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dimanche 17 mai 2026

Architecture du Vingtième Siècle sur le littoral du Golfe du Lion, un guide.

 Je m'aperçois que je n'ai pas pris le temps de vous parler d'un livre-guide que j'ai reçu et qui mérite que je vous donne envie de le lire et de vous le procurer surtout, si comme moi, vous aimez l'architecture du balnéaire et tout particulièrement l'élan moderniste exprimé dans toutes les catégories de constructions en suivant un peu l'écho de la Mission Racine.
On y retrouve en effet beaucoup des lieux que j'ai partagés avec vous depuis presque vingt ans maintenant, on y retrouve aussi des architectes que nous aimons bien et même quelques cartes postales, documents populaires toujours promptes à nous faire rêver de venir voir sur place même si, depuis la Normandie, c'est un peu loin tout de même.
Le livre :
 Architecture du 20ème siècle sur le littoral du golfe du Lion, collection Monuments/Objets, duo, sous la direction de Michèle François, Josette Clier, Yvon Comte, Loris Griot, Anne-Marie Llanta, Florence Marciano et le beau travail de photographie : Jean-François Peiré.

Merci pour cet envoi !

C'est à la fois un petit guide bien fait, clair et qui répond à toutes les questions d'un amateur d'architecture mais aussi un petit livre qui donne l'impression que le Patrimoine Moderne et Contemporain tient une place importante dans cette région. On aime y découvrir encore et encore des bâtiments que, pour ma part, je ne connaissais pas ou y retrouver des icônes maintenant bien identifiées même si certaines sont pourtant encore menacées (Kyklos). On pourrait regretter qu'un tel ouvrage, malheureusement, ne soutienne pas tout à fait (et assez tôt) cette architecture. Mais bon, le sursaut dont ce genre de livre témoigne est toujours bon à prendre même si on peut se demander pour qui il sera le guide pour des protections futures, en quoi il appuiera une vraie politique de sauvegarde en lieu et place d'un affichage, certes parfaitement réussi mais qui souléve aussi des craintes. C'est tout le dilemne de ce genre de publication qui agit comme un constat mais bien peu comme un manifeste de la part du Ministère de la Culture et de ses agences pour proposer une vraie politique de Patrimonialisation de cet héritage moderne. Mais ne boudons pas notre plaisir et notre joie de voir ainsi réunies des constructions et espérons que ce type d'affichage institutionnel serve les municipalités, les régions, les particuliers et surtout le grand public a bien saisir l'importance de ce Patrimoine.
Nous retrouvons donc les noms que nous défendons sur ce blog depuis longtemps : Candilis, Massota, Gleize, Baladur, Le Couteur etc...et nous retrouvons les lieux de la Mission Racine si présente sur ce blog puisque, dès 2007, c'est par une carte postale de la Grande Motte que nous avions commencé.
Comme je pense que le mieux pour vous c'est de vous procurer cet ouvrage, je ne vais pas vous en donner trop de pages ici, mais juste assez pour vous en montrer la belle qualité éditoriale. C'est une belle collection.
On finira par quelques cartes postale de Saint-Cyprien. On découvre en particulier dans le ce guide, un lieu absolument incroyable dans cette ville : le Centre des Sports de mer par Jacques Blanc, Jacques Dauvergne et Georges Rigaill. C'est un vrai chef-d'oeuvre du brutalisme à la française !












Expédiée en 1972, cette superbe carte postale Théojac pour Iris nous montre donc la très belle Résidence Port Cipriano. On admirera l'unité de couleur, tout tend vers le bleu et on admirera la belle compréhension du bâtiment par le photographe. La lumière permet de bien comprendre la radicalité du dessin et l'opposition entre les façades, coursives et ouvertures. Quelle image ! Magnifique !



Pour mieux comprendre la situation de cette Résidence Port Cypriano, voici une carte postale d'une vue aérienne Larrey expédiée en 1982. On perçoit mieux l'échelle et la forme générale de ce beau morceau d'architecture qui dynamise la ligne droite du littoral en venant simplement le compléter. 






mercredi 1 septembre 2021

Kyklos, encore un emblème menacé à Port Leucate...

 Je reçois, je diffuse : 

Depuis des années maintenant, il est fait peu de cas, à Port Leucate, de son Patrimoine du XXème au nom d'une nouvelle image urbaine dite renouvelée et verdoyante. Si on peut comprendre la nécessité de vivre avec son temps (expression démagogique ici utilisée avec humour... et désespoir) on peut aussi se poser la question que certaines municipalités ne veulent pas voir qu'elles ont une histoire récente qui les qualifie avec originalité et puissance. Tout comme les Bastides en leur temps, Port Leucate appartient à cette typologie des villes ayant une histoire urbaine directement liée au politique. Ici la Mission Racine, grande œuvre urbaine qui, quoi qu'on en pense, est maintenant un Patrimoine à étudier, évaluer et sauvegarder et cela n'a jamais empêché les personnes intelligentes de faire cette évaluation contemporaine sans dénaturer l'œuvre existante. On peut même en faire un atout touristique si on en a le courage et surtout le sens de la responsabilité de son histoire. Le classement des Carrats de Georges Candilis, dans cette même ville de Port Leucate en est l'exemple, classement réalisé in extremis auquel, malheureusement, la subtile et délicate capitainerie aura échappé... c'est une erreur majeure, grave et j'ose dire crétine au regard de l'intelligence constructive de ce bâtiment et de son exemplarité modulaire. Il en va de même pour les équipements de plage autour de la piscine par l'architecte Monsieur Wursteisen, détruits également... sans égard pour l'architecte. Que restera-t-il bientôt du plan d'urbanisme et du désir de Georges Candilis de faire de cette station une station ouverte à tous et populaire ? La ville se plait pourtant à signaler sur sa page web qu'elle a obtenu une ZPPAUP et un Site Patrimonial Remarquable... 

"Ce dispositif a pour objectif de protéger et mettre en valeur le patrimoine architectural, urbain et paysager de nos territoires. Un site patrimonial remarquable (SPR) est une ville, un village ou un quartier dont la conservation, la restauration, la réhabilitation ou la mise en valeur présente, du point de vue architectural, archéologique, artistique ou paysager, un intérêt public."

Aujourd'hui, c'est l'emblématique et surtout superbe Kyklos dessiné par les architectes Zavagno et Gardia qui est en déshérence.
Le Kyklos pourtant est loin de ne pas être repéré par l'Histoire de l'Architecture, loin d'être une œuvre oubliée ou peu connue, loin d'être donc une petite chose sans valeur. Dès sa construction cette œuvre architecturale est repérée et publiée dans les guides d'architectures, dans les revues de l'époque ou récentes, preuve qu'il appartient à l'Histoire de l'Architecture, preuve surtout qu'il appartient à un commun de notre histoire à tous.
Pourtant... Il est gravement menacé et dans un état d'abandon ahurissant.

Le Kyklos a des atouts et son premier est d'être là, c'est le premier geste écologique vraiment fort à assumer, ne pas détruire. Puis, il a une image, Il a une écriture architecturale, il est reconnu, il appartient à une époque qui aujourd'hui revient en force, redevient à la mode comme d'ailleurs le brutalisme. Il y a bien un tourisme de l'architecture moderne et contemporaine et le Kyklos pourrait devenir un spot pour ce tourisme. Je suis par exemple venu exprès de Paris pour voir Port Leucate et son héritage architectural du XXème siècle. Ça fait de la route et j'ai lâché sur place de la maille que les hôteliers, les commerçants de Port Leucate n'ont pas eu l'affront de me refuser parce que je venais pour l'architecture contemporaine et moderne... Non, vraiment, ils avaient l'air ravi.

La question qui pourrait se poser c'est celle d'un nouvel usage ou d'une réhabilitation. Cela est du travail, de l'intention, de la recherche. C'est plus lent, plus juste, plus courageux. Il est plus simple de déclarer un état du bâti trop dangereux ou d'exploiter l'excuse de l'amiante (si pratique aujourd'hui...) pour que l'on ne s'emmerde pas avec ça et que, sous la pelleteuse, la construction soit vite détruite et remplacée par un complexe en tuiles canal et fer forgé et béni aux bons sentiments folkloriques. Pourtant le dernier Pritzker Price attribué à Lacaton et Vassal montre bien comment faire et la direction à prendre avec l'existant.

Il nous faudra une fois encore défendre cet héritage, être en colère parce que le travail en amont, celui de l'éducation à l'architecture du XXème siècle n'aura pas été fait. Il faudra donc une fois encore pétitionner, écrire, se battre pour ce qui devrait être naturel et premier (une analyse et une attention aux objets architecturaux) soit réalisé avant toute décision de détruire.

La place du Kyklos n'appartient pas seulement aux habitants de Port Leucate, le Patrimoine a cette vertu d'appartenir et de toucher tout un chacun.  D'une ville au tourisme populaire décidée par la Mission Racine et un Gaullisme humaniste, voudrait-on faire de Port Leucate une autre ville ?
Petit rappel de ce que disait Monsieur Candilis, missionné  alors par une droite humaniste : 

" Nous considérons que la coexistence de tous ces systèmes, suivant un raisonnement clair, peut provoquer un environnement plus à l'échelle de l'homme, plus inattendu et spontané, bref plus HUMAIN. Les assemblages horizontaux se distinguent des autres par la prise de concession du sol par un seul logis. Le danger est de confondre des assemblages horizontaux, qui forment un tout, avec des lotissements pavillonnaires traditionnels, héritage de la spéculation éhontée datant de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle qui a provoqué le débordement des villes de notre siècle."*

Le retournement est malheureusement aujourd'hui clair.
Port Leucate devrait maintenant prendre à bras le corps son héritage, en déclarer sa fierté, en faire sa particularité comme Royan, comme la Grande Motte si proche. Le Kyklos en est le symbole et il doit donc non seulement être conservé mais il doit aussi être restauré, offert à nouveau à un usage et même être l'enjeu d'une politique touristique et culturelle affirmée par la municipalité de Port Leucate. Nul doute que   Madame Chappert-Gaujal, adjointe à la Culture et au Patrimoine et  Madame Céline Cabal adjointe au tourisme vont tout faire pour sauver ce Kyklos. Il en va de leur responsabilité politique et morale sur l'héritage patrimonial de leur ville. Rassurez-nous.
On suivra donc ce dossier avec vous. 
Merci à tous de signer cette pétition citoyenne pour soutenir le Patrimoine de Port Leucate :
Walid Riplet, pour le Comité de Vigilance Brutaliste.
* Georges Candilis, Recherches sur l'architecture des loisirs, éditions Karl Krämer, 1972.


Merci Walid.
Pour ma part : on notera qu'une fois encore c'est une initiative citoyenne qui déclenche l'alerte sur le Kyklos et cette inquiétude (légitime ou non) provient toujours d'un manque d'informations sur l'avenir et d'un manque d'éducation aux stratégies patrimoniales. Les confusions entre ce qui est privé et municipal, entre ce qui est permis de faire pour protéger (qui est à l'origine des dossiers) entre aussi ce Label Architecture Contemporaine remarquable et les degrés de protection au titre des Monuments Historiques sont la preuve qu'il faudra aussi apprendre aux citoyens à s'emparer de ces dispositifs. Madame Brigitte Defives fait avec sa pétition un acte remarquable car un acte citoyen, signe de son attachement à ce bâtiment et de son inquiétude face à un délabrement (organisé ?) d'un bâtiment essentiel de Port Leucate. Il faut donc la soutenir et lui dire qu'elle n'est pas toute seule face à ce genre de combat. Bien entendu, une protection n'oblige en rien la sauvegarde d'une construction et une copropriété ne sera pas facile à convaincre pour obtenir un classement ou une protection. Il faudra donc à la municipalité faire un vrai travail de fond pour prendre en charge l'avenir et la destination finale d'un tel objet et travailler intelligemment pour que cet emblème ne soit pas sacrifié. Verra-t-on, comme d'habitude, la situation pourrir au nom d'un état irrécupérable comme le signale Walid, plus haut. Que toutes les énergies privées, patrimoniales, associatives, institutionnelles, municipales trouvent ensemble une synergie pour que ce merveilleux Kyklos y gagne un avenir et une chance à encore nous émouvoir. Port Leucate le mérite. Les Journées du Patrimoine approchent à grand pas, il serait dommage que Port Leucate se signale par l'abandon d'une partie importante de son Patrimoine. On attend donc la voix du Maire dans cette affaire.
En attendant, signez la pétition, c'est déjà un acte fort.
David Liaudet

Pour relire les défaites et les errements du patrimoine à Port Leucate :

Pour illustrer cet article de Walid, je vous donne à voir (ou revoir) les cartes postales du Kyklos qui vous montreront ses incroyables qualités architecturales. N'oublions pas que Messieurs Zavagno et Gardia avaient travaillé pour les logotypes avec Jacques Tissinier. Une œuvre donc unique, remarquable et qui mérite une belle et ambitieuse restauration et non un mépris.



Cette superbe carte postale Iris est superbe parce que c'est Monsieur Meauxsoone qui en fait la photographie. On se rappelle du talent du photographe ici par exemple et je me rappelle le bel entretien téléphonique que j'avais eu avec lui. Voilà donc une vue aérienne qui permet de lire les étagements des terrasses, le dessin des courbes et les circulations complexes et solariums qui font de ce Kyklos un cas exceptionnel d'architecture dont le toit est un praticable. Une véritable rareté. La tonalité générale des gris donne aussi à cette carte postale toutes les joies de l'amateur d'architecture remarquable. Une pépite de ma collection. Merci Monsieur Meauxsoone.

Cette carte nous montre le Kyklos sur son flanc abrité de la mer à l'arrière de la construction. Il s'agit d'une édition de la Société Éditions de France. On note le jeu magnifique des ouvertures, successions de petits Malevitch sur fond blanc. Je me souviens que lors de la visite il y a déjà quelques années que ce point de vue était déjà bien abîmé. Il faudrait lui redonner de l'air.

Nous voici sur les terrasses du Kyklos sous les peintures de Monsieur Tissinier ! Superbes !
Comment depuis cette carte postale ne pas comprendre l'originalité d'un tel espace architectural presque sculptural ! Toujours une édition de la Société Édition de France.


N'avez-vous pas immédiatement envie de prendre votre voiture et de venir à Port Leucate en voyant une telle vue sur la mer ? Ce point de vue est déjà dégradé par un espace se voulant contemporain... Il s'agit d'une édition Audumares de Perpignan expédiée en 1972.


Le Kyklos vu depuis les coupes-vents dessinés par Candilis pour la station de Port Leucate qui devrait s'emparer de ce modèle et les fabriquer à nouveau. On voit bien la masse du Kyklos, comment ses courbes fabriquaient une colline douce au-dessus de la plage. Il s'agit d'une carte postale Iris par Théojac.


Cette carte nous permet de voir le traitement des surfaces des murs en crépi épais très à la mode à cette période. On prend un verre ensemble ? Allez ! Éditions de France.

Cette dernière carte des Éditions de France nous montre le Kyklos depuis sa placette devant la plage. L'ensemble d'ailleurs agissait comme une progression douce de l'un vers l'autre, du bâti vers la mer et vice versa. On notera par pur esprit de précision que la ville de Port Leucate savait aussi choisir avec goût son mobilier urbain. Regardez la beauté toute simple du lampadaire. 


samedi 22 août 2020

Port Gruissan ? C'est Daniel Leclercq !

L'histoire de l'architecture est souvent écrite par des professionnels de la recherche, des historiens de l'architecture construisant leur théories et explications au sein d'une corporation qui se reconnaît. Pourtant, il existe des personnalités qui, souvent par amour pour un lieu et une histoire, construisent à leur tour des histoires de l'architecture. Par le biais d'un regard amouraché, ils réussissent à rétablir si ce n'est une vérité du moins des précisions plus grandes, des originalités hors d'un commun admis de l'histoire de ces lieux, de ces architectures.

Daniel Leclercq depuis des années maintenant est de ceux-la. Port Gruissan, c'est Daniel Leclercq. Et il travaille Daniel, il creuse son sillon, il cherche, toujours prêt à remettre en question le dogme, à rétablir la vérité, à décrypter les documents, à les faire chanter entre eux, se refusant à croire trop rapidement aux affirmations répétées toujours avec les mêmes inexactitudes. Il aime aller à la source où l'eau est plus fraîche et plus limpide.

Voilà que je reçois de sa part deux ouvrages entièrement consacrés à Port Gruissan et à son architecte Raymond Gleize. On y retrouve son goût immodéré pour une analyse pointue, une jubilation documentaire et ce désir un peu fou d'aller contre des préjugés et des présupposés. Il n'a pas peur. Il n'a pas peur parce qu'il travaille.

Certes, parfois c'est touffu mais que voulez-vous, si vous tenez à comprendre la Mission Racine, l'implantation de Port Gruissan et de ses choix esthétiques et urbains, il ne faut pas faire semblant de lire mal des documents mais bien prendre les traces et archives pour ce qu'elles sont : indispensables pour penser vrai. C'est l'amour qui le conduit, qui le porte. Car il vit cette architecture, il la parcourt, il l'arpente, la décrypte et tente même tout pour en défendre son plan masse et ses décors les plus fins, ses espaces publics et les crépis des murs. Un vrai travail d'inventaire comme on dit dans le métier. Il ne fait aucun doute que ce travail gigantesque devra servir à l'avenir de base à toute analyse patrimoniale de Port Gruissan. Daniel Leclercq est, de fait, une autorité, c'est-à-dire, au sens noble, il est autorisé à parler et expliquer. Car, chez lui, il y a surtout ce désir de passeur, de pédagogue. Il veut être précis pour aider à comprendre mais il ne manque alors ni d'humour, ni de fantaisie et même de délicatesse que ses photographies des lieux ou le jeu amusant et frais d'une fiction lui permettent de révéler. C'est goûteux.

Alors bien entendu Port Gruissan est aujourd'hui bien moins mainstream que La Grande Motte, la Reine de la Mission Racine. Mais justement, il ne faudrait pas que son ombre occulte les autres lieux et Port Gruissan mérite de fait ce regard. Car c'est une ville équilibrée, moderne, moins spectaculaire sans doute mais aussi plus urbaine au sens exacte de l'urbanité : vivre une vraie ville. Port-Gruissan est marquée par une architecture sensible et délicate qui a presque pour vocation d'en faire oublier l'extravagance d'une modernité de spectacle de sa grande sœur. Une sérénité franche.

Port Gruissan a de la chance d'avoir Daniel Leclercq.

Lisez Daniel Leclercq ! 

Ce livre est un ovni dans la production des livres d'architecture et même une audace car Daniel Leclercq y joue un jeu curieux dont je vous laisse découvrir la règle en le lisant. En tout cas, l'entretien qu'il produit avec Raymond Gleize permet de bien entrer dans le travail de l'architecte et de ses subtilités en oubliant pas, en retour de dresser un autre portrait, celui de son auteur. Savoureux, je vous dis et inédit dans sa forme et dans la richesse de son fonds historique. 

Entretiens, Raymond Gleize, essai. Daniel Leclercq éditions de Saint/Roch 

Ce grand album est LE livre sur l'histoire de Port-Gruissan. Bourré de documents, rempli d'une analyse fine de l'histoire, Daniel Leclercq y plonge littéralement dans toutes les particularités, les aspérités, les contre-vérités pour rendre un hommage appuyé à cette ville et à ce projet inscrit dans la Mission Racine. Le chapitre sur Paris Match est réellement typique des errements faciles empruntés par les répétiteurs que Daniel Leclercq corrige avec précision. Et ça change beaucoup de choses sur la vision de cet ensemble ! Tous les amoureux de l'histoire de l'architecture du balnéaire et de cette période architecturale devraient regarder cet ouvrage comme l'exemple de ce qu'il faut faire pour bien restituer une histoire : précision et amour mêlés. C'est aussi un beau livre à l'iconographie bien choisie venant appuyer l'argumentaire.

Port-Gruissan, Patrimoine (remarquable) du XXe Siècle, Daniel Leclercq, édition Valda/Saint Roch 

Et comme Daniel Leclercq n'oublie pas les cartes postales comme documents possibles à l'histoire de l'architecture, j'en glisse une petite qui le réjouira. il s'agit d'une édition As pour Apa-Poux à Albi. la carte n'indique ni le nom de l'architecte, ni du photographe; Nous sommes sur le nouveau port et on y voit bien la belle architecture-signature de Port-Gruissan :

 

Pour voir ou revoir des cartes postales de Port-Gruissan :

https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/01/gruissan-son-guide.html

https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/07/port-gruissan-en-verite.html 

https://archipostcard.blogspot.com/2010/04/bleu-jaune-orange-gris-nostalgie.html


mardi 15 mai 2018

Laissons les enfants jouer sur les briques

Voici encore une preuve du remarquable investissement des architectes des V.V.F (village, vacances, famille) à une certaine période de son histoire.
Nous verrons également que la sculpture traitée comme un lieu de jeux pour les enfants (à moins que cela ne soit l'inverse) fut aussi l'occasion de très belles interventions.
Nous serons encore à la Grande Motte qui par les cartes postales nous réserve encore et encore l'occasion de jubiler de ces réalisations.
Visitons :


Cette très belle carte postale du V.V.T et V.V.F de la Grande Motte nous montre bien ce travail sculptural étonnant des bassins et fontaines à l'entrée de la construction qui, elle-même, semble rassembler des qualités plastiques et formelles.
D'ailleurs les deux objets, sculpture et architecture jouent de leur opposition. L'architecture toute de lignes droites tendues et fortes, s'amusant d'étagements, soulignant les portées et offrant une circulation ombrée très lisible, s'accorde fort bien des volumes de briques rouges courbées, tordues en escaliers dont on ne sait si on peut vraiment les arpenter.
Cette fontaine est accueillante et d'une modestie formelle qui la rend parfaitement humaine, sensation certainement accentuée par les formes un rien zoomorphes.
La brique nous emmène aussi vers des objets familiers comme des puits et les fontaines des villages, et nous donne l'envie de nous y asseoir.
Et :


Nous sommes au même lieu mais cette fois devant la pataugeoire de la nursery.
Les enfants activent parfaitement le lieu fait d'un travail de courbes, de petites collines, de tunnels ouverts et d'une balançoire que l'on dirait sortie d'un dessin de Miró.


Des petites flaques artificielles offrent à loisir des occasions de se mouiller les fesses, de s'éclabousser.
Les briques enregistrent parfaitement l'eau qui s'échappe du bassin soulignant la vivacité des bambins.
On s'amusera des deux nurses et de leurs belles blouses.
Le petit train est garé là, attendant les bambins pour une promenade. La vie est belle...
On regardera également le très beau dessin du petit mur crépi de blanc.
Vraiment une belle carte postale des éditions Yvon en impression Draeger toujours de qualité.
Il faut aussi parfois rentrer :


Voici le bar du V.V.T.
Tout le jeu formel du mobilier rappelle la ville de la Grande Motte.
On regardera la solidité affirmée des sièges en bois et paille. Et malgré le vide de l'endroit devenu ocre orangé une silhouette féminine est piégée dans l'image.



Certainement une jeune mère heureuse de voir ses enfants libres dans les pataugeoires...
Nous devons ces belles sculptures-jeux à Michèle Goalard et Albert Marchais.

Mon frère Christophe (merci !) m'apporte hier un numéro de la revue Parents de 1970. On y trouve un petit article bien pratique et intéressant pour nous, puisqu'il nous montre cette belle aire de jeux. Au-delà des informations, cela prouve bien que ces lieux ont connu un succès éditorial et qu'ils étaient reconnus déjà à l'époque de leur création comme des éléments intéressants et modernes. On s'amuse que le manque d'herbe soit souligné comme une particularité et que, de jardin de crèche, devant son succès, il devienne jardin public ! Régalons-nous donc :




samedi 2 décembre 2017

D'écrire sur l'architecture

Il y a bien longtemps, j'ai commencé cette collection de cartes postales en cherchant tout particulièrement les cartes postales sur lesquelles les expéditeurs faisaient des annotations ou des signes divers comme des croix, des cercles, des flèches pour indiquer quelque chose ou simplement se situer.
Se situer...
Dans une image photographique, pouvoir projeter sa propre vie ou au moins l'expérience d'un instant, pouvoir signaler à l'autre un état de l'espace de l'image qui fut nôtre ou le moment d'une correspondance, marquer l'image pour la particulariser et la dégager du commun de l'édition, tout cela me fascine. Il s'agit toujours pour celui qui s'inscrit là de fonder une complicité avec le lieu, son image et donc sa représentation mais aussi celui qui reçoit et qui doit saisir à la fois le signe lui-même mais aussi ce qu'il précise. La difficulté étant toujours pour le signe, tout en marquant l'endroit, de ne pas le recouvrir !
Voici deux exemples dont un premier bien spectaculaire en ce sens :



D'abord il ne sera pas difficile d'admirer la superbe architecture de ces H.B.M 212 de Germain Dorel dont l'uniformité de l'héliogravure en un seul ton ne rend pas hommage à la polychromie de ses matériaux tout en accentuant les volumes et la belle perspective. Vous trouverez si facilement des infos sur cet ensemble maintenant inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques que je ne vous ferai pas l'article !

Allez ici :
https://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=865
ou encore ici :
http://www.atlas-patrimoine93.fr/pg-html/bases_doc/inventaire/fiche-mh.php?idfic=007p07

Ce qui nous intéresse c'est bien comment sur cette carte postale Cim, le ou la correspondante qui écrit à ses parents réussit l'exploit de raconter son changement de logement et d'en détailler toutes les fonctions ! On notera le soin extrême à écrire hors de la façade en rejetant dans le ciel ou sur la chaussée les inscriptions reprises par des petits points et des flèches signalant les fenêtres ou les balcons !



























Il est, je le redis, assez rare finalement que des correspondants donnent leur avis ou leurs impressions sur leur lieu d'habitat comme si l'image comblait à elle seule ce besoin. Ici, non seulement le correspondant écrit sur l'image mais remplit aussi le dos de la carte postale de précisions sur ce déménagement. La carte est datée du 20 avril 1937, l'ensemble H.B.M. est donc tout récent encore.



" Nous venons de chercher Paris-Soir, et regardant les cartes postales, je vous envoie en même temps, que réponse à votre lettre, la vue de notre nouveau logement, vous comparerez avec la carte envoyée au mois d'octobre dernier, qui vous donnait la vue côté de la route, tandis que celle-ci donne sur les jardins, ce n'est qu'à titre d'indication car beaucoup de volets sont clos, c'était avant de prendre possession des immeubles. Nous sommes bien et pas haut. Je vous mets le détail de l'installation au recto et vous joins en même temps le reste de la correspondance."

Je vous conseille d'aller lire le Paris-Soir en question ici ! Magie de l'internet !
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76416092/f1.item
On notera que le correspondant est observateur car il affirme que le photographe des éditions Combier est venu avant la livraison des appartements en s'appuyant sur le détail des volets tous ouverts. Pourtant il y a bien là quelques fenêtres ouvertes également et même des rideaux... On note également que ne pas être trop haut est encore considéré comme une chance. Sur l'image, drôlerie de l'indication des poubelles, certainement pour souligner leur distance avec le nouvel appartement. On note également les lieux de rassemblements ! Un tel document est bien entendu une richesse que les inscriptions ne viennent pas perturber mais au contraire enrichir d'un mode de perception et de réception de l'architecture. On comprend même que, dans ce cas précis, l'achat et donc le désir de représentation dans l'image furent spontanés car associés à l'achat du journal. L'image fait envie et donne l'idée de correspondre en quelque sorte.
Tout autre exemple d'inscription, tout autre architecture :


Cette carte postale des éditions SL nous montre la ville de Port-Barcarès en cours de construction. Ce qui en fait l'intérêt c'est bien que l'éditeur a cru bon d'indiquer aux acheteurs l'ensemble des nominations des lieux. On pourrait y voir une sorte de guide touristique, de moyen simple pour le touriste perdu dans ce paysage tout neuf à reconnaître les lieux ! D'ailleurs il est aussi intéressant soudain de se rendre compte qu'une ville naissante a besoin de ce nominalisme comme si, ainsi titrés, les constructions et bâtiments trouvaient une légitimité ou, au moins, une familiarité nouvelle. L'alignement des noms, leur choix très largement tourné vers l'esprit maritime et balnéaire forment un poème assez drôle : les argonautes, les barbecues, le soleil levant, le centre commercial, les sirènes, les cabestans, la sardane, les totems. Sans aucun doute que Georges Perec et Jules Verne se seraient emparés de cette liste pour l'intégrer dans une intrigue littéraire. Mais l'autre particularité c'est bien que l'éditeur use d'un procédé normalement attribué aux correspondants eux-mêmes marquant au stylo-bille leur lieu de séjour. C'est bien un ready-made au sens premier du terme que nous avons sous les yeux. Ajoutons que cela, bien entendu, nous permet de percevoir les règles d'urbanisme de cette ville nouvelles ou les îlots sont posés les uns à côtés des autres, affichant chacun un design architectural différent, offrant encore des étendues vides, sortes de déserts entre les lotissements, des vides qui seront bien vite comblés par les promoteurs.


retrouvez ce lieu plus précisément ici : http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/07/pop-port.html

pour retrouver Georges Candilis, allez là : http://archipostalecarte.blogspot.fr/search?q=candilis



























Déjà historique, ce point de vue nous permet de voir des constructions depuis longtemps disparues, un état de la ville où elle était pionnière, où le vacancier devait avoir l'impression de voir naître un monde aujourd'hui toujours debout ou ignoré, voire méprisé comme si le premier âge de la ville de Port-Barcarès n'avait de toute façon comme vocation de n'être qu'un état éphémère.
On sera donc passé de d'écrire la carte postale à écrire la carte postale par elle-même. C'est je crois le signe d'un état de la civilisation.
Ouh la ! Cette conclusion est peut-être un peu ambitieuse !

mardi 13 juin 2017

Donner forme à la torpeur

On sait comment Guimard suivi par une foule de petits Maîtres de l'Art Nouveau a su donner à son style une reconnaissance d'époque, quelque chose qui immédiatement fait penser à lui, sans pourtant être son œuvre.
Il en va sans doute ainsi de Jean Balladur.
Souvent, on voit ainsi des constructions affichant clairement dans leur jeu de formes des similitudes avec La Grande Motte, offrant des courbes dans tous les sens, aux façades découpées de percées arrondies ou des surfaces de béton pliées un peu baroques dont le fonctionnalisme laisse la place à des signes un peu grandiloquents.
Regardons :


Cette carte postale de Port-Camargue par Combier nous montre clairement l'Hôtel Le Chabian qui affiche trois étoiles tout de même... Comme Combier est un éditeur intelligent, il nomme l'architecte de cet Hôtel, M. Munné à Nîmes.
Il est assez clair que M. Munné a dû bien regarder La Grande Motte et surtout son quartier appelé La Motte du Couchant. On y retrouve le vocabulaire où tout se courbe pour offrir une modernité joyeuse, comme dansante sous le soleil, comme si l'espace des villégiatures permettait au béton des extravagances qu'il ne peut s'offrir dans le tertiaire. On aime l'élan un peu inutile des pointes triangulées sur le toit de l'accueil du Chabian ! Sans doute ce que l'architecte appellera un signal, reprenant les ailes de l'oiseau sur le logotype de l'Hôtel. Est-ce que Chabian est le nom local d'un oiseau marin ?
On les voit mieux ici :




Toujours chez Combier, cette fois la carte postale est limpide. Un grand aplat de ciel, un grand aplat de sable, une grande courbe percée en continu de la même alternance et l'édicule de l'accueil au loin. La fonction de la carte postale ici est de montrer l'Hôtel et de permettre sans doute d'y faire une croix ou un signe pour indiquer sur sa fenêtre la chambre dans laquelle on passe un bel été.
Il est certain que depuis cette chambre, il doit être heureux de voir le ciel découpé ainsi au travers d'une courbe comme si Matisse lui-même, d'un coup de ciseaux avait ouvert l'horizon.
Alors nous restera à découvrir davantage le travail de M. Munné, architecte. De définir mieux ses liens avec Balladur, avec la Mission Racine, comment il en fut l'un des acteurs. En tout cas, la carte postale permet de rendre visible cette diffusion d'un type, ce qu'il faudra bien appeler le style Balladur.
Le Chabian continue de lézarder au soleil. Tranquillement, ondulant de tout son long comme si le temps lui était passé par dessus sans faire rien bouger de sa torpeur.
Et c'est heureux.

mardi 15 mars 2016

le Capitaine Candilis sans Capitainerie




Je reçois, je diffuse :

" L'héritage moderniste se voit donc une fois de plus (et une fois de plus pour Candilis) totalement méprisé. Alors qu'une ville balnéaire existe, prend son identité dans le travail d'un architecte et de son équipe, (architecte génial reconnu par l'histoire), les seuls qui ne comprennent pas la chance qu'ils ont, sont ceux-la même qui gèrent cette héritage : les politiciens locaux. 

Il faut le dire, à leur défense, ils manquent sans doute d'une éducation de l'histoire de l'architecture et de l'œil, mais aussi d'un sens aigu de l'histoire locale, mettant à bas tout ce qui constitue la réalité historique du lieu où ils vivent. Lors de nos visites de Port Leucate, nous n'avions vu que mépris pour cette modernité qui malheureusement n'est pas détruite pour laisser place à une nouvelle mais pour fabriquer une image ressemblant à un décor digne de Walt Disney, mélange somptueux de néo-provençal revu par Las Vegas, de ferronnerie Brico Rama Brico Dépôt (un must du génie local) et un concept de l'espace inventé par le lobby tout puissant des vérandalistes aluminium qui doivent avoir, avec la mairie qui donnent les autorisations, ce même goût pour l'architecture de carton-pâte. 

C'est trop tard maintenant. 
C'est par terre.
 L'histoire de l'architecture se rappellera les noms des responsables.

On notera que, comme à l'habitude, les arguments sont comme toujours les mêmes : état de la construction, risques, non-conformité. On s'amuse de ces arguments qui sont, en fait, le symptôme de quoi ? Simplement d'un manque d'entretien et d'un désir larvé de voir ce béton disparaitre. On laisse pourrir pendant des années sans rien toucher, on fait venir les pompiers, on évoque la sécurité, on fait la démagogie habituelle sur les besoins d'aujourd'hui qui ne correspondent plus à la construction d'hier et Hop ! On met par terre avec, bien entendu, aucune honte et même une certaine joie . Nous avons honte pour eux. Bref, une histoire bien connue aujourd'hui en France. Nous conseillons donc aux élus locaux de la Culture de la Ville de Port Leucate (il y en a ?) de voyager en Suisse, en Allemagne et surtout en Hollande où les constructions modernes font l'objet d'une attention, de recherches, de soins incroyables appuyés, c'est vrai, par des architectes, des responsables patrimoniaux, des règlements et une éducation  qui font que la population, la démocratie, l'histoire donnent à lire dans le réel des rues, les héritages successifs avec originalité, idées, et même fierté. Oui, Monsieur le Maire, fierté de l'histoire et de la modernité.

L'éradication de la Capitainerie de Port Leucate est une faute patrimoniale grave. 
Grave. 
Très grave.

Nous avions cru un instant avec le classement des Carrats que cette ville et cette région auraient pu s'engager comme Royan ou Le Havre dans un vrai travail de reconnaissance de cette héritage de la Mission Racine. Il n'en est rien. Il s'agit sans doute d'un mélange audacieux de manque de courage politique et d'ignorance avec une pointe amère croquante-fondante de démagogie locale.
Bon vent Port Leucate ! 
Tu deviendras un magnifique décor pour rêve de cagoles où l'on fait semblant, où tout fait semblant."
Le Comité de Vigilance Brutaliste

Voilà qui est dit avec...euh...mesure.
Pour se rappeler un peu l'importance patrimoniale de cette Capitainerie :
elle faisait partie des tous premiers bâtiments construits par l'équipe de Monsieur Candilis pour tester le système constructif réalisant une trame étendue et infinie. Le système constructif, à la fois extrêmement fin, léger et intelligent permettait par un jeu nommé par l'équipe de Monsieur Candilis "Meccano" de produire rapidement des espaces modulables, transformables à volonté et donc de jouer avec les espaces intérieurs et extérieurs produisant un vrai urbanisme. On le sait, en architecture, la structure signe l'intelligence. Ici, à Port Leucate, avec ce système, l'équipe de Monsieur Candilis avait simplement inventé une nouvelle forme de mapping architectural si à la mode aujourd'hui. Il suffit de regarder les dessins techniques de ce système pour en comprendre le génie de sa simplicité et donc de sa beauté constructive. À l'égale des grands systèmes constructifs allant de Eiffel à Mimram, Monsieur Candilis avait offert à Port Leucate et Port Barcarès une possibilité d'avenir, un choix urbain et architectural d'une très grande originalité. C'est, sans doute, cette originalité que des yeux aveuglés par une fausse histoire du lieu n'ont pas su percevoir. On n'aime plus, en effet, une architecture qui dans sa forme, sa légèreté, sa fonction donne trop vite à lire son sens de l'égalité, son humanisme et surtout, sa liaison franche avec le paysage.
On notera que ce système de Port Leucate était si important pour Monsieur Candilis et son équipe qu'il faisait la couverture de son ouvrage sur les constructions de loisirs !

Recherches sur l'architecture des loisirs
Georges Candilis
édition Karl Krämer, 1972. 

Pour revoir tous les articles sur Monsieur Candilis :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search/label/Georges%20Candilis

maquette et Capitainerie :

 

 

ici, le centre commercial fait du même système :

 

Comme un jeu de construction aux possibilités infinies :

 

 Détails techniques :

 

 



Je vous donne à nouveau à voir les cartes postales qui rendent compte de ce système constructif :

carte postale de la capitainerie du port de Port Leucate des éditions DINO non datée.


carte postale du centre commercial de Port Leucate, éditions Audumares, non datée :