mardi 19 avril 2022
L'autre piscine des Trente Glorieuses
samedi 8 avril 2023
Vasarely en maillot de bain
samedi 23 septembre 2017
Piscine couleurs primaires
Celui entre deux modèles de piscines ayant connu la gloire des Trente Glorieuses et qui ont su faire toutes deux images de cette période. La piscine Caneton et la piscine Tournesol se sont opposées pour donner au plus profond du territoire français l'occasion à la jeunesse de nager, de draguer, de prendre le soleil échauffant les corps dans une délicieuse odeur de chlore.
Disons-le tout net : Tournesol a gagné.
Devenue une icône comme Bardot, la 2cv ou le Bic, la piscine Tournesol est connue de tous. La Caneton l'est bien moins. Commençons par elle :
Nous sommes à Salbris devant le grand bassin et à l'arrière-plan la piscine Caneton est toute ouverte, offrant son bassin au ciel. Car, comme la Tournesol, la Caneton offrait cette opportunité de pouvoir moduler ses ouvertures et de se transformer l'été venu. De grandes portes de résine s'ouvrent par le milieu et donnent l'occasion de vivre une architecture disparaissant en quelque sorte pour ne laisser visibles que les poutres et son toit très légèrement courbé. Je me suis toujours demandé qui avait l'autorité de l'ouverture et de la fermeture de ces piscines ? La carte postale est une édition Combier qui nous donne le nom de l'architecte : Monsieur Joubert à Blois...
Ce qui est bien étonnant car la piscine Caneton de Salbris est le prototype dont on sait qu'il est dû aux architectes Alain Charvier, Jean-Paul Aigrot et Franc Charras en 1972. Mais sur cette carte postale un petit détail m'amuse. Bien alignés sur le bord du bassin quatre adolescents nous offrent les couleurs franches de leur maillot de bain : bleu, jaune, vert, rouge. Comme si, pour une quadrichromie nécessaire, le photographe les avait sélectionnés.
Dans l'indispensable Architectures des Sports de Marc Gaillard on trouve un article sur ce type de piscine Caneton avec de superbes images qui nous montrent un exemplaire tout juste achevé. S'agit-il de celle de Salbris ? Impossible de le dire... On y voit des messieurs en costume qui visitent la piscine. Je m'amuse à croire que parmi eux figurent peut-être les architectes.
Mais comme je vous sais grands amateurs de la Piscine Tournesol et que nous poursuivons son inventaire par les cartes postales, je vous offre cette nouvelle venue :
Nous sommes à Cours toujours grâce à l'éditeur Combier. Le photographe anonyme choisit de nous montrer la piscine fermée et sa superbe structure métallique. Peu de monde finalement dans ce bassin. On aimera aussi pouvoir voir les beaux aménagements intérieurs qui furent aussi dessinés par Bernard Schœller l'architecte. Continuons donc, ainsi, à chercher pour chacune d'elles une représentation avant que de toutes, les unes après les autres, entre destructions et relookage, il ne reste plus rien de leur histoire.
mercredi 21 janvier 2026
Peux pas...j'ai piscine caneton, tournesol etc...
Puisque j'ai commencé, il faut bien que je continue. Certainement aussi pour maintenir l'intérêt iconique de ces deux architectures devenues depuis peu des incontournables des amateurs d'architecture moderne.
Faire un inventaire.
Pas une semaine sans que la piscine Tournesol ne fasse quelque part l'objet d'une vénération Vintage larmoyante sur sa future disparition ou d'une déclaration émouvante face aux souvenirs d'enfance. En passe de devenir comme le stylo Bic, la 2cv, le verre Gigogne Duralex ou le Solex, un objet d'attendrissement populaire, la Piscine Tournesol aura donc mis beaucoup de temps (trop de temps...) pour devenir du Patrimoine. Nous nous sommes déjà expliqué ici à ce sujet qui chatouille les agents du Patrimoine :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2022/12/y-en-marre-des-piscines-tournesol-et-de.html
Donc...je ne pouvais vous laisser sur ce blog sans vous montrer la dernière carte postale trouvée nous montrant la Piscine Tournesol de Bourgoin-Jallieu, piscine associée à de l'architecture moderne de la ville, le tout étant dans les tons ocre, orange, rose...On s'amuse donc que l'éditeur Cellard nous indique qu'il s'agit là des "nouveaux aspects", dans les années 50, les éditeurs n'avaient pas peur d'écrire : "ville moderne".
Bref...c'est une assez belle carte postale montrant bien comment on aimait encore à cette période chanter la Modernité de l'architecture et la transformation des villes. Aujourd'hui...mes étudiants se battent pendant leurs évaluations contre les attaques faites à Corbu, le traitant de fasciste. On vit vraiment une autre époque du rapport à la Modernité...On note que la carte fut expédiée pour un jeu en 1985 mais je la crois plus ancienne.
Comme on aime la Piscine Tournesol on ne peut qu'aimer aussi sa concurrente et bien moins soutenue piscine Caneton qui pourtant était très belle aussi et surtout très intelligente dans sa construction, offrant les mêmes désirs que sa soeur : économique, préfabriquée, modulable, ouverte sur l'extérieur, pop.
La Piscine Caneton faudra aussi en sauver un ou deux exemplaires mais malheureusement je crois bien que la Tournesol éclipse dans les coeurs et dans les recherches patrimoniales sa place pourtant méritée.
Celle-ci est à Aise-sur-Vienne et c'est l'éditeur Cap-Théojac (où sont vos archives ?) qui nous régale de cette très belle vue nous faisant bien comprendre les possibilités de cette piscine Caneton. N'allez pas à Aise-sur-Vienne avec votre maillot de bain...La piscine n'existe plus...Oups...
Rappelons les noms des architectes : messieurs Charvier, Aigrot et Charras. Merci à eux pour ce beau travail.
Pour revoir les piscines Tournesol sur ce blog...vous avez l'embarras du choix...
Pour les piscines Caneton :
jeudi 7 mai 2020
coin coin coin Monsieur le Conservateur coin coin coin
La Cité de l'Architecture et du Patrimoine me demande gentiment de leur proposer une sélection de mes cartes postales sur la piscine Tournesol de Monsieur Schœller afin de rendre hommage à cet architecte disparu il y a peu. Merci de cette confiance.
C'est avec plaisir que je me plie à cette demande et que je scanne mes images qui sont
donc maintenant diffusées sur le site de la Cité.
https://www.citedelarchitecture.fr/fr/CiteDeLArchiChezVous/la-piscine-tournesol-de-bernard-schoeller
Mais voilà, il y a un problème et pas des moindres. Je vous explique. Les cartes postales sont associées à une vidéo où l'on voit Monsieur Antoine Lebas, conservateur du Patrimoine à l'inventaire général de la Région Ile-de-France expliquer la genèse du travail de Schœller et des autres productions du concours Mille Piscines.
Mon sang ne fait qu'un tour devant la quantité d'imprécisions et même d'erreurs affirmées par Monsieur Lebas. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne maîtrise pas ce sujet, sujet pourtant rebattu dans la littérature de l'histoire de l'Architecture des Trente Glorieuses.
Il ose même affirmer que le modèle de piscine Caneton n'a pas donné lieu à des productions.
......
Pardon Monsieur le Conservateur du Patrimoine à l'inventaire général de la Région Ile-de-France ?
Pardon....
Euh....
Comment dire ?
Faudrait voir à travailler vos conférences.
Mais de la même manière que j'aime apprendre, j'aime aussi informer les personnalités ayant des responsabilités comme les vôtres, alors je vous conseille de lire un peu, d'aller voir, de faire des recherches avant de balancer de telles bêtises.
Et par exemple, vous pourriez lire les Années Zup, Architectures du Sport, vous pourriez venir voir sur mon blog... Et vous pourriez aller à Ville d'Avray...
Mais comment est-ce possible dans une telle institution, avec un tel titre d'être un intervenant aussi peu précis ? Mais pourquoi donc ? Pourquoi passer à côté de cette occasion de justement remettre correctement Monsieur Schœller et son travail dans un vrai paysage de la production de l'époque, de bien montrer en quoi son modèle s'oppose à celui des autres, nous expliquer les raisons architecturales qui ont fait le succès de l'une ou l'autre des productions ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Surtout qu'il y a eu des piscines Caneton construites chez vous, Monsieur Lebas, en... Ile-de-France !
Ça fait peur un peu non ? ÇA PIQUE UN PEU....au vu de vos responsabilités de conservateur du Patrimoine...
Comme je ne désire pas que mes cartes, que mon souhait de mettre en avant cette architecture du XXème siècle soient associés à aussi peu de précisions, je suis obligé ici de m'étonner qu'une telle institution laisse passer de telles imprécisions. On avait déjà eu la chance d'entendre Monsieur Rambert en dire lors de l'hommage à Claude Parent. Il faut croire que lors des hommages aux architectes décédés, la Cité de l'Architecture et du Patrimoine ne sache pas bien à qui donner la parole.
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/06/hommage-claude-parent.html
Monsieur Antoine Lebas, conservateur du Patrimoine à l'inventaire général de la Région Ile-de-France, c'est pour vous, c'est cadeau. Prenez votre maillot de bain et venez me rejoindre dans l'une des nombreuses piscines Caneton de France.... Et en Ile-de-France...
Bonne lecture :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/09/piscine-couleurs-primaires.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2020/01/a-vaillant-cur-rien-dimpossible.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/10/overdose-de-chlore.html
https://archipostcard.blogspot.com/2011/08/caneton-versus-tournesol.html
lundi 21 mars 2022
Pareil pas pareil, le duo Maillard Ducamp
mardi 28 janvier 2020
À vaillant cœur, rien d'impossible
Nous sommes nombreux à le faire.
Mais alors que je me réjouis de cette reconnaissance immédiate de l'objet, je me pose la question de ce qu'une architecture peut rester muette à sa fonction depuis seulement sa vision.
Comment celui ou celle qui ne connaîtrait pas les piscines du modèle ci-représenté (modèle Caneton), pourrait-il savoir que derrière cette façade géométrique se cache bien une piscine ?
Et, si la réponse est non, est-ce grave voire volontaire ?
Et pourquoi le photographe des éditions de l'Europe a-t-il choisi de laisser ainsi l'architecture muette à sa fonction en ne la photographiant pas ouverte, animée ou depuis l'intérieur ?
Il faut donc à l'éditeur dire sur le verso la fonction de ce bâtiment : la Piscine Municipale.
Sans doute, aussi, est-ce pour cela que le photographe cadre la barrière et la pancarte pour que soudain, de suite, l'identification ait lieu. C'est très pratique.
Car l'architecture ne dit rien. Elle préfère dire la peinture abstraite, dire Vasarely, afficher clairement une grande composition plastique alternant les jeux du carré, du triangle, du blanc, du bleu, du noir.
Sans doute que cette répétition peut permettre au moins de comprendre la modularité. C'est tout.
Le photographe alors, face à cet objet curieux et affirmant sa modernité, a certainement regretté de ne pouvoir cadrer sans que le lampadaire vienne troubler cette pureté formelle. Il aurait pu entrer, mettre derrière lui ce lampadaire, mais il aurait à la fois perdu le recul nécessaire pour tenir l'objet dans son cadre mais aussi perdu l'indication de ce qu'est cet objet. Il fallait donc choisir cette distance et que le lampadaire, par sa verticale vienne perturber l'horizontalité de la piscine.
Je ne sais pas trop pourquoi, sans doute le ciel et les arbres sans feuilles, quelque chose me dit un matin froid, humide. Si j'avais fait ce cliché, je crois que je n'aurais pas résisté à poursuivre le travail par un petit plongeon. Car il faut toujours éprouver les images de l'architecture au réel de leur fonction.
Sur le verso, Bernard, le 11 juillet 1987, donne la réponse à un jeu : "à vaillant cœur, rien d'impossible."
C'est bien ce que je dis.
C'est bien ce que j'essaie aussi de faire.
Pour revoir les articles sur le modèle piscine Caneton, vous pouvez aller là. On remarque que l'éditeur ne nomme ni son photographe ni les architectes, messieurs Charvier, Aigrot, Charras.
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=caneton
mardi 16 octobre 2018
Overdose de chlore
Un type en sueur qui gueule qu'il pisse comme il pleure sur les femmes infidèles est tout de même peu admirable. Les femmes, quand bien même seraient-elles infidèles ne méritent pas qu'on leur pisse dessus. Face à de tels misogynes, l'infidélité est une sortie de secours à Vesoul ou à Amsterdam.
Mais il ne faut pas non plus pisser dans le grand bassin. La piscine est associée à cette légende tenace qui, enfant, vous refroidit l'envie de plonger et nager avec vos camarades même si la rumeur court que l'eau changerait de couleur si par hasard ce relâchement avait lieu...
Vesoul...
Voilà ta chance :
Cette très belle carte postale Combier nous montre donc la piscine Caneton de Vesoul. Le photographe choisit le moment où elle est fermée et montre donc ses très beaux panneaux géométriques de couleur orange alternant avec des vitres très sombres ici. On aime comment cette ligne vient jouer avec les courbes du petit bassin en forme de haricot encore très années cinquante et le petit bordel d'une rocaille donnant aux baigneurs, sans doute, l'impression d'être à la montagne...
Au dos de la carte postale, très étonnante, une phrase écrite par la correspondante indique : " la piscine découverte est à la place du photographe."
Qu'est-ce que cela veut dire ? Y-a-t-il un autre bassin ? Sans doute. En tout cas, c'est un cas rare dans ma collection d'une prise de conscience par l'acheteur de la position du photographe de cartes postales.
Comme nous aimons bien les belles piscines Caneton, nous avons grand plaisir à retrouver celle de Salbris dans un très beau cliché toujours par Combier :
Quel document merveilleux ! Dommage que nous n'ayons pas le nom du photographe !
L'animation est superbe et surtout nous pouvons parfaitement lire les structures de cette piscine, la belle idée de sa transformation et comment la capillarité entre dedans et dehors est ici bien travaillée. L'ouverture des panneaux à peine lisibles laisse toute la chance à l'espace, au soleil, au ciel. Le photographe semble très curieusement bien au-dessus du bassin et il est bien repéré par les baigneurs. Je tiens le pari que les deux photographies de cette piscine de Salbris furent prises lors de la même séance.
Retournez-là pour revoir de belles images de cette piscine :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/09/piscine-couleurs-primaires.html
On aime que l'éditeur Combier nous donne toutes les informations : Arch : Cabinet de Messieurs A. Charnier, J-P. Aigrot, F. Charras à Fontenay-aux-Roses. Au fond le grand bassin, Arch Mr Joubert à Blois.
Voilà qui est précis !
Retrouvons une vieille amie :
Ce chaos superbe de volumes penchés dont la polychromie accentue encore le mouvement est bien la piscine de Grande Synthe. J'avoue beaucoup aimer ce genre de machine étrange. Malheureusement, je ne trouve pas qui en est l'architecte ou le concepteur ni qui en a conçu le jeu de couleurs rayant ainsi toute la surface en tôle de bleu clair, de bleu foncé, et de blanc ! La carte postale est une édition de l'Europe Pierron. On note que le photographe replace depuis une hauteur la piscine dans son élément : une cité en hard french. Le parking donne sans doute la mesure de la fréquentation de cette piscine qui semble énorme ! Elle n'existe plus ainsi.
Retrounez la voir ici aussi :
https://archipostcard.blogspot.com/2012/09/la-beaute-du-monde-parfois.html
Pour finir avec vos icônes favorites, celles qui vous font faire le Tour de France de leur présence ou de leur disparition, celles devenues des stars des Trente Glorieuses, celles enfin, d'un fantasme de sauvetage pour y vivre, voici, oui, voici (roulement de tambour), voici deux piscines Tournesols :
On aime la belle piscine Tournesol de Bourgoin-Jallieu et sa robe orange vif, on aime la pureté de la blancheur de la piscine Tournesol de Saint Estève.
On remercie pour la première les éditions Cellard et on aimerait aussi savoir qui a dessiné le centre de formation d'apprentis de Bourgoin-Jallieu qui semble bien intéressant. Voilà une piste à creuser.
On remercie les éditions Audumares de Perpignan pour celle de Saint Estève.
Je n'ajouterai rien, tout a déjà était écrit, commenté, discuté, regretté...pillé.






















