mercredi 22 janvier 2014

Du corps, les germaniques

Deux magnifiques constructions allemandes que nous devrions jalouser en France.
Sans détour :



À Berlin, la bierpinsel est presque un totem pour ce blog. Alliant dans ses fonctions, ses formes, son étrangeté rétro-futuriste, elle est comme incapable de se classer dans un genre.
Nous pourrions tout aussi bien la croiser sur une autoroute en poste d'observation, sur le pont d'un porte-avion, en pionnière de la colonisation d'une planète lointaine. Elle est extrêmement bien dessinée et la carte postale Dissy-Card dont la photographie largement réchauffée de Hans-Peter Dimke la pousse dans un orange digne de Mars.
Quel objet !





Il se pourrait bien que les architectes de cette beauté allemande soient Ralf Schüler et Ursulina Schüler-Witte qui ont également dessiné l'autre monstre superbe de Berlin le I.C.C !
Ce lieu comportait (toujours ?) un restaurant et un night-club qui devait être bien petit non ? On trouve sur internet plein de versions de couleurs différentes tant cette architecture a été peinturlurée de manière souvent ridicule.
Vous aimez les monstres musculeux au squelette apparent ?
Alors c'est pour vous !



La halle des sports de Brême (Bremen) est je crois aussi une forme d'absolu en terme d'expressionnisme technique. Elle affirme sans détour sa tension structurelle, comme une fracture ouverte.
À la limite d'un baroque, le sur-jeu de ce dessin en fait pourtant toute l'architecture, son image. Ce qui génère l'essoufflement du visiteur doit tenir tout entier dans la tension perceptible, comme si, à chaque instant, tel un arc bandé, tout aller lâcher.





C'est bien une image de puissance (nécessité de sa fonction) car le lieu est celui du dépassement et de la limite. Pourtant si le sport d'un point de vue éthique est une stupidité, il semble que son architecture soit souvent l'occasion d'une expression spectaculaire alliant les enjeux d'images et techniques. Ici l'éditeur Traca découpe et ajoute un ciel qui glisse parfois comme s'il avait peur d'autant de force.
J'aime ces grandes machines toutes de muscles et qui les montrent sans vergogne. J'aime les clavicules sous la peau, j'aime le béton précontraint. J'aime voir la puissance dans sa transparence.
Dans un numéro de 1958, L'architecture d'Aujourd'hui relate l'effort de l'athlète, un bâtiment au bord du claquage. L'architecte de ce désir est Roland Rainer. On remarquera que l'article nous présente le bâtiment en maquette et dessin technique. Il n'était alors qu'en construction.









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