cœur du reportage. Cela appuie bien l'idée d'une production de la maquette et de la carte postale comme moyen de médiatiser cette histoire et cette demande de classement. C'est, en tout cas, très touchant.
Pour lire la vidéo, cliquez sur l'image :



Je vous donne également l'article de Dominique Amouroux dans le guide d'architecture contemporaine en France. Une fois de plus, Dominique Amouroux (et déjà à l'époque) pose les bonnes questions. Malheureusement, aujourd'hui encore, ces questions n'ont pas trouvé de réponse. Pire même, je crois que vues les politiques patrimoniales nationales et l'absence totale d'éducation à l'architecture par les deux ministères concernés, la situation est bien plus grave. Et ce n'est pas un week-end des Journées Européennes du Patrimoine qui changera quelque chose. Je vous signale tout de même que Dominique Amouroux nous propose pour ce week-end une visite de la Maison  Wogenscky-Marta Pan à Saint-Rémy-les-Chevreuse. Voir en haut de cette page.











samedi 24 octobre 2015

Wogenscky dedans dehors

Commençons dehors :


















Cette construction qui semble vouloir tirer toutes les leçons de le Corbusier dans son rapport au sol, son dessin, sa volumétrie est de André Wogenscky. Nous sommes à Annecy devant le centre nautique de L'U.C.P.A et plus particulièrement devant le bâtiment de l'hébergement. J'ai eu un doute sur l'attribution mais notre ami Dominque Amouroux, spécialiste de l'architecte,  m'a fait le plaisir de répondre à ce doute par un courrier :

Bonjour David,
Oui c'est bien cela.
Annecy a accueilli le premier centre de voile lacustre créé par les fondateurs du centre d'initiation à la voile océanique de Socoa (St-Jean-de-Luz).
Ce centre de voile qui a ses hangars au bord du lac avait besoin d'un hébergement dont Wogenscky a reçu la commande parallèlement à celle du centre des Marquisats, les deux ensembles étant sur le même terrain. L'UCPA a ultérieurement repris cette activité.


Merci Dominique pour ces précisions.
On rappellera ici que nous avions déjà évoqué les Marquisats dans cette article et que Wogenscky est l'un de nos architectes préférés sur ce blog car l'un de ceux dont l'héritage corbuséen tout en étant transparent est renouvelé avec vigueur et respect.
La carte postale est une édition des Photographies de G. Rossat-Miquel sans date et nous montre très habilement comment l'architecte fait justement référence. On est d'abord surpris par le fort contraste entre la construction et son paysage, contraste ne tentant en aucun cas une intégration mais jouant avec les pentes, s’immisçant par son socle dans celles-ci, permettant le rattrapage par des pilotis du bâtiment supérieur et offrant ainsi une sorte de terrasse vide. La photographie nous montre aussi une polychromie simple mais rigoureuse faite d'un blanc, d'un gris et d'un rouge profond venant rythmer la construction. On aimera les évacuations et cheminées peintes en noir sur le toit. Les cellules des logements sont clairement visibles grâce à la grille du dessin de la façade offrant une forme de lecture possible des fonctions depuis l'extérieur et sans concession. C'est très beau, sans aucun doute. On regardera aussi depuis cet autre point de vue :


















Cette carte postale n'est malheureusement signée par aucun éditeur ni photographe. Si les couleurs semblent ici bien moins affirmées et comme lavées, le point de vue nous permet tout de même de voir l'appareillage de bois qui reflète même les pilotis.
On pourra pour en connaître l'histoire, lire le livre publié par Dominique Amouroux sur ce lieu.
Allons maintenant dedans :


Cette très surprenante carte postale nous montre la grande salle de la Maison de la Culture de Grenoble qui est l'un des chefs-d'œuvre de Wogenscky. Je reste surpris par l'existence de cette carte postale montrant bien à quel point l'architecture de ces nouveaux objets urbains était considérée comme des événements par les éditeurs à cette époque au point de penser qu'un correspondant aimera envoyer une image de l'intérieur de la construction à un ami. La photographie d'une très grande qualité est de M. J. Diaz. On y voit aussi le très moderne et pur rideau de scène peint par Martin Barré. Une merveille qui fait acte d'une fausse simplicité donnant un dynamisme à l'ensemble par ces quelques flèches géantes comme peintes au lavis d'encre de chine : une attente sereine des artistes. On sent là l'idée d'une machinerie scénique débarrassée des flonflons des brocards, des velours trop rouges comme pour dire que l'important du spectacle est sur la scène et non dans la salle : une visibilité de l'outil scénique.
Une autre :


J'aime beaucoup cette carte postale et vous savez pourquoi ? Parce que nous sommes sur la scène ! Oui, pour cette carte postale, le photographe, toujours Monsieur Diaz, s'est installé sur la scène pour prendre son cliché. Son appareil photographique enregistre donc les ouvertures, tout au fond, par lesquelles le cinéma va être projeté. Je pense qu'en fait, vu la disposition de la salle, le recul nécessaire du photographe n'étant pas possible à l'arrière de la première rangée de fauteuil, il décida de venir profiter de la profondeur de la salle pour la saisir ! Je pense aux plans de Jean-Luc Godard dans le Mépris montrant soudainement au public une salle de cinéma ou un travelling caméra vers une autre pour sonder la tautologie de l'image.
Je peux donc dire que, depuis cette carte postale, je suis allé sur la scène de la Maison de la Culture de Grenoble.

Vincent Juriens nous indique ce lien, je le partage avec plaisir :




Pour en savoir plus sur André Wogenscky, on pourra aller lire les livres que Dominique Amouroux a écrits à son sujet :

André Wogenscky
Dominique Amouroux
Carnets d'architectes
éditions du Patrimoine, Centre des Monuments Historiques

André Wogenscky et Louis Miquel à Annecy
Dominique Amouroux
CAUE 74

mercredi 22 avril 2015

De Cholet à Saint Pierre-lès-Elbeuf grâce à Wogenscky


Il arrive que les intuitions trouvent les chemins de la raison.
Vous savez comme j'aime tirer les fils de la connaissance, glisser d'une sensation d'image à une réalité construite.
Donc :



Tout commence ce matin avec une carte postale superbe par sa dureté, une de celles qui pourraient comme ça, rapidement, si nous étions Martin Parr, entrer dans la catégorie Boring Postcard. Nous sommes devant l'Institut Médico-Pédagogique "La Rivière Sauvage" à Cholet comme nous le dit la carte postale Eurolux dont la photographie est de Thierry (sic). Au verso figure bien le nom d'un architecte et quel architecte ! André Wogenscky !































Immédiatement, l'image s'éclaire de ce nom et on comprend un peu mieux ce que l'on voit, du moins, ainsi, on a une grille de lecture. Parpaings bruts posés en claustra serré, épaisseur de béton sur toit plat engazonné, gargouille de béton brut au dessin si corbuséen, volumétrie affirmée et d'une simplicité apparente faisant jouer le dedans et le dehors avec un patio, grande ouverture sur l'extérieur ici cachée par un saule pleureur (?). C'est rude et beau. Les parpaings ainsi abandonnés à leur être, n'étant pas recouverts, peints, crépis, donnent toutes la dimension brutaliste à l'image et sa justesse au matériau aimé pour son grain, son état, son rôle comme on laisse les pierres se chauffer au soleil et accueillir les lichens. Je ne trouve aucune publication sur cet institut dans mes archives me permettant de vous offrir des images plus précises mais...
Mais...
Internet et les moteurs de recherches m'offrent un cadeau incroyable !
En cherchant des informations, je tombe sur le fonds de l'architecte Louis Miquel. Dominique Amouroux m'affirme alors que l'architecte de l'IMP n'est pas Wogenscky mais bien Louis Miquel sans doute sous son influence directe, Wogenscky ayant en quelque sorte apporté le projet à Louis Miquel. Et, une chose étonnante en entraînant une autre, il se trouve que l'une des œuvres les plus importantes de cet architecte ayant travaillé avec André Wogenscky se trouve chez moi ! Oui ! À Saint Pierre-lès-Elbeuf !
Saint Pierre-lès-Elbeuf a donc au milieu de son tapis de bombes pavillonnaires une architecture intéressante ? Cette ville de Saint Pierre-lès-Elbeuf qui est en train de mourir du lotissage stupide et aberrant a donc sur son territoire un exemple de logements sociaux intéressants ?
Mais oui. Et... Cela fait des années que je la regarde. Le week-end dernier encore, arrêté au feu, je disais  à mon frère Christophe alors que nous revenions des Emmaüs, que cet ensemble était beau et intrigant... Magie de l'intuition. Je crois aux astres !
En effet l'ensemble est bien de Louis Miquel, et je m'étonne, vu son curriculum vitae, de ne pas être tombé dessus plus tôt ! Il y a donc des moments où les fruits sont mûrs et tombent tout seuls dans nos mains.
Reste une question intéressante : pourquoi André Wogenscky est-il crédité pour l'architecture de l'Institut médico-éducatif de Cholet à la place de Louis Miquel ? Comment cette attribution a-t-elle pu exister ?
Qu'importe ! Sans doute que la raison profonde est la nécessité soudaine de me faire travailler et découvrir une construction près de chez moi.
Une erreur... profitable donc !
Merci à Dominique Amouroux pour toutes ces précisions. On trouvera dans la superbe revue 303 numéro 80 de 2004, un article complet de Monsieur Amouroux sur cette construction de Louis Miquel.

Voici donc quelques images de ce bel ensemble appelé Résidence Les Tilleuls.
On voit donc un ensemble mêlant pans de briques et structure affirmée en béton. les fenêtres feront plaisir à Auguste Perret car en hauteur et poussées de chaque côté des pans de briques. On remarque immédiatement un jeu de façade avec des briques jaillissant des murs et offrant un décor simple mais beau d'ombres portées animant le rigoureux dessin de la grille. On remarque aussi une résidence en parfait état, très bien entretenue, dans un immense parc arboré. Superbe.
Il s'agit donc d'une construction LOGECO.
Il me faudra encore trouver des infos sur ce mode constructif.
Je suis désolé, le ciel est bleu. N'y voyez pas de désir de faire des cartes postales mais simplement, il arrive que la photographie photographie bien le réel et qu'il fasse beau en Normandie. Désolé. Vraiment.












jeudi 29 janvier 2015

Moi je préfère manger à la cantine de Wogenscky et Corbu !



Enfin !
Enfin cette carte postale de la cantine de Marçon est arrivée dans ma collection !
Une édition André Roncière de 1966 qui, curieusement nomme bien le Corbusier comme architecte mais oublie André Wogenscky !
Il y a peu de bâtiments auxquels je tiens autant.
Les raisons en sont multiples : d'abord c'est une architecture modeste, dans une France de la campagne, un peu oubliée des livres d'histoires de l'architecture moderne. Ensuite parce que j'ai découvert cet objet grâce à mon collègue David Mickael Clarke et que nous avions décidé de le visiter avec les étudiants et c'est à cette occasion que j'ai rencontré Nicolas Hérisson qui s'occupe de Piacé le Radieux.
Mais aussi parce que cette cantine scolaire a une belle histoire, celle d'un maire jeune et dynamique, Monsieur Armand de Malherbe, désireux suite à un voyage au U.S.A de donner à sa petite ville un bel objet architectural digne de la Modernité et qui, suite au contact avec l'agence de Le Corbusier a vu le chantier confié à André Wogenscky qui a fait ici, sous le regard du Maître, une architecture totale, ayant saisi toutes les qualités de cette révolution. Ce maire a simplement offert à sa ville un chef-d'œuvre.
La modestie de la construction, l'ensemble superbe des petits détails, la reconnaissance immédiate pourtant de cette "forme moderne" font de la cantine scolaire de Marçon un objet précieux, touchant, et beau.
Maintenant que cette cantine scolaire se voit défaite de sa fonction pour des raisons de normes (ah les normes...), il convient d'être extrêmement attentif à son devenir et à son état.
La reconversion d'un espace plein d'une mémoire bruyante de milliers de repas d'enfants ne devra faire qu'une seule chose : respecter la totalité du lieu.
Je vous remontre pour fêter l'arrivée de la carte postale quelques clichés réalisés lors de cet atelier avec les étudiants. N'oublions pas que Marçon possède également un superbe Club des Jeunes qu'il faut aussi conserver et visiter !
Pour en savoir plus sur la cantine scolaire de Marçon, vous pouvez aller la voir ou bien aller lire ici :
http://www.caue44.com/IMG/pdf/fichemarcon.pdf
On notera qu'aujourd'hui, la cantine de Marçon est environnée d'une architecture particulièrement indigente et semble prise au piège de son espace. C'est dommage.
Et ayons une pensée amusée pour tous les enfants venus là manger, avec dans la tête ce refrain joyeux :



Notez les lampes qui éclairent la rampe et qui ont disparu :


















Voici Monsieur le Maire de Marçon, Armand de Malherbe, qui a su offrir à sa ville une architecture digne, humaniste et belle. Il nous a accueilli gentiment,  il a répondu à toutes nos questions avec simplicité. Merci !