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mardi 11 février 2025

les yeux lavés, les idées claires : Maison Idéale 2000

 Pour me laver les yeux du docu-fiction sur les Grands Ensembles, je voulais trouver la carte postale parfaite pour un contre-point d'image, d'analyse, d'histoire et surtout de joie. J'en ai trouvé deux !
Attention ! Je vous le dis de suite, il s'agit, au moins pour la première, d'un véritable chef-d'oeuvre de la représentation architecturale, une sorte de monument, une ode.
Vous êtes prêts ?
Voilà :



Je vous avais prévenu. Je vous laisse quelques instants pour vous en remettre.

C'est bon ?
Tout est à l'unisson ! D'abord les objets architecturaux, des pavillons parfaits, comme des synthèses du type, comme des déclarations universelles de ce que ce genre doit être. Trois modèles travaillant tous le toit en double pente, la gestion du garage ou du sous-sol (lieu d'une culture populaire), le prospect, le plain-pied et l'étage. Selon la grandeur de la famille, on vous trouvera votre type, selon votre solidité face au crédit, on saura vous orienter sur le nombre de mètres-carrés auxquels vous aurez droit. Ensuite, comment ne pas être touché par le nom de la société de construction elle-même et sa promesse d'un futur radieux : Maison Idéale 2000 !
Tout est dit ! 
Comme il est loin Jean Prouvé...(tant mieux ?)

Bien entendu, il s'agit bien d'une carte promotionnelle éditée par un constructeur. Vous savez (car vous êtes des fidèles) que j'adore ce type de cartes postales. On note qu'ici, elle est absolument parfaite car sur son verso figure à la fois un petit texte d'invitation, l'adresse de l'exposition de la Maison Idéale 2000 à Romorantin, le magnifique logo du promoteur et un plan de la localisation. Vous me voyez venir ? Allons y faire un tour ! Quelle déception...On n'y trouve rien qui permette de retrouver nos pavillons...





Mais ce qui fait toute la qualité d'étrangeté et d'humour de cette carte postale c'est bien qu'il s'agit d'une mise en scène de maquettes de pavillons dans un paysage de bac à sable ! On notera ce jeu joyeux d'intégration très enfantin des dites-maquettes dans un paysage flouté par la focale de l'appareil photo qui fait la mise au point sur les maisons mais dont le grain du sable ne nous trompe que peu de temps sur leur échelle. On imagine la séance de travail : choisir un paysage, un fond de cour pour y poser les maquettes, les emmener sur le lieu de la photographie (qui a réalisé ces maquettes ?) puis fabriquer ce paysage de sable et de faux gazon. Je me souviens avoir vu enfant des maquettes de ce genre sous des cloches de Plexiglas ! Cette image d'un certain bonheur idéal est touchante, j'ai envie de dire prévenante. On admire aussi la beauté du ciel, la lumière parfaite. Comment résister à une telle promesse de bonheur ? Que sont devenues ces maquettes ? Pourrissent-elles dans un sous-sol de l'une des Maisons Idéales 2000 ? Ont-elles été jetées un jour dans une déchèterie ? Servent-elles encore de décor pour des jeux enfantins ? Qui sait...
Elles sont donc maintenant entrées dans l'histoire. Elles seront regardées comme un archétype d'un rêve pavillonnaire du siècle passé. On peut sourire. On peut se moquer. On peut aussi y voir un document, un signe, un bonheur.

Comme un bonheur (de la France profonde) n'arrive jamais seul, je vous propose aussi cet autre petit signe que nous aimons ici :


Alors oui, j'ai surtout fait rentrer cette carte postale de Pont du Fossé pour ce détail :



On y trouve le fameux modèle de Club des Jeunes (modèle SEAL 2ème série)) que nous avons si souvent vu. Et comme j'aime toujours autant ce modèle et l'idée de sa multiplication, je tente, comme pour les Piscines Tournesol une sorte d'inventaire de sa représentation. Un tour rapide sur Google et je retrouve immédiatement la Maison pour Tous de Pont-du-Fossé et en parfait état dans un joli petit parc arboré ! Quelle joie de voir une commune qui fait ainsi attention à ce genre de petit patrimoine moderne et qui le maintient vivant dans ses formes et ses fonctions ! Bravo !
Sur cette carte en multi-vues de Pont-du-Fossé on remarque aussi un bâtiment moderne qui semble avoir une belle écriture mais dont on de sait rien (colonie du Brudou) et un pont de béton armé à l'écriture si caractéristique que nous aimons tant. Voilà trois raisons d'aller là-bas...
La carte est une édition Cellard qui ne nomme ni le photographe ni les architectes Messieurs Béchu, Bidault et Guillaume.

pour revoir des Clubs des Jeunes du même modèle ou d'un autre :
etc...
ici un bel article avec des photos de montage d'un club similaire !


mercredi 10 avril 2024

Club des Jeunes Ed-Kit enfin reconnu, enfin exposé, enfin édité

 Il y a peu de choses qui me ravissent autant que de voir de vieux combats finalement finir en de vraies résurrections. Et il y a bien longtemps maintenant, au tout début de ce blog, (notre jeunesse) nous osions ici même chanter des objets architecturaux bien oubliés : club des jeunes, centres commerciaux, piscines Tournesol, Station-Service, petits édicules divers tous oubliés des grandes pages de l'Histoire de l'Architecture et des pensées patrimoniales.
Encore aujourd'hui....
Alors, quand on sent le vent de l'Histoire tourner un peu, on ne peut que se réjouir et se dire qu'on n'a pas trop loupé son coup.
Je veux d'ailleurs redire une fois encore que, dans cette course contre l'oubli, Dominique Amouroux et ses publications y sont pour beaucoup, en tout cas pour ce blog.
Merci mon cher Dominique.

Voilà que je reçois ce matin, deux objets éditoriaux : une carte postale et une minuscule mais ravissante publication, deux éditions nous rappelant l'importance conceptuelle, plastique et historique des Clubs des Jeunes, du modèle Ed-Kit.
Ces deux éditions ont d'ailleurs trouvé leur forme lors d'une exposition-hommage sur les Ed-Kit que malheureusement je n'ai pas pu voir. Mais voilà qui est bien agréable ! Bien important même ! Poser ainsi un regard aussi généreux sur un objet ayant frôlé la disparition historique c'est bien là une disposition d'esprit importante que nous ne pouvons ici que cautionner.

Voici déjà la carte postale qui nous montre le Club des Jeunes de Roissy-en-Brie, édition QBM design & Plus :



La petite publication ne fait que quelques centimètres, se présente en pages très solides un peu comme un imagier de l'enfance, dans un format carré avec beaucoup d'images parfois minuscules qui rendent compte à la fois de l'histoire des Clubs des Jeunes mais aussi de l'exposition qui eut lieu.
Ce petit monument plein de grâce, plein de petites silhouettes penchées sur des maquettes et des dessins est bien émouvant et joyeux. On dirait que les historiens des bords de l'architecture aiment se fabriquer ainsi des micro-éditons. On verra bientôt un autre cas sur ce blog.
Je vous en montre quelques images, ma main indique l'échelle.

Au-delà de ces deux éditions, cela repose le problème de la patrimonialisation de ce genre d'architecture à la fois populaire et intelligente mais aussi fragiles et multipliées. On voit le danger de leur disparition une à une, un peu comme le syndrome des piscines Tournesol qui, devant leur grand nombre ne sollicite pas l'idée d'une urgence de leur préservation.
Et, pour les Clubs des Jeunes, il est certain aussi que l'objet-même et sa fonction, n'en font pas des objets particulièrement visibles pour les politiques, les historiens. Souvent, c'est leur usage et leur place dans les histoires locales qui les sauvent, comme si la tendresse des expériences vécues venaient combler le manque de reconnaissance historique (voir celui superbe de Marçon). Mais ! Mais voilà ! Ça bouge ! Et ce genre d'initiative que l'on doit à QBM Design & Plus avec des auteurs comme Emmanuel Delabranche, Titouan Orvoen et Alexandra Roullé nous permet d'enfin espérer une inscription rapide et un intérêt poussé pour ces constructions.

Je remercie toute l'équipe de m'avoir fait participé à cette aventure avec Raphaël Firon.
Quelle belle surprise !
Sauvons, sauvez, défendons, défendez vos Clubs des Jeunes, quelque soit leur modèle !
En espérant que cette expérience soit renouvelée sur d'autres objets architecturaux !
David Liaudet

Pour revoir des Clubs des Jeunes sur ce site depuis...2011 !





























mercredi 15 novembre 2017

Tout dans le détail

Vous faire plaisir.
D'abord, vous faire plaisir.
Aujourd'hui dans deux cartes postales en multi-vues si mal considérées par les collectionneurs, voici que, justement, par les vues diversifiées, par le désir de nous monter le plus de choses possible, les éditeurs de cartes postales nous permettent de retrouver deux icônes de ce blog, deux architectures dont vous rêvez pour certains d'en faire l'inventaire, pour d'autres de les démonter pour les sauver : un Mille-Club et une piscine Tournesol.
Par laquelle de ces icônes voulez-vous commencer ?
Eh bien non ! Nous débuterons par le Mille-Club :


Sur cette très belle carte postale de Roanne, tout est dit d'emblée, sans remords. Un beau quartier fait d'un Hard French aujourd'hui si mal aimé, sa modernité appréciée, ses aménagements urbains et donc, là, en bas à droite un Mille-Club du type BSM Tridim des architectes Goddeeris, Deleu et Thoreau.
Il est bien à sa place dans ce petit tour de quartier que les éditions La Cigogne nous offrent. On notera que la carte est assez récente si on en croit les automobiles, la carte fut expédiée en 1982. J'ai beaucoup de difficultés à identifier ce lieu sur Goggle Earth et je crois que, malheureusement, ce Club de Roanne a disparu. Ne partez donc pas en Safari Ruin Porn.















































Roanne est la Ville Marraine d'Elbeuf et ce nom de ville résonne très particulièrement chez moi car, en tant qu'elbeuvien, on voyait ce nom de Ville de Roanne apparaître sur les bandeaux de commémoration de la seconde guerre mondiale. Nous habitions même rue de Roanne et je vois qu'il existe une rue d'Elbeuf à... Roanne ! Dans le livre Elbeuf, histoire des rues, Charles Brisson nous informe page 105 :
"Cette rue est l'une des nouvelles voix ouvertes lors de la reconstruction du vaste quartier détruit par les Allemands en juin 1940. Dès 1941, des villes de la zone sinistrée reçurent le parrainage de villes demeurées intactes en zone encore libre. Suivant l'exemple donné par ailleurs, des démarches furent alors entreprises par le Syndicat d'Initiative auprès de la ville de Castres, dans le Tarn, ville drapière comme Elbeuf et où se trouvait alors un noyau fort agissant de réfugiés elbeuviens. Cette initiative rencontra l'opposition du député-maire René Lebret, dont le choix se porta sur Roanne, dans la Loire, chef-lieu d'arrondissement peuplé de 50 000 habitants, qui adressa à Elbeuf des dons et des secours importants. Par reconnaissance, son nom fut donné à une nouvelle voie."
 Nous reviendrons très bientôt à Roanne avec une autre belle construction.
Mais voici un autre détail :



Là aussi, il est aisé de savoir où l'on se trouve ! La Ville de Bruyères nous livre ses secrets pittoresques et sa piscine Tournesol ! Là encore, c'est l'éditeur La Cigogne qui régale et la carte fut expédiée en 1987. Si on en croit Goggle Earth, la piscine Tournesol orange de Bruyères est toujours debout. Espérons que la Mairie et les agents locaux du Patrimoine du département des Vosges sauront la sauver sans la modifier. Car, de cette couleur, dans cet état, il n'en reste plus beaucoup, il s'agit donc ici d'une urgence patrimoniale. Je suis certain que Monsieur Yves Bonjean le Maire de Bruyères et toute son équipe municipale vont tout mettre en œuvre pour valoriser cet héritage exceptionnel et rare maintenant.
Nous avions déjà évoqué cette belle piscine ici :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2015/10/tournesol-et-tournesol.html




vendredi 3 novembre 2017

Mille clubs ? Trois au moins.

J'ai finalement appelé la mairie de Ouroux-en-Morvan. C'est toujours mieux d'aller à la source, surtout que j'avais eu un peu peur en allant voir sur Google ce qu'était devenu ça :


Les plus chevronnés d'entre vous, les aficionados de la petite architecture Trenteglorieusienne, les sauveteurs de Patrimoine minuscule mais important, les amateurs de cabanes en plastique de tout acabit auront reconnu un Mille Club du type SEAL-Béchu, ici appelé par les Éditions Nivernaises : la Maison des Jeunes.
Ils avaient bien de la chance les jeunes de Ouroux-en-Morvan de pouvoir passer du temps libre dans cette superbe architecture qui a marqué les esprits du lieu et l'histoire de l'architecture. Comment ne pas être en effet amouraché de ces clubs faisant bien de l'œil à Jean Prouvé dont la leçon de mécanique de montage, de légèreté est ici bien apprise. On a bien cette impression que l'on pourrait venir demain démonter tout en un après-midi ! Les panneaux, les ouvertures, la pente du toit, le métal apparent, ainsi d'ailleurs que les très belles couleurs franches et modernes donnent à cette Maison des Jeunes une allure folle, joyeuse et bien typée. On voit comment aussi il s'agit d'une grande transparence, offrant aux jeunes dedans la lumière du dehors et aux adultes dehors la vision sur la jeunesse...
Mais non ! Je ne tomberai pas dans ce piège d'une architecture de la surveillance, je laisse ça aux pauvres héritiers de la french theory en manque d'autoritarisme et aux guydebordiens en manque de spectacle.
Moi, j'aurais aimé arriver en Solex, voir de loin, au travers des fenêtres les potes jouant au baby foot, savoir que j'allais pouvoir faire mes tirages au club photo ou préparer une soirée ABBA costumée. Alors, hier, au téléphone, la secrétaire de Mairie de Ouroux-en-Morvan (merci !), répétant les mots de André Guyolot le Maire juste derrière elle me réconforte. Non, la Maison des Jeunes de Ouroux-en-Morvan n'est pas menacée, oui, il est bien question de la restaurer et peut-être avec les jeunes eux-mêmes. Des nouveaux alors car ceux de 1965 sont bien âgés maintenant.
Remercions vivement ce maire et sa commune de vouloir sauver et défendre ce bel héritage. Vous avez raison Monsieur le Maire ! Sauvez cette Maison de la Culture, sauvez ce Patrimoine méconnu !
D'ailleurs sa date de création m'étonne un peu car cela place cette Maison des Jeunes hors de la politique des Mille Clubs... On m'informe qu'à Cervon ou à Lormes des modèles identiques furent montés. En effet, on les trouve facilement. Celui de Cervon semble en meilleur état que celui de Lormes. Il nous faudra aussi mener l'enquête de ce côté-là. Et un jour, peut-être, la clé de 17 en main, nous irons démonter et sauver l'un de ces exemplaires. Qui sait !
Vive la jeunesse nivernaise ! Vive le Maire ! Vive Dédé !



Quelques repères Google Earth, dans le désordre, pour les suiveurs en manque de safari post-moderne et de croyance d'invention  :








dimanche 4 juin 2017

Mazingarbe, the place to be young

Il y a sur notre territoire encore un peu de ces petites architectures intelligentes dans leur fabrication, socialement passionnantes et qui, en plus, sont extrêmement populaires. Il s'agit des Clubs des jeunes, appelé "opération Mille Clubs" comme il y eut l'opération "Mille Piscines".
Il se trouve que Mazingarbe est une ville qui a vu, sur son territoire, les deux programmes réunis !
The place to be, pour nous amateurs de ce genre architectural.
Regardons d'abord le "Mille Club" :



Les éditions de l'Europe par Pierron nous montrent un très bel exemplaire de ce Mille Club, ici si je ne me trompe pas, le modèle BSM Tridim des architectes Goddeeris, Deleu et Thoreau. N'est-il pas beau ce club ? Tout de blanc, tout de courbes, affichant la structure métallique fine sur sa façade dont les ouvertures forment un contraste sur cette blancheur. On remarque aussi le carrossage du treillis métallique qui fait l'essentiel de la couverture, treillis invisible depuis l'extérieur mais qui se voit très bien ici sur cette photographie empruntée à l'ouvrage "les années Zup".


Pas de doute, il s'agit d'une belle architecture, à l'écriture simple, franche et aussi par ses courbes certainement accueillantes et rassurantes pour un public qui pourrait être rebuté par un signe trop fort, trop solennel. Entre cabane, tente de camping techno, petite fabrique, le Club des Jeunes Tridim avait beaucoup d'atouts et notamment celui de sa modularité. Une fois encore la carte postale a su enregistrer cette petite chose qui a marqué par son rôle social cette période.
Pour information, c'est pour l'instant, le seul Mille Club de ce type dans ma collection. Une rareté donc.
Je vous montre un exemplaire un peu défraîchi de ce même Mille Club Tridim, ici photographié dans la région du Mans et découvert grâce à Nicolas Hérisson. Ira-t-on le démonter Nicolas ?


Et maintenant, une icône plus accessible, surtout si on vient piocher ici sans remords :



Cette piscine Tournesol, nous la connaissons déjà, prise sous un autre angle ce qui prouve que les éditeurs étaient attachés à cet objet qui devait donc avoir un vrai potentiel marchand.
Mais avouez que ce point de vue sur cette piscine Tournesol de Mazingarbe lui donne une allure et un esprit très différents !
D'abord le ciel n'est pas bleu, l'ensemble baigne dans une demi-teinte grise et un peu glauque au sens premier de ce mot.
Cela provient sans doute du premier plan très gris composé par ce monument en forme d'obélisque et de son banc circulaire en pierre agrémenté de lions eux aussi en pierre sculptée...
Mais enfin, qu'est-ce que cette piscine Tournesol et son style de soucoupe volante Pop viennent faire dans un Grand Ordre un rien Bofillien ?
Je ne sais...
Et, pire, je ne trouve pas cette piscine qui semble bien avoir disparu avec son ensemble sculpté. Nous attendons des témoignages des habitants de Mazingarbe pour nous raconter cette histoire de collage et de disparition. Car, au-delà de ce choix, ce qui est assez amusant c'est bien que cela compose un ordre urbain assez cohérent dont la verticale de l'obélisque semble répondre à la courbe de la piscine comme un immense cadran solaire ou un objet scientifique quelconque dont on aurait oublié l'usage. La poésie urbaine naît souvent de ce genre de collage dont nous ne pourrons pas décider d'un hasard ou d'une volonté. Le vide total de personnage accentue le mystère de cette composition géométrique un rien ardue.