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dimanche 15 septembre 2019

Mes étudiants m'aiment, que voulez-vous...

Je reçois un courrier de l'un de mes étudiants : Bastien Bilheux.

Sans doute pour me remercier, sans doute aussi pour tenir le fil un peu trop distendu des vacances et maintenir avec moi le débat des images, il me fait donc un envoi.
Chacun à sa manière, il me touche. Il le sait. La bise.

Dans une enveloppe, je reçois une série un rien disparate de cartes postales, cette fois, toutes choisies par l'œil éduqué de Bastien Bilheux.
Est jointe une lettre m'expliquant ses choix et ses promenades sur les vide-greniers dont il aime photographier les gens de sa classe sociale, dont il aime représenter leur monde.
Je vous donne tout en vrac, comme cela arrive !
On notera que Bastien ne se trompe pas dans ses choix et même qu'il trouve quelques raretés... Merci Bastien.

Hôtel Okura à Amsterdam par Jos-Pé à Arnhem. Pas de nom d'architecte ni de photographe :





































Musée mémorial de la Bataille de Normandie à Bayeux. Très très beau bâtiment de Jacques Millet son architecte. On trouve un petit mais bel article ici :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/calvados/caen/memorial-caen-30-ans-son-architecte-jacques-millet-nous-raconte-sa-naissance-1488615.html



Super-Lioran dont nous avons déjà évoqué la richesse architecturale. Cette carte en multi-vues est une édition Bos qui ne nomme pas l'architecte... Allez ici : https://archipostalecarte.blogspot.com/2012/12/super-super-lioran.html
Bastien nous indique dans son courrier l'envie de s'y rendre. Vas-y mon gars ! Et raconte-nous !




Et Royan ?
Cette carte en multi-vues est une édition Artaud. On y retrouve bien l'essentiel des monuments de Royan qui est la plus belle ville du monde.



Et si de l'église Notre-Dame de Royan par Guillaume Gillet on filait vers Caen et la Guérinière et son château d'eau du même architecte ? La carte postale est une édition Emy qui nous montre les charmes modernes de ce quartier de Caen, ville, elle aussi magnifiquement reconstruite comme Royan. On notera que l'église du Sacré-Cœur et le château d'eau sont maintenant inscrits aux Monuments Historiques. Ouf...




Une autre de Caen ? Toujours la Guérinière dans une très très belle carte postale du quartier avec les immeubles et au fond le somptueux château d'eau de Guillaume Gillet. Cette une très belle carte des éditions Artaud en Bromocolor expédiée en 1969 ! On admire les très belles façades de l'architecte G. Pison.



Encore Caen ? Et comment !
Quoi de plus beau, de plus réussi que l'église Saint-Julien par Henry Bernard ? Cette carte postale Artaud rend parfaitement hommage à la spiritualité de lumière inventée ici par l'architecte. Je rêve de le voir cet intérieur mais l'église est toujours fermée lorsque je m'y rends... Je me noie donc dans cette magnifique carte postale.
https://archipostcard.blogspot.com/2009/08/henri-bernard-julien.html



Et la Mer ? au Sud ?
On finira notre promenade à la Grande Motte avec cette carte postale seins nus et rocher dont la photographie est de Pervenchon pour les éditions de la Palette !





samedi 28 mai 2016

Maquette avec un point d'appui et surtout d'interrogation : résolu !

Je viens de faire l'acquisition de quatre photographies provenant de chez Biaugeaud et Harang, spécialistes de la maquette d'architecture et de sa photographie.
Les quatre images sont... spectaculaires, regardez :









Mais qu'est-ce que c'est ? Je vous entends derrière votre écran, attendant avec impatience que je vous informe... Mais voilà, alors que je me réjouis souvent de la capacité de souvenance des images, je n'arrive pas à identifier celles-ci alors que je suis persuadé d'avoir déjà vu ce projet publié quelque part. Mais je fais chou blanc. Ma mémoire m'a fait chercher, et je ne sais au fond pas pourquoi, du côté de Jean Bossu mais aussi d'une architecture provenant des colonies françaises d'Afrique du Nord. C'est cette image qui persiste et c'est d'ailleurs cela qui me fit acheter ces photographies.
Que voit-on ?
Une très belle coupole en carton que l'on devrait imaginer en  béton, coupole immense si on s'attache à son échelle et qui rejoint le sol par son centre en formant un cône très ouvert et touchant le sol par des piliers formant à leur tour un puits de lumière. Cette coupole est ensuite complétée par un pan de verre qui s'y accroche, presque comme un voile puis des petites constructions viennent enfin fermer le cercle et le plan pour offrir ce que l'on imagine être des boutiques, des stands permanents de ce marché. Je dis marché mais rien dans ces photographies n'évoque la fonction de cette construction même si, cela ne fait pour moi aucun doute. Est-ce là aussi un souvenir des images perdues dans ma mémoire ? L'écriture est bien celle de la modernité, celle des paraboloïdes hyperboliques qui font penser immédiatement au marché de Royan par Louis Simon ou, pour la structure affirmée à Guillaume Gillet et Bernard Laffaille pour la Guérinière. Mais voilà, rien n'est sûr. Je pensais aussi à Jean Bossu, ou bien aussi à Mauri ayant tous deux travaillé pour l'Afrique du Nord. Peut-être que Xavier Dousson nous aidera !
Ce dont je suis à peu près certain c'est que cela ne fut pas construit car une telle œuvre, une telle prouesse technique aurait passé devant mes yeux même si je suis loin d'être infaillible. La preuve !
La grande élégance, la perfection technique, le jeu subtil des espaces permettant tout en fermant et définissant le lieu de le laisser ouvert et l'articulation avec le reste des constructions, font penser à un lieu ensoleillé ayant dans son usage comme dans son image (surtout) besoin d'un parasol géant. Les murs des petites constructions sont aussi percés de claustras ce qui ajoute à une projection d'un lieu ensoleillé que la photographie de l'agence Biaugeaud et Harang accentue par une lumière dure, contrastée d'une très grande beauté ! Que j'aimerais mettre mes yeux sur les autres productions et archives de cette agence Biaugeaud et Harang.
Alors, chère lectrice, cher lecteur, j'offre une lithographie originale au premier qui me donnera la solution de l'auteur de cette merveille. On voit aussi comment la photographie permet de visiter le lieu encore inexistant, de rêver à sa promenade. Le fond noir fait penser immédiatement aux autres images de maquettes d'architectures que nous avons vues sur ce blog : nuit parfaite percée d'une lumière crue. Le travail des photographes et du tirage est remarquable et procure une émotion esthétique puissante. On n'y résiste pas, non ?
Dernière minute ! 
Aujourd'hui, 12 juin, je trouve la solution ! Ouf ! Il s'agit rien moins que d'un projet de Messieurs Andrault et Parat pour un centre commercial à Sceaux qui ne fut pas construit. On trouve une double page dans l'Architecture d'Aujourd'hui de 1957 (!) sur le duo d'architectes et c'est en cherchant des documents sur la Basilique de Syracuse que j'avais enregistré cette maquette. Comme quoi ma mémoire visuelle est juste mais aussi en partie défaillante ! Quel plaisir ! Je vous donne les éléments de l'article. On notera que l'ensemble des photographies de l'article de la revue est bien crédité là aussi de Biaugeand et Harang... Contactez-moi !

 

 

 

 


Mais comme nous sommes sur un site de cartes postales, je vous montre une nouvelle carte de la gare routière de Royan, aujourd'hui Galerie Louis Simon, qui répond à une toute autre échelle au même principe : un plan circulaire, un pilier central et unique, un toit en cône, un mur rideau en verre. Le Yacht-Club de Pauillac en est un autre. N'est-ce pas la Conservation du Patrimoine d'Aquitaine ? Vous en êtes où avec la protection de ce bâtiment à Pauillac ?



La carte postale de la Gare routière est une édition Théojac sans date ni nom de photographe ou d'architecte. Ce point de vue, par opposition à celui déjà présenté ici, nous propose de voir davantage l'auvent qui protège les voyageurs et dont la longueur joue à la fragilité vu l'extrême finesse de l'auvent porté par de très maigres tubes métalliques. L'auvent permet à la fois de protéger mais aussi d'indiquer le sens de stationnement des bus et aussi, en suivant son ombre, de simplement trouver l'entée. Génie de la simplicité efficace ! Bravo Louis Simon !
Merci de ne pas diffuser ces images sans autorisation.
















samedi 23 mars 2013

Si belles halles, Sidi Bel Abbes



Un lieu extraordinaire, une œuvre majeure sans doute : les halles de Sidi Bel-Abbes.
La carte postale C.A.P nous montre cette merveille encore en construction. Quelle coupole ! Et quel dessin !
On y reconnaît quelque chose de Guillaume Gillet à la Guérinière à Caen, quelque chose de fatal, de nucléaire, de brutal, presque de religieux.
Car, ce qui pourrait finalement n'être encore qu'un exploit constructif, un génie civil sans autre pouvoir que la réalisation d'un rêve technique est ici débordé par la maîtrise des liaisons des volumes, un sens complet d'un objet certes spectaculaire et voulu ainsi mais qui dans tous ses détails nous dit un travail consciencieux et sculptural.






Bref, l'exemple parfait de ce que nous défendons ici et que, une fois encore, le photographe de la carte postale sait rendre.
La friche du sol au premier plan qui, si elle ne permet pas une approche de la construction, lui laisse son caractère perdu au milieu du chantier et en tire toute la poésie de ce moment où la terre labourée et inconsciente à son changement donne encore à voir sa boue, son sable, sa caillasse.
Puis vient le superbe monstre de béton, ses lignes arc-boutées et civilisées qui prennent le blanc du ciel et mangent le reste de la ville. La collerette géante enserre bien la coupole et sa finesse permet à l'œil de comprendre en quelque sorte sa légèreté. Le noir et blanc sert ici parfaitement l'image.
Non mais quelle image ! Quelle architecture !
Merci Monsieur Mauri, architecte et merci messieurs Pelnard Considere et Caquot, ingénieurs !
Que j'aimerais entrer dans cette halle !
Et encore :



La colorisation douce et nostalgique de cette carte postale des éditions Alexandre Sirecki ne laisse rien perdre de la force des halles.
On comprend même un peu mieux la beauté des différentes parties et leur dessin singulier. Regardez le très beau volume qui fait office de portique, regardez le dessin de sa façade.



Le marché fut publié deux fois dans Architecture d'aujourd'hui ce qui prouve sans aucun doute ses qualités constructives et esthétiques !
Je vous propose quelques extraits qui vous donneront bien mieux que je ne saurais le faire les explications techniques de ces halles.
Les numéros d'Architecture d'aujourd'hui sont le 60 et le 64 de 1955 et 1956.
























lundi 11 février 2013

Double fonction

On va retrouver deux amis : Monsieur Novarina et Monsieur Gillet.
On va voir comment d'un objet utile, d'une forme souvent laide, d'un génie civil un peu sec, ils savent prendre en compte son programme pour le dépasser et l'élargir en collant une autre préoccupation à la réalité urbaine d'une construction. Ils inventent le bâtiment double fonction en quelque sorte.
De Monsieur Guillaume Gillet nous avions déjà vu son extraordinaire château d'eau à la Guérinière à Caen. On sait l'état de décrépitude de ce chef-d'œuvre aujourd'hui. Il a pourtant obtenu le Label Patrimoine du XXème siècle. Mais revoyons-le dans toute sa grandeur, sa beauté parfaite et surtout son ambition.



La carte postale Iris prend le château d'eau comme motif et le replace dans son espace, celui d'une nouvelle cité, d'un nouveau quartier.
Il faut dire qu'il le mérite ce château d'eau qui est aussi un marché dont on devine sur la carte postale la galerie marchande qui court tout autour.
On devine aussi l'incroyable escalier qui monte vers le réservoir. Un marché donc, placé là sous l'ombre pliée du béton. Façon d'animer une forme souvent oubliée, une fonction triviale, par de la convivialité. Manière aussi de faire une architecture-phare, un signe urbain fort dont la fonction première ainsi détournée remplit le rôle de point névralgique et convivial d'un quartier.
Guillaume Gillet fait là sans doute l'un des plus grands gestes de sa carrière.
Voyons comment s'en tire Monsieur Novarina :



Nous sommes à Argentan devant le centre commercial. Un bâtiment dans un cercle parfait entoure une cheminée qui monte tout droit.
Une énorme cheminée pour un si petit centre commercial ? Non ! Sans doute simplement la chaufferie des immeubles derrière ainsi camouflée en centre commercial moderne. C'est bien dessiné (comment s'en étonner de la part de Monsieur Novarina) c'est bien vu et c'est là aussi l'occasion de retourner une difficulté en avantage. La cheminée devient le repère, le centre commercial cache la chaufferie !
On notera que l'éditeur Artaud de cette carte postale nomme bien l'architecte mais qu'il fait sans doute une faute d'orthographe en nommant la rue : rue du Béridien. Il faudrait lire Méridien ! Mais me direz-vous, il ne semble rien rester de ce lieu... alors....

dimanche 29 juin 2014

Pluie pluie cui cui pluie pluie

Hier, je suis donc allé à la Quinzaine Radieuse pour en suivre la programmation joyeuse et musicale, architecturale et performative.
Ça continue aujourd'hui, alors arrêtez de lire cet article et filez vite à Piacé le Radieux !
Il est agréable aussi d'y retrouver la foule amicale de la famille sarthoise qui se compose maintenant d'anciens élèves, de tous nouveaux et tous beaux, de collègues du Mans et d'amis normands. Certains sont des participants actifs, des musiciens, des chanteurs, d'autres viennent les soutenir et surtout les écouter. Pour ma part, j'ai pris en photo quelques-uns des nichoirs et perchoirs à oiseaux dessinés par des artistes ou des designers et installés un peu partout dans le superbe parcours de pièces contemporaines de Piacé dont la Bulle six Coques fait maintenant partie intégrante.
Certes, la pluie abondante est aussi venue, mais la pluie a bien le droit aussi d'aimer l'architecture, la musique et le design. 
Et dans la foule des amis, voilà que Benoît Derbaix me tend un petit paquet de cartes postales un rien humides. C'est comme ça maintenant, les cartes postales passent de poche en poche, d'ami en ami. Alors, je vous les donne à voir et je remercie Benoît chaleureusement.
Je vous donne également quelques images des nichoirs provenant de la collection de Mathieu Mercier. Je créditerai les auteurs plus tard, c'est promis, j'ai oublié la liste des noms...
Allez ! Tous à Piacé !


Devant le Palais des Congrès de Royan, deux silhouettes noires passent sous un drapeau français surdimensionné. On peut se demander à quelle occasion un tel étendard était ainsi installé, le 14 juillet peut-être ? Les éditions Berjaud nous permettent de voir le Palais des Congrès dans la plénitude de ses formes et de la merveilleuse composition de sa façade dont les panneaux Jean Prouvé sont ici très lisibles. 


On aime toujours autant la gestion des espaces intérieurs et extérieurs, la multiplicité des terrasses ici bien ombragées par une multitude de parasols joyeux. On remarque au fond l'Hôtel Foncillon encore magnifique avant le relooking criminel et catastrophique de sa façade. On observe aussi que la Résidence Foncillon n'est pas encore construite.




En 1976, une correspondante hospitalisée à l'Hôpital Henri Mondor envoie une carte postale à son docteur ! Ladite carte est une édition La Cigogne en multi-vues qui nous fait faire le tour de cet hôpital moderne dont la façade est plaquée d'une immense croix bleu ciel. On reviendra sur les cartes postales d'hôpitaux plus tard.



Chef-d'œuvre français de Guillaume Gillet, le château d'eau de la Guérinière à Caen. On reste toujours admiratif de cette belle forme et de la générosité de son dessin. Gillet fait là une œuvre complexe mêlant les programmes dont la légèreté sur le sol était sa puissance. Aujourd'hui tout cela est un peu éteint.
On peut encore aimer que les éditeurs de cartes postales aient compris alors l'importance de l'architecture de leur temps et n'avaient aucun souci à publier des cartes postales de tels monuments. Ici ce sont les éditions Iris pour Cap-Théojac qui régalent. On notera que Guillaume Gillet est bien crédité et que la carte postale expédiée en 1975 est un cliché plus ancien.

Et maintenant des architectures pour des oiseaux. La multitude des formes et des approches est souvent articulée sur l'humour et le jeu des images souvent surréalistes. Peu tentent réellement la vraie confrontation directe avec la fonction en osant l'approche naturaliste. On joue et c'est heureux et on joue souvent à l'architecture moquant ses formes, ses errances, ses symboles. Le concours à l'originalité de l'idée presse un peu les artistes à faire une image qui viendra marquer le spectateur bien plus que... les oiseaux !
On cherche parfois le sens (au sens... propre comme au figuré !) et on observe surtout l'absence d'oiseaux dans les arbres. Ils sont imaginaires, rêvés et si ses oiseaux sont des cons comme le dit si bien Chaval, ils ne le sont pas assez pour s'installer dans ces fantaisies pourtant touchantes, rieuses et fondamentalement tendres. Ces nichoirs sont surtout pour nous et pendent des branches comme des fruits étranges que notre imagination laisse couler des hauteurs, et c'est bien ainsi.
Allez les voir, il y en a beaucoup plus que ceux que je vous montre !



L'un des plus beaux, réalisé, je crois, à partir des piques anti-pigeons, il forme une structure superbe :


le plus "bungalow pour camping suisse" :


mon préféré, Pinocchio et son nez :


le plus organique :


le plus "retour de bagne" :


le plus conceptuel fait d'un simple image :


le plus délicat :


le plus "furieusement Fièvre du Samedi Soir" :


le plus "ascension par la face nord" :


le plus "juste retour des choses" :