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lundi 28 mai 2018

Nanterre, the First International Ruin Porn Park for Ruins Photography

Dernière minute, le 29 juin 2018 :
une pétition vient d'être lancée pour la sauvegarde de ce chef-d'œuvre !
Si vous aimez ce blog, vous ne devez pas vous poser de question et vous allez signer cette pétition.
MAINTENANT !
MERCI !
Que nos belle architectures ne deviennent pas que des images mais aussi restent des lieux dans le réel de nos vies !
https://www.change.org/p/sauvons-le-foyer-maurice-ravel-et-son-auditorium

 

Je reçois du Comité de Vigilance Brutaliste, je diffuse :

En fait, la ville de Nanterre est en train d'inventer un nouveau type de tourisme en s'appuyant sur le succès de Detroit et de son écroulement économique. On sait comment cette ville américaine est devenue the place to be pour tous les artistes en mal d'utopies inachevées, d'industrialisation stoppée, d'abandons esthétisés. Les safaris photos sur le monde capitaliste épuisé n'en finissent plus et il est de bon ton pour un photographe contemporain d'être allé en pèlerinage à Detroit voir à quoi pourrait ressembler notre monde si, par hasard, la crise pouvait s'étendre. On peut facilement croire que Nanterre et ses conseillers en communications et ses élus à la Culture ont compris l'intérêt économique de ce genre de tourisme qui vient là voir la disparition des utopies. Nanterre a donc inventé le premier International Ruin Porn Park avec trois visites superbes : L'école d'architecture de Nanterre, les Tours-Nuages de Aillaud et on finit la promenade depuis peu par le Foyer Maurice Ravel, dernier chef-d'œuvre ajouté à la liste, dans un état d'abandon qui se rapproche malheureusement de jour en jour de celui de l'école d'architecture... Il faut le dire de suite, à Nanterre, la ville a surtout orienté ses ruines vers les constructions culturelles afin de donner une puissance toute particulière à son renoncement politique et historique. L'ensemble est cohérent puisque ce foyer Maurice Ravel est du même architecte que l'école d'architecture : Jacques Kalisz ! Il y a donc bien dans la politique culturelle de la ruine une cohérence de la part de la ville de Nanterre. Le CVB vous conseille donc de vous dépêcher d'aller prendre vos tickets auprès de la Mairie pour la visite de ce Ruin Porn Tour, car, vu la vitesse de la dégradation de ses monuments et l'inaction instrumentalisée, il se pourrait bien que the First International Ruin Porn Park ferme plus tôt que prévu, il ne restera bientôt plus rien à voir. On notera qu'une fois encore, nous sommes en région Île-de-France, ce qui laisse rêveur sur l'avenir de ce patrimoine...
Vous pouvez aussi lire cet article :
https://www.lemoniteur.fr/articles/le-foyer-maurice-ravel-menace-de-demolition-35439392 

Le Comité de Vigilance Brutaliste


Pour ma part, en 2010, j'avais écrit ça sur le foyer Maurice Ravel, je ne peux pas ajouter grand chose :
Il s'agit du Foyer Maurice Ravel à Nanterre.
Tout est pour moi.
L'architecture au comble de sa jubilation modulaire, de sa structure affichée, de son béton sensible.
Jeux sobres d'une forme qui se décline dans la conscience d'un plan et surtout d'une fonction, confusion visuelle libératrice et ludique qui démontre le plaisir d'un jeu savant d'une forme sous le soleil...
Un vrai lieu.
Regardons ce beau cliché pour Lyna éditeur dont le photographe est notre célèbre J.E. Pinet, photographe de cartes postales pour Abeille-Cartes. Monsieur Pinet se place un peu sur le talus, sur l'herbe pour que le foyer Maurice Ravel semble surgir au détour du chemin, laissant déborder les Tours de la Défense au loin. La carte est datée de 1968 et par le correspondant de mars 1982 !On notera que l'éditeur nomme l'ensemble Foyer Maurice Ravel-École de Musique sans nommer Jacques Kalisz son architecte.





mercredi 22 mars 2017

Menace sur Nanterre !

Si on appelle Ville un ensemble urbain articulant dans ses rues, ses constructions, ses espaces, le collage de son histoire, où chaque architecture et chaque vide sont signifiants de cette histoire commune et d'une urbanité, alors la ville de Nanterre est simplement en train de fondre.
Cette ville dont l'histoire architecturale récente est l'une des plus représentative de ce que fut le XXème siècle est en train d'éradiquer son héritage d'une architecture sociale et populaire, progressiste et utopiste.
On sait comment la pourriture a déjà gagné sur l'école d'architecture de Jacques Kalisz littéralement abandonnée par les Ministères de la Culture successifs et par les autorités locales qui possèdent ici l'un des chef-d'œuvres de l'architecture métallique du siècle passé, architecture symbolique aussi de certains combats pédagogiques. Parfaite leçon de ce que l'on veut que devienne cette pensée et de comment on en discute la place dans notre histoire de l'urbanisme et du vivre ensemble aujourd'hui...
Voilà que l'un des plus emblématiques ensembles de logements sociaux de France, sans doute l'une de ses icônes, l'une de celles qui ont fait image autant qu'architecture est maintenant menacée par une "réhabilitation thermique". On sait ce que ce mot contient de violence vis-à-vis de l'architecture contemporaine et moderne, les dossiers sont maintenant nombreux de cette excuse pathétique et démagogique pour effacer cet héritage. Car la "réhabilitation thermique" est bien une violence qui met hors de son champ la nécessaire exceptionnalité du Patrimoine Moderne. En effet, si l'histoire de l'architecture et sa préservation doivent passer par la mise en lumière des qualités des constructions et leurs particularités (toutes leurs particularités) il va de soi que cela doit s'appliquer à l'église baroque comme à la tour de logements sociaux. Il ne doit y avoir dans la préservation aucune hiérarchie ni d'époque, ni de programme et encore moins de mode constructif. Il faut pour faire une histoire accepter l'héritage dans son entier car que l'on touche à la poignée de porte ou à la structure c'est bien à l'ensemble de la pensée que l'on touche.
Les Tours de Émile Aillaud ne doivent pas être épaissies. Elles ne doivent pas être redessinées, ou voir leurs ouvertures transformées, et en aucun cas, ce qui fonde leur présence, c'est à dire le travail de couleur et de matière réalisé par Fabio Rieti avec la complicité de l'architecte ne doit être détruit sous le faux nom de réinterprétation. Car aucune raison scientifique, historique ou même, j'ose, poétique, ne peuvent justifier une modification qui troublera cet héritage qui n'est pas qu'un décor urbain ou une lubie d'une époque mais bel et bien une œuvre au sens le plus précis comme, oui, Versailles, Ronchamp ou Le Havre de Perret. À ce titre, elle a des droits et ses créateurs aussi !
L'abandon de l'une des plus petites particularités de cette architecture sera une lâcheté de notre génération, un abandon de l'histoire à des marchands de produits isolants.
On voit aussi comment il est question de rhabiller les Tours dans un nouvel écrin qui sera sans doute plus digne d'accueillir une gentrification que des logements sociaux. Autrement dit, on s'accorde le droit à une réhabilitation seulement si une partie de celle-ci se fait au détriment des logements. Il s'agit bien d'une politique déguisée d'enjolivement pour redorer sans doute un peu l'image de cette architecture et du quartier. Faire place nette avec la complicité des lois écologiques et des pseudo-artistes et architectes qui viendront y mettre leur touche...Ils sont déjà sur place.
Nous nous devons de faire passer cette histoire, nous nous devons de faire tenir debout, face au monde, face aux yeux ce qui, défaut thermique ou pas, est signifiant de l'histoire de l'architecture.
Il est grand temps que l'état d'exceptionnalité du Patrimoine Moderne soit immédiatement mis en œuvre par une politique vive et puissante de tous les responsables de la Culture et du Patrimoine.
Assez de ce Label Patrimoine du Vingtième Siècle bafoué, inutile, et faussement défenseur derrière lequel les autorités du Patrimoine se retranchent pour faire croire à leur action !
Assez de cette politique écolo-gentrificatrice faussement de gauche qui pollue à coup de polystyrène expansé nos architectures et les vident des habitants !
On en voit maintenant clairement la réalité politique, sa transparence pragmatique, son dévoiement démagogique.
Nanterre  enterre son Patrimoine.
Nous sommes, et soyez-le avec moi,  face à cet héritage architectural, face à cette histoire, tous des citoyens de Nanterre.
Stoppons immédiatement cette attaque ! Ça suffit ! 
Artistes, architectes, ne soyez pas complices de cette fausse réhabilitation qui n'est rien d'autre qu'une éradication en règle d'une œuvre d'art et d'architecture.
Soyons pour une restauration précise, au plus près de l'histoire.
Agissez ! Agissons !
Écrivez aux bailleurs, pétitionnez,  écrivez au Maire, à Madame la Ministre de la Culture,  à vos députés, à la D.R.A.C Il-de-France, faites de l'agit-prop sur les réseaux sociaux, enseignez ce cas à vos étudiant(e)s, faites des articles sur vos blogs, dans vos journaux ! Adhérez à des associations de défense du Patrimoine, inventez-en ! Laissez des commentaires ici :
http://www.batiactu.com/edito/un-concours-rehabiliter-tours-nuages-classees-patrimoine-48282.php
Demandez aux candidats à l'élection à venir ce qu'ils comptent faire et surtout faites le bilan de ce qui a été fait depuis cinq ans pour notre Patrimoine Moderne par pas moins de trois Ministres de la Culture.
MAINTENANT !

Pour revoir tous les articles sur Émile Aillaud :
http://archipostcard.blogspot.fr/search/label/Emile%20Aillaud 
ou
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search/label/Emile%20Aillaud

Ceux sur Fabio Rieti :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search?q=rieti
http://archipostcard.blogspot.fr/search?q=rieti

Et ceux sur Nanterre :
http://archipostcard.blogspot.fr/search?q=nanterre
ou
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search?q=nanterre

Pour faire comme il se doit sur ce blog dédié à l'architecture et à sa représentation en cartes postales et pour affirmer une fois encore qu'il n'y est pas que question d'images Vintage sans source, sans photographe, sans architecte...Voici deux cartes postales des Tours d'Émile Aillaud à Nanterre.
On commence ?



L'éditeur Lyna pour Abeilles-Cartes a donc envoyée Rolf Walter en reportage. On connait bien ce photographe sur ce blog et nous aimerions, je le redis, en savoir davantage sur lui.
ici, il cadre un premier plan fleuri au bout d'un jardin. Le petit bananier tente de rivaliser avec les Tours de Aillaud. On a donc un premier plan de verdure, une ligne de constructions et un ciel étendu et étal. Une carte postale donc mais qui a le mérite de mettre en évidence la multitude du bâti et comment les couleurs de Fabio Rieti joue avec le ciel.
Une autre :



Cette fois c'est J.N. Duchâteau qui fait le cliché. Là également on connait bien ce nom ! Il travaille pour Raymon et place les Tours de Aillaud très loin en choisissant le plan d'eau comme élément naturel pour faire un premier plan très bleu qui viendra à son tour jouer avec la ligne de constructions et le ciel. L'église tout juste dans le cadre signifiera la jonction entre la ville moderne et l'héritage historique. Il s'agit du Parc départemental Malraux. On notera la Cité Lénine à gauche du cadre.

dimanche 15 mars 2015

Expédition sur place recommandée

Je suis heureux.
En voici les raisons :
La première c'est que je reçois un ensemble de cartes postales expédiées par Sylvain Bonniol, photographe.
La seconde, c'est que cet ensemble de cartes postales porte le titre Expédition sur place recommandée et que ce titre dit bien à lui seul ce que Sylvain Bonniol porte comme vision de l'architecture, mettant le lieu en avant, son expérience au centre de son regard. C'est sur place que la photographie se construit, dans l'expérience du réel et non, dans un transcription froide et perdue d'un discours sur le monde tenant dans une page du Reader's Digest de la pensée des images.
Sylvain Bonniol aime l'architecture. Je veux dire qu'il en subit joyeusement les sensations, ne se prive d'aucune démesure, plaque et construit son image avec elle, la découpe non dans une distance ironique ou désabusée mais j'oserai dire, en quelque sorte, il se la prend dans la gueule. Je l'ai vu au travail. Je l'ai vu tourner autour et pousser des cris et faire l'acrobate. Non pas pour un cadrage ultra-original en penchant sans cesse les diagonales comme ceux qui ont mal appris la leçon de Lucien Hervé, ou l'air de rien comme ceux qui ont mal appris la leçon de Walker Evans, ou encore dans une objectivité distanciée comme ceux qui ont mal appris la leçon des Becher. Non Sylvain Bonniol est un constructeur.
Troisième raison : le choix des constructions et des architectures de Sylvain Bonniol est un choix simple, celui d'un promeneur, d'un amoureux, d'un voyageur qui va à côté de chez lui, à Rome ou à Tunis. Il n'invente pas une série qu'il applique à l'envi en faisant semblant de tenir là une originalité (suivez mon regard), il ne se prive de rien, d'aucun lieu tant que son expérience est forte, tant que la relation qu'il entretient sert son propos et rend hommage à ses sensations spatiales. Pas d'épuisement ici d'une typologie. On voit (du verbe voir, pas du verbe croire), on voit les bâtiments de Perret, Gillet ou encore beaucoup plus rares, ceux de l'architecte Marconnet !
Car, à la différence de cette photographie qui éteint des icônes, Sylvain Bonniol invente des lieux inconnus et oubliés non pour faire semblant de posséder ces lieux mais pour les partager. La photographie le permet, il partage.
Et quand on a la chance d'être avec lui sur le toit de l'église de Royan, il ne vous demande rien. Il fait ce qu'il a à faire, ne vidant pas son image des corps, ni des ombres ni des présences. Il aime ceux qui sont là dans cet espace avec lui, les laissant donner l'échelle comme il aime lorsqu'il photographie les entreprises, cadrer ceux qui travaillent dans les lieux qu'il traverse.
Et c'est aussi quelqu'un qui connaît son outil, ne s'en méfie que quand c'est nécessaire. C'est un photographe, voyez-vous, pas un faiseur d'images.
Alors plongeons-nous dans cette superbe série que le Comité de Vigilance Brutaliste a l'honneur de partager avec son auteur. C'est une chance. N'ayez pas peur, régalez-vous de ce que vous donne votre regard, il n'y a pas là de piège. Il s'agit de représentation, d'une main tendue qui vous dit : "regarde".
Vous retrouverez au dos des cartes postales toutes les informations sur les architectures et leur architecte, pas de mystère typologique. Sylvain Bonniol sait à qui il doit ses espaces !
L'édition de cette série est faite par la Galerie RDV, le Musée de l'Imprimerie de Nantes (superbe travail éditorial). Le Comité de Vigilance Brutaliste approuve (et remercie).
Je suis heureux. Je vous l'ai déjà dit ?

Pour en savoir plus sur le travail de Sylvain Bonniol, attention ! La visite est addictive !

On y va !
Pantin, ancienne Cité administrative, 1965.

Bordeaux, quartier Mériadeck, résidence Charles de Gaulle, 1978.
Francisque Perrier, architecte :

Nantes, la Chapelle de l'Hôtel-Dieu, 1964.
Michel Roux-Spitz, Jean Roux-Spitz, Pierre Joessel, Yves Liberge, architectes :

Donges, église Saint-Martin, 1957.
Jean et Charles Dorian, architectes :

Rome, Palazzetto dello Sport, 1957.
Annibal Vitellozzi, architecte.
Pier Luigi Nervi, ingénieur :

Tours, Petites Soeurs des Pauvres, Chapelle de la maison de retraite, 1972.
Jean Marconnet, architecte :

Tours, Chapelle des Frères Mineurs, 1930.

Royan , église Notre-Dame, 1958.
Guillaume Gillet, architecte :


Le Havre, église St-Joseph, 1957.
Auguste Perret, architecte :



Tunis, Hôtel du Lac, 1973.
Raffaele Contigiani, architecte :

Raffaele Contigiani, architecte :


André Devorsine, architecte.
Marcel André, ingénieur :

samedi 19 janvier 2013

Ne pas tomber dans le panneau

D'abord je suis tombé dans les panneaux de la piscine de Corbie (Somme) :



Mais combien de temps encore les cartes postales vont nous réserver les surprises d'une architecture française moderne, belle et pourtant peu connue comme cette piscine de Corbie?
Avez-vous vu la qualité de cet ensemble, comment le principe constructif clair et limpide donne à cet objet une élégance franche ?
Un réseau de poutres métalliques qui se croisent à angles droits et sont en quelque sorte la fondation de cette piscine et comme pour celle d'Aubervilliers de l'A.U.A le principe est de libérer l'espace nécessaire au bassin. La toile d'araignée métallique va donc porter par le haut les séparations et la façade. On n'aura qu'à remplir...Dernière minute (2025) : l'architecte de cette piscine serait Michel Cornuèjols.



Et c'est bien là aussi une question que je me pose. Les panneaux de cette façade sont d'une grande beauté. Qui a pu dessiner cette piscine et les panneaux qui la composent ?
Puis voici le refuge des Evettes en Haute Maurienne :



La carte postale Edy nous donne plein d'informations sur les montagnes qui entourent le refuge mais bien peu sur le refuge lui-même.
Vous me direz que d'ici on pourrait bien être devant une sorte de préfab au toit plat sans grand intérêt. On remarque un soubassement en pierre et on s'étonne du choix d'un toit plat pour un objet aussi exposé à la neige et à son poids ! Il y a sans aucun doute une raison technique qui justifie ce choix. Ce refuge aurait la particularité également d'être réalisé, pour sa façade, par des panneaux Matra de Jean Prouvé.



Est-ce que cela suffit pour faire architecture ? La modularité et la légèreté des panneaux ont sans doute autorisé un montage simple et rapide dans ce milieu inaccessible.
Mais si on s'amuse avec les mots et si on tire un rien le fil de l'histoire :



Cette collaboration de Jean Prouvé avec Matra est-elle visible dans cette Renault Espace dont Matra est le metteur au point et l'inventeur du concept ?
Car si le constructeur automobile en cherchant également des principes de moulage et de légèreté a suivi les conseils de l'ingénieur Prouvé on pourrait affirmer que la forme architecturale de cette automobile doit beaucoup à ce dernier. La révolution du monospace (sans doute la dernière en terme de carrosserie) fut possible par ce type de fabrication : modularité de l'espace interne, solidité de la carrosserie, souplesse de son usage, poids limité, grande accessibilité. Tout cela ne vous rappelle rien ?...
Mais bien évidemment on ne peut que s'amuser de ce rapprochement et ne rien en déduire de sérieux. Et si encore tout cela est possible à penser avec un monospace Renault Espace de grande série, celle du Pape devait être bien plus lourde que celle de série. Pas de doute que le travail du métal ici doit ressembler par son blindage bien plus à un coffre-fort qu'à celui de la Maison Tropicale !
La carte postale est une édition du Musée Automobile de la Ville de Lyon.

mercredi 5 décembre 2012

Aillaud, Kalisz en vue(s)

Retrouvons des lieux et des architectes que nous aimons dans un paysage qui fabriqua des cartes postales superbes.
On commence fort :



Les éditions Raymon nous montrent le Parc des Hauts-de-Seine à Nanterre dont l'horizon est habité par des merveilles que nous aimons ! D'abord la très belle mais toujours très menacée école d'architecture de Jacques Kalisz à gauche puis au-dessus, l'une de ses belles barres polychromes. Enfin on admire aussi les Tours de Emile Aillaud dont la polychromie là également se joue du ciel, du jardin mais aussi des constructions de Jacques Kalisz ! Les deux architectes ont-ils travaillé ensemble pour un accord si parfait des couleurs ?



Toujours à Nanterre, toujours superbe :



Quelle carte postale ! Et c'est normal car on doit ce cliché à J. E. Pinet pour les éditions Abeille-cartes. D'ici, la polychromie et les formes pourraient par valeur d'image propulser les Tours d'Aillaud dans des univers bien différents du logement social : camouflage militaire, silos à grain... mais loin de nous déplaire ces rapprochements nous séduisent ! Un paysage absolument inouï en France. une vraie chance patrimoniale. Et on retrouve encore la barre de Jacques Kalisz dans l'image :



Puis Pantin :



Encore un beau cliché du photographe J. E. Pinet ! Mr Pinet appelez-moi !
Nous sommes depuis une tour en train de viser les Courtillières de Mr Aillaud. Mais Mr Pinet n'est pas fou et vise aussi la tour du magazine L'Illustration dont il faudra aussi un jour faire un article.



Voyez déjà la couverture du numéro dudit illustré daté de 1933 !



La carte postale nous réserve au verso deux tampons dont une oblitération de la Maison de la Radio et une de la poste de Bobigny : "Bobigny une ville pour vivre mieux."



Mais nous regarderons aussi la crèche de Mr Aillaud perdue un peu dans le vert. Nous retrouvons donc plus lisible cette construction dans le guide d'architecture contemporaine en France de Mr Amouroux et comme toujours cela sonne juste. Mais avant mon œil glisse sur les traces de rouille sur le bord des fenêtres que la signature de l'éditeur Lyna vient comme révéler. Une poésie sans doute :