mercredi 21 octobre 2026

Parent/Virilio, un caillou en friche

 Le monde de la carte postale moderne ne cessera donc de m'apporter des surprises alors même que je pense toucher le fond.
Les Aficionados de ce site savent toute l'histoire qui me lie à Claude Parent. Beaucoup d'articles évoquent son travail, notamment pour les centre commerciaux, et racontent ma rencontre avec l'architecte.
Mais voilà : lorsque souvent on me demande si je ne devais garder qu'une seule carte postale dans ma collection, laquelle je garderai, il m'arrive souvent de dire que ce serait l'une de celles de l'église Sainte Bernadette du Banlay à Nevers. Je serai bien heureux aujourd'hui de pouvoir pointer celle-ci :



Oui, cette carte postale est bien inédite sur ce blog ! Voilà donc une nouvelle carte postale de ce qui est, sans aucun doute, l'église du XXème siècle en France la plus singulière. Comme Monsieur Parent m'avait fait l'honneur de me citer dans l'ouvrage sur Nevers, je ne vais pas refaire ici la démonstration de mon amour pour ce caillou de béton brut, pour ce bunker de la Foi, pour cette grotte en pente douce. Non.
Je voulais juste partager avec vous le fait que, finalement, il ya bien eu un nombre assez conséquent de cartes postales éditées pour représenter cette oeuvre de Parent et Virilio.
Celle-ci est une édition France Publicité, elle n'est pas écrite, pas datée, le photographe n'est pas nommé et encore moins...les architectes !
On remarque juste que le photographe était un rien impatient de faire sa carte postale car il est venu alors même que l'église du Banlay émerge encore d'une sorte de friche, un terrain peu travaillé, comme si on n'avait pas eu le temps d'en travailler les abords. Alors si aujourd'hui, l'école de Gilles Clément verrait dans ce joyeux bordel des plantes dites sauvages l'expression la plus belle des non-humains, on pourrait aussi y voir l'expression d'un photographe qui a su comprendre qu'il s'agit autant d'un caillou échoué que d'une église. L'impatience du photographe célèbre donc le surgissement et la puissance. On notera le très bel angle pris par le photographe permettant de bien lire l'enchainement des volumes tout en laissant derrière, de manière discrète mais en contraste, la petite cité. Le ciel est évidemment complètement retravaillé et l'image est coupée en trois lignes de couleur : une bleue, une ocre, une verte.
On aime tout particulièrement le store rouge à droite, parfait contre-point à cette très belle image.

Mais voilà aussi :



Chez le même éditeur et donc certainement du même photographe, voici l'autre surprise, une carte postale de l'intérieur cette fois !
On comprend mieux le génie des deux architectes, on sent la pente sous nos pieds et surtout sous nos yeux, on comprend parfaitement comment le bloc a été fendu et mal recollé pour laisser passer la lumière.
La Grotte est là aussi. 
On notera que cette carte fut expédiée en 1989 pou remercier d'un baptême qui avait donc du avoir lieu là. Quelle chance.
Voilà donc une belle entrée en matière pour me rappeler mon lien avec ce lieu et ses architectes. J'aimerai tellement, un jour, y emmener tous mes étudiants dans un grand bus confortable, voir leur tête lors du surgissement du caillou, les voir arpenter les contours, expérimenter les pentes, pénétrer par les interstices.
Rien dans la vie ne me réjouit plus que ça, cette transformation de leur visage, la béatitude amusée de leur bouleversement.
Je le ferai.

En attendant, nous avons un rendez-vous à Nevers pour l'inauguration de la fin des travaux sur l'église ce samedi 24 octobre.
Je me fais avec joie le relais de cette manifestation. Je ne sais pas si je viendrais, c'est un peu loin pour moi.
Mais faites le voyage, un jour, faites le voyage. Tout semblera différent après comme un baptême au brutalisme, au vrai. Puis allez à Piacé, éprouver l'oblique et le courage.
Belle journée avec Monsieur Parent et Monsieur Virilio.
David Liaudet

Pour revoir quelques messages :
Etc...etc...etc...

Et bien sûr 
etc...etc...etc...







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