lundi 18 novembre 2019

Se faire prendre, prendre par l'image


-...Ah ? Pourtant avec une telle allure tu devrais trouver ?
- Ba non... c'est pour ça que je t'appelle.
- T'as tout essayé ? Skycrapers aussi ?
- Ouais, tu penses...
- Et t'as besoin de ça pour quand ?
- Ba là, maintenant...
- Quoi ? Tu me fais marrer, tu crois que comme ça, sur le pouce je vais te trouver le nom des architectes d'un hôtel à Copenhague ?
- Ba, faut que tu maintiennes ta réputation...
- La flatterie...
- Alors tu sais pas ?
- Ba non mon gars. Je vais faire de mon côté les recherches. Mais pourquoi t'as besoin de ça là maintenant.
- Je tente un coup pour le prof d'histoire de l'archi.
- Un coup ? Genre ?
- Genre j'ai rien branlé et je suis en retard, alors je voudrais le calmer avec un truc du genre "architecture des grands Hôtels, internationalisation d'un modèle, les Hilton et Sheraton."
- Eh bien mon gars, t'as du taffe. Pas sûr que Xavier se laisse avoir. Bon euh... je tente de te trouver ça. Y a rien à l'agence ?
- Non, Jean a regardé pour moi.
- Et lui il fait quoi ?
- Ba, rien, tu te rappelles, on est pas dans la même année...
- Ah oui, j'oublie toujours.
- Enfin, là, il vient de rendre un cahier de recherches sur les couvertures des Domus. Y a toute la collection à l'Agence, tu sais.
- Ah ça oui, j'y ai passé des heures aussi.
- Ouais. Il a mis des jours à tout regarder et éplucher, d'ailleurs, y a un texte de Restany sur Parent, en 70, il va te l'envoyer.
- Ah ? Merci. Oui.
- Bon, euh, je te laisse. Faut que j'aille manger.
- Ok, je t'appelle pour ton hôtel si je trouve mais rêve pas. Fais mine à ton prof de trouver ça intéressant l'anonymat des architectes pour ce genre de construction.
- Ah ouais... malin,  La bise, David.
- La bise Walid et la bises à Jean-Jean.









































































Hier :
Je suis donc parti en recherche et je suis resté sans aucune information sur ce Sheraton. Par contre, ce qui reste intéressant c'est comment un cadrage conduit à croire ou comprendre un agencement de façade.
Sur la première carte, on voit une succession de trois façades en décrochement sans bien comprendre ce qui appartient ou non à l'Hôtel. On y voit bien l'implacable remplissage de panneaux formant une grille absolument parfaite dont seules les fenêtres ouvertes viennent perturber d'un petit carré noir la régularité. Le soleil tape dans la façade en haut à droite, on devine sur le sol, le motif des reflets réguliers s'imprimer sur le bitume. D'ailleurs, difficile de dire ce qui a poussé le photographe à attendre ce moment un rien éblouissant. Mais, de fait, de ce point de vue, difficile de comprendre les articulations du volume.
Il nous faut donc la seconde carte postale.
Toujours directement édité par l'Hôtel Sheraton lui-même, cet autre point de vue permet de mieux saisir la volumétrie de ce bâtiment faite donc de trois constructions en décrochement, n'offrant bien à la vue qu'un champ gigantesque de fenêtres. La photographie en blanchissant ainsi la façade ne nous permet plus d'en apprécier la matérialité, faisant de l'Hôtel deux blocs dont, à nouveau, seuls quelques points noirs viennent ponctuer la façade. Le reflet dans l'eau permet presque de mieux saisir le bâtiment, l'eau agissant comme un filtre photographique.
Mais, bien entendu, si nous voulions savoir comment on vit là dans le luxe internationalisé d'un Hôtel Sheraton, on ne le pourrait...
Alors Walid m'envoie ce matin cet incroyable lien vers une vidéo promotionnelle de l'Hôtel qui est tellement caricaturale que j'ai cru à un montage postérieur, une moquerie joyeuse. On s'attend à tout moment que cela bascule vers un porno chic gay aux lumières tamisées où Tony se fait prendre par Olaf comme on savait le faire à l'époque. (Euh... si, si, je vous l'assure...)
Reste que je n'ai pas trouvé le nom des architectes de ce Sheraton de Copenhague. Walid non plus.
Et vous ?
https://youtu.be/9nTRthcYbEk

Pour démarrer la vidéo, cliquez sur l'image ou sur ce lien : https://youtu.be/9nTRthcYbEk





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