mardi 19 mai 2026

Royan : Portique comme back

 J'ai décidé de vous montrer ensemble ces trois cartes postales car elles ont un point en commun : le cadrage de la rambarde du portique. De loin, de près, les photographes de ces trois cartes ont, en effet, décidé de mettre dans leur cadre cet élément architectural pour nous montrer ce fameux portique qui a disparu si stupidement de l'écriture urbaine de Royan.
Ce que nous montre sans doute ces choix de photographe c'est que, bien loin de boucher la vue ou de l'entraver, le portique était un élément de connaissance de la ville, une belvédère, un balcon pour voir la ville et la mer ici dans le dos des images. Il y avait donc bien un goût et un commerce pour des images de la ville prenant la place des images de la mer.
Depuis donc le portique on cadrera les Nouvelles Galeries (superbe bâtiment très défiguré aujourd'hui), le Front de Mer ou la place de la Renaissance. Ces images permettent aussi de bien lire l'incroyable jeu urbain des vides et des horizons, la ville montrant une Reconstruction très large, très ouverte dont les espaces vides contrastent admirablement avec les constructions. L'oeil circule parfaitement.
Mais on s'étonne sans doute aujourd'hui que de tels cadrages aient pu être édités tant justement la rambarde du portique y est présente, presque utile à des jeux de structuration des images, permettant d'en accentuer la géométrie et l'orthogonalité. C'est assez beau comment les photographes des éditions Flor, Chatagneau ou Yvon ont chacun leur tour joué avec cet élément urbain ! 

A-t-il fallu être stupide pour ne pas voir et comprendre donc l'importance de cet élément dans le dessin urbain de cette ville de Royan !
C'est pour cela que le portique sera reconstruit car c'est une évidence qu'à l'heure du retour en grâce des enjeux patrimoniaux de Royan, le portique ne peut que revenir pour offrir enfin à la ville son sens premier : une ville articulant le balnéaire et le résidentiel. C'est pour 2026 à n'en point douter.



On commence donc par cette superbe vue chez Yvon éditeur expédiée en 1956 et nous montrant la place de la Renaissance.On lit la parfaite gestion des espaces et comment ce portique permettait littéralement e ce promener dans le ciel de l'architecture moderne.



Cette autre carte postale n'est pas sans nous rappeler celle-ci que j'aime tant :
Là encore on se pose la question de ce choix, rambarde en avant, construisant un premier plan abstrait avec une belle courbe opérant une si belle jonction avec l'architecture du Front de Mer. Qui préférerait, au retour du bain de mer envoyer une telle carte postale en lieu et place d'une vue de la plage ? Tous les amateurs d'architecture moderne, tous les témoins de la Reconstruction bien sûr ! Merci donc au photographe des éditions Marceau Carrière de Niort (où sont vos archives ?) d'avoir ainsi fabriqué ce qui aujourd'hui est un magnifique document de l'usage de ce portique.


Pour finir cette promenade, nous voilà en hauteur, visant les Nouvelles Galeries grâce aux célèbres et locales éditions Chatagneau (où sont vos archives ?). Ciel en aplat d'un gris très léger, pavage superbe de la place, flottage au premier plan de la rambarde, architecture magnifique sous un soleil bien haut, tout cela s'accorde pour faire une image presque trop parfaite de Royan à son apogée. J'ai eu soudain l'envie de vous montrer chacune et chacune des visiteurs, rendre hommage à leur présence tranquille. Mon peuple de Royan. J'arrive, j'arrive, j'arrive...ne m'oublie...









Si vous aimez...les rambardes....:



dimanche 17 mai 2026

Architecture du Vingtième Siècle sur le littoral du Golfe du Lion, un guide.

 Je m'aperçois que je n'ai pas pris le temps de vous parler d'un livre-guide que j'ai reçu et qui mérite que je vous donne envie de le lire et de vous le procurer surtout, si comme moi, vous aimez l'architecture du balnéaire et tout particulièrement l'élan moderniste exprimé dans toutes les catégories de constructions en suivant un peu l'écho de la Mission Racine.
On y retrouve en effet beaucoup des lieux que j'ai partagés avec vous depuis presque vingt ans maintenant, on y retrouve aussi des architectes que nous aimons bien et même quelques cartes postales, documents populaires toujours promptes à nous faire rêver de venir voir sur place même si, depuis la Normandie, c'est un peu loin tout de même.
Le livre :
 Architecture du 20ème siècle sur le littoral du golfe du Lion, collection Monuments/Objets, duo, sous la direction de Michèle François, Josette Clier, Yvon Comte, Loris Griot, Anne-Marie Llanta, Florence Marciano et le beau travail de photographie : Jean-François Peiré.

Merci pour cet envoi !

C'est à la fois un petit guide bien fait, clair et qui répond à toutes les questions d'un amateur d'architecture mais aussi un petit livre qui donne l'impression que le Patrimoine Moderne et Contemporain tient une place importante dans cette région. On aime y découvrir encore et encore des bâtiments que, pour ma part, je ne connaissais pas ou y retrouver des icônes maintenant bien identifiées même si certaines sont pourtant encore menacées (Kyklos). On pourrait regretter qu'un tel ouvrage, malheureusement, ne soutienne pas tout à fait (et assez tôt) cette architecture. Mais bon, le sursaut dont ce genre de livre témoigne est toujours bon à prendre même si on peut se demander pour qui il sera le guide pour des protections futures, en quoi il appuiera une vraie politique de sauvegarde en lieu et place d'un affichage, certes parfaitement réussi mais qui souléve aussi des craintes. C'est tout le dilemne de ce genre de publication qui agit comme un constat mais bien peu comme un manifeste de la part du Ministère de la Culture et de ses agences pour proposer une vraie politique de Patrimonialisation de cet héritage moderne. Mais ne boudons pas notre plaisir et notre joie de voir ainsi réunies des constructions et espérons que ce type d'affichage institutionnel serve les municipalités, les régions, les particuliers et surtout le grand public a bien saisir l'importance de ce Patrimoine.
Nous retrouvons donc les noms que nous défendons sur ce blog depuis longtemps : Candilis, Massota, Gleize, Baladur, Le Couteur etc...et nous retrouvons les lieux de la Mission Racine si présente sur ce blog puisque, dès 2007, c'est par une carte postale de la Grande Motte que nous avions commencé.
Comme je pense que le mieux pour vous c'est de vous procurer cet ouvrage, je ne vais pas vous en donner trop de pages ici, mais juste assez pour vous en montrer la belle qualité éditoriale. C'est une belle collection.
On finira par quelques cartes postale de Saint-Cyprien. On découvre en particulier dans le ce guide, un lieu absolument incroyable dans cette ville : le Centre des Sports de mer par Jacques Blanc, Jacques Dauvergne et Georges Rigaill. C'est un vrai chef-d'oeuvre du brutalisme à la française !












Expédiée en 1972, cette superbe carte postale Théojac pour Iris nous montre donc la très belle Résidence Port Cipriano. On admirera l'unité de couleur, tout tend vers le bleu et on admirera la belle compréhension du bâtiment par le photographe. La lumière permet de bien comprendre la radicalité du dessin et l'opposition entre les façades, coursives et ouvertures. Quelle image ! Magnifique !



Pour mieux comprendre la situation de cette Résidence Port Cypriano, voici une carte postale d'une vue aérienne Larrey expédiée en 1982. On perçoit mieux l'échelle et la forme générale de ce beau morceau d'architecture qui dynamise la ligne droite du littoral en venant simplement le compléter. 






mardi 5 mai 2026

une erreur de l'architecture peut-elle être aussi une icône ?


Si j'en crois le renouveau d'intérêt pour une certaine architecture post-moderne sur les réseaux sociaux et les blogs (renouveau auquel nous participons depuis 20 ans), il faudra bientôt ramener le sens de l'architecture bien plus à ses images qu'à son usage.
Alors que le Brutalisme s'amollit sous des définitions variées (voir l'article sur Chadwick), il semble que certaines constructions gagnent soudain en intérêt devenant des icônes obligées pour un urbex à ciel ouvert, un enfonçage de portes ouvertes.
Ricardo Bofill est en passe de devenir à ce titre le héros de cette réécriture de l'histoire de l'architecture tant les mochetés qu'il a pondu à l'envi sont devenues aujourd'hui pour la jeunesse des "lieux" saisissants, des aventures urbaines, des "place to be" jusqu'à l'écoeurement. Le grand bazar des illusions, la satisfaction éblouie des promoteurs-politiciens avides de grandeurs giscardiennes.

On regrettera (ou pas) que cette nouvelle génération ne se soit pas réveillée plus tôt (et mieux...) pour sauver sur l'Instagram des oeuvres majeures qu'elle ne sait pas voir et qui sont sans doute moins chics, moins amusantes, moins publiables. Le Mirail crève bien en silence malgré de courageux et courageuses défenseurs et défenseuses. Mais c'est moins...sexy.

Par contre, pas de souci pour reconnaitre à cette erreur architecturale, les Arènes de Picasso de Manuel Nunez Yanowsky, un rôle dans l'histoire de l'Architecture. Car oui : c'est une erreur. Une erreur décorée, bien façonnée et surtout remarquablement déguisée mais une erreur tout de même. On pourrait même dire que c'est cela qui la rend touchante cette erreur, son costume trop grand, sa révérence à Ledoux, aux utopistes, au cinéma, au...spectacle un peu comme une crête d'iroquois sur le crâne dégarni d'un vieux punk décati.
Certes, le Vintage (et l'urgence de le voir prendre la place de la nostalgie)  peut bien sauver tout en même temps, les youngtimers, les disques vinyles, les T-shirts de Hard Rock mais doit-on supporter que l'on confonde ce décor grandiloquent avec de l'architecture ? Car, où sont l'analyse des plans ? Qui s'interroge au pied de ces camemberts en béton moulé sur des façades de comment la gestion des espaces y est dessinée ? Mettre un cadre Napoleon 3 sur ce clapier à lapin est-ce faire de l'architecture ?
Doit-on sauver aussi les images ? Patrimonialiser les décors ? Se faire oublieux du fond pour ne sauver que les apparences des formes ? Vivre là, dans ce décor est-ce vivre vraiment et c'est vivre quoi ?
Les pauvres ont-ils besoin d'un décor de carton pâte pour supporter la pauvreté des solutions architecturale  qu'on leur propose, qu'on leur assigne ?

Oui, on peut reconnaitre à ces espaces d'être des lieux. Oui, on peut se convaincre de leur extravagance, de la joie de la situation, du plaisir du jeu et du théâtre. Après tout ce n'est pas pire que le pavillonnaire. Si ?
Ah oui...c'est minéral...Mais il semble que là, on doive encore attendre pour que la ruine des constructions laisse la végétation venir y apporter la folie de l'incohérence végétale qui rachète tout si on en croit Gilles Clément ou Descola. Manque de bol, sont en trop bon état ces Arènes de Picasso pour qu'on en chante l'uchronie, la ruine, les jubilations arty et bourgeoises des hétérotopies.
Moins d'espace pour parler d'Édith Girard ou de Henri Gaudin par exemple qui n'ont pas le malheur d'avoir réalisé des oeuvres grotesques (au sens baroque du terme). Là, l'intelligence fait moins spectacle, offre moins de points de vue instantanés. La discrétion et la délicatesse ne semblent pas intéresser ce désir d'images d'aujourd'hui. Et puis...faut apprendre à lire. Dommage pour l'histoire de l'Architecture.

Alors ne vous inquiétez pas de trop. Je défendrai toujours et encore cette architecture de merde. Je le fais d'ailleurs depuis longtemps déjà. Mais j'aimerai simplement que l'on rappelle que si des merdes font l'histoire, elles restent des merdes. Et que ce serait bien (et honnête) de défendre aussi, dans le même temps, des vraies oeuvres d'architecture, des vraies intentions humanistes, des vraies écritures modeste et intelligentes en lieu et place de ces façadismes immatures. Faites, faisons un effort. Et, s'il vous plait, une bonne fois pour toute : laissez Piranèse loin de cela.

Ah...j'oubliais...il en va de même des si fameux "choux" de Grandval à Créteil.

La carte postale est une édition Raymon (où sont vos archives ?), le photographe que nous connaissons bien sur ce blog est J.-N Duchateau. On notera que l'éditeur ne nomme pas l'architecte : Manuel Nunez Yanowsky.
On notera la ressemblance entre son projet et celui-ci, moqueur à rebours. 110 ans d'écart...Comme quoi c'est à ça qu'on les reconnait. On rira donc que ce tonneau habitable existe depuis 1897.





Pour vous rappeler que je les aime vraiment et depuis si longtemps (2008 !)  ces errements post-modernes :
etc....





mercredi 22 avril 2026

Dieu est structure

 Des cartes postales d'églises modernes, il en existes des milliers dont certaines finissent dans ma collection. c'est vrai aussi que, simplement, il existent des milliers d'églises construites en France ou ailleurs après 1945. Certaines sont plus que connues, d'autres deviennent tout doucement des icônes, d'autres sont un peu moins connues. Je suis certain que je ne suis pas le seul à méconnaitre celle qui suit qui est pourtant, pour la Suisse d'où elle vient, l'une des plus incroyables, des plus belles, des plus surprenantes et surtout surtout de plus intelligentes si on considère son Art de Bâtir.

On pourrait même dire que la carte postale qui suit ne rend pas si bien hommage que ça à cette structure et que la frontalité de la prise de vue écrase beaucoup les triangulations et les points d'appuis qui disparaissent dans une belle façade mais qui ne dit rien de l'aventure presque baroque de ce génie de la construction. Il faut dire que l'architecte Pierre Dumas a ici poussé le risque et l'équilibre au plus haut degrés de l'aventureux, formant une audace, un geste qui reste superbe. On aime.


Mais, pour vous rendre compte de cette audace, il faut regarder autre chose que cette façade et cette carte postale et je vous invite très très vivement à télécharger ce PDF qui vous montrera des images à couper le souffle ! 

https://www.bernhard-furrer.ch/wp-content/uploads/2016/10/Vicques.pdf

Sur ce blog, on a déjà beaucoup rencontré Pierre Dumas et pour des églises d'ailleurs. Et c'est tant mieux car son écriture est variée sauf pour une chose : le goût d'une certaine visibilité des structures, comme si l'église devait portée dans ses portés maitrisées toutes les joies de la Foi, montrant ainsi que la maitrise de l'équilibre y est formalisée. Enfin...Je crois...Nous aurons sans aucun doute la chance de croiser à nouveau, un peu au hasard des trouvailles le travail de Pierre Dumas et nous aurons toujours la joie de vous le montrer. En attendant vous pouvez retourner là :
Ouf...


Si nous devions en une seule carte postale et une seule église fabriquer un archétype des églises de la Reconstruction, il ne fait aucun doute que celle de Dieuze pourrait être élue ! Tout le langage de cette typologie y est réuni : volumes francs, mélange béton-moellons, sur-jeu des vitraux, sculpture monumentale et campanile dissocié qui ressemble toujours à une tour de séchage d'une caserne de pompiers ! Tout y est et on adore ! La très belle carte postale des éditons Bertrand fait le choix maintenant académique d'un ciel blanchi (dont les photographes d'aujourd'hui sont si friands depuis qu'ils regardent mal les Becher) et d'un noir et blanc bien contrasté. C'est piqué et la lumière est belle mais il manque la couleur que je vous conseille de découvrir ici car cette église est assez audacieuse de ce coté-là aussi ! C'est rien de le dire !







On notera que l'architecte Pierre Pagnon participa également à la reconstruction du village de Moyenvic. Son église est en passe de devenir pour moi un must ! Elle est simplement incroyable ! Comment se fait-il que je ne la découvre qu'aujourd'hui ! J'ai follement envie de prendre ma voiture pour m'y rendre ! La vache ! Quel morceau de brutalisme à la française ! Et pour paraphraser Alain Delon : "église de Moyenvic, je ferai de toi une star !" Voilà en tout cas un superbe document et une belle église. J'attends le moment ou je trouverai celle de Moyenvic en carte postale.



Est-ce que comme moi vous vous êtes fait avoir ? Je veux dire...Êtes-vous bien certains de ce que vous avez sous les yeux ? Car il ne s'agit pas de l'église de Mont Saint Aignan par Dominique Lefèbvre et Daniel Rauscher les architectes mais il s'agit de sa...maquette ! Oui ! C'est bien fait le collage non ? Avouez ! La carte date l'église de 1969 et les plus fidèles (et anciens...) lecteurs de ce blog se rappelleront l'avoir vu pour de vrai en 2008. Oups...ça date...
Je vous invite donc à revoir cet article ici sur le premier volume de ce blog.
La carte postale raconte : "Ce sera notre église dans le cadre de notre Cité."
Sans doute que cette carte servait à financer un peu la construction. Comment ne pas aimer son architecture et son insertion dans ce monde. Une très belle carte postale, une belle archive.
On en a sous le pied. On vous montrera encore et encore nos belles églises modernes parce qu'elles sont un signe des Temps, des chantiers d'expériences, des lieux d'accueil et des oeuvres d'Art ouvertes à tous et toutes. Visitez-les, défendez-les, sauvez-les. Elles sont à tout le Monde.


lundi 20 avril 2026

Denis Honegger dans les parages

J'avais envie de commencer avec cette carte postale parce qu'elle représente bien la joie de la découverte d'un lieu et d'architectes mais aussi d'une certaine idée de l'image parfaite du Hard French.

Tout commence donc par une localisation : nous sommes à Villiers-sur-Marne, Les Ponceaux "Notre Cottage". Jamais entendu parler de ce morceau de ville.

La carte postale des éditions Combier oublie une fois encore de nous nommer le photographe mais nomme bien les architectes : Messieurs Lesage et Guillemin.



J'ai aimé être là, dans cet espace. Sa tranquillité, son calme, la manière dont les bâtiments forment un canyon qui laisse la place au ciel. Mais surtout j'ai aimé la façade de la petite tour un rien ramassée et l'écriture très belle des redans, la manière dont les balcons sont imbriqués dans le creux de la façade. Et que dire de ce beau mélange de béton et de briques ? Regardez comme cela dessine bien ce bloc ! C'est de la belle ouvrage non ? La vue sur Google Map confirme le très beau dessin des façades qui, ouf...sont encore visibles ainsi... Espérons que l'isolation par l'extérieur et l'ANRU (les deux méfaits les plus graves pour le Patrimoine) n'interviennent pas sur ces beaux immeubles !

Il semble que Lesage et Guillemin aient travaillé dans la même ville avec Honegger ce qui est bon signe.

Une belle carte postale donc, un moment parfait, un bel ordre des choses.



Dans le même lot, je peux, grâce au travail fait sur la carte précédente, immédiatement attribuer le nom de l'architecte de cet espace : Denis Honegger !

En effet, nous sommes toujours à Villiers-sur-Marne, toujours avec une carte postale Combier, toujours sans nom du photographe. 

Et là encore...quelle grâce. Le premier plan fait monter les courbes du bassin et s'oppose à la grande rigueur de la grille de Honegger. Depuis ce point de vue c'est comme si le photographe avait tout saisi du sens urbain des Hautes-Noues, de la Place Triton et de son bassin qui permettent de bien comprendre que l'espace entre les barres est piétonnier et qui cheminent des enfants dont je reconnais les couleurs. Magnifique document même si ma carte postale est un peu abimée, je m'en fiche  tant j'aime cette sensation d'appartenir à ce monde. On note que cet ensemble est bien documenté et que vous pourrez trouver des infos ici :

https://archiwebture.citedelarchitecture.fr/ark:/43435/956449

ou ici :

https://expositions-virtuelles.citedelarchitecture.fr/portraits_architectes/honde.php

Merci.

On notera, pour être complet, que la seconde carte postale fut expédiée en 1975.

mardi 14 avril 2026

venir ici pour chatouiller vos yeux

 Être sa propre source, ça fonctionne comme ça : acheter de manière un rien frénétique des cartes postales sur les vide-greniers, en faire des tas un peu partout, un peu abandonnés puis, quelques mois après (voire quelques années) replonger dans ces tas pour y redécouvrir quelque chose, un espace, une architecture, une image qui me touche à nouveau.
C'est bien comme cela que je fonctionne, sans grande direction, sans plan pré-établi, sans réalité concrète de ce que le management d'une collection bien gérée voudrait dire.
Mais ce qui est toujours maintenu c'est bien mon premier émerveillement comme si je renouvelais de fait toujours ma joie à regarder une image d'architecture.
Parfois, comme c'est le cas ici, cette architecture reste anonyme, donne peu d'informations et reste comme un one shot de plaisir sensuel à l'image. Je cherche, je ne trouve pas. Parfois l'échec conduit alors à remettre à plus tard la publication d'une telle carte postale et elle retourne dans l'anonymat de son tas, ou bien, malgré tout, elle me donne l'envie de venir ici pour chatouiller vos yeux à votre tour.

N'est-il pas beau cet espace ? N'en aimez-vous pas tout comme moi sa lumière, la légère courbe, les pentes douces de son sol mais surtout le très beau travail du béton ? Non mais regardez cette structure si bien dessinée et les piliers qui la portent ! Fantastique dessin !
Je me souviens que mon cerveau au moment de la découverte de ce lieu y avait collé dessus le très beau travail de Willerval pour la Caserne Massena, comme ça, d'un coup, comme un éclair ! Puis...j'avais compris bien entendu que j'étais ailleurs, ici donc dans la Crypte de Sameiro au Portugal à Braga. J'étais certain devant un tel dessin que je n'aurais pas trop de mal à trouver son ou ses architectes. Mais non...je reste sans information. Pourtant que c'est beau cet espace ! Il mériterait de retrouver ses créateurs.
Se pose ainsi à moi cette question : d'où vient cette émotion et de comment elle fut construite, faite de toutes les choses que j'ai vues, lues, aimées et surtout apprises ? Cette culture des espaces et de leur représentation couve en moi comme un petit programme informatique me faisant immédiatement la surprise d'une réaction quasi-automatique, presque par dessus ma raison. On appelle cela l'imaginaire ?
Mais voilà comment faire pour ranger cette carte postale ? Vers quel architecte ? En attendant de trouver le moyen d'une identification, je vais devoir la ranger dans le classeur d'Art Sacré où elle restera anonyme. Mais qu'importe ! Je glisserai bien encore de temps en temps mes yeux sur cet espace.




Autre chose retrouvée :



Pas très loin de la première, cette carte postale de Thonon-lès-Bains, elle, nous propose presque une icône et un architecte que nous connaissons vraiment très bien sur ce blog, le prolixe Maurice Novarina !
Je pourrais presque faire un classeur rien que pour lui ! Mais ce n'est pas un reproche et cela n'entame en rien la joie toujours renouvelée de le croiser. Ici donc un bâtiment très marqué par une écriture très moderne un peu loin du goût de Novarina pour des citations plus régionalistes notamment dans ses églises. J'ai même cru longtemps que la façade de cette Maison de la Culture était de Prouvé. Mais non...Comme quoi les projections que je fabrique ne sont pas toujours justes mais disent tout de même bien mes rapports avec mon imaginaire et cette culture des formes.
L'image est forte en tout cas et la radicalité de la Modernité de cette façade est clairement l'objet de l'architecture de cette Maison de la Culture. Pureté presque glacée. J'adore.
Le photographe de chez Combier a cherché le contraste avec cette fontaine en fonte si éclectique, si dix-neuvième siècle. Au dos de cette carte un très touchant témoignage qui complète mon goût pour cette carte postale.


Si on aime une forme de radicalité sans tomber dans la pseudo et fausse néo-objectivité des fabricants d'Atlas de la France du vide, on aimera mieux cette édition de Jansol expédiée en 1967. On admirera le découpage des feuilles du premier plan venant ralentir en quelque sorte la radicalité moderne de la Maison de la Culture de Thonon devenue le Théâtre Maurice Novarina. C'est beau, c'est plastique, ça ne refuse pas les codes du genre et donc ça ne tombe pas dans l'académisme contemporain photographique...Ouf... Vive l'Art Populaire qui est bien mieux que la condescendance contemporaine.

Pour revoir la Caserne Massena :
Pour revoir Novarina :
etc....
Et pour connaitre un peu mieux la Maison de la Culture de Thonon :