lundi 22 août 2022

Toute une semaine avec Perret : volume 1

Comme un bonheur n'arrive jamais seul, je vous propose de décliner une suite sur les Frères Perret (et Auguste en particulier) en plusieurs articles afin, qu'avec délectation, vous puissiez voir ce beau et important travail et saisir comment il était représenté en cartes postales.



Et on commence fort avec une carte postale assez inattendue et même je crois assez étonnante. Il s'agit d'une carte postale de l'intérieur de La Chapelle de l'École de la Colombière à Chalon-sur-Saône dont nous avions déjà vu l'extérieur ici :


Nous étions déjà étonnés d'en trouver cette représentation depuis l'extérieur mais je ne pouvais penser que les éditeurs avaient aussi suggéré d'en faire une de l'intérieur. Non pas que le lieu ne le mérite pas (bien au contraire !) mais bien plus parce que cette Chapelle est tout de même moins repérée que l'église du Raincy que nous verrons cette semaine et qui fut déclinée en de multiples cartes postales.
Même si l'époque est à l'édition de petites séries et d'une profusion de cartes postales, je suis donc très heureux de voir que cette Chapelle ait connu donc au moins deux cartes postales. Comment d'ailleurs dans cette école de la Colombière ces cartes étaient distribuées ?
La carte est d'une pauvreté éditoriale assez radicale. Au dos ne figure que le nom de l'imprimeur qui sépare le carton en adresse et correspondance. Le cartouche descriptif vient manger l'image mais nous donne bien le nom des architectes : A. et G. Perret. Le tirage est en hélio sépia de piètre qualité, ce qui semble tardif. Quant à la qualité photographique, elle tient surtout par le contraste très fort qui permet au dessin des claustras de béton de tout de même s'exprimer même si le contre-jour mange un rien les détails et le travail des vitraux. Le cadrage pointe un angle ce qui ne permet pas bien de saisir la spatialité et rend tout cela un peu raide, un peu rude...
Pour ce qui est de l'architecture des Frères Perret, pas de souci, on retrouve bien tout le vocabulaire, la maigreur structurelle et son intelligence, la percée totale des murs et l'effet de claustra, une géométrie spatiale tendant à l'abstraction. Ici difficile de comprendre à quelle fonction est dédié ce lieu si on ne voit pas le mobilier... Une boîte percée de trous réguliers en motifs géométriques simples, voilà la proposition. On note que le plafond laisse voire les planches du coffrage et que le photographe semble prendre son cliché depuis la hauteur d'un balcon sans doute similaire en symétrie avec celui visé en face. C'est donc un cliché inattendu pour une architecture moins connue dans une édition pauvre... Un trio gagnant pour discuter de la diffusion  du travail d'architectes très connus et absolument modernes au sens du nudisme architectural et du futur brutalisme à la française. Magnifique témoignage de cette école, de cette histoire.
Pour info la carte ne fut ni écrite ni envoyée.
Vite ! Rangeons-la dans ma collection.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire