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mercredi 25 février 2026

Une Tournesol et des omoplates


 Tiens...Allez...On ne va pas s'en priver...
Et ce qui vous étonnera tout comme moi, ce n'est pas tant de découvrir une nouvelle piscine Tournesol que de savoir où elle fut construite. Car, pour une fois, elle n'est pas sur le territoire national mais...au Luxembourg !


Et il semble qu'elle soit encore debout, voir même en excellent état si on en croit Google Map ! Ouf !
Celle-ci nous est montrée en pleine action, ouverte, avec les baigneurs et les baigneuses dans le bassin et les familles et les adolescents sur la pelouse qui sert de plage. On se baigne puis on revient se sécher au soleil du Luxembourg sur un gazon tout propre, comme un tapis.
Que pourrions-nous ajouter de plus à cette piscine et à notre joie ? Que j'aime toujours autant voir les omoplates se déployer comme des ailes dans les dos ? Que les plaisirs simples de la baignade sont partout partagés ? Que donc, la piscine Tournesol fut exportée ailleurs qu'en France ? Qui nous trouvera des piscines Tournesol en Belgique, en Hollande, au Portugal ou bien ailleurs ? Combien d'entre elles furent ainsi exportées ? Difficile de le dire.
Cette carte postale est une édition Publivano Design et la carte, au vu de son timbre, fut expédiée vers 1994. Ce qui est tardif pour une piscine Tournesol, preuve que celle-ci était encore une chose intéressante à partager.


Et comme vous êtes bien courageux d'être venus ici, je ne vais pas vous laisser repartir sans deux autres belles raisons de se réjouir de l'eau chaude, de la natation et de la belle architecture. On commencera par une autre vieille amie, la piscine de Saint-Germain-en-Laye que nous connaissons bien sur ce blog et depuis longtemps. Ici la carte postale est une édition Leconte qui donne beaucoup de place au parking et pose le dôme de la piscine comme une soucoupe volante dans un jardin. On peut donc voir le beau travail d'insertion de la piscine dans un paysage et des dénivelés très travaillés.
Notre guide favori, celui du regretté Dominique Amouroux, nous indique Monsieur Blanchet comme architecte en 1968.



Et à Alençon, tous les garçons sont à la piscine tentant de faire le saut depuis le plongeoir sous les ordres attentifs et certainement aussi dirigistes du photographe si on en croit les jeux de regards des adolescents vers celui-ci. Sans doute que le photographe était désireux d'avoir sur son cliché le corps suspendu dans le vide d'un jeune plongeur pour animer cette belle vue d'une piscine dessinée par Messieurs Sylvano et Maillard, architectes. On voit plus les bassins que la construction mais ça reste un beau moment de joie collective. On notera que si Alençon possède rien moins que cinq (!) entrées dans son guide, l'ami Dominique a oublié de nous y parler de cette piscine. On lui pardonne volontiers.
Peut-être la reverrons-nous d'une autre manière.

Pour revoir la piscine de Saint-Germain-en-Laye et d'autres pépites (en 2010 !) :
Pour revoir l'autre modèle de piscine de Maillard, architecte, je vous conseille cet article :





mercredi 21 janvier 2026

Peux pas...j'ai piscine caneton, tournesol etc...

 


Puisque j'ai commencé, il faut bien que je continue. Certainement aussi pour maintenir l'intérêt iconique de ces deux architectures devenues depuis peu des incontournables des amateurs d'architecture moderne.

Faire un inventaire.

Pas une semaine sans que la piscine Tournesol ne fasse quelque part l'objet d'une vénération Vintage larmoyante sur sa future disparition ou d'une déclaration émouvante face aux souvenirs d'enfance. En passe de devenir comme le stylo Bic, la 2cv, le verre Gigogne Duralex ou le Solex, un objet d'attendrissement populaire, la Piscine Tournesol aura donc mis beaucoup de temps (trop de temps...) pour devenir du Patrimoine. Nous nous sommes déjà expliqué ici à ce sujet qui chatouille les agents du Patrimoine :

https://archipostalecarte.blogspot.com/2022/12/y-en-marre-des-piscines-tournesol-et-de.html


Donc...je ne pouvais vous laisser sur ce blog sans vous montrer la dernière carte postale trouvée nous montrant la Piscine Tournesol de Bourgoin-Jallieu, piscine associée à de l'architecture moderne de la ville, le tout étant dans les tons ocre, orange, rose...On s'amuse donc que l'éditeur Cellard nous indique qu'il s'agit là des "nouveaux aspects", dans les années 50, les éditeurs n'avaient pas peur d'écrire : "ville moderne".

Bref...c'est une assez belle carte postale montrant bien comment on aimait encore à cette période chanter la Modernité de l'architecture et la transformation des villes. Aujourd'hui...mes étudiants se battent pendant leurs évaluations contre les attaques faites à Corbu, le traitant de fasciste. On vit vraiment une autre époque du rapport à la Modernité...On note que la carte fut expédiée pour un jeu en 1985 mais je la crois plus ancienne.

Comme on aime la Piscine Tournesol on ne peut qu'aimer aussi sa concurrente et bien moins soutenue piscine Caneton qui pourtant était très belle aussi et surtout très intelligente dans sa construction, offrant les mêmes désirs que sa soeur : économique, préfabriquée, modulable, ouverte sur l'extérieur, pop.




La Piscine Caneton faudra aussi en sauver un ou deux exemplaires mais malheureusement je crois bien que la Tournesol éclipse dans les coeurs et dans les recherches patrimoniales sa place pourtant méritée.

Celle-ci est à Aise-sur-Vienne et c'est l'éditeur Cap-Théojac (où sont vos archives ?) qui nous régale de cette très belle vue nous faisant bien comprendre les possibilités de cette piscine Caneton. N'allez pas à Aise-sur-Vienne avec votre maillot de bain...La piscine n'existe plus...Oups...

Rappelons les noms des architectes : messieurs Charvier, Aigrot et Charras. Merci à eux pour ce beau travail.

Pour revoir les piscines Tournesol sur ce blog...vous avez l'embarras du choix...

etc...

Pour les piscines Caneton :

etc...



lundi 26 décembre 2022

Y en a marre des Piscines Tournesol et de leur politique de sauvegarde indécise

 On finira par regretter qu'elles existent. On finira par ne plus avoir envie de les défendre, de les voir, de les visiter. Les Piscines Tournesol sont devenues un écran à la Patrimonialisation de l'Architecture du Vingtième siècle, une sorte de minimum requis pour amateur. Un arbre qui cache la forêt. Et les transformations, les "requalifications" des Piscines Tournesol deviennent alors aussi la démonstration de la réhabilitation possible que devrait subir l'ensemble du Patrimoine, comme un point de qualification et un exercice obligé des architectes d'aujourd'hui laissant croire qu'ils préservent, qu'ils participent à leur maintien alors que, bien souvent, il ne reste de la Piscine Tournesol, après leur intervention relevant du Tuning que l'espace creux de leur coupole.
Et la chasse est ouverte et la chasse aux regrets aussi, chaque DRAC devant montrer sa position patrimoniale face à la ou aux Piscines Tournesol de son territoire. Ici on protège, là on réhabilite, ici on détruit...Oh mince ! 
Pendant ce temps-là  des oeuvres vraiment particulières sont détruites sans remords. Faire écran. Les Piscines Tournesol font maintenant écran à la politique de sauvegarde du Patrimoine du Vingtième siècle. C'est assez.
Le Vintage prend la place du Patrimoine, c'est à dire que le sentiment prend la place de la science. 
Ainsi, sur une page Facebook d'amateurs de Patrimoine du Vingtième on lit des commentaires sur la mocheté du château d'eau de Le Corbusier à Podensac mais on applaudit à l'apparition de chacune des Piscines Tournesol de notre territoire jusqu'à l'écoeurement. Comment peut-on aller sur un site de Patrimoine du Vingtième pour n'avoir comme commentaire à faire que la mocheté d'une oeuvre ? Pourquoi venir là ? Pourquoi se croire ainsi habilité à faire un commentaire uniquement basé sur un ressenti esthétique ?
L'inventaire des Piscines Tournesol on le connait. On sait qu'aujourd'hui certaines sont protégées, d'autres sont menacées et bien nombreuses furent détruites. On pourrait se demander alors s'il ne faudrait pas penser au sens qu'aurait un classement groupé de toutes les piscines par exemple. Pourrait-on envisager qu'une architecture éditée dont l'édition et la multiplication font en partie son sens historique ne mérite pas d'être protégée dans l'ensemble de cette édition ? Comment expliquer que si une oeuvre a une valeur patrimoniale ici, elle peut être détruite là-bas ? Comment penser cela en terme de politique patrimoniale nationale ? Faut-il toujours croire en la rareté, en l'unicité pour produire du sens historique ? Voilà des questions à poser en lieu et place d'une nostalgie infantile s'appuyant sur l'effet plastique de l'objet architectural au détriment du sens profond de sa multiplicité, de son don d'ubiquité.
Là, il y a moins de monde.
Le coup à coup de la politique patrimoniale permet au moins de voir l'indécision suspecte des responsables nationaux de la patrimonialisation. Chacun dans sa baronnie...gère sa baronnie.
Le fétichisme qui s'appuie aujourd'hui sur ces Piscines Tournesol devrait donc être étudié comme un mauvais signe de l'avenir de nos belles architectures du Vingtième Siècle car, étrangement, je crois qu'il est le signe d'une bien mauvaise manière de considérer ce que Patrimoine veut dire et surtout sur qui a la responsabilité finale de le définir. L'amour nostalgique des souvenirs de famille ? Le Vintage du jour ? La maîtrise historique des constructions ? Une certaine aristocratie du Patrimoine allant des agents d'état dans les collectivité à des associations ou page Facebook menées par des personnes ayant portes ouvertes et cartes de membres dans les deux mondes ? Juges...et Parties...Et l'indépendance du jugement patrimonial ? On s'assoit dessus ?
Et comme ce blog est fautif puisque cela fait des années maintenant que je vous propose un inventaire le plus exhaustif possible des Piscines Tournesol représentées en carte postale, je me dois de maintenir à jour  ma folie. Mais j'aimerais bien qu'on parle d'autres choses, choses moins reconnues à tort ou à raison et que l'on sauve une bonne fois pour toutes les Piscines Tournesol et cela dans l'entièreté de leur exceptionnalité et non comme un prétexte de la réhabilitation écrasant tous les signes de leurs particularités.
Celle-ci est à Ecommoy.
L'éditeur est la maison d'édition Diffusion 2000. Sans date, sans nom de photographe ni de l'architecte Bernard Schœller.
On s'amusera de comment le photographe comprend et signale la rotation de la Piscine Tournesol en mettant au premier plan de son cadre le tourniquet de l'aire de jeux.
Ça tourne !
Au fait...Celle-ci fut détruite. Oui... oh la la c'est si triste...


mercredi 13 juillet 2022

Après les Trente Glorieuses, les Trente Dépressives* ?

 Aujourd'hui tournent en boucle sur les pages Facebook qui se veulent spécialisées toujours les mêmes icônes rabattues de l'Architecture du XXème, et ça jusqu'à l'écœurement. On pille sans nommer les sources, on copie-colle, on like mais on ne travaille pas beaucoup finalement. Bientôt on vomira les piscines Tournesol de les avoir trop vues, on ne pourra plus regarder la Villa Cavrois sans un haut-le-cœur ou on tournera la tête à une nouvelle vision par un artiste contemporain des Choux de Grandval (très mauvaise architecture devenue une excellente icône) ou des Tours Nuages de Aillaud. Ajoutez que les académiciens de la photographie contemporaine, croyant inventés quelque chose, continueront de partir en Safari culturel sur des terres sauvages de la banlieue pour vendre leur rendu à des galeries et centre d'art  ( le déplacement culturel est toujours un mauvais signe) et on finira par regretter d'avoir un peu ouvert la voie.
Alors ?
Et si on bougeait un peu d'époque ? Si on regardait de côté ? Une architecture ignorée de Stephane Bern, des "amateurs-chercheurs" de Patrimoine, des historiens des Trente Glorieuses pour regarder cette architecture des Trente Dépressives* (80, 90, 2000). Oh c'est un peu plus difficile parce que la fiche histoire n'est pas encore éditée et que AD Magazine ne vous dira pas que le bon plan pour un week-end c'est de faire un tour à St Quentin-en-Yvelines ou à Val de Reuil....Déjà le Hard French est vendu à Louis Vuitton, il trouve un nouveau souffle dans le BeurCore (est-ce là ce qui pouvait lui arriver  de mieux?) il ne nous reste donc plus grand chose pour échapper à la gentrification culturelle. Une forme de vérité des lieux ?
Finalement est-ce que aller voir (revoir pour l'histoire) ce n'est pas déjà enfermer les espaces et les architectures dans une réification comme un corail qui doucement pose une gangue durcie sur les vérités d'une histoire et finit par tout blanchir ?
Suis-je à mon tour coupable ?
Suis-je coupable en vous montrant ça ?



D'ailleurs, je m'excuse, ce n'est pas moi qui vous montre ça mais un photographe dont le nom figure sur cette carte postale des éditions La Décade d'Architecture : Frédéric Achdou.
Nous sommes donc à St Quentin-en-Yvelines, au Hameau de la Sourderie, par les architectes Patrice et Catherine Novarina. L'ensemble est daté de 1984.
J'adore cette carte postale. Je l'adore. (pour ceux qui croirait que je n'ai que des opinions négatives ou que je suis toujours en colère :-)
Je l'adore !
J'aime la construction si marquée d'une époque, voulant ouvrir les façades, multipliée les signes, s'amuser des références. J'aime cette idée d'une architecture spectacle voulant redonner par l'invention d'un lieu le sentiment d'habiter quelque part, l'essoufflement esthétique des petits riens contre la radicalité du chemin de grue, fantaisie pleine d'humour pour fabriquer presque du vernaculaire, petit palais de l'habitation collective joyeuse en couleur. J'adore les colonnettes trop fines peintes en rouge vif, j'adore le carrelage blanc rectangulaire (on pourrait faire un ouvrage consacré uniquement à ce carrelage dans les années 80), j'adore l'arcade en plein cintre coupée comme un Portzamparc déprimé, j'adore l'épaisseur des balcons et les vides, écrans pour des ombres bien dessinées. J'adore tout cela.
Mais ce qui me touche le plus, voyez-vous, ce n'est pas tout ça, non. Ce qui me touche le plus c'est la ligne des ados et des enfants venant poser devant le photographe exactement dans la même attitude que la génération précédente posant devant les barres du Hard French et que nous aimons tant sur ce blog. Mais un détail parle peut-être. Oh ! je ne veux pas trop vite tirer de conclusion mais cette ligne de jeunes n'est composée que...de garçons...Et je me reconnais complètement dans cette génération, dans les vélo, dans leurs habits. Quoi en conclure ? Une nostalgie ? 
Pourtant je ne suis pas de ce lieu. Y ai-je droit ?



La google Car nous montre bien qu'il y a encore des enfants qui font, là, du vélo aujourd'hui.
Sur le site de Catherine et Patrice Novarina, je ne trouve rien sur ce bâtiment. Il y a bien eu un article dans Technique et Architecture mais je n'ai pas ce numéro. On restera donc sans trop d'informations sur les formes, le programme, les désirs de bien faire des architectes. Je n'en sais pas davantage sur la publication de cette carte postale, sur ce désir éditorial : carte promotionnelle d'un organisme, d'une ville, d'une société de promoteur ou vraie carte postale de tourniquet que les ados photographiés ont pu acheter et envoyer à leur famille avec la fierté d'être ceux qui sont de ce lieu, ceux qui l'ont fait chanter de leur cris, de leurs bêtises, de leurs amitiés rebelles. Ont-ils suivi les conseils de Émile Aillaud ?

"J'aimerai que l'enfant des pauvres que je loge,...puisque je ne fais que des H.LM...ait été dressé à ne pas avoir peur, à n'avoir pas été surpris, à ne pas avoir été surveillé et à ne pas être entrainé par des moniteurs à jouer dignement. Il faut qu'il fasse rien."
Émile Aillaud.

Alors, sans doute, que cette architecture, celle qui vient cogner contre la toute fin du XXème Siècle, sera difficile à partager ici par des cartes postales normales, banales, ennuyeuses comme le prétend Martin Parr. L'époque n'est déjà plus, depuis longtemps à la joie des banlieues et des cités toutes neuves. Plus personne pour en envoyer, plus personne aussi pour aller les photographier pour en faire des cartes postales. Difficile de dire si cette architecture ne le mérite pas ou si c'est l'évolution sociale qui ne le permet plus. Il ne sert à rien de chercher une responsabilité devant un fait aussi simple. La fierté de ces espaces n'est plus alors dans un carton imprimé d'une photographie, elle est maintenant dans des textes de chansons, dans des clip musicaux, dans une survalorisation (souvent masculine) de l'appartenance à un lieu, une cité, un numéro de département tagué vite au feutre dans une cage d'ascenseur en panne. Et les ados sur cette carte postale sont en âge aujourd'hui d'avoir des enfants qui chantent comme ça, qui racontent ça, qui commencent à comprendre que, au nom des améliorations, on éradique aussi cette architecture des Trente Dépressives. Et là, l'inventaire patrimonial, le regard des artistes venus d'ailleurs, le trophée d'une prise de vue n'y peuvent pour l'instant pas grand chose. C'est qu'il est encore temps de vous dire d'aller voir et surtout d'y être invité.
Essuyez vos pieds sur le paillasson avant d'enter.


* dois-je déposer ce nom ?









mardi 17 mai 2022

Quinzaine Radieuse bourrée de piscines Tournesol

Dans un mois, se tiendra donc la prochaine Quinzaine Radieuse à Piacé (Sarthe).
Les Aficionados de l'Architecture du XXème Siècle et de le Corbusier connaissent bien l'événement et le lieu, maintenant, c'est la 14ème édition ! Déjà !
Cette année, je présenterai la quasi-totalité de mes cartes postales de piscines Tournesol à proximité d'un morceau de piscine, relique joyeuse de cette icône architecturale.
Ce sera donc l'occasion de voir comment cette piscine Tournesol est représentée, comment chacune d'elles s'installe dans son paysage et dans le cadre photographique d'une carte postale : objet architectural populaire pour un art photographique populaire ! Tout l'esprit de Piacé !
Je vous laisse aller sur le site de Piacé pour vous rendre compte de la richesse de cette future nouvelle Quinzaine Radieuse ! Il y aura notamment une superbe nouvelle pièce, associant une sculpture de Pascal Rivet, la copie en bois à l'échelle 1 d'une Lincoln Continental présentée dans un écrin incroyable dessiné spécifiquement pour elle par le célèbre duo de designers, les Frères Bouroullec ! Un must inévitable cette année !
Concert, fête, feu de joie le soir, art contemporain, installation éphémère de Gianni Pettena et, et, et... Bref ! Vous n'avez aucune excuse pour ne pas être là le 18 juin à Piacé.
On vous y attend.






Pour fêter ça, je vous propose de voir deux nouvelles arrivées dans ma collection, deux cartes postales de la piscine Tournesol de Chassieu (Rhône). Vous allez voir que la carte postale a bien servi à enregistrer quelques changements intéressants.
On notera d'emblée que les deux cartes postales sont bien du même éditeur Cellard que nous connaissons déjà sur ce blog. Souvent producteur de photographies aériennes, Cellard ici nous montre donc la piscine et la ville vues du ciel. On remarque comment cette piscine s'inscrit dans un paysage de campagne à proximité de lotissements pavillonnaires, alors qu'au fond de la vue, on remarque un ensemble de semi-collectifs qui ont l'air bien intéressants, ressemblant à du Andrault-Parat. Mais rapidement, comme moi, vous aurez remarqué un détail de taille ! le changement de couleur de la piscine Tournesol. Il suffit de regarder la progression des constructions dans le lotissement en face pour comprendre que nous sommes bien passés du orange au blanc. Pourquoi donc ? Mystère ! Un désaveu du pop lors d'un entretien ? Amusant aussi le fait que la carte postale la plus ancienne est datée de 1990, ce qui prouve bien que la carte postale était encore disponible à la vente avec la version orange de la piscine.
Ne vous précipitez pas à Chassieu pour voir la piscine, elle n'existe plus ni en blanc ni en orange, elle a disparu, tout comme l'aspect champêtre de Chassieu devenu un parking géant de pavillons.
Merci donc les éditions Cellard d'avoir enregistré ce moment du paysage aujourd'hui éradiqué.

mardi 19 avril 2022

L'autre piscine des Trente Glorieuses

 Bien entendu, on sait tous sur ce blog que ce modèle de piscine fut totalement éclipsé par la piscine Tournesol de Bernard Schœller. C'est le drame des icônes, elles écrasent la réalité de la profusion des modèles au titre de leur unicité spectaculaire.
Doit-on s'en plaindre ou reconnaître la supériorité de l'une sur l'autre ? Ne nous plaignons pas et montrons simplement que ce qui fait l'histoire (une forme, une idée, un matériau) a su aussi se retrouver dans d'autres modèles tout aussi intéressants.
La piscine Caneton en est bien l'exemple.
Comme j'ai déjà chanté les qualités et la beauté (intelligence mêlée de formes) de ce modèle dans de nombreux articles, je me laisse juste le plaisir de vous montrer trois nouveaux exemples de piscines Caneton dans nos villes et villages. Il serait d'ailleurs intéressant d'avoir les arguments du choix alors des municipalités pour tel ou tel modèle : terrain, coût, disponibilité, esthétique ?
Commençons :



Voici que l'éditeur Combier nous régale de cette piscine Caneton de Salbris en nommant précisément les architectes : Cabinet de Mr Charvier (nommé Charnier !), Aigrot, Charras à Fontenay-aux-Roses . Le photographe cadre avec les portes ouvertes les poutres de la structure. Que c'est beau tout ce bleu ! Je vois que sur cette version de Salbris les poutres sont laquées de blanc alors que les autres piscines Caneton laissent le bois apparent.
Par exemple, ici à Ruffec !



C'est l'éditeur Artaud qui nous régale de cette belle scène de genre. On note que l'éditeur nomme bien les architectes Charvier, Aigrot et Charras. Les panneaux sont ici oranges au lieu du bleu de Salbris. On devine mieux aussi l'ouverture du toit. Là encore la piscine est accompagnée d'un bassin extérieur.
Et enfin :



Cette piscine Caneton est à Gex. La carte postale expédiée en 1986 est une édition Combier qui cette fois ne nomme pas les architectes. Poutres en bois, panneaux bleus, la foule des gamins est au rendez-vous avec le maître-nageur.
Il ne semble pas qu'il y ait un bassin extérieur.
Une fois encore les éditeurs de cartes postales font bien leur travail d'inventaire sans attendre des Atlas. Une fois encore, les petites choses de l'Histoire de l'Architecture sont ainsi représentées dans leurs usages, avec des gens et des auteurs, sans l'anonymat pratique de typologies épuisées. Une fois encore, il faudra se demander ce que nous devons faire de cet héritage et du sens de cette architecture à transformations, associant plastique, bois et métal, de cette architecture populaire et intelligente qui a su remplir un rôle essentiel dans ce temps de la Modernité.
Malheureusement pour elle, la piscine Caneton sera sans doute oubliée sous le poids des piscines Tournesol qui ont déjà beaucoup de mal à être sauvegardées.
Il semble bien qu'aucune de ces trois piscines Caneton n'ait survécu. Ne nous reste donc que ces belles cartes postales comme objet d'archive.
J'ai déjà enfilé mon slip de bain. Je vous attends.
Pour revoir quelques piscines Caneton :
etc...
pour revoir les fameuses Tournesol, 36 articles à votre disposition ici !

lundi 21 mars 2022

Pareil pas pareil, le duo Maillard Ducamp

Il y a certainement quelque chose de fascinant à ce que l'édition de cartes postales rende compte de l'édition de l'architecture. En effet, comme nous le suivons sur ce blog avec les piscines Tournesol ou Caneton, certains objets architecturaux réalisés en série sont bel et bien diffusés en série par ce médium populaire. On croit donc souvent revoir une construction que nous connaissons déjà alors qu'il s'agit d'un même modèle construit ailleurs. La mémoire fait ainsi des bonds et il est curieux de se voir piégé d'un lieu à un autre. Et puis, il y a des architectes qui ont, pendant leur carrière, tenté de diffuser partout où cela était possible un système constructif et structurel permettant de répondre à chaque fois d'une manière similaire. Voir par exemple Michel Duplay.
C'est bien aussi le cas des architectes Maillard et Ducamp.
On peut s'en apercevoir d'une manière assez simple en prenant notre guide vénéré et en s'apercevant du nombre d'entrée dans ce seul guide : 9 ! Et Archires aussi nous donne plein d'entrées également, surtout des piscines d'ailleurs.
J'avoue aimer retrouver cette silhouette si particulière des piscines dessinées par le duo Maillard et Ducamp et de le reconnaître mais aussi, chaque fois, avoir un doute sur sa localisation, à cause justement de la multiplication de ce modèle.
Regardez :





Il est certain que cette écriture architecturale reste facilement identifiable et que depuis une simple carte postale on pourrait se penser devant la même piscine ! Or, nous sommes, dans l'ordre à Tournon, Montbard, Avallon, Orsay et Château du Loir !
Toutes des piscines donc ayant comme architectes Maillard et Ducamp et leur fameux et très beau système de construction en béton. Vous me direz que nous avons l'habitude de la préfabrication des piscines pendant cette période avec les Piscines Caneton ou Tournesol mais ici, loin de l'image de légèreté et d'atterrissage de ces modèles, nous avons une mise en œuvre du béton précontraint et d'un jeu très subtil et formellement réussi de points portants et de points d'extension. C'est d'une grande beauté et intelligence structurelles, celles du Brutalisme à la française, c'est à dire alliant d'abord une efficacité à une esthétique. 
Et ce travail fut largement édité et diffusé dans les revues de l'époque.
Par ordre d'apparition donc :

1 une édition Combier expédiée en 1970 qui nomme les architectes Maillard avec Ducamp-Roche pour cette piscine de Tournon. Difficile de savoir pourquoi ici le nom de Ducamp est associé à Roche. La jeune Véronique indique que le camping est très propre. C'est déjà ça. On admire le travail du photographe qui réussit, tout en étant proche, à nous faire voir à la fois le bassin extérieur et la façade superbe de la piscine. Admirons le travail du béton, la succession des courbes et des ouvertures.

2 une édition la Cigogne pour cette piscine de Montbard qui nomme bien les architectes Ducamp et Maillard (DPLG) et associe également les architectes Jouven et Phelouzat, également DPLG. Certainement les architectes qui ont suivi sur place la mise en ordre. Pas de date d'expédition ni de photographe. Comme la structure est ouverte en partie haute, on peut admirer la structure et le remplissage ici des espaces non plus par du béton mais par des briques.

3 une carte publiée par les Éditions Nivernaises qui nous montrent donc la piscine d'Avallon. Les architectes sont bien nommés, Maillard et Ducamp, la carte fut expédiée en 1970. Le photographe se place hors du terrain de la piscine, cadre donc d'un peu loin celle-ci. N'a-t-il pas eu l'autorisation de rentrer, n'avait-il pas pris son maillot ou bien a-t-il décidé d'installer la piscine dans son décor urbain ? On note, là aussi, un remplissage par la brique.

4 une édition Combier pour cette carte de la piscine d'Orsay. La carte nomme bien le duo Maillard et Ducamp et y ajoute Monsieur Hubert comme architecte d'opération. J'aime qu'il y ait si peu de monde dans son grand bassin, la couleur de l'eau et le store rouge vif lui donnent beaucoup d'allure aussi. On notera que la piscine est accessible par une immense rampe qui longe une bâtisse ancienne... C'est étrange cette rampe. Les huisseries en bois sont superbes. La carte ne fut pas expédiée ni datée et ne comporte pas de nom de photographe.

5 une édition Abeille-Cartes pour Lyna (écrivez-moi) nous montre donc la piscine de Château du Loir. La carte fut expédiée en 1976 mais la carte est plus ancienne sans doute. On note que, cette fois, les architectes sont oubliés mais que le photographe Monsieur Serge Henry est lui bien nommé. Aurait-il fait partie d'une équipe de la célèbre maison Lyna ? On note le peu de monde dans cette piscine ce qui fait rêver. L'architecture de Maillard et Ducamp se déploie le long du bassin, tranquillement. Une image d'un certain idéal.

Si, dans vos promenades, vous voyez une piscine Maillard-Ducamp dites-vous bien que vous avez en quelque sorte un don d'ubiquité architecturale. Ne nous reste qu'à trouver un jour une carte postale de l'intérieur pour compléter notre admiration de ce beau travail structurel.

Pour revoir toutes les piscines Tournesol ou Caneton (vous avez du boulot...) :


mercredi 11 août 2021

Piscine Tournesol sur l'autre rive

Dans nos circulations habituelles, il y a des lieux que l'on voit toujours identiques comme des repères mais que l'on ne va pas vraiment voir. Jalons importants mais pas traversés. Porcheville c'est exactement ça pour moi. Sur la route vers Paris j'attends toujours les cheminées de Porcheville, géantes magnifiques, qui me rappelleront systématiquement que, lors d'un voyage scolaire, l'un de mes camarades de collège, fièrement, nous indiqua que son père avait participé à leur construction. J'avais aimé cette idée du père et j'avais jalousé cette particularité.
Mais aujourd'hui j'aurai autre chose à penser et à rêver : une piscine Tournesol !
Il me faudra faire un détour au retour d'une visite de la capitale et traverser la Seine pour aller la voir. Pour l'instant, voici deux cartes postales aériennes éditées par le Studio M. François qui m'ont permis de découvrir cette piscine Tournesol dont je ne connaissais pas l'existence. 
Une de plus dans notre inventaire ! Et il semble, en plus, que celle-ci soit toujours debout. Il faudra vite y aller. Peu d'autre chose à vous dire qui ne fut déjà dit sur nos piscines Tournesol, ailleurs... On peut remarquer tout de même que la piscine est enclavée sur son terrain mais qu'elle est construite à proximité des écoles dont on devine facilement les raisons. Et j'avoue que je vois de Porcheville une autre image, un village étendu et vert que l'autoroute A13, au loin, ne laisse pas deviner.  La ville a-t-elle eu droit à une carte postale mettant cette piscine Tournesol en vedette ? On espère ! Porcheville ! J'arrive !










dimanche 23 mai 2021

Passe pas la Loire en été

 


Lorsque j'ai lu le département inscrit au dos de cette carte postale, mon cerveau m'a offert immédiatement dans le juke-box de ma mémoire la première phrase de la chanson de Alain Souchon :

Passe pas la Loire en été...

Je me souviens très bien de cette chanson car elle fut l'une des premières dont je compris, adolescent, les évocations sexuelles à peine déguisées par la poétique souchonnienne faisant du détail ramassé dans un mot une ambiance parfaitement claire et lisible. Ici, les images sont euh... assez directes.

Passe pas la Loire en été...

Le titre de la chanson laisse aussi peu d'équivoque à ce qui va s'y dérouler. Mais quoi de commun alors avec cette carte postale Combier nous montrant la piscine Tournesol de Sorbiers ? Je ne sais pas. Bien entendu la charge érotique de la piscine, de l'été, de la moiteur éteinte dans la fraîcheur d'un plongeon, tout cela je l'ai déjà raconté dans des articles ou dans mes chroniques. Bien entendu, dans cette nouvelle carte postale de piscine Tournesol, on ne peut que s'amuser de sa ressemblance avec ses soeurs partagées ici sur blog. Une fois encore, sans le nom de la ville inscrite au dos, cette piscine pourrait bien être partout car le cadrage ne laisse rien voir d'une particularité qui signerait la localisation. Cette piscine Tournesol c'est celle de Sorbiers et c'est toutes les piscines Tournesol en même temps. On notera que Combier se croit obligé d'inscrire Photo X au verso. L'anonymat ajoute à l'universalité de la vue.
Le détail particulier de cette carte c'est le congélateur Gervais dont j'ai reconnu le logo. Facile alors de faire de cette image, celle des premiers émois, des plaisirs simples ou s'accordent à la fois le doute d'y avoir droit, la chance de les partager, l'innocence perdue entre le glaçage chocolat qui fond sur le ventre et l'eau trop bleue pour être honnête. Ma jeunesse aussi.

Passe pas la Loire en été...

cliquez sur ce lien pour entendre la chanson :

mercredi 16 décembre 2020

On appellera ça le cinématographe

 En 2013, (oups ! ça fait longtemps!) je vous donnais à voir une carte postale de la piscine Tournesol de Poix en Picardie. Enfin... je vous donnais la petite case consacrée à cette piscine dans une carte postale en vues multiples. On sait maintenant que souvent les photos visibles sur ces cartes en vues multiples existent elles-mêmes en carte. Mais voilà que l'œil habitué de votre serviteur s'amuse une fois encore de pouvoir suivre un déroulement d'images. Je vous montre ?



Cette carte postale des éditions Mage nous montre donc la piscine Tournesol de Poix. Oh, rien que de très banal finalement, une piscine Tournesol ouverte, des baigneurs et baigneuses qui prennent le soleil sur la pelouse, tout cela nous l'avons déjà vu tant et tant de fois sur ce blog. Mais...

Rappelez-vous donc ce morceau :



Ah ! Je vois que vous avez compris ! Je vous ai bien éduqués à mes petites manies ! Vous avez, vous aussi, vu que la jeune adolescente au premier plan a bougé. Le photographe a donc réalisé une série de clichés, il est donc resté assez longtemps pour faire au moins ces deux prises de vues. Mais pourquoi donc ne pas utiliser la même prise de vue pour la carte postale en vues multiples et celle en vue simple ? Pourquoi donc nous offrir les joies de cet ultracourt métrage ? Si on en croit les mouvements des autres baigneurs, le moment de la prise de vue a duré assez longtemps car les changements entre les deux sont nombreux. Pourtant, on notera que le photographe n'a absolument pas bougé, trop heureux semble-t-il de son poste d'observation et de son cadrage. Que conclure de tout cela ? Pas grand chose, je crois, à part le plaisir de se sentir peut-être plus impliqué dans ce moment, comme si la succession des photographies et le mouvement qu'elle génère offraient l'occasion de croire un peu plus à la vie réelle de ces images : on appellera ça le cinématographe.

Cela aussi indique certainement que j'ai une vie suffisamment remplie pour que je passe du temps à voir ces détails. Est-ce que cette manie dit quelque chose de mon attitude face aux images ? Est-ce que cela souligne ce désir de m'y baigner ? Me baigner dans les images, dans les piscines Tournesol, bien entendu.

Pour voir ou revoir toutes (ou presque) les piscines Tournesol de ma collection :

https://archipostalecarte.blogspot.com/search/label/piscines%20Tournesol


vendredi 25 septembre 2020

squelette arachnéen d'une Tournesol

 Il ya quelques mois maintenant, au hasard d'une promenade, je tombai sur la requalification d'une piscine Tournesol, celle de Malaunay. Bien entendu, je fus étonné dans le même temps de pouvoir me réjouir d'en découvrir l'incroyable structure tout en étant stupéfait qu'une fois encore, une piscine Tournesol perdra toutes les caractéristiques de son écriture pour devenir un dôme gris bien anonyme. Faut-il donc se réjouir de sa pérennité ainsi transformée ou pleurer sur cette pseudo-conservation ? Je crois que la réponse est claire. Quelle piscine Tournesol sera donc classée définitivement ? Faudra-t-il attendre que la dernière encore dans son aspect d'origine soit menacée ainsi de restructuration pour que, enfin, on se demande s'il ne serait pas temps, tout de même, d'en conserver une entièrement dans ses qualités ? Le prototype de Nangis est déjà tombé... La mort récente de Bernard Schœller créera-t-elle l'urgence d'une protection ?

Je retournerai donc voir celle de Malaunay achevée. Achevée est bien le mot.

En attendant, en voici quelques clichés émouvants. Que c'est beau cette structure !





Poursuivons l'inventaire des cartes postales de piscines Tournesols avec deux nouvelles arrivées. D'abord celle de Pacy-sur-Eure grande ouverte. On note que l'éditeur Artaud n'a pas attendu la fin des aménagements extérieurs pour envoyer son photographe. Regardez bien le devant de la piscine, le terrain est plein d'herbes folles ! Sur cette autre carte postale, vous pourrez revoir comment cela fut transformé. On note aussi que nous sommes bien vus par les baigneurs, les adolescents se retournent pour viser à leur tour le photographe. Mais ? Qu'est-ce qu'il fout le type là-bas ? Tu crois qui nous photographie ? Il me semble que j'ai quelques photos stéréo de cette piscine de Pacy-sur-Eure mais alors elle était de couleur verte... je ne suis plus très sûr.



En voici une autre, cette fois c'est celle de Montlhéry par les éditions Raymon. On retrouve notre photographe vedette de cet éditeur J.M. Duchâteau. La carte postale fut expédiée en 1978 pour un concours télévisé. Monsieur Duchâteau y fait un beau travail comme à son habitude, une sorte de tranquillité bienveillante, une image douce. Le ciel bleu pâle, le gazon encore tendre, et des baigneurs qui semblent bien être des scolaires. Mais sur quoi est juché notre photographe pour prendre cette hauteur ? Le toit de son véhicule ?



Combien encore de ces piscines attendent dans des boîtes à chaussures de rejoindre cette inventaire ?

En attendant, faites un tour par ici :

http://archipostalecarte.blogspot.com/search/label/piscines Tournesol

jeudi 27 août 2020

Paul Vimond caché derrière une Tournesol

 

Voilà qui est amusant et qui prouve qu'il faut travailler et pas se contenter des icônes. Sur une carte multi-vues, bien entendu, je suis attiré immédiatement par celle qui me montre une piscine Tournesol, ne faisant que peu de cas de ce qui se trouve autour. Le fruit cache le feuillage. Il ne faudrait pas non plus regretter trop vite de découvrir une nouvelle piscine Tournesol à ajouter à sa collection et se dire qu'avec un peu de chance, nous finirons par trouver une carte la montrant toute seule. Mais l'esprit curieux va regarder autour et le mot Z.U.P au verso va me pousser à en savoir plus sur cet espace de Cherbourg Octeville, d'ailleurs nommé par l'éditeur Le Goubey Communauté Urbaine de Cherbourg, ce qui est déjà une manière de raconter l'urbanisme d'Octeville.

En quelques recherches rapides, il est aisé alors de trouver un nom d'architecte (manquant sur la carte) : Paul Vimond. Le voilà donc le responsable de cette Z.U.P d'Octeville. Élève de Perret, Grand Prix de Rome en 1949, il pourrait être en quelque sorte le pur produit de la formation des architectes des Trente Glorieuses appliquant alors les leçons du chemin de grue, le style Hard French, la rationalité affirmée que l'on condamne aujourd'hui souvent à tort.

 

Alors je cherche dans mon classeur Hard French et je me retrouve devant cette carte postale affichant avec fierté l'acronyme Z.U.P sur son recto, preuve à l'époque que tout le monde reconnaissait cette dénomination et qu'elle ne posait pas de problème. Le Quartier des Provinces d'Octeville est donc décliné en 6 petites vues permettant d'en voir son ciel bleu et ses roses rouges. Bien entendu, il s'agit aussi d'en vanter les modernités. La carte Emy par Le Goubey ne donne pas le nom de l'architecte et urbaniste Paul Vimond. Nous n'aurons pas grand-chose à dire sur cette architecture. Il y a là bien quelque chose d'archétypal qui, du moins, depuis ces images, ne donne rien d'autre que l'attendu du genre. Sans doute que Paul Vimond mériterait mieux de ma part. Et de la vôtre ?

Voilà aussi que dans la revue L'Ardoise (merci L'agence Lestrade*)  consacrée à l'Art Sacré, je trouve une double page sur l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Octeville qui est bien l'œuvre de Paul Vimond et de Burckart. On sait même que c'est l'entreprise Breton qui réalisa le chantier de couverture et au vu de la forme de cette église, on comprendra la fierté de l'entreprise à avoir posé des ardoises sur cette tente réifiée pour l'église. On y reconnaît bien là aussi un certain style des trente Glorieuses, aux volumes très marqués, presque baroques, voulant ménager à la fois l'image de l'église comme un toit et le désir de faire moderne au milieu de cette Z.U.P. Cela produit un machin moderne d'une grande beauté plastique que l'on dirait construit pour la photographie et la jubilation de l'abstraction. Aujourd'hui on dirait un geste fort posé sur le tapis urbain (un truc comme ça...)



 

Mais me manquent des cartes postales de cette église. Voilà bien une déception ! Comment est-ce possible ? Il me faudra rapidement combler ce vide et sans doute aussi aller visiter celle-ci dans ce Cherbourg si loin et pourtant si normand. Que voulez-vous, l'exotisme n'est pas toujours là où on le cherche. Mais maintenant je dois choisir dans quel classeur ranger la première carte postale. Celui du Hard French, celui des Piscines Tournesol, celui des architectes ?

* Merci Walid Riplet


dernière minute ! dernière minute ! dernière minute !

Voilà que m'arrive, gentiment envoyée par notre ami Daniel Leclercq la carte postale manquante à cet article ! Merci Daniel de nous fournir de la came de cette qualité. Alors, regardons. Nous avons bien notre église que l'éditeur Éditions Normandes Le Goubey qualifie de moderne et il n'oublie pas non plus de nous informer de l'architecte Vimond bien noté au verso de la carte. Figure aussi l'annotation d'un mariage qui y a eu lieu le 30 août 1975 ! Voilà qui est touchant.  La carte postale en couleur met bien en avant les qualités plastiques de l'ensemble et le jeu incroyable des triangles et des pointes qui la composent. On note la présence de matériaux traditionnels comme l'ardoise bien entendu mais aussi le bois sur ce beau socle de béton très clair, presque blanc. Voilà donc un bel objet éditorial que nous garderons d'autant plus précieusement qu'il arrive de notre ami Daniel !












En 2019, la piscine Tournesol était toujours en place à Octeville :