Expédiée en 1972, cette superbe carte postale Théojac pour Iris nous montre donc la très belle Résidence Port Cipriano. On admirera l'unité de couleur, tout tend vers le bleu et on admirera la belle compréhension du bâtiment par le photographe. La lumière permet de bien comprendre la radicalité du dessin et l'opposition entre les façades, coursives et ouvertures. Quelle image ! Magnifique !
dimanche 17 mai 2026
Architecture du Vingtième Siècle sur le littoral du Golfe du Lion, un guide.
Expédiée en 1972, cette superbe carte postale Théojac pour Iris nous montre donc la très belle Résidence Port Cipriano. On admirera l'unité de couleur, tout tend vers le bleu et on admirera la belle compréhension du bâtiment par le photographe. La lumière permet de bien comprendre la radicalité du dessin et l'opposition entre les façades, coursives et ouvertures. Quelle image ! Magnifique !
mercredi 1 septembre 2021
Kyklos, encore un emblème menacé à Port Leucate...
N'avez-vous pas immédiatement envie de prendre votre voiture et de venir à Port Leucate en voyant une telle vue sur la mer ? Ce point de vue est déjà dégradé par un espace se voulant contemporain... Il s'agit d'une édition Audumares de Perpignan expédiée en 1972.
Le Kyklos vu depuis les coupes-vents dessinés par Candilis pour la station de Port Leucate qui devrait s'emparer de ce modèle et les fabriquer à nouveau. On voit bien la masse du Kyklos, comment ses courbes fabriquaient une colline douce au-dessus de la plage. Il s'agit d'une carte postale Iris par Théojac.
Cette carte nous permet de voir le traitement des surfaces des murs en crépi épais très à la mode à cette période. On prend un verre ensemble ? Allez ! Éditions de France.
samedi 22 août 2020
Port Gruissan ? C'est Daniel Leclercq !
L'histoire de l'architecture est souvent écrite par des professionnels de la recherche, des historiens de l'architecture construisant leur théories et explications au sein d'une corporation qui se reconnaît. Pourtant, il existe des personnalités qui, souvent par amour pour un lieu et une histoire, construisent à leur tour des histoires de l'architecture. Par le biais d'un regard amouraché, ils réussissent à rétablir si ce n'est une vérité du moins des précisions plus grandes, des originalités hors d'un commun admis de l'histoire de ces lieux, de ces architectures.
Daniel Leclercq depuis des années maintenant est de ceux-la. Port Gruissan, c'est Daniel Leclercq. Et il travaille Daniel, il creuse son sillon, il cherche, toujours prêt à remettre en question le dogme, à rétablir la vérité, à décrypter les documents, à les faire chanter entre eux, se refusant à croire trop rapidement aux affirmations répétées toujours avec les mêmes inexactitudes. Il aime aller à la source où l'eau est plus fraîche et plus limpide.
Voilà que je reçois de sa part deux ouvrages entièrement consacrés à Port Gruissan et à son architecte Raymond Gleize. On y retrouve son goût immodéré pour une analyse pointue, une jubilation documentaire et ce désir un peu fou d'aller contre des préjugés et des présupposés. Il n'a pas peur. Il n'a pas peur parce qu'il travaille.
Certes, parfois c'est touffu mais que voulez-vous, si vous tenez à comprendre la Mission Racine, l'implantation de Port Gruissan et de ses choix esthétiques et urbains, il ne faut pas faire semblant de lire mal des documents mais bien prendre les traces et archives pour ce qu'elles sont : indispensables pour penser vrai. C'est l'amour qui le conduit, qui le porte. Car il vit cette architecture, il la parcourt, il l'arpente, la décrypte et tente même tout pour en défendre son plan masse et ses décors les plus fins, ses espaces publics et les crépis des murs. Un vrai travail d'inventaire comme on dit dans le métier. Il ne fait aucun doute que ce travail gigantesque devra servir à l'avenir de base à toute analyse patrimoniale de Port Gruissan. Daniel Leclercq est, de fait, une autorité, c'est-à-dire, au sens noble, il est autorisé à parler et expliquer. Car, chez lui, il y a surtout ce désir de passeur, de pédagogue. Il veut être précis pour aider à comprendre mais il ne manque alors ni d'humour, ni de fantaisie et même de délicatesse que ses photographies des lieux ou le jeu amusant et frais d'une fiction lui permettent de révéler. C'est goûteux.
Alors bien entendu Port Gruissan est aujourd'hui bien moins mainstream que La Grande Motte, la Reine de la Mission Racine. Mais justement, il ne faudrait pas que son ombre occulte les autres lieux et Port Gruissan mérite de fait ce regard. Car c'est une ville équilibrée, moderne, moins spectaculaire sans doute mais aussi plus urbaine au sens exacte de l'urbanité : vivre une vraie ville. Port-Gruissan est marquée par une architecture sensible et délicate qui a presque pour vocation d'en faire oublier l'extravagance d'une modernité de spectacle de sa grande sœur. Une sérénité franche.
Port Gruissan a de la chance d'avoir Daniel Leclercq.
Lisez Daniel Leclercq !
Ce livre est un ovni dans la production des livres d'architecture et même une audace car Daniel Leclercq y joue un jeu curieux dont je vous laisse découvrir la règle en le lisant. En tout cas, l'entretien qu'il produit avec Raymond Gleize permet de bien entrer dans le travail de l'architecte et de ses subtilités en oubliant pas, en retour de dresser un autre portrait, celui de son auteur. Savoureux, je vous dis et inédit dans sa forme et dans la richesse de son fonds historique.
Entretiens, Raymond Gleize, essai. Daniel Leclercq éditions de Saint/Roch
Ce grand album est LE livre sur l'histoire de Port-Gruissan. Bourré de documents, rempli d'une analyse fine de l'histoire, Daniel Leclercq y plonge littéralement dans toutes les particularités, les aspérités, les contre-vérités pour rendre un hommage appuyé à cette ville et à ce projet inscrit dans la Mission Racine. Le chapitre sur Paris Match est réellement typique des errements faciles empruntés par les répétiteurs que Daniel Leclercq corrige avec précision. Et ça change beaucoup de choses sur la vision de cet ensemble ! Tous les amoureux de l'histoire de l'architecture du balnéaire et de cette période architecturale devraient regarder cet ouvrage comme l'exemple de ce qu'il faut faire pour bien restituer une histoire : précision et amour mêlés. C'est aussi un beau livre à l'iconographie bien choisie venant appuyer l'argumentaire.
Port-Gruissan, Patrimoine (remarquable) du XXe Siècle, Daniel Leclercq, édition Valda/Saint Roch
Et comme Daniel Leclercq n'oublie pas les cartes postales comme documents possibles à l'histoire de l'architecture, j'en glisse une petite qui le réjouira. il s'agit d'une édition As pour Apa-Poux à Albi. la carte n'indique ni le nom de l'architecte, ni du photographe; Nous sommes sur le nouveau port et on y voit bien la belle architecture-signature de Port-Gruissan :
Pour voir ou revoir des cartes postales de Port-Gruissan :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/01/gruissan-son-guide.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/07/port-gruissan-en-verite.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/04/bleu-jaune-orange-gris-nostalgie.html
mardi 15 mai 2018
Laissons les enfants jouer sur les briques
Mon frère Christophe (merci !) m'apporte hier un numéro de la revue Parents de 1970. On y trouve un petit article bien pratique et intéressant pour nous, puisqu'il nous montre cette belle aire de jeux. Au-delà des informations, cela prouve bien que ces lieux ont connu un succès éditorial et qu'ils étaient reconnus déjà à l'époque de leur création comme des éléments intéressants et modernes. On s'amuse que le manque d'herbe soit souligné comme une particularité et que, de jardin de crèche, devant son succès, il devienne jardin public ! Régalons-nous donc :
samedi 2 décembre 2017
D'écrire sur l'architecture
Se situer...
Dans une image photographique, pouvoir projeter sa propre vie ou au moins l'expérience d'un instant, pouvoir signaler à l'autre un état de l'espace de l'image qui fut nôtre ou le moment d'une correspondance, marquer l'image pour la particulariser et la dégager du commun de l'édition, tout cela me fascine. Il s'agit toujours pour celui qui s'inscrit là de fonder une complicité avec le lieu, son image et donc sa représentation mais aussi celui qui reçoit et qui doit saisir à la fois le signe lui-même mais aussi ce qu'il précise. La difficulté étant toujours pour le signe, tout en marquant l'endroit, de ne pas le recouvrir !
Voici deux exemples dont un premier bien spectaculaire en ce sens :
D'abord il ne sera pas difficile d'admirer la superbe architecture de ces H.B.M 212 de Germain Dorel dont l'uniformité de l'héliogravure en un seul ton ne rend pas hommage à la polychromie de ses matériaux tout en accentuant les volumes et la belle perspective. Vous trouverez si facilement des infos sur cet ensemble maintenant inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques que je ne vous ferai pas l'article !
Allez ici :
https://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=865
ou encore ici :
http://www.atlas-patrimoine93.fr/pg-html/bases_doc/inventaire/fiche-mh.php?idfic=007p07
Ce qui nous intéresse c'est bien comment sur cette carte postale Cim, le ou la correspondante qui écrit à ses parents réussit l'exploit de raconter son changement de logement et d'en détailler toutes les fonctions ! On notera le soin extrême à écrire hors de la façade en rejetant dans le ciel ou sur la chaussée les inscriptions reprises par des petits points et des flèches signalant les fenêtres ou les balcons !
Il est, je le redis, assez rare finalement que des correspondants donnent leur avis ou leurs impressions sur leur lieu d'habitat comme si l'image comblait à elle seule ce besoin. Ici, non seulement le correspondant écrit sur l'image mais remplit aussi le dos de la carte postale de précisions sur ce déménagement. La carte est datée du 20 avril 1937, l'ensemble H.B.M. est donc tout récent encore.
" Nous venons de chercher Paris-Soir, et regardant les cartes postales, je vous envoie en même temps, que réponse à votre lettre, la vue de notre nouveau logement, vous comparerez avec la carte envoyée au mois d'octobre dernier, qui vous donnait la vue côté de la route, tandis que celle-ci donne sur les jardins, ce n'est qu'à titre d'indication car beaucoup de volets sont clos, c'était avant de prendre possession des immeubles. Nous sommes bien et pas haut. Je vous mets le détail de l'installation au recto et vous joins en même temps le reste de la correspondance."
Je vous conseille d'aller lire le Paris-Soir en question ici ! Magie de l'internet !
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76416092/f1.item
On notera que le correspondant est observateur car il affirme que le photographe des éditions Combier est venu avant la livraison des appartements en s'appuyant sur le détail des volets tous ouverts. Pourtant il y a bien là quelques fenêtres ouvertes également et même des rideaux... On note également que ne pas être trop haut est encore considéré comme une chance. Sur l'image, drôlerie de l'indication des poubelles, certainement pour souligner leur distance avec le nouvel appartement. On note également les lieux de rassemblements ! Un tel document est bien entendu une richesse que les inscriptions ne viennent pas perturber mais au contraire enrichir d'un mode de perception et de réception de l'architecture. On comprend même que, dans ce cas précis, l'achat et donc le désir de représentation dans l'image furent spontanés car associés à l'achat du journal. L'image fait envie et donne l'idée de correspondre en quelque sorte.
Tout autre exemple d'inscription, tout autre architecture :
Cette carte postale des éditions SL nous montre la ville de Port-Barcarès en cours de construction. Ce qui en fait l'intérêt c'est bien que l'éditeur a cru bon d'indiquer aux acheteurs l'ensemble des nominations des lieux. On pourrait y voir une sorte de guide touristique, de moyen simple pour le touriste perdu dans ce paysage tout neuf à reconnaître les lieux ! D'ailleurs il est aussi intéressant soudain de se rendre compte qu'une ville naissante a besoin de ce nominalisme comme si, ainsi titrés, les constructions et bâtiments trouvaient une légitimité ou, au moins, une familiarité nouvelle. L'alignement des noms, leur choix très largement tourné vers l'esprit maritime et balnéaire forment un poème assez drôle : les argonautes, les barbecues, le soleil levant, le centre commercial, les sirènes, les cabestans, la sardane, les totems. Sans aucun doute que Georges Perec et Jules Verne se seraient emparés de cette liste pour l'intégrer dans une intrigue littéraire. Mais l'autre particularité c'est bien que l'éditeur use d'un procédé normalement attribué aux correspondants eux-mêmes marquant au stylo-bille leur lieu de séjour. C'est bien un ready-made au sens premier du terme que nous avons sous les yeux. Ajoutons que cela, bien entendu, nous permet de percevoir les règles d'urbanisme de cette ville nouvelles ou les îlots sont posés les uns à côtés des autres, affichant chacun un design architectural différent, offrant encore des étendues vides, sortes de déserts entre les lotissements, des vides qui seront bien vite comblés par les promoteurs.
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| retrouvez ce lieu plus précisément ici : http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/07/pop-port.html |
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| pour retrouver Georges Candilis, allez là : http://archipostalecarte.blogspot.fr/search?q=candilis |
Déjà historique, ce point de vue nous permet de voir des constructions depuis longtemps disparues, un état de la ville où elle était pionnière, où le vacancier devait avoir l'impression de voir naître un monde aujourd'hui toujours debout ou ignoré, voire méprisé comme si le premier âge de la ville de Port-Barcarès n'avait de toute façon comme vocation de n'être qu'un état éphémère.
On sera donc passé de d'écrire la carte postale à écrire la carte postale par elle-même. C'est je crois le signe d'un état de la civilisation.
Ouh la ! Cette conclusion est peut-être un peu ambitieuse !
mardi 13 juin 2017
Donner forme à la torpeur
Il en va sans doute ainsi de Jean Balladur.
Souvent, on voit ainsi des constructions affichant clairement dans leur jeu de formes des similitudes avec La Grande Motte, offrant des courbes dans tous les sens, aux façades découpées de percées arrondies ou des surfaces de béton pliées un peu baroques dont le fonctionnalisme laisse la place à des signes un peu grandiloquents.
Regardons :
Cette carte postale de Port-Camargue par Combier nous montre clairement l'Hôtel Le Chabian qui affiche trois étoiles tout de même... Comme Combier est un éditeur intelligent, il nomme l'architecte de cet Hôtel, M. Munné à Nîmes.
Il est assez clair que M. Munné a dû bien regarder La Grande Motte et surtout son quartier appelé La Motte du Couchant. On y retrouve le vocabulaire où tout se courbe pour offrir une modernité joyeuse, comme dansante sous le soleil, comme si l'espace des villégiatures permettait au béton des extravagances qu'il ne peut s'offrir dans le tertiaire. On aime l'élan un peu inutile des pointes triangulées sur le toit de l'accueil du Chabian ! Sans doute ce que l'architecte appellera un signal, reprenant les ailes de l'oiseau sur le logotype de l'Hôtel. Est-ce que Chabian est le nom local d'un oiseau marin ?
On les voit mieux ici :
Toujours chez Combier, cette fois la carte postale est limpide. Un grand aplat de ciel, un grand aplat de sable, une grande courbe percée en continu de la même alternance et l'édicule de l'accueil au loin. La fonction de la carte postale ici est de montrer l'Hôtel et de permettre sans doute d'y faire une croix ou un signe pour indiquer sur sa fenêtre la chambre dans laquelle on passe un bel été.
Il est certain que depuis cette chambre, il doit être heureux de voir le ciel découpé ainsi au travers d'une courbe comme si Matisse lui-même, d'un coup de ciseaux avait ouvert l'horizon.
Alors nous restera à découvrir davantage le travail de M. Munné, architecte. De définir mieux ses liens avec Balladur, avec la Mission Racine, comment il en fut l'un des acteurs. En tout cas, la carte postale permet de rendre visible cette diffusion d'un type, ce qu'il faudra bien appeler le style Balladur.
Le Chabian continue de lézarder au soleil. Tranquillement, ondulant de tout son long comme si le temps lui était passé par dessus sans faire rien bouger de sa torpeur.
Et c'est heureux.
mardi 15 mars 2016
le Capitaine Candilis sans Capitainerie

Je reçois, je diffuse :
" L'héritage moderniste se voit donc une fois de plus (et une fois de plus pour Candilis) totalement méprisé. Alors qu'une ville balnéaire existe, prend son identité dans le travail d'un architecte et de son équipe, (architecte génial reconnu par l'histoire), les seuls qui ne comprennent pas la chance qu'ils ont, sont ceux-la même qui gèrent cette héritage : les politiciens locaux.
Il faut le dire, à leur défense, ils manquent sans doute d'une éducation de l'histoire de l'architecture et de l'œil, mais aussi d'un sens aigu de l'histoire locale, mettant à bas tout ce qui constitue la réalité historique du lieu où ils vivent. Lors de nos visites de Port Leucate, nous n'avions vu que mépris pour cette modernité qui malheureusement n'est pas détruite pour laisser place à une nouvelle mais pour fabriquer une image ressemblant à un décor digne de Walt Disney, mélange somptueux de néo-provençal revu par Las Vegas, de ferronnerie Brico Rama Brico Dépôt (un must du génie local) et un concept de l'espace inventé par le lobby tout puissant des vérandalistes aluminium qui doivent avoir, avec la mairie qui donnent les autorisations, ce même goût pour l'architecture de carton-pâte.
C'est trop tard maintenant.
C'est par terre.
L'histoire de l'architecture se rappellera les noms des responsables.
On notera que, comme à l'habitude, les arguments sont comme toujours les mêmes : état de la construction, risques, non-conformité. On s'amuse de ces arguments qui sont, en fait, le symptôme de quoi ? Simplement d'un manque d'entretien et d'un désir larvé de voir ce béton disparaitre. On laisse pourrir pendant des années sans rien toucher, on fait venir les pompiers, on évoque la sécurité, on fait la démagogie habituelle sur les besoins d'aujourd'hui qui ne correspondent plus à la construction d'hier et Hop ! On met par terre avec, bien entendu, aucune honte et même une certaine joie . Nous avons honte pour eux. Bref, une histoire bien connue aujourd'hui en France. Nous conseillons donc aux élus locaux de la Culture de la Ville de Port Leucate (il y en a ?) de voyager en Suisse, en Allemagne et surtout en Hollande où les constructions modernes font l'objet d'une attention, de recherches, de soins incroyables appuyés, c'est vrai, par des architectes, des responsables patrimoniaux, des règlements et une éducation qui font que la population, la démocratie, l'histoire donnent à lire dans le réel des rues, les héritages successifs avec originalité, idées, et même fierté. Oui, Monsieur le Maire, fierté de l'histoire et de la modernité.
L'éradication de la Capitainerie de Port Leucate est une faute patrimoniale grave.
Grave.
Très grave.
Nous avions cru un instant avec le classement des Carrats que cette ville et cette région auraient pu s'engager comme Royan ou Le Havre dans un vrai travail de reconnaissance de cette héritage de la Mission Racine. Il n'en est rien. Il s'agit sans doute d'un mélange audacieux de manque de courage politique et d'ignorance avec une pointe amère croquante-fondante de démagogie locale.
Bon vent Port Leucate !
Tu deviendras un magnifique décor pour rêve de cagoles où l'on fait semblant, où tout fait semblant."
Le Comité de Vigilance Brutaliste
Voilà qui est dit avec...euh...mesure.
Pour se rappeler un peu l'importance patrimoniale de cette Capitainerie :
elle faisait partie des tous premiers bâtiments construits par l'équipe de Monsieur Candilis pour tester le système constructif réalisant une trame étendue et infinie. Le système constructif, à la fois extrêmement fin, léger et intelligent permettait par un jeu nommé par l'équipe de Monsieur Candilis "Meccano" de produire rapidement des espaces modulables, transformables à volonté et donc de jouer avec les espaces intérieurs et extérieurs produisant un vrai urbanisme. On le sait, en architecture, la structure signe l'intelligence. Ici, à Port Leucate, avec ce système, l'équipe de Monsieur Candilis avait simplement inventé une nouvelle forme de mapping architectural si à la mode aujourd'hui. Il suffit de regarder les dessins techniques de ce système pour en comprendre le génie de sa simplicité et donc de sa beauté constructive. À l'égale des grands systèmes constructifs allant de Eiffel à Mimram, Monsieur Candilis avait offert à Port Leucate et Port Barcarès une possibilité d'avenir, un choix urbain et architectural d'une très grande originalité. C'est, sans doute, cette originalité que des yeux aveuglés par une fausse histoire du lieu n'ont pas su percevoir. On n'aime plus, en effet, une architecture qui dans sa forme, sa légèreté, sa fonction donne trop vite à lire son sens de l'égalité, son humanisme et surtout, sa liaison franche avec le paysage.
On notera que ce système de Port Leucate était si important pour Monsieur Candilis et son équipe qu'il faisait la couverture de son ouvrage sur les constructions de loisirs !
Recherches sur l'architecture des loisirs
Georges Candilis
édition Karl Krämer, 1972.
Pour revoir tous les articles sur Monsieur Candilis :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search/label/Georges%20Candilis
maquette et Capitainerie :
ici, le centre commercial fait du même système :
Comme un jeu de construction aux possibilités infinies :

Détails techniques :

Je vous donne à nouveau à voir les cartes postales qui rendent compte de ce système constructif :
carte postale de la capitainerie du port de Port Leucate des éditions DINO non datée.

carte postale du centre commercial de Port Leucate, éditions Audumares, non datée :


























