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mardi 18 février 2025

Royan, la vie est belle

 S'accumule sur le coin de ma petite table de travail, juste à la droite de mon ordinateur un petit tas de cartes postales de Royan qui attend...qui attend quoi au fait ?
Je ne sais pas trop...Un regain d'intérêt ? Sans doute. Une acceptation de la distance qui me sépare de la ville et qui s'agrandit chaque jour ? Sans doute aussi...
Je dois même vous avouer que je me suis demandé si je me devais de vous montrer ces nouvelles images qui ne sont ni particulièrement spectaculaires, ni particulièrement rares pour vous dire quelque chose de nouveau que je ne vous aurais pas déjà dit dans mon livre, livre que vous avez tous lu (bien entendu) ou sur mes blogs.

Alors, je vous propose une promenade sans trop d'ambition, tranquillement, le nez au vent de la Modernité, comme si nous étions ensembles dans la plus belle ville du Monde.
Allez ! On commence ?





Je commence par une carte assez rare qui nous montre le Bar Métropole au milieu du boulevard Aristide Briand. Le marché central est tout au bout, là-bas. Je crois que l'on reconnait bien là la première étape de la Reconstruction de Royan, un peu l'esprit Perret et Art Déco avant la révolution brésilienne. Mon compte-fil me prouve que nous ne sommes pas seuls et un garçonnet nous observe. Il pose. Aujourd'hui la vérandalisation* a produit cette obscénité en grignotant sur l'espace public. Mais que fait la Police (du Patrimoine) ? 
Une belle édition du très sérieux et solide éditeur L. Chatagneau.



Un autre coin de la ville, un coin que j'aime tout particulièrement car la concentration de l'écriture moderne y est à son comble. Les fidèles auront reconnu l'Hôtel Continental à droite, la flèche de Notre-Dame de Royan qui dépasse et le très bel îlot à gauche (Roger Mialet, architecte ?)  qui me fait toujours penser à Tel-Aviv, je ne sais pas bien pourquoi. On note que toutes les fenêtres sont marquées au blanc de Meudon, comme on le fait des constructions en fin de chantier. Serions-nous donc au moment prochain de sa livraison ? La carte postale est une édition C.A.P sans date ni photographe.


Encore un peu de la rue. Ici c'est la rue de la République. On perçoit bien comment cet axe est celui de l'automobile ! Et qu'il serait bien triste d'oublier cette particularité de l'urbanisme de la ville...Là encore, tout le travail de claustra et de persiennes est aujourd'hui massacré par des vérandas immondes. On attend que les pelleteuses qui travaillent sur le Front de Mer viennent ici faire le même nettoyage. Allez ! Hop !
Les amateurs d'automobiles anciennes se régaleront de ce petit musée à ciel ouvert de la production automobile de cette époque. Pas d'éditeur pour cette très jolie et vivante carte postale. On imagine le photographe, au milieu de la chaussée, qui se fait klaxonner par la Simca Aronde qui arrive vers lui !




Pour une fois, je montrerai aussi le verso de cette carte postale Glatigny (éditeur assez peu connu) qui nous montre le très beau et utile Portique malheureusement disparu. Il parait qu'il va être reconstruit bientôt...y parait...Faudrait voir Monsieur le Maire pour en parler avec lui...On est donc précisément le 15 aout 1957 à 10h30, c'est ce que nous dit l'affranchissement. Comme il était beau ce  Portique, intelligent, indispensable à l'écriture urbaine de la ville de Royan ! Regardez comment les gens savaient quoi en faire ! Un balcon sur la mer, un filtre entre le balnéaire et la ville ! Magnifique geste architectural ! Erreur fondamentale de sa destruction...




Voilà une belle vue aérienne Combier qui nous montre Royan sous la Reconstruction. Beaucoup de parcelles encore vides, des grues sur le Front de Mer, le premier plan de la photographie pourrait presque nous laisser croire à une ville de campagne. En bas, on devine des baraquements provisoires et, un peu plus haut, on voit bien l'immeuble des Ponts et Chaussée, lui,  bien construit. On serait donc vers 1952 ! Ce très très beau bâtiment est de Salier, architecte. Il est, par contre, encore totalement isolé.


Comment résister à une telle carte postale de Notre-Dame de Royan qui affiche la déclaration de sa naissance ? C'est encore Mr Chatagneau l'éditeur. On note qu'au dos figurent bien tous les noms des architectes et ingénieurs : Gillet Architecte, Laffaille Ingénieur Conseil, René Sarger Ingénieur et Mr Hébrard Architecte d'opération. Combien de temps Notre-Dame fut qualifiée de "nouvelle église" ?



Pour finir, une carte finalement assez rare. Il s'agit de l'intérieur de l'église Notre-Dame de l'Assomption, l'autre église moderne de Royan, un peu moins connue. Je peux même vous avouer que...je ne suis jamais entré dans celle-ci...Oui...je sais...
Promis ! Je le ferai à ma prochaine visite si elle est ouverte !
Cette belle photographie que l'on doit aux éditions Arum-éditions est de B. Mercier. On note que l'on retrouve Mr Hébrard comme architecte accompagné de messieurs Baranton et Bauhain. La carte fut expédiée en 1977. 
J'espère que vous avez passé un joli moment en ma compagnie dans la plus belle ville du Monde. Et si vous voulez voir un reportage sur Notre-Dame de Royan et retrouver Charlotte de Charette, je vous conseille ce lien :

Il ya tellement de cartes postales de Royan sur mes blogs que je vous laisse compléter cet article par des lectures à rebours.

*j'emprunte ce néologisme à Charlotte de Charette.


mardi 30 août 2022

Mes adieux à Royan

Encore un été où je ne serai pas allé à Royan. La plus belle ville du monde s'éloigne de plus en plus et ce n'est pas les routes qui se dégradent c'est le prix de l'immobilier qui devient fou.
Il y a donc un moment dans la vie où il faut se résoudre à comprendre que malgré le travail que l'on a effectué sur son histoire, que malgré les attaches familiales qui vous lient à elle, une ville ne vous appartient plus, vous tourne même le dos ostensiblement pour vous dire que vous ne la méritez plus. En fait, il y a donc des lieux où habiter veut dire autre chose que les aimer et les comprendre.
La promesse que je m'étais faite à l'été de mes douze ans sur la plage, cette promesse essentielle et qui a certainement fondé plein d'autres choses que je suis devenu maintenant, une promesse constructive donc, je me dois maintenant, aujourd'hui d'y renoncer.
Est-ce grave ? Certes non mais c'est au mieux triste, c'est aussi le ferment bien puissant d'une dépression en attendant que cela tourne en colère.
Je ne vivrai pas dans l'espace que j'ai appris à définir, dans celui que j'aime, dans celui qui fut le moteur de beaucoup de mes joies intellectuelles et points de vue que vous lisez sur ce blog.
Faut-il vraiment habiter ce quelque part pour que ce lieu vous appartienne ? Ou, mieux, faut-il vraiment habiter un lieu pour que vous lui apparteniez ? Finalement, si j'en crois mon ressentiment : oui.
Car ce qui remplace cette promesse c'est un point fixe, un retour, une indigénéité peu amène de me consoler puisqu'elle sonne comme, non pas un retour aux sources, mais comme une glue, comme si mon envol était contrarié par mes pieds pris dans le béton. Un poids donc.
Chaque fois que je trouve une carte postale sur Royan aujourd'hui, je ressens ce poids, je revis cet échec. Je sais que ces cartes postales ne seront plus des promesses mais des pis-aller, des écrans à une dépressive nostalgie, la pire, celle du ressentiment donc et aussi, je l'avoue, d'une forme d'injustice qui fonctionne par le pouvoir d'achat et non par le pouvoir d'aimer.
Parfois, je m'en veux même d'avoir popularisé cette ville, de l'avoir rendue attrayante, d'avoir trop chanté sa beauté. C'est ma calanque de Marseille à moi.
Je vais tout de même continuer de vous montrer des cartes postales de Royan. Je vais continuer d'y croire, de faire marcher ma lanterne à projections intérieures. Je voudrais fondre sur la ville comme les bombes en 1945.
J'ai, je crois maintenant, bien fait de donner ma collection de cartes postales de Royan aux archives de la ville. Aujourd'hui je n'y arriverais plus, je n'en aurais certainement plus la force à moins que, surtout, en lieu et place d'un sacrifice cela serait perçu pour moi aujourd'hui comme un abandon.
Voilà donc ce qui s'apparente à un relevé de compteur. Le compteur des jours heureux que j'aurais dû y vivre :



Je commence par cette carte postale des éditions Cap très abimée mais qui possède un puissant détail : Notre-Dame y est en chantier. On note aussi que le Portique est encore présent qu'il n'a pas été détruit par l'équipe municipale stupide de l'époque mais il sera un jour reconstruit ce portique, je vous le promets. Pour info, cette carte postale fut expédiée en 1958.




Poursuivons avec cette carte postale moins commune d'un morceau de la rue Gambetta par les éditions d'Art Videau. La ville est à son apogée, tout y est encore beau, de cette beauté de la rigoureuse et moderne Reconstruction.




Encore un beau morceau de ville avec cette carte postale des éditions de l'Europe expédiée en 1961. Notre-Dame est achevée mais on note que le chantier de la barre de Foncillon, lui ne l'est pas. Petite précision postale pour les collectionneurs, cette carte fut tamponnée avec une représentation du Palais des Congrès pour un salon international des fleuristes !





Et voilà la plus belle ville du monde depuis son ciel. On peut facilement en comprendre le plan d'urbanisme et sa grand clarté. La Poste n'est pas encore défigurée. Une très belle vue aérienne des éditions Berjaud.




Voilà le Portique ! Comment a-t-on pu croire que c'était une bonne idée de détruire ça, faut-il être con mais con. C'est n'avoir rien compris au sens de la ville, à son dessin, à la construction d'un chemin de vision sur la ville et la mer. Au fond, on devine le marché encore en construction et l'ancien centre commercial provisoire. Une magnifique édition Combier.




Et dans l'autre sens, ça donne ça ! Le marché est achevé, sa blancheur fait toute l'image de cette carte postale Artaud pour Gaby. On connait le nom du chanceux pilote photographe : Michel Le Collen ! Quel veinard vous faites ! La carte fait l'effort de nommer l'un des architectes du marché : Monsieur Ursault.




Redescendons et retrouvons le marché grâce à cette carte postale des éditions de l'Europe. Rien à ajouter que le frottement de l'horizon sur le haut des courbes.




Voilà la Poste au temps de sa gracilité. On note que le photographe a pris un peu de hauteur depuis les appartements en face. Il va ainsi chercher Notre-Dame au bout de la courbe. C'est malin. Cela permet aussi de bien comprendre le rôle urbain de ce morceau d'architecture séparant le balnéaire à gauche de la ville à droite. 




Jour Nuit sur le casino disparu. Massacre patrimonial organisé par Monsieur Jean-Noël de Lipkowski maire alors de Royan. Une faute très grave, très très grave de ce monsieur qui restera dans l'histoire surtout comme le destructeur d'un des plus beaux morceaux de sa ville. On a la postérité qu'on peut Monsieur de Lipkowski.
Le jour c'est une édition Théojac, la nuit c'est une édition du célèbre Monsieur Chatagneau. Où sont vos archives Monsieur Chatagneau ?

Pour finir avec une note optimiste :



mardi 23 juin 2020

Un cliché électronique, un poème argentique : Le Corbusier, Lestrade.

Je reçois, je diffuse :

" On sait que la famille Lestrade se rendit à Bruxelles pour son exposition internationale de 1958 et que Jean-Michel Lestrade travailla avec Guillaume Gillet sur le Pavillon français. Dans les archives Lestrade, dans le nécessaire rangement de celles-ci, arrivent parfois de manière incohérente des documents ou traces de cette présence. On sait que Jean-Michel Lestrade gardait tout, tout ce qui lui semblait intéressant d'un point de vue technique ou structurel pour l'architecture : cartes postales, coupures de presse, revues, courriers à des confrères et archives personnelles du travail.
Voici un document trouvé par hasard hier, mal rangé, dans le fatras d'un carton humide. (nous en verrons d'autres).
Cette photographie grand format ne donne aucune autre information que son image. On note un bien piètre tirage, aux taches  nombreuses venant d'un fixage raté. La photographie dégage d'ailleurs, étrangement, encore cette odeur acide si particulière des tirages argentiques. On y voit bien entendu le Pavillon Philips, œuvre de Le Corbusier et de Xenakis, œuvre étrange dont il est aisé de trouver partout la genèse compliquée tout comme l'attribution d'ailleurs. On sait aussi l'incroyable travail d'ingénierie qui fut nécessaire à sa construction. Le cliché montre un premier plan encombré de rouleaux de grillages, d'ouvriers s'affairant autour de bétonnières. Pourtant, il semble bien que le Pavillon Philips soit achevé et que donc ces travaux ne le concernent pas. La personne qui a donc fait ce cliché avait donc l'autorisation d'arpenter l'Exposition avant même la fin des travaux. Un journaliste ? Un architecte ? Un ingénieur ? Et comment et par qui cette photographie est arrivée dans les archives de Jean-Michel Lestrade ? L'a-t-il rapportée directement de Bruxelles lors d'une de ses visites ? Est-il lui-même l'auteur de cette photographie et de son tirage amateur ? Cela est peu probable. Ce tirage a donc surtout une valeur de repère pour le travail de l'ingénieur. Il prouve son intérêt pour les objets complexes à traduire, pour aussi l'œuvre de Le Corbusier bien entendu. Même si l'ingénieur était plus souvent axé sur le travail du béton armé, il ne fait aucun doute que sa collaboration à quelques mètres de là, sur le Pavillon de Gillet, démontre aussi son intérêt pour le métal et sur le calcul des surfaces gauches. Ici, le Pavillon Philips est la preuve pour lui que l'onirisme formel et l'inventivité des formes nécessitent bien l'appui de la raison, celle qui construit les rêves. Les mathématiques sont alors bien celles qui permettent au réel de monter dans le ciel."
Walid Riplet, Jean-Jean Lestrade.

Merci messieurs, je me permets d'ajouter :
pour revoir Lestrade à Bruxelles 
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/02/royan-les-bruxelles.html 
pour revoir les archives et l'histoire de Jean-Michel Lestrade 
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=lestrade
pour revoir le Pavillon Philips à Bruxelles 58 
http://archipostcard.blogspot.com/2010/11/le-corbusier-dark-vador-et-xenakis.html 
pour revoir Xénakis
https://archipostcard.blogspot.com/search?q=xenakis
pour revoir Bruxelles moderne
https://archipostcard.blogspot.com/search?q=bruxelles 
pour revoir Guillaume Gillet à Bruxelles
http://archipostalecarte.blogspot.com/2013/03/larchitecte-est-sur-le-toit.html

dimanche 15 septembre 2019

Mes étudiants m'aiment, que voulez-vous...

Je reçois un courrier de l'un de mes étudiants : Bastien Bilheux.

Sans doute pour me remercier, sans doute aussi pour tenir le fil un peu trop distendu des vacances et maintenir avec moi le débat des images, il me fait donc un envoi.
Chacun à sa manière, il me touche. Il le sait. La bise.

Dans une enveloppe, je reçois une série un rien disparate de cartes postales, cette fois, toutes choisies par l'œil éduqué de Bastien Bilheux.
Est jointe une lettre m'expliquant ses choix et ses promenades sur les vide-greniers dont il aime photographier les gens de sa classe sociale, dont il aime représenter leur monde.
Je vous donne tout en vrac, comme cela arrive !
On notera que Bastien ne se trompe pas dans ses choix et même qu'il trouve quelques raretés... Merci Bastien.

Hôtel Okura à Amsterdam par Jos-Pé à Arnhem. Pas de nom d'architecte ni de photographe :





































Musée mémorial de la Bataille de Normandie à Bayeux. Très très beau bâtiment de Jacques Millet son architecte. On trouve un petit mais bel article ici :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/calvados/caen/memorial-caen-30-ans-son-architecte-jacques-millet-nous-raconte-sa-naissance-1488615.html



Super-Lioran dont nous avons déjà évoqué la richesse architecturale. Cette carte en multi-vues est une édition Bos qui ne nomme pas l'architecte... Allez ici : https://archipostalecarte.blogspot.com/2012/12/super-super-lioran.html
Bastien nous indique dans son courrier l'envie de s'y rendre. Vas-y mon gars ! Et raconte-nous !




Et Royan ?
Cette carte en multi-vues est une édition Artaud. On y retrouve bien l'essentiel des monuments de Royan qui est la plus belle ville du monde.



Et si de l'église Notre-Dame de Royan par Guillaume Gillet on filait vers Caen et la Guérinière et son château d'eau du même architecte ? La carte postale est une édition Emy qui nous montre les charmes modernes de ce quartier de Caen, ville, elle aussi magnifiquement reconstruite comme Royan. On notera que l'église du Sacré-Cœur et le château d'eau sont maintenant inscrits aux Monuments Historiques. Ouf...




Une autre de Caen ? Toujours la Guérinière dans une très très belle carte postale du quartier avec les immeubles et au fond le somptueux château d'eau de Guillaume Gillet. Cette une très belle carte des éditions Artaud en Bromocolor expédiée en 1969 ! On admire les très belles façades de l'architecte G. Pison.



Encore Caen ? Et comment !
Quoi de plus beau, de plus réussi que l'église Saint-Julien par Henry Bernard ? Cette carte postale Artaud rend parfaitement hommage à la spiritualité de lumière inventée ici par l'architecte. Je rêve de le voir cet intérieur mais l'église est toujours fermée lorsque je m'y rends... Je me noie donc dans cette magnifique carte postale.
https://archipostcard.blogspot.com/2009/08/henri-bernard-julien.html



Et la Mer ? au Sud ?
On finira notre promenade à la Grande Motte avec cette carte postale seins nus et rocher dont la photographie est de Pervenchon pour les éditions de la Palette !





jeudi 30 mai 2019

Royan jour férié

Dans deux cageots à légumes sont rangées approximativement 1000 cartes postales que je regarde une à une.
C'est jour férié. C'est donc vide-greniers à Pont-de-L'Arche.
Je m'amuse toujours autant à retrouver la plus belle Ville du Monde perdue ici en Normandie.
Voici donc une petite sélection de cartes postales de Royan achetées ce matin.
Rien de rare ou d'exceptionnel mais, que voulez-vous, le bonheur est parfois simple.
D'abord une vue ancienne où le Front de Mer est encore beau, dégagé de toutes les merdes de pergolas et auvents des mauvais restaurateurs à touristes.
Qui aura le courage de nettoyer tout ça ?


On note sur cette édition de l'Europe que le Casino ne semble pas construit et que son terrain est encore en friche.
Un Royan encore tout neuf, la carte postale fut expédiée en 1958.
Autre vue du Front de Mer :


L'éditeur, la maison de la Presse de Royan, tente ici d'allier bord de mer, bateaux et Architecture contemporaine. Notre-Dame tente aussi de se montrer et affirme sa silhouette comme posée sur la ligne de ce Front de Mer. Cette fois le Casino est construit, il se perd un peu dans le paysage urbain. L'image est curieusement striée de lignes floues qui ne sont que des cordages d'un bateau au premier plan. La carte fut expédiée en 1965 mais me semble bien plus vieille...
Et la belle géante :


Cette belle édition Lumicap nous montre Notre-Dame de Royan dans toute sa splendeur. L'éditeur nomme bien Guillaume Gillet comme architecte au dos de sa carte postale. Bien entendu, pour moi, l'une des plus belles églises de tous les temps.
Un peu de hauteur grâce à cette édition As pour Artaud :


Le mérite de ce genre de cartes c'est de nous montrer le plan d'urbanisme en plus du beau marché qui n'est attribué comme architecte qu'à Monsieur Ursault !
C'est le quartier dont je rêve à Royan. Si vous avez un plan pour y vivre, je suis preneur. C'est aussi, en bas à droite, le quartier où ma mère est née avant guerre comme on dit.
Une carte en multi-vues :


Ah les joies du graphisme des années 60 !
La mer, la plage et... l'Architecture contemporaine réunies en une seule carte postale par les éditions Combier ! Comme c'est judicieux de nous donner à voir ensemble toutes ces merveilles ! Et surtout notre beau Casino détruit mais qui sera reconstruit bientôt à l'identique si on en croit la rumeur croissante et le soutien financier de LVMH. 2024 ?
La carte fut expédiée en 1965.
Et encore une beauté simple :





































Trois étages pour nous faire vivre les joies du balnéaire à Royan !
Le bonheur c'est simple. Alors, en cet après-midi pluvieux en Normandie, si vous vous baignez aujourd'hui, ayez une petite pensée lointaine pour un exilé du cœur.
Bien à vous.
Bons baisers de Royan.


vendredi 8 juin 2018

1023 endormis au moins

Il ne fait aucun doute que certaines représentations de l'architecture font l'architecture. Sans doute que cadrée, condensée, nettoyée et isolée la construction représentée prend une force que son analyse ou sa visite pourrait contrarier voire contredire.
En voici un exemple :


Quand cette carte postale m'est tombée dans les mains, le spectaculaire était bien au rendez-vous ! Comment ne pas jubiler d'une telle densité urbaine fortement cadrée et retenue que l'image accentue certes mais aussi ne fait que révéler finalement. Regardez le traitement du triangle flou et gris en bas à droite de l'image...
Car le piéton (et donc le photographe ?) pour bien saisir depuis le trottoir le travail de Monsieur René Coulon, l'architecte de cet hôtel Méridien à Paris n'a que deux solutions : soit pénétrer le bâtiment, soit, effectivement, prendre de l'altitude, tant l'insertion dans l'îlot est insaisissable depuis la rue ! Ici, l'exploit de cet hôtel est bien la manière dont il se glisse entre les trois rues, laissant du bâti ancien à sa place, créant ainsi dans l'îlot des passages et même des vides dont il doit être bien spectaculaire de pouvoir les arpenter ! 1023 chambres ! 1023 resserrées ainsi, rassemblées !



La jubilation de l'image vient bien de la révélation de cette forme cachée aux yeux du piéton qui lui, ne peut percevoir qu'une immense façade linéaire sur le boulevard Gouvion Saint-Cyr ou identique mais courbée sur une autre rue, la rue Waldeck Rousseau. Comment diable les deux sont reliées ? C'est ce que montre cette carte postale des éditions Guy expédiée en 1981. Il ne fait aucun doute que cette carte postale est une édition vendue sur place pour ses clients. D'ailleurs le correspondant nous le dit, il écrit depuis sa chambre en face du Palais des Congrès de Monsieur Guillaume Gillet. L'hôtel Méridien étant un hôtel d'affaires, la proximité avec ce Palais des Congrès est sa raison d'être. L'éditeur nous raconte aussi que l'hôtel Méridien possède donc 1023 chambres insonorisées et climatisées, avec télévision, radio, bar, téléphone. Il y a aussi deux restaurants et une galerie marchande, pas moins de 10 salles de réunion de 30 à 100 places...Ouf...Et Monsieur Coulon, l'architecte est bien nommé.
Que penser d'une telle architecture dont l'essentiel tiendra dans l'exploit de densifier au maximum le programme sur son îlot tout en permettant tout de même d'inventer quelques chances spatiales, quelques moments architecturaux pour que la lumière entre dans le bloc, pour que l'hôtel soit aussi un moment architectural intéressant ? N'oublions pas que ce type d'hôtel doit aussi se présenter comme un événement en soi où les services sont multiples et efficaces. René Coulon a donc décidé de faire deux barres sur l'alignement des rues, alignement sans doute obligatoire dans le règlement urbain puis de poser au centre une sorte de tour triangulaire trilobée venant réunir les deux barres, tour ouverte qui fera patio et qui viendra se déformer sur la courbe de la rue Waldeck Rousseau et du Boulevard Pereire. L'ensemble reste tenu par une grille de façade identique partout, indifférente aux événements spatiaux, donnant l'unité et peut-être un peu d'ennui ou d'austérité sérieuse affirmant le caractère de travail de cet hôtel. On n'est pas là pour rigoler ! Le blanc associé à ce brun chaud finissent de donner à cet hôtel ce charme suranné des grosses machines pompidoliennes auquel répond parfaitement Gillet et son Palais des Congrès ou le beau mur-rideau aux verres cuivrés de l'immeuble Maillot 2000 de J.C Daufresne, architecte et que l'on voit d'ailleurs aussi sur la carte postale.
Voilà un morceau de ville parfait pour les nostalgiques Vintage voulant passer à Paris une nuitée sentant bon Eau Sauvage et le cuir des Citroën DS Pallas.
Éric Lapierre dans son merveilleux guide nous indique que l'hôtel date de 1966 (ce qui me semble bien tôt) et évoque, pour sa façade une grande tenture tendue...Oui, c'est bien vu !
Nous retrouverons sans doute Monsieur René Coulon pour d'autres architectures. Il est d'ailleurs très présent en Normandie.
Dans un numéro de l'Architecture d'Aujourd'hui de 1972 (voilà) on trouve un tout petit encart nous montrant un dessin et une photographie d'une chambre. Le dessin nous permet de bien lire la forme générale de l'hôtel car il le dépouille en quelque sorte de sa gangue du Paris ancien. Un peu de clarté, ça fait du bien !