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mardi 22 juillet 2025

Le Corbusier avec deux étoiles

 Il n'existerait donc aucun recoin, aucun espace qui ne furent pas photographiés à la Cité Radieuse ! Et cette carte postale (qui est bien rare) peut vous en montrer l'un de ses atouts : le restaurant situé dans la rue intérieure...En trente ans de collection, c'est la première fois que je la vois mais, ce qui m'étonne, c'est justement mon étonnement au vu du très grand nombre de surprises de ce genre que nous aura réservé la Cité Radieuse.


Le restaurant, au dos de la carte, est affublé de deux étoiles. Bien...mais pas plus...en 1965...Mais que c'est beau non ? Même si nous ne savions pas que nous sommes à la Cité Radieuse, avouez que c'est bien beau cet espace, son mobilier, les volumes ! Reconnaissez-vous au fond notre barman ? La carte postale fut expédiée le 8 février 1965 vers l'Italie d'où elle revient vers moi...Quelle voyage !

Il s'agit là encore d'une édition Ryner que nous connaissons bien.  Où sont vos archives ? Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus pour une telle vue. Il faut dire que nous avons bien ratissé la Cité Radieuse, de son local à poubelles à sa terrasse en passant par la cuisine ou la chambre des enfants. Nous avons déjà expliqué ce désir de représentation, le tourisme architectural à laquelle fut associée cette Cité Radieuse. Nous nous sommes déjà régalés des chaises de René-Jean Caillette. On imagine que cette photographie fut prise dans la même séquence que celle du bar. On imagine aussi ce moment, la présence du photographe choisissant avec les propriétaires le point de vue vidé des clients. On s'imagine mangeant sur le balcon intérieur, projetant la vue sur l'extérieur par le haut de la baie vitrée.

Et si nous arrêtions de discuter ? Si nous allions au bar commander un cocktail puis, tranquillement que nous rejoignons notre table pour déjeuner simplement d'une rouget grillé après avoir visité la Cité Radieuse, le MUCEM ou les Pouillon sur le Vieux Ports ?

Allez ! On y va.

Pour refaire (un peu) la visite...bonne lecture...
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html 
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/08/le-corbusier-en-miniature.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/10/meubles-immeuble-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/02/le-corbusier-habitable.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.html




mardi 8 décembre 2020

C'est si radieux que le paysage est un rectangle blanc

 On ne pourra pas dire que nous manquons sur ce site de moyens de comprendre comment pouvaient bien être aménagés les appartements de la Cité Radieuse de Marseille ou ceux de ses consœurs. Et je sais aussi, si j'en crois la fréquentation des articles, que vous aimez bien, vous aussi, faire la visite avec moi. Alors pourquoi devrais-je vous priver de ce plaisir ?

Pour être tranquille une bonne fois pour toute, toutes les cartes postales de cet article furent éditées par la Société Éditions de France Ryner. Aucune ne nomme le photographe ni ne précise s'il s'agit d'appartements-témoins ou d'appartements réellement habités. Nous verrons rapidement que cela est varié et qu'il semble bien que le photographe a su passer de l'un à l'autre. Toutes les autres questions posées dans les précédents articles* restent soulevées. On notera par contre que plus on trouve de cartes postales de ces appartements plus on comprend bien qu'il s'agit de faire des séances photographiques. On reste encore étonnés de la profusion de cartes postales différentes pour rendre compte de tout les aspects des intérieurs de cette architecture. Pas de doute, devant une telle profusion, l'objet était déjà bien une icône, demandant des images, images ayant eu un véritable succès éditorial. On s'amuse du choix possible pour les visiteurs d'acheter et d'envoyer au choix la salle à manger, le couloir intérieur ou la chambre des enfants. Ne manque finalement qu'une carte postale de la salle de bain qui reste étrangement manquante à cet inventaire. Ne désespérons ni Billancourt, ni Marseille et accrochons-nous au rêve qu'un jour nous trouverons cette carte postale. Allez. On commence ?



D'abord on notera que le cadrage en verticale est évidemment bien là pour raconter comment la mezzanine travaille l'espace avec la salle de séjour. Il aurait été aisé au photographe de l'ignorer, il fait donc acte de pédagogie et de didactisme pour comprendre cette particularité de la pièce. D'ailleurs le tirage très contrasté offre bien un choc de forme faisant du volume blanc un poids au-dessus de la salle de séjour que seule la petite ouverture permet un peu d'alléger. La hauteur sous plafond est donc ici bien indiquée et cela était sans doute jugé suffisamment spectaculaire pour que le photographe l'enregistre, peut-être aussi dirigé par l'architecte ayant réclamé cette possibilité d'image. Les plus fidèles se rappelleront ce buffet, ce bougeoir car, oui nous avons déjà vu cet appartement. Malgré le noir et blanc on note bien la polychromie sous l'escalier. On note aussi que séjour ici veut aussi dire chambre avec un grand lit... Les fauteuils et le couvre-lit sont fait du même tissu très marqué dans son style. Le petit lampadaire aux trois couleurs primaires ferait bien l'affaire aujourd'hui des antiquaires des années cinquante. Ici bien entendu, le logement est réellement habité car trop de minuscules détails ou de contrariétés à la modernité prouvent un usage privé bien particulier.



Voici donc un autre point de vue sur la salle de séjour. Difficile de croire que le photographe s'est simplement retourné depuis la vue précédente. Je pense bien qu'il s'agit là d'une autre salle de séjour d'un autre appartement. L'encombrement mobilier est à son comble, mobilier qui laisse finalement peu de place à la révolution des espaces intermédiaires et notamment l'entre-deux, celui qui ne sait pas s'il est dedans ou dehors. On note que le lourd mobilier du dedans (fauteuil et banquette) laisse place à deux chaises de camping sur la terrasse. Ce signe est bien amusant, indiquant bien que les habitants utilisent le mobilier comme signe de compréhension de l'idée de plein air de la terrasse, alors même que le lourd fauteuil capitonné n'est qu'à quelques centimètres du dehors. Il faut jouer à être dehors. Sans doute que les Modernes auront préféré le mobilier de camping pour sa légèreté, sa franchise du dessin, sa capacité aussi, après pliage, à disparaître. On aime le goût bourgeois de cet aménagement dont le tapis et le piano sont bien les deux indicateurs d'un style de vie ne voulant renoncer à rien d'une certaine tradition, d'une certaine image de ce que confort veut dire. On pourrait bien voir même dans le choix de cet appartement un désir de montrer que les appartements si modernes de la Cité Radieuse n'obligent à rien dans le choix de leurs aménagements comme si cette Modernité pouvait facilement se plier aux désirs des habitants. Mais dans cette photographie ce qui me touche c'est bien l'immense rectangle blanc fabriqué par la lumière et qui éteint en quelque sorte le paysage. Comme si la vue offerte par la Modernité était un monochrome parfait, comme si, dans ce vaisseau de béton, nous naviguions au milieu d'un vide métaphysique.



Le vide le voici parfaitement orchestré dans cette vue de la cuisine et de la salle de séjour car, oui, il y a bien sur cette image deux fonctions rassemblées, la cuisine étant poussée au fond et réduite pour sa description à l'ensemble mobilier dessiné par Charlotte Perriand. Vous avouerez qu'une telle carte postale est tout de même étonnante dans la projection qui pouvait y être effectuée par les correspondants. Le vide invite à désirer le remplir, chacun comme il veut, chacun, dans son imagination, y posant ses meubles et sa vie. Mais que faire du triangle caché derrière l'escalier de Jean Prouvé ? Vous aussi, avez-vous ce sentiment étrange que, depuis ce point de vue, le plafond est bien bas ? Et n'êtes-vous pas comme moi peu rassurés par le trou noir en haut de l'escalier qui ressemble ici à une échelle de meunier menant vers un grenier mystérieux... Bien entendu, il ne s'agit pas là non plus du même appartement que les précédents ou, alors, avant son aménagement. Une ampoule pendouille mollement dans la cuisine attendant les futurs locataires. Entendez-vous les pas du photographe qui résonnent dans l'espace ? Ce genre d'image devait entraîner aussi des discussions, des débats sur la manière d'y vivre. Malheureusement c'est bien ce qui nous manque aujourd'hui, cette parole. Il aurait fallu que la photographie, dans le génie de son invention, trouve aussi le moyen d'enregistrer les commentaires qu'elle produisait. Une image qui parle, qui témoigne, une image bavarde.



Et revoici l'espace du sol pris sous le spectacle des piliers donnant à l'ensemble les sentiments d'un Karnac ou d'un temple aztèque. Faut-il donc beaucoup de goût des ruines antiques pour être certain que l'émotion spatiale naîtra de cette franchise. L'éditeur de la carte postale se croit obligé de nous donner quelques chiffres sans doute pour que ceux-ci ajoutent à l'interrogation de l'image la puissance de la technique. On sait donc que les piliers sont 34, qu'ils sont creux mais qu'ils reposent sur 15 mètres de béton pour soutenir l'édifice. Ah cette joie d'affirmer en même temps le creux, le vide des piliers et la masse du béton souterrain, joie d'un contraste devant révéler le génie constructif. Car bien construire d'un point de vue technique est toujours un atout pour défendre un bâtiment auprès des dubitatifs. Et c'est beau, diront-ils. Et ils auront raison, beau comme un barrage, beau comme un pont autoroutier, beau comme le dessous d'un buffet de bois massif.



Fallait bien revoir la Cité Radieuse. Que pourrais-je bien dire qui n'ait pas déjà été dit ? Ah si... La seule perturbation de la grille est celle effectuée par du linge qui sèche sur les terrasses. Il y a des moments où, devant l'Histoire, devant le génie, devant l'évidence de la Beauté, on ne sait plus quoi dire.

Je me demande combien encore de cartes postales furent éditées, combien de surprise à laquelle je dois m'attendre pour un jour être certain d'avoir dans mes classeurs l'ensemble des cartes postales éditées sur les aménagements des Cités Radieuses.

En attendant, pour ceux qui voudraient voir, revoir, lire, relire les autres articles consacrés aux appartements des Cité Radieuses :

http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/08/le-corbusier-en-miniature.html http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/10/meubles-immeuble-le-corbusier.html http://archipostcard.blogspot.fr/2010/02/le-corbusier-habitable.html http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.htmlhttp://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.html




dimanche 13 octobre 2019

Le Buffet, Le Corbusier, le Voisin



Continuons de nous promener tranquillement dans les appartements de la Cité Radieuse.
Nous allons, cette fois, aimer écouter un peu de musique et nous asseoir sur de beaux sièges.
La carte postale est une édition Ryner qui indique que nous sommes dans la salle de séjour. Vous aurez remarqué immédiatement au fond de la pièce le grand lit...
Ce qui ne manque pas de vous étonner, vous aussi.
Bien entendu, vous chercherez un mobilier iconique : une chaise de Jean Prouvé ou un tabouret de Charlotte Perriand mais voilà, on vous sert deux petits et jolis fauteuils très sobres et élégants, une petite table ronde à l'Art Déco finissant et un énorme buffet, véritable monument du mobilier de la période. J'ai vu, il y a peu, un modèle de la même période aux Emmaüs :


















































J'avoue avoir toujours un peu de mal avec ce mobilier qui mérite pourtant certainement mieux que du dédain.
Par contre, je me laisserais bien tenter par le lampadaire aux abats-jours qu'on imagine aux trois couleurs vives : rouge, vert, bleu.





































Au fond, le dessous de l'escalier est bien peint lui aussi des couleurs de l'architecte.
Mais, un détail minuscule m'interpelle : le jour violent qui passe sous la porte.





















Qui reconnaîtra l'ensemble Hi-Fi ? Cela devait être le top à l'époque et même coûter une blinde comme on dit aujourd'hui chez les jeunes.
J'entends déjà Dario Moreno chanter Brigitte Bardot, j'entends Yma Sumac et bien entendu aussi, Philippe Clay.
Reposons-nous tranquillement ou entamons un tcha-tcha endiablé avec Antoire Le Reste ou Claude Lothier, les enfants sont sur la terrasse, on n'a pas à s'inquiéter.



Comme il arrive souvent, les cartes postales trouvées au petit matin permettent aussi de faire des liaisons, voilà que le hasard me met dans la main cette très belle carte postale d'une automobile Voisin Lumineuse de 1927. L'éditeur en est le Musée de l'Automobile en 1984. Il nous indique que c'est une type C11, 6 cylindres qui roulait à 120 kilomètres-heure. La vache !
Ce modèle somptueux était bien l'un des préférés de notre architecte, n'oublions pas que Corbu appela son Plan Voisin en hommage à Gabriel Voisin, constructeur d'automobiles géniales et avant-gardistes.
Retournez ici :
http://archipostcard.blogspot.com/2012/09/le-plan-voisin-postal.html
Vous noterez aussi que l'appellation Lumineuse est toute corbuséenne...
Le fonctionnalisme en architecture c'est aussi une poésie : savoir bien nommer.
Puisse qu'un jour, dans le dedans d'une Lumineuse nous arrivions sur le parking de la Cité dite Radieuse.

Pour revoir les autres articles consacrés au mobilier dans les Cités Radieuses :

http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/08/le-corbusier-en-miniature.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/10/meubles-immeuble-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/02/le-corbusier-habitable.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.html





samedi 21 janvier 2017

Poser des meubles chez Corbu



Nous poursuivons la visite des appartements de la Cité Radieuse à Marseille de Le Corbusier, nous continuons de nous étonner du mobilier, des espaces, des décors qui l'animent et en font un lieu habité et non rêvé.
Enfin ! Plus d'utopie !
Cette carte postale appartient bien à la série éditée par Ryner, Société Édition de France. Nous n'aurons pas de nom de photographe, ni même de l'habitant mais la carte postale est tamponnée par Voyagence comme beaucoup d'autres vues sur ce blog.
La carte postale n'est pas datée ni expédiée.
Mais reconnaissez-vous cet espace ?
Pour ma part, ce sont les arums qui m'ont rappelé immédiatement que j'étais déjà venu là :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/10/meubles-immeuble-le-corbusier.html 



Étant donné ce bouquet, il est évident que ces clichés d'intérieur de la Cité Radieuse en vue d'une production de cartes postales ont tous été réalisés dans le même temps. Cela explique sans doute ce mélange d'images composées, rangées et l'intimité qui malgré cela s'affiche tranquillement dans de menus détails qui prouvent qu'il ne s'agit pas d'un appartement-témoin mais bien d'un lieu de vie. Dès que j'ai reconnu le lieu grâce aux fleurs, j'en ai retrouvé aussi ce sentiment d'un mobilier un peu lourd, un peu bourgeois, un rien épais et massif encore pris dans un Art Déco finissant où marqueterie et bois précieux s'associent dans des formes parfois modernes (la petite console) parfois très classiques comme les chaises ou le monumental bahut à droite. Je crois que seule la céramique posée sur ce bahut lui donne son caractère très cinquante un peu comme celui de Dubroc dont Madame Arpel est si fière.

 


 

 



On s'amusera des flambeaux, des appliques sur le mur, vraiment difficiles pour moi à aimer. Le coffrage décoré de l'escalier nous permet de bien reconnaître l'intérieur d'un appartement de la Cité Radieuse... Est-ce que, comme moi, vous avez mis du temps à comprendre ce détail ? Regardez :



Je ne comprenais pas cette percée dans la cloison.
Puis... j'ai compris qu'il s'agissait simplement d'un immense miroir ! Malheureusement celui-ci ne nous donne pas à voir le photographe comme dans cet exemple. Par contre, il est touchant de pouvoir lire dans la succession de ces deux points de vue sur le même salon, les déplacements du photographe, d'imaginer son corps dans cet espace, son désir d'en prendre en champ et contre-champ les volumes. Il ne fait aucun doute que le miroir offrait aussi une lumière minimum qui manque un peu, la photographie est un rien sombre, tenue dans une valeur continue d'un gris sourd que seuls les éclats du reflet et de l'ouverture très loin au fond animent un peu. Le miroir a-t-il eu comme fonction un désir des habitants de multiplier la lumière voire même d'agrandir l'appartement ?
J'imagine (et je m'en excuse) le photographe et la Maîtresse de maison, arrangeant ici un vase, déplaçant ici une chaise et se mettant tous deux derrière l'appareil photographique pendant la pose, le chien dormant derrière eux. J'imagine le mari parti en courses, ayant acheté sur les conseils de sa femme, un bouquet d'arums pour mettre dans le vase de Baccarat acheté l'année dernière lors de la visite de la ville. Tout devant tenir dans le cadre, à la fois les espaces de l'architecture et les joies de l'habitation.
Combien de temps les habitants de cet appartement ont pu envoyer en cartes postales leur appartement ? Comment les autres habitants s'amusaient-ils de pouvoir voir les aménagements de leurs voisins ? Pourquoi c'est cet appartement qui fut choisi et donc est devenu une sorte de modèle ? Quelle conversation, quelle rencontre, quelle intimité ont permis au photographe de venir là au lieu d'aller dans l'appartement du dessus ou à côté ? Je ne le sais pas. Reste que pour l'instant, dans ma collection de cartes postales, il n'existe pas d'autre exemple de logements des Trente Glorieuses ayant eu l'opportunité de montrer ainsi son Art d'habiter. L'exception de la Cité Radieuse est donc appuyée ici par ce désir d'en partager à la fois l'image mais aussi le programme. On s'aperçoit donc que sa Modernité, sa fable, sont en quelque sorte, et c'est heureux, interprétées toujours librement par ceux qui y circulent, s'y assoient, s'y couchent, y rangent la vaisselle.
On habite là, il n'y a pas de doute.

Pour revoir les autres articles sur le mobilier des Cité Radieuses :
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/02/le-corbusier-habitable.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.html
 

lundi 20 octobre 2014

Meubles, immeuble Le Corbusier

On va se régaler !
Allez ! Hop !


Ah, je vous avais prévenus !
On n'en finira pas de dire que les cartes postales nous permettent de bien saisir l'histoire de l'architecture et surtout, sans doute au moins, une part de l'histoire de sa représentation.
Avec cette nouvelle carte postale d'un intérieur de la Cité Radieuse de Le Corbusier, c'est une preuve de plus que cet art a su nous offrir des documents d'une grande richesse iconographique.
D'abord rendons lui hommage.
Cette carte postale est une édition Ryner de la Société Éditions de France de Marseille. Elle ne comporte pas de nom de photographe ni de date mais un tampon qui voudrait nous dire qu'elle fut bien achetée sur place donc... vendue sur place, permettant aux visiteurs de se retrouver dans une image proche d'une réalité. Elle fut donc une image juxtaposée au réel.



Mais comme nous l'avons vu précédemment il reste sans doute plus de questions soulevées que de réponses données par ce type de cartes postales. On sait qu'il y avait un appartement témoin dans certaines des Cités Radieuses permettant de voir la Modernité et d'en éprouver la révolution. Cela n'est pas seulement valable pour la Cité Radieuse mais, pour l'instant, dans aucun autre type d'architecture de logements de cette période dans ma collection on ne propose, suite à la visite, d'acheter des cartes postales ou même des carnets entiers expliquant, diffusant cette Modernité.
Mais quel est le programme éditorial de ce type de document ?
Ici, la carte nomme l'espace photographié comme étant la salle de séjour et sa Loggia. La carte nomme également l'architecte et parle d'Unité d'habitation. Tout est juste et sans jugement. Aucune carte postale par exemple à ma connaissance ne parle de maison du fada...
Alors que voit-on ?
D'abord une tonalité assez égale d'un gris doux, qui prend la totalité de l'image, certainement dû à une lumière arrivant directement dans la salle de séjour et qui cuit un rien le paysage dans le cadre de la fenêtre. L'ombre est douce et rasante. Ensuite on est saisi par le mobilier dans un style particulier hésitant entre un chic grand bourgeois d'un Art Déco finissant et une modernité adoucie et sereine. C'est très beau comme une cabine de première classe d'un paquebot transatlantique. On pourrait penser aussi dans ce choix de meubles bas la difficulté à agencer un espace relativement restreint et qui doit donner l'impression d'un espace plus conséquent. Le recul du photographe est au maximum je crois. Il doit avoir tout de suite dans son dos, le meuble passe-plat !  le photographe est debout, ou, du moins, son appareil est sur un pied relativement en hauteur. Pourtant une table extrêmement massive répondant au buffet énorme arrive à se glisser sur la droite, table dont on admirera la marqueterie.



Les plantes sont toutes sur le même côté à part le bouquet posé sur le guéridon d'un incroyable dessin. Le divan épais laisse penser qu'il pouvait aussi servir de lit d'appoint.
Sur la loggia, le mobilier est celui du jardin avec un transat en bois et toile comme nous l'avions déjà vu ici. À nouveau on devine que celui qui s'assoit là, ne voit pas l'extérieur, son regard étant en dessous de la ligne du garde-corps. Peut-être peut-on viser le paysage au travers de ses percées carrées.



C'est bien ce que fait le chien qui semble être un caniche de grande taille ! Mais ce chien nous dit quelque chose d'important. C'est qu'il ne s'agit sans doute pas d'un appartement-témoin mais bien d'un appartement habité. On voit mal en effet la nécessité de placer un chien dans un appartement visité ni même dans une image. Et, un détail superbe nous dit que ce chien est chez lui...
C'est sa balle !



Un autre détail très particulier me touche étrangement. Sur le tapis, sous le petit guéridon, on repère une empreinte laissée justement par le piétement de cette table qui fut donc déplacée. Pourquoi ?



On peut imaginer la construction de ce type de carte postale de cette manière : un éditeur comprend que la Cité Radieuse est de fait un objet touristique, qu'elle fait partie du programme de visite de Marseille. Il décide de produire des cartes postales à la fois pour ceux qui vivent là comme pour beaucoup des grands ensembles de l'époque et de la Reconstruction, mais également pour ceux qui viennent visiter ce lieu. Comme cette Cité Radieuse est un objet architectural complexe à saisir dans ses révolutions et que le public a accès à l'ensemble de ce programme, il peut le traverser de bas en haut et visiter les appartements, l'éditeur proposera un reportage presque complet de cet immeuble. Mais le lieu du doute de cette modernité étant bien évidemment les logements, il prend contact avec des habitants pour photographier les intérieurs et montrer comment ils sont habités. On imagine les rendez-vous, on devine les refus mais aussi sans doute les choix d'appartements permettant par leur mobilier de voir fonctionner l'habitat. Vient le moment du cliché et on pense que la maîtresse de maison (on est dans les années cinquante) fait le ménage, range un peu, demande au chien de se coucher dans le panier. Parfois, les habitants jouent leur rôle. Il s'agit donc d'images à la fois composées dans un idéal de l'instant et construites pour former une forme plus générale de l'art d'habiter chez Le Corbusier. On imagine la fierté et la joie des habitants de pouvoir ainsi acheter au marchand de journaux LEUR appartement en carte postale ! On peut aussi penser à des dialogues entre le photographe et l'habitant, construisant en quelque sorte tous les deux une image. On entend sans doute un peu Madame Arpel.
Il est aussi ici question de l'intimité de l'habitat et de représentation ce qui est rare à l'époque pour les cartes postales. On ne peut en effet voir aussi facilement , à part dans les revues de décoration dont on sait aussi les arrangements avec le réel, les lieux de vie des habitants dans le logement social. C'est donc à ce titre, une exception, et donc un document.
Une fois encore, on perçoit que le mobilier design de l'époque n'est pas celui qu'on attendrait. Aucun meuble de Charlotte Perriand, de Jean Prouvé, de Matégot, aucun luminaire d'Olivier Mourgue !
"Ne bouge plus, Chouchou, t'auras ta baballe tout à l'heure."

Pour approfondir le fil de cette histoire, vous pouvez revoir les articles suivants :
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/02/le-corbusier-habitable.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.html









samedi 20 octobre 2018

Corbu ! Range ta chambre !


Perplexité.
Profondeur de champ.
Traversant.
Absence.
Il me faudrait pour faire un article intéressant sur cette carte postale de la chambre des enfants de la Cité Radieuse de Marseille pouvoir articuler tous ces mots.
Je n'y arrive pas immédiatement car un détail attire irrésistiblement mon regard : les usures de la grosse poignée de la cloison coulissante. Comment se fait-il qu'elle soit ainsi déjà usée, abîmée ?

























Est-ce que son usage en est si intensif qu'elle a déjà enregistré toutes les agressions des enfants ou des parents utilisant chaque jour cette grosse poignée pour ouvrir et fermer ladite cloison ?
Bien entendu, je pourrais vous faire la leçon sur la lumière provenant du fond de l'image, autrement dit ici, à la Cité Radieuse provenant de l'autre façade puisque l'immeuble propose bien une orientation Est-Ouest permettant de suivre la course du soleil. Le voici du côté ouest, nous sommes donc l'après-midi.
On note que ce détail est certainement bien cadré et choisi par le photographe qui tient à noter cette particularité qui donne bien l'idée de la profondeur de l'appartement, s'étirant jusqu'à la blancheur un peu dure du fond de la perspective. Car cette carte postale a bien vocation didactique en nous montrant par l'une de ses pièces, la mobilité des espaces, leur taille, la promenade architecturale et aussi nous faire percevoir son habitabilité. Un piano peut même y venir trouver sa place, place qu'il prend à l'espace des enfants. On trouvera comme pour les autres cas de cartes postales des intérieurs de la Cité Radieuse, un mobilier bien peu avant-gardiste et même ici, soyons clairs d'une grande banalité. La grosse armoire n'a vraiment aucun intérêt autre que d'être un coffre, les lits sont recouverts de couvertures bien d'époque et on ne peut s'empêcher de rire à la vision de ce lampadaire en bois tourné (entre pseudo-breton ou pseudo-basque) et son abat-jour en ruban de plastique si moderne. Pour le reste, une banale plante verte dans un pot comme posée là pour signaler la niche, deux malheureuses céramiques qui font pâle figure et c'est tout ! Mais alors pour qui est ce piano ?
Et surtout, si on regarde bien (et l'agrandissement d'un scanner nous le permet) on devine au fond un peu de bordel oublié et une couronne de plumes d'indien qui ne laisse aucun doute sur une présence enfantine.


Est-ce donc un vrai appartement habité et rangé pour la photographie ? Je le crois. Cela expliquerait l'usure de la poignée de la porte coulissante et finalement, la vie qui s'y déroule.
Au dos de la carte postale diffusée par la Société Éditions de France Ryner, nous sommes informés que nous sommes bien dans la chambre des enfants et que la cloison est coulissante. Un tampon bleu affirme que la carte postale fut achetée sur place. Rien d'autre. Le photographe est oublié. Espérons qu'il ne fut pas trop autoritaire en demandant aux enfants de ranger leur chambre...
Gérard mets tes chausson, Gérard range ta chambre, Gérard fais tes devoirs !

Pour voir ou revoir quelques (Oups !) articles sur le mobilier chez Le Corbusier :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/07/faire-lamour-chez-corbu.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/08/very-hard-design.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/02/le-corbusier-concret.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/10/le-corbusier-interieur.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/02/le-corbusier-habitable.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/04/le-carnet-et-le-corbusier.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/04/une-folie-marseillaise.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/01/la-photographie-accuse-tort.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2012/02/corbusier-mets-la-table.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/03/pieces-deau.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2010/09/le-corbusier-dans-ses-meubles.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/09/le-corbusier-2-dedans-2-dehors.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/08/un-reflet-tres-moderne.html




jeudi 30 juillet 2020

Le Corbusier sous le Radar

Essayons de voir la réception de l'architecture de Le Corbusier dans un document populaire qui, pour une fois encore ici, ne sera pas une carte postale.
Un matin d'été 1952, une famille devait être heureuse d'aller au marchand de journaux et de se retrouver photographiée dans les pages du journal Radar, journal d'actualités sensationnelles et... euh... spectaculaires.
Sans doute que cette famille fut moins heureuse de lire le petit texte qui accompagne la photo des parents et des enfants en plein repas et le dédain mi-amusé mi-moqueur du journaliste qui est venu à leur rencontre.
Tout commence par le titre où la famille est appelée "locataires cobayes" comme si elle participait à une expérience et que cette famille était de fait sous les yeux de quelques scientifiques ou sociologues surveillant leurs faits et gestes comme pour une émission de télé-réalité quelconque.
Pourtant, ils sont bien des locataires et chez eux donc.
Ensuite l'article est prompt à faire croire qu'ils n'auraient pas su, ces gens-là, comprendre la merveilleuse révolution de vivre là et le journaliste, pour feindre une complicité avec cette modernité, laisse croire que les anciens usages et habitudes de mode de vie de cette famille n'ont pas su trouver leur chemin dans les habiletés de Le Corbusier.
Et leur liberté ?
Certes le mobilier n'a rien de moderniste, certes ce mobilier est placé étrangement un peu près de la baie, certes le bahut et le fauteuil surtout semblent hors d'âge. Et alors ? Ne pourrions-nous pas y voir justement, non pas une incompréhension de l'espace mais bien au contraire la possibilité d'en faire exactement ce que l'on veut ?  L'adaptation de cet espace est le signe de son indétermination, c'est bien ce qu'a vu cette famille qui n'est donc pas inadaptée au lieu mais libérée de ses fonctions. 
Ils sont chez eux non ?
Plier l'architecture à sa manière de vouloir y vivre est tout de même la moindre des choses. Et c'est bien ce qui est lisible ici dans cette photographie.
Et les chaises de pailles, dernier lien d'un monde hérité, ces chaises utiles autant qu'elles sont usées, ont bien du mérite que Charlotte Perriand dans un pragmatisme paysan aurait pu goûter à son tour.  Pourquoi abandonner ce lien, cette histoire ?
Vouloir être proche du ciel, vouloir sentir l'air frais du balcon, rapprocher la table de cette grande ouverture c'est comme mettre la table dehors devant la porte. C'est faire fi des conventions quand bien même elles seraient MÔdernes... C'est Monsieur Hulot retournant le canapé chez Madame Arpel. Ce n'est ni mal comprendre l'espace ni en rejeter ces révolutions, c'est juste vouloir vivre comme on l'entend, c'est tenir sa vie. Mais à qui s'adresse ce dédain du journaliste ? Croit-il, lui, avoir compris la modernité ? S'amuse-t-il de la résistance des modes de vie ? Croit-il signifier à Le Corbusier un échec puisque sa révolution n'oblige pas à ses idées ? On pourrait lui rétorquer à ce journaliste le bon sens paysan, la structure archaïque d'une tradition ou encore la joie de vivre ensemble autour d'une table familiale ? Qui sait vraiment ? Et où et par qui serions-nous censé apprendre les usages particuliers de ce lieu ?
Je suis certain que Corbu aurait aimé cette tablée et que, oui, il aurait fait aussi la leçon au père de famille entre la poire et le fromage.
Le journaliste sert la soupe. Il parle de disposition si ingénieusement conçue, il fait le tour assez habilement d'ailleurs des nouveautés de cette Cité Radieuse. Pourquoi s'amuser avec le lecteur qui serait forcément le complice des moqueries sur les errements de style de ces locataires ? On imagine facilement d'ailleurs l'écho de ce Radar chez le lecteur populaire d'une telle publication car Radar n'était tout de même pas ni Le Monde ni l'Architecture d'Aujourd'hui.
Le journaliste n'est pas nommé, pas plus que le photographe d'ailleurs. Et si on s'amuse à regarder les publicités pour le mobilier dans les pages de ce même numéro de Radar, le moins que l'on puisse dire c'est que la modernité n'y est pas très présente non plus.
Que voulez-vous... on prend ce qu'il y a à prendre.
Reste que cet article prouve la grande présence de ce monument architectural dans les médias très populaires et que le sous-entendu de cet article c'est tout de même que le lecteur a déjà entendu parler de la Cité Radieuse et de Le Corbusier. Et même si c'est sur le mode un rien moqueur, le journaliste reste tout de même assez positif sur les avancées de cette Cité allant jusqu'à la complicité et l'étonnement avec son lectorat d'une mauvaise réception justement de cette modernité.

Pour revoir une autre réception de Corbu dans la presse :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/08/mon-chez-moi-est-une-machine-habiter.html
Pour revoir les questions du mobilier de la Cité Radieuse :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=meubles+corbusier