mercredi 4 septembre 2013

Poésie avec ou sans photographe

D'abord à Albon, une petite résidence prise dans ses fuyantes, pointant au loin vers la fuite, disant en noir et blanc la petitesse convenue du Hard French, tout en offrant une image simple et tranquille :



La résidence porte un nom joli : la résidence du Val. Elle est dans une rue qui porte un joli nom : Charles Baudelaire. Dommage que cela ne soit pas Rimbaud ! Nous aurions presque le Dormeur du Val !
La carte postale ne nomme ni son architecte ni son photographe. Pour quoi faire ? On connaît bien maintenant cette typologie superbe, sa réalité historique qui fera sans doute, un jour l'histoire d'une Histoire.




On s'étonnera tout de même que cette petite chose ait été postée en 1987 seulement ! Soit bien 30 ans au moins après l'édition de la carte postale. Où dormait-elle pendant tout ce temps ? Au fond d'un vallon ?
Puis vient le photographe :



À Bondy, dans la Cité la Noue Caillé, Monsieur Vasserot, photographe fait ce cliché superbe. Nous avons au verso de la carte postale son adresse : 6, allée Courbet au Raincy.
Pas d'éditeur, donc certainement un petit tirage local pour cette très belle carte postale d'une expressivité et d'une qualité de tirage incroyables.
Cela est hardi, contrasté, puissant et même un rien dur dans sa lumière qui fait admirablement fonctionner le jeu de la façade.
Les enfants jouent, un petit garçon prend la pose et offre un punctum, un "ça" photographique qui nous évoque la vie et la relation touchante avec le lieu.
J'aime cette poésie construite et j'aime la poésie de hasard de la première carte postale.
L'anonymat du premier photographe est finalement sa manière d'être objectif, la nomination de la seconde la preuve d'un regard construit.






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