samedi 10 août 2013

Aalto, poétique de la fonction

Nous allons pour la première fois sur ce blog évoquer l'œuvre de Alvar Aalto.
Pourquoi si tardivement... Aucune idée ! Sans doute que ses œuvres furent peu diffusées en cartes postales !
Alors profitons un peu de cette église de Riola en Italie pour voir au travers de trois cartes postales le travail subtil de cet architecte si important.



Cette belle carte postale de l'extérieur de l'église nous montre bien le profil de la construction et comment celle-ci est éclairée par des lanterneaux en dents de scie formant ainsi comme un horizon de petites montagnes. On remarque aussi la blancheur et la peau très lisse de la construction mettant en avant la forme dudit profil.
La volumétrie semble se compliquer sur le côté à droite de l'image alors que l'entrée de l'église est réduite finalement à un grand rectangle d'une simplicité presque rude...
On aimera que le dessin ne fasse pas glisser la ligne de gauche directement sur le sol mais se torde légèrement et vienne en appui sur la petite construction longitudinale dont, je l'avoue, j'ignore le rôle et qui est aussi éclairée par une rampe sur le toit. L'éditeur de cette carte postale est Cabicar et le photographe qui aime briser le ciel avec du feuillage est Angelo Masina.
On entre ?



La lumière !
Quelle lumière !
Tombant bien de ces lanterneaux, elle donne surtout à voir les arches qui font toute la structure de cette église de Riola.
On aimera ce dessin d'une belle ampleur, libre et qui semble avoir poussé d'un coup, comme si la main avait tracé cela d'un seul geste. Un peu comme les beaux dessin de Ellsworth Kelly, un peu comme une chose naturelle et maîtrisée en même temps. On retrouve bien au fond de l'image la grande ouverture de bois. La seule décoration ici est un bouquet de glaïeuls dont étrangement le rose vient teinter un rien la lumière sur le haut de l'image.
La jubilation n'a besoin de rien d'autre. L'espace fait tout, la lumière le donne à voir, pourquoi ajouter autre chose ?
On aimera aussi la grande rigueur du mobilier. La carte postale est du même éditeur et du même photographe.
Plus proche :



Ce détail est très intéressant d'un point de vue architectural et on ne peut que se réjouir que face à une œuvre offrant ainsi une grande simplicité apparente, le photographe Angelo Masina ait eu l'idée de venir viser ce point d'appui formant ainsi une image rigoureuse, solide et abstraite des volumes de cette église de Riola.
La carte postale sans doute tire un peu vers le vert... Mais comment ne pas être juste heureux d'une telle composition ?
Je vous conseille vivement d'aller sur ce site voir les très impressionnantes photographies du chantier de cette église qui fut construite après la mort de Aalto, son architecte.
Et, comme un signe un rien déplacé, mais également comme un hommage à l'intelligence de la simplicité, je me permets d'ajouter une autre carte postale, une autre architecture à cet article :



Car même si les rigueurs de l'histoire et ceux de la technique architecturale ne devraient pas me le permettre, j'avoue trouver dans l'analogie possible entre cette bergerie des Grands-Causses et l'église de Riola de Aalto quelque chose que, oui, j'oserai nommer poétique de la fonction.
Cette dernière carte postale est due aux éditions du Castelet.

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