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mardi 19 avril 2022

L'autre piscine des Trente Glorieuses

 Bien entendu, on sait tous sur ce blog que ce modèle de piscine fut totalement éclipsé par la piscine Tournesol de Bernard Schœller. C'est le drame des icônes, elles écrasent la réalité de la profusion des modèles au titre de leur unicité spectaculaire.
Doit-on s'en plaindre ou reconnaître la supériorité de l'une sur l'autre ? Ne nous plaignons pas et montrons simplement que ce qui fait l'histoire (une forme, une idée, un matériau) a su aussi se retrouver dans d'autres modèles tout aussi intéressants.
La piscine Caneton en est bien l'exemple.
Comme j'ai déjà chanté les qualités et la beauté (intelligence mêlée de formes) de ce modèle dans de nombreux articles, je me laisse juste le plaisir de vous montrer trois nouveaux exemples de piscines Caneton dans nos villes et villages. Il serait d'ailleurs intéressant d'avoir les arguments du choix alors des municipalités pour tel ou tel modèle : terrain, coût, disponibilité, esthétique ?
Commençons :



Voici que l'éditeur Combier nous régale de cette piscine Caneton de Salbris en nommant précisément les architectes : Cabinet de Mr Charvier (nommé Charnier !), Aigrot, Charras à Fontenay-aux-Roses . Le photographe cadre avec les portes ouvertes les poutres de la structure. Que c'est beau tout ce bleu ! Je vois que sur cette version de Salbris les poutres sont laquées de blanc alors que les autres piscines Caneton laissent le bois apparent.
Par exemple, ici à Ruffec !



C'est l'éditeur Artaud qui nous régale de cette belle scène de genre. On note que l'éditeur nomme bien les architectes Charvier, Aigrot et Charras. Les panneaux sont ici oranges au lieu du bleu de Salbris. On devine mieux aussi l'ouverture du toit. Là encore la piscine est accompagnée d'un bassin extérieur.
Et enfin :



Cette piscine Caneton est à Gex. La carte postale expédiée en 1986 est une édition Combier qui cette fois ne nomme pas les architectes. Poutres en bois, panneaux bleus, la foule des gamins est au rendez-vous avec le maître-nageur.
Il ne semble pas qu'il y ait un bassin extérieur.
Une fois encore les éditeurs de cartes postales font bien leur travail d'inventaire sans attendre des Atlas. Une fois encore, les petites choses de l'Histoire de l'Architecture sont ainsi représentées dans leurs usages, avec des gens et des auteurs, sans l'anonymat pratique de typologies épuisées. Une fois encore, il faudra se demander ce que nous devons faire de cet héritage et du sens de cette architecture à transformations, associant plastique, bois et métal, de cette architecture populaire et intelligente qui a su remplir un rôle essentiel dans ce temps de la Modernité.
Malheureusement pour elle, la piscine Caneton sera sans doute oubliée sous le poids des piscines Tournesol qui ont déjà beaucoup de mal à être sauvegardées.
Il semble bien qu'aucune de ces trois piscines Caneton n'ait survécu. Ne nous reste donc que ces belles cartes postales comme objet d'archive.
J'ai déjà enfilé mon slip de bain. Je vous attends.
Pour revoir quelques piscines Caneton :
etc...
pour revoir les fameuses Tournesol, 36 articles à votre disposition ici !

samedi 8 avril 2023

Vasarely en maillot de bain



Vasarely aurait pu en installer une chez lui.
Une quoi ?
Une piscine Caneton bien sûr !
Tout comme la piscine Tournesol qui reste le maitre-étalon, la piscine Caneton reste un must de l'architecture modulable et préfabriquée en France. Et si elle a moins d'écho face à celle de Schoeller, la piscine Caneton mérite aussi qu'on en face un inventaire.
Intelligente, belle, pop, ayant bien fait son travail, la piscine Caneton était un bel objet architectural un peu oublié aujourd'hui.
Regardez ! N'avez-vous pas envie de vous installer là devant les panneaux ouverts pour prendre le bleu du ciel et le bleu des panneaux dans vos yeux ? (et la dureté du sol sur vos fesses ?)
On voit bien l'architecture fonctionner. On voit que le photographe a trouvé un moment parfait pour raconter comme elle fonctionne. Deux panneaux ouverts permettent de voir l'intérieur, deux panneaux fermés de comprendre sa modularité. On cadrera des jeunes pour saisir qu'à la belle saison, l'espace de la piscine s'étend alors sur l'extérieur, une sorte de plage...
Le photographe des éditions Combier ayant fait un cliché de l'extérieur et de l'intérieur, il y a fort à parier que les deux clichés ont été pris successivement, dans la même séance photographique. Nous sommes à la piscine de Bonneval.
Sur les deux clichés, le photographe est bien repéré par les baigneurs. On le regarde, on nous regarde. Il faudra donc ré-installer ce modèle de piscine dans l'histoire de l'Architecture comme ayant réussi l'amalgame d'un programme économique et politique, d'un exemple d'une structure en lamelle-collé (dont il faudra faire l'histoire), de l'utilisation du plastique et de la modularité dans un design cinétique et pop.
Remercions les architectes du modèle de la piscine Caneton : A. Charrier, J.P. Aigrot, F. Charras.
Les éditions Combier ne les ont pas oubliés. Et nous ?

pour voir ou revoir des articles sur les piscines Caneton :



samedi 23 septembre 2017

Piscine couleurs primaires

Et il faudra bien faire un combat.
Celui entre deux modèles de piscines ayant connu la gloire des Trente Glorieuses et qui ont su faire toutes deux images de cette période. La piscine Caneton et la piscine Tournesol se sont opposées pour donner au plus profond du territoire français l'occasion à la jeunesse de nager, de draguer, de prendre le soleil échauffant les corps dans une délicieuse odeur de chlore.
Disons-le tout net : Tournesol a gagné.
Devenue une icône comme Bardot, la 2cv ou le Bic, la piscine Tournesol est connue de tous. La Caneton l'est bien moins. Commençons par elle :




Nous sommes à Salbris devant le grand bassin et à l'arrière-plan la piscine Caneton est toute ouverte, offrant son bassin au ciel. Car, comme la Tournesol, la Caneton offrait cette opportunité de pouvoir moduler ses ouvertures et de se transformer l'été venu. De grandes portes de résine s'ouvrent par le milieu et donnent l'occasion de vivre une architecture disparaissant en quelque sorte pour ne laisser visibles que les poutres et son toit très légèrement courbé. Je me suis toujours demandé qui avait l'autorité de l'ouverture et de la fermeture de ces piscines ? La carte postale est une édition Combier qui nous donne le nom de l'architecte : Monsieur Joubert à Blois...
Ce qui est bien étonnant car la piscine Caneton de Salbris est le prototype dont on sait qu'il est dû aux architectes Alain Charvier, Jean-Paul Aigrot et Franc Charras en 1972. Mais sur cette carte postale un petit détail m'amuse. Bien alignés sur le bord du bassin quatre adolescents nous offrent les couleurs franches de leur maillot de bain : bleu, jaune, vert, rouge. Comme si, pour une quadrichromie nécessaire, le photographe les avait sélectionnés.


Dans l'indispensable Architectures des Sports de Marc Gaillard on trouve un article sur ce type de piscine Caneton avec de superbes images qui nous montrent un exemplaire tout juste achevé. S'agit-il de celle de Salbris ? Impossible de le dire... On y voit des messieurs en costume qui visitent la piscine. Je m'amuse à croire que parmi eux figurent peut-être les architectes.













































Mais comme je vous sais grands amateurs de la Piscine Tournesol et que nous poursuivons son inventaire par les cartes postales, je vous offre cette nouvelle venue :

Nous sommes à Cours toujours grâce à l'éditeur Combier. Le photographe anonyme choisit de nous montrer la piscine fermée et sa superbe structure métallique. Peu de monde finalement dans ce bassin. On aimera aussi pouvoir voir les beaux aménagements intérieurs qui furent aussi dessinés par Bernard Schœller l'architecte. Continuons donc, ainsi, à chercher pour chacune d'elles une représentation avant que de toutes, les unes après les autres, entre destructions et relookage, il ne reste plus rien de leur histoire.


mercredi 21 janvier 2026

Peux pas...j'ai piscine caneton, tournesol etc...

 


Puisque j'ai commencé, il faut bien que je continue. Certainement aussi pour maintenir l'intérêt iconique de ces deux architectures devenues depuis peu des incontournables des amateurs d'architecture moderne.

Faire un inventaire.

Pas une semaine sans que la piscine Tournesol ne fasse quelque part l'objet d'une vénération Vintage larmoyante sur sa future disparition ou d'une déclaration émouvante face aux souvenirs d'enfance. En passe de devenir comme le stylo Bic, la 2cv, le verre Gigogne Duralex ou le Solex, un objet d'attendrissement populaire, la Piscine Tournesol aura donc mis beaucoup de temps (trop de temps...) pour devenir du Patrimoine. Nous nous sommes déjà expliqué ici à ce sujet qui chatouille les agents du Patrimoine :

https://archipostalecarte.blogspot.com/2022/12/y-en-marre-des-piscines-tournesol-et-de.html


Donc...je ne pouvais vous laisser sur ce blog sans vous montrer la dernière carte postale trouvée nous montrant la Piscine Tournesol de Bourgoin-Jallieu, piscine associée à de l'architecture moderne de la ville, le tout étant dans les tons ocre, orange, rose...On s'amuse donc que l'éditeur Cellard nous indique qu'il s'agit là des "nouveaux aspects", dans les années 50, les éditeurs n'avaient pas peur d'écrire : "ville moderne".

Bref...c'est une assez belle carte postale montrant bien comment on aimait encore à cette période chanter la Modernité de l'architecture et la transformation des villes. Aujourd'hui...mes étudiants se battent pendant leurs évaluations contre les attaques faites à Corbu, le traitant de fasciste. On vit vraiment une autre époque du rapport à la Modernité...On note que la carte fut expédiée pour un jeu en 1985 mais je la crois plus ancienne.

Comme on aime la Piscine Tournesol on ne peut qu'aimer aussi sa concurrente et bien moins soutenue piscine Caneton qui pourtant était très belle aussi et surtout très intelligente dans sa construction, offrant les mêmes désirs que sa soeur : économique, préfabriquée, modulable, ouverte sur l'extérieur, pop.




La Piscine Caneton faudra aussi en sauver un ou deux exemplaires mais malheureusement je crois bien que la Tournesol éclipse dans les coeurs et dans les recherches patrimoniales sa place pourtant méritée.

Celle-ci est à Aise-sur-Vienne et c'est l'éditeur Cap-Théojac (où sont vos archives ?) qui nous régale de cette très belle vue nous faisant bien comprendre les possibilités de cette piscine Caneton. N'allez pas à Aise-sur-Vienne avec votre maillot de bain...La piscine n'existe plus...Oups...

Rappelons les noms des architectes : messieurs Charvier, Aigrot et Charras. Merci à eux pour ce beau travail.

Pour revoir les piscines Tournesol sur ce blog...vous avez l'embarras du choix...

etc...

Pour les piscines Caneton :

etc...



jeudi 7 mai 2020

coin coin coin Monsieur le Conservateur coin coin coin







La Cité de l'Architecture et du Patrimoine me demande gentiment de leur proposer une sélection de mes cartes postales sur la piscine Tournesol de Monsieur Schœller afin de rendre hommage à cet architecte disparu il y a peu. Merci de cette confiance.

C'est avec plaisir que je me plie à cette demande et que je scanne mes images qui sont
donc maintenant diffusées sur le site de la Cité.

https://www.citedelarchitecture.fr/fr/CiteDeLArchiChezVous/la-piscine-tournesol-de-bernard-schoeller

Mais voilà, il y a un problème et pas des moindres. Je vous explique. Les cartes postales sont associées à une vidéo où l'on voit Monsieur Antoine Lebas, conservateur du Patrimoine à l'inventaire général de la Région Ile-de-France expliquer la genèse du travail de Schœller et des autres productions du concours Mille Piscines.
Mon sang ne fait qu'un tour devant la quantité d'imprécisions et même d'erreurs affirmées par Monsieur Lebas. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne maîtrise pas ce sujet, sujet pourtant rebattu dans la littérature de l'histoire de l'Architecture des Trente Glorieuses.
 Il ose même affirmer que le modèle de piscine Caneton n'a pas donné lieu à des productions.
......
Pardon Monsieur le Conservateur du Patrimoine à l'inventaire général de la Région Ile-de-France ?
Pardon....
Euh....
Comment dire ?
Faudrait voir à travailler vos conférences.
Mais de la même manière que j'aime apprendre, j'aime aussi informer les personnalités ayant des responsabilités comme les vôtres, alors je vous conseille de lire un peu, d'aller voir, de faire des recherches avant de balancer de telles bêtises.
Et par exemple, vous pourriez lire les Années Zup, Architectures du Sport, vous pourriez venir voir sur mon blog... Et vous pourriez aller à Ville d'Avray...
Mais comment est-ce possible dans une telle institution, avec un tel titre d'être un intervenant aussi peu précis ? Mais pourquoi donc ? Pourquoi passer à côté de cette occasion de justement remettre correctement Monsieur Schœller et son travail dans un vrai paysage de la production de l'époque, de bien montrer en quoi son modèle s'oppose à celui des autres, nous expliquer les raisons architecturales qui ont fait le succès de l'une ou l'autre des productions ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Surtout qu'il y a eu des piscines Caneton construites chez vous, Monsieur Lebas, en... Ile-de-France !
Ça fait peur un peu non ? ÇA PIQUE UN PEU....au vu de vos responsabilités de conservateur du Patrimoine...
Comme je ne désire pas que mes cartes, que mon souhait de mettre en avant cette architecture du XXème siècle soient associés à aussi peu de précisions, je suis obligé ici de m'étonner qu'une telle institution laisse passer de telles imprécisions. On avait déjà eu la chance d'entendre Monsieur Rambert en dire lors de l'hommage à Claude Parent. Il faut croire que lors des hommages aux architectes décédés, la Cité de l'Architecture et du Patrimoine ne sache pas bien à qui donner la parole.
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/06/hommage-claude-parent.html

Monsieur Antoine Lebas, conservateur du Patrimoine à l'inventaire général de la Région Ile-de-France, c'est pour vous, c'est cadeau. Prenez votre maillot de bain et venez me rejoindre dans l'une des nombreuses piscines Caneton de France.... Et en Ile-de-France...

Bonne lecture :

https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/09/piscine-couleurs-primaires.html

https://archipostalecarte.blogspot.com/2020/01/a-vaillant-cur-rien-dimpossible.html

https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/10/overdose-de-chlore.html

https://archipostcard.blogspot.com/2011/08/caneton-versus-tournesol.html


lundi 21 mars 2022

Pareil pas pareil, le duo Maillard Ducamp

Il y a certainement quelque chose de fascinant à ce que l'édition de cartes postales rende compte de l'édition de l'architecture. En effet, comme nous le suivons sur ce blog avec les piscines Tournesol ou Caneton, certains objets architecturaux réalisés en série sont bel et bien diffusés en série par ce médium populaire. On croit donc souvent revoir une construction que nous connaissons déjà alors qu'il s'agit d'un même modèle construit ailleurs. La mémoire fait ainsi des bonds et il est curieux de se voir piégé d'un lieu à un autre. Et puis, il y a des architectes qui ont, pendant leur carrière, tenté de diffuser partout où cela était possible un système constructif et structurel permettant de répondre à chaque fois d'une manière similaire. Voir par exemple Michel Duplay.
C'est bien aussi le cas des architectes Maillard et Ducamp.
On peut s'en apercevoir d'une manière assez simple en prenant notre guide vénéré et en s'apercevant du nombre d'entrée dans ce seul guide : 9 ! Et Archires aussi nous donne plein d'entrées également, surtout des piscines d'ailleurs.
J'avoue aimer retrouver cette silhouette si particulière des piscines dessinées par le duo Maillard et Ducamp et de le reconnaître mais aussi, chaque fois, avoir un doute sur sa localisation, à cause justement de la multiplication de ce modèle.
Regardez :





Il est certain que cette écriture architecturale reste facilement identifiable et que depuis une simple carte postale on pourrait se penser devant la même piscine ! Or, nous sommes, dans l'ordre à Tournon, Montbard, Avallon, Orsay et Château du Loir !
Toutes des piscines donc ayant comme architectes Maillard et Ducamp et leur fameux et très beau système de construction en béton. Vous me direz que nous avons l'habitude de la préfabrication des piscines pendant cette période avec les Piscines Caneton ou Tournesol mais ici, loin de l'image de légèreté et d'atterrissage de ces modèles, nous avons une mise en œuvre du béton précontraint et d'un jeu très subtil et formellement réussi de points portants et de points d'extension. C'est d'une grande beauté et intelligence structurelles, celles du Brutalisme à la française, c'est à dire alliant d'abord une efficacité à une esthétique. 
Et ce travail fut largement édité et diffusé dans les revues de l'époque.
Par ordre d'apparition donc :

1 une édition Combier expédiée en 1970 qui nomme les architectes Maillard avec Ducamp-Roche pour cette piscine de Tournon. Difficile de savoir pourquoi ici le nom de Ducamp est associé à Roche. La jeune Véronique indique que le camping est très propre. C'est déjà ça. On admire le travail du photographe qui réussit, tout en étant proche, à nous faire voir à la fois le bassin extérieur et la façade superbe de la piscine. Admirons le travail du béton, la succession des courbes et des ouvertures.

2 une édition la Cigogne pour cette piscine de Montbard qui nomme bien les architectes Ducamp et Maillard (DPLG) et associe également les architectes Jouven et Phelouzat, également DPLG. Certainement les architectes qui ont suivi sur place la mise en ordre. Pas de date d'expédition ni de photographe. Comme la structure est ouverte en partie haute, on peut admirer la structure et le remplissage ici des espaces non plus par du béton mais par des briques.

3 une carte publiée par les Éditions Nivernaises qui nous montrent donc la piscine d'Avallon. Les architectes sont bien nommés, Maillard et Ducamp, la carte fut expédiée en 1970. Le photographe se place hors du terrain de la piscine, cadre donc d'un peu loin celle-ci. N'a-t-il pas eu l'autorisation de rentrer, n'avait-il pas pris son maillot ou bien a-t-il décidé d'installer la piscine dans son décor urbain ? On note, là aussi, un remplissage par la brique.

4 une édition Combier pour cette carte de la piscine d'Orsay. La carte nomme bien le duo Maillard et Ducamp et y ajoute Monsieur Hubert comme architecte d'opération. J'aime qu'il y ait si peu de monde dans son grand bassin, la couleur de l'eau et le store rouge vif lui donnent beaucoup d'allure aussi. On notera que la piscine est accessible par une immense rampe qui longe une bâtisse ancienne... C'est étrange cette rampe. Les huisseries en bois sont superbes. La carte ne fut pas expédiée ni datée et ne comporte pas de nom de photographe.

5 une édition Abeille-Cartes pour Lyna (écrivez-moi) nous montre donc la piscine de Château du Loir. La carte fut expédiée en 1976 mais la carte est plus ancienne sans doute. On note que, cette fois, les architectes sont oubliés mais que le photographe Monsieur Serge Henry est lui bien nommé. Aurait-il fait partie d'une équipe de la célèbre maison Lyna ? On note le peu de monde dans cette piscine ce qui fait rêver. L'architecture de Maillard et Ducamp se déploie le long du bassin, tranquillement. Une image d'un certain idéal.

Si, dans vos promenades, vous voyez une piscine Maillard-Ducamp dites-vous bien que vous avez en quelque sorte un don d'ubiquité architecturale. Ne nous reste qu'à trouver un jour une carte postale de l'intérieur pour compléter notre admiration de ce beau travail structurel.

Pour revoir toutes les piscines Tournesol ou Caneton (vous avez du boulot...) :


mardi 28 janvier 2020

À vaillant cœur, rien d'impossible


Bien entendu, lorsque je vois cette image, cette carte postale, j'y ajoute ma culture.
Nous sommes nombreux à le faire.
Mais alors que je me réjouis de cette reconnaissance immédiate de l'objet, je me pose la question de ce qu'une architecture peut rester muette à sa fonction depuis seulement sa vision.
Comment celui ou celle qui ne connaîtrait pas les piscines du modèle ci-représenté (modèle Caneton), pourrait-il savoir que derrière cette façade géométrique se cache bien une piscine ?
Et, si la réponse est non, est-ce grave voire volontaire ?
Et pourquoi le photographe des éditions de l'Europe a-t-il choisi de laisser ainsi l'architecture muette à sa fonction en ne la photographiant pas ouverte, animée ou depuis l'intérieur ?
Il faut donc à l'éditeur dire sur le verso la fonction de ce bâtiment : la Piscine Municipale.
Sans doute, aussi, est-ce pour cela que le photographe cadre la barrière et la pancarte pour que soudain, de suite, l'identification ait lieu. C'est très pratique.




















Car l'architecture ne dit rien. Elle préfère dire la peinture abstraite, dire Vasarely, afficher clairement une grande composition plastique alternant les jeux du carré, du triangle, du blanc, du bleu, du noir.
Sans doute que cette répétition peut permettre au moins de comprendre la modularité. C'est tout.




















Le photographe alors, face à cet objet curieux et affirmant sa modernité, a certainement regretté de ne pouvoir cadrer sans que le lampadaire vienne troubler cette pureté formelle. Il aurait pu entrer, mettre derrière lui ce lampadaire, mais il aurait à la fois perdu le recul nécessaire pour tenir l'objet dans son cadre mais aussi perdu l'indication de ce qu'est cet objet. Il fallait donc choisir cette distance et que le lampadaire, par sa verticale vienne perturber l'horizontalité de la piscine.
Je ne sais pas trop pourquoi, sans doute le ciel et les arbres sans feuilles, quelque chose me dit un matin froid, humide. Si j'avais fait ce cliché, je crois que je n'aurais pas résisté à poursuivre le travail par un petit plongeon. Car il faut toujours éprouver les images de l'architecture au réel de leur fonction.
Sur le verso, Bernard, le 11 juillet 1987, donne la réponse à un jeu : "à vaillant cœur, rien d'impossible."
C'est bien ce que je dis.
C'est bien ce que j'essaie aussi de faire.

Pour revoir les articles sur le modèle piscine Caneton, vous pouvez aller là. On remarque que l'éditeur ne nomme ni son photographe ni les architectes, messieurs Charvier, Aigrot, Charras.
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=caneton

mardi 16 octobre 2018

Overdose de chlore

Je n'ai pas de chance car, chaque fois que j'entends Vesoul, j'entends Brel bêler sa chanson et, comme je déteste ce chanteur, j'ai du mal à être objectif.
Un type en sueur qui gueule  qu'il pisse comme il pleure sur les femmes infidèles est tout de même peu admirable. Les femmes, quand bien même seraient-elles infidèles ne méritent pas qu'on leur pisse dessus. Face à de tels misogynes, l'infidélité est une sortie de secours à Vesoul ou à Amsterdam.
Mais il ne faut pas non plus pisser dans le grand bassin. La piscine est associée à cette légende tenace qui, enfant, vous refroidit l'envie de plonger et nager avec vos camarades même si la rumeur court que l'eau changerait de couleur si par hasard ce relâchement avait lieu...
Vesoul...
Voilà ta chance :

Cette très belle carte postale Combier nous montre donc la piscine Caneton de Vesoul. Le photographe choisit le moment où elle est fermée et montre donc ses très beaux panneaux géométriques de couleur orange alternant avec des vitres très sombres ici. On aime comment cette ligne vient jouer avec les courbes du petit bassin en forme de haricot encore très années cinquante et le petit bordel d'une rocaille donnant aux baigneurs, sans doute, l'impression d'être à la montagne...


Au dos de la carte postale, très étonnante, une phrase écrite par la correspondante indique : " la piscine découverte est à la place du photographe."
Qu'est-ce que cela veut dire ? Y-a-t-il un autre bassin ? Sans doute. En tout cas, c'est un cas rare dans ma collection d'une prise de conscience par l'acheteur de la position du photographe de cartes postales.
Comme nous aimons bien les belles piscines Caneton, nous avons grand plaisir à retrouver celle de Salbris dans un très beau cliché toujours par Combier :



Quel document merveilleux ! Dommage que nous n'ayons pas le nom du photographe !
L'animation est superbe et surtout nous pouvons parfaitement lire les structures de cette piscine, la belle idée de sa transformation et comment la capillarité entre dedans et dehors est ici bien travaillée. L'ouverture des panneaux à peine lisibles laisse toute la chance à l'espace, au soleil, au ciel. Le photographe semble très curieusement bien au-dessus du bassin et il est bien repéré par les baigneurs. Je tiens le pari que les deux photographies de cette piscine de Salbris furent prises lors de la même séance.



Retournez-là pour revoir de belles images de cette piscine :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/09/piscine-couleurs-primaires.html
On aime que l'éditeur Combier nous donne toutes les informations : Arch : Cabinet de Messieurs A. Charnier, J-P. Aigrot, F. Charras à Fontenay-aux-Roses. Au fond le grand bassin, Arch Mr Joubert à Blois.
Voilà qui est précis !
Retrouvons une vieille amie :



Ce chaos superbe de volumes penchés dont la polychromie accentue encore le mouvement est bien la piscine de Grande Synthe. J'avoue beaucoup aimer ce genre de machine étrange. Malheureusement, je ne trouve pas qui en est l'architecte ou le concepteur ni qui en a conçu le jeu de couleurs rayant ainsi toute la surface en tôle de bleu clair, de bleu foncé, et de blanc ! La carte postale est une édition de l'Europe Pierron. On note que le photographe replace depuis une hauteur la piscine dans son élément : une cité en hard french. Le parking donne sans doute la mesure de la fréquentation de cette piscine qui semble énorme ! Elle n'existe plus ainsi.



Retrounez la voir ici aussi :
https://archipostcard.blogspot.com/2012/09/la-beaute-du-monde-parfois.html
Pour finir avec vos icônes favorites, celles qui vous font faire le Tour de France de leur présence ou de leur disparition, celles devenues des stars des Trente Glorieuses, celles enfin, d'un fantasme de sauvetage pour y vivre, voici, oui, voici (roulement de tambour), voici deux piscines Tournesols :




On aime la belle piscine Tournesol de Bourgoin-Jallieu et sa robe orange vif, on aime la pureté de la blancheur de la piscine Tournesol de Saint Estève.
On remercie pour la première les éditions Cellard et on aimerait aussi savoir qui a dessiné le centre de formation d'apprentis de Bourgoin-Jallieu qui semble bien intéressant. Voilà une piste à creuser.
On remercie les éditions Audumares de Perpignan pour celle de Saint Estève.
Je n'ajouterai rien, tout a déjà était écrit, commenté, discuté, regretté...pillé.