dimanche 29 janvier 2017

Les germaniques

Toujours cette surprise !
Dans le flot d'environ 1000 cartes postales des plages de l'Espagne, rangée dans une boîte à chaussures sur une table aux Emmaüs, une carte postale me suffit à justifier mon temps et ma venue :

 

Vous comprenez, j'en suis sûr...
L'éclat soudain du métal brillant, la puissance parfaite de la structure, les volumes à la fois emballés et identiques tout en étant vibrants de décrochements, les raccords délicats entre eux, le soleil plombant le ciel d'un bleu plus dur que l'habitude et faisant blanchir l'aluminium, tout cela, tout cela me réjouit au plus au point.
Je dirais même que cette carte postale, de par cette incandescence, est l'une des plus belles découvertes architecturales qui m'ait été offerte par ce genre.
Je ne connaissais absolument pas cette construction, je ne me souviens pas l'avoir déjà vue dans une revue ou en toute autre occasion.
"Putain ! Mais c'est quoi ce truc ?" Voilà bien mon monologue intérieur, hier, dans la salle des Emmaüs. Mais je ne vous ai pas encore dit de quoi il s'agit.
L'éditeur (et photographe ?) est Fritz Witzig, c'est lui qui nous offre l'opportunité de voir l'Hypo-Haus de Munich, München comme disent nos amis allemands. La chance que nous avons, car nous sommes en Allemagne, c'est que l'éditeur nous offre même le nom des Architekten de cette merveille : Walther et Béa Betz.
Une fois que l'on tape sur les moteurs de recherches ces noms, on trouve une quantité incroyable de documents et d'images de cet Hypo-Haus et des deux architectes. Comment se fait-il que depuis autant d'années, je n'ai pas eu l'occasion de les voir et de les rencontrer ? Cela m'intrigue, surtout que Münich est une ville qui possède bien d'autres beautés ruisselantes de ce luxe appliqué à la puissance.
Cette absence, entendez-le comme vide, est une preuve que l'histoire personnelle que l'on se fait de l'architecture reste encore une question parcellaire, à la fois faite d'un territoire, d'un univers particulier et de chance aussi de découvertes. Je ne trouve rien en langue française sur ce couple d'architectes. Pourquoi ?
Sans doute que l'absence de construction en France n'y est pas pour rien.
Si vous êtes comme moi parfaitement ignorants de leur travail et désireux d'en apprendre plus sur Walther et Béa Betz, je vous conseille donc vivement d'aller sur leur site.

J'ai aimé comment ce film nous montre une façade mouvante qui fait rouler les voitures à la verticale, comment la technologie joue avec le soleil, comment l'architecture devient une machine. On aimera aussi que les hommes en costume noir, tous identiques, uniformes en livrée et célibataires même, semblent trouver dans ce genre, une forme de nid pour la direction du Monde.
On aimera comment Dan Flavin donne de la couleur à des murs trop blancs, comment la spatialité architecturale reçoit le baroque des néons colorés.
C'est beau. Un peu loin aussi.
Mais que voulez-vous ? Devant autant de perfection, d'Allemagne triomphante, de puissance, je reste éberlué et joyeux. Je vais mettre un costume et me trouver un porte-documents en cuir noir pour pouvoir arpenter la couleur, la mécanique des fluides, le cinétisme des façades.
Peut-être que Gilles Lestrade pourra nous en dire davantage...
Gilles ? Tu lis ça ?

 




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