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mercredi 8 octobre 2014

Le Diocèse, Marc Massion et Bernadette

Allons-nous vers un nouveau scandale patrimonial et cette fois dans ma région ?
L'église Sainte Bernadette de Grand Quevilly dessinée par l'architecte Caron et dont les décors sont de Pierre et Vera Szekely est menacée de démolition. Le permis de démolir est déjà affiché sur la porte.
Une nouvelle fois, il faudra soulever la responsabilité des autorités locales, religieuses et politiques dans ces histoires, incapables sans doute de juger, d'aimer de croire en leur Patrimoine Moderne pensant sans doute un peu vite que parce que c'est moderne tout le monde s'en fiche.
Eh bien non.
Cette église comporte suffisamment de qualités architecturales et techniques, suffisamment d'atouts artistiques pour avoir droit à un classement. Comment d'ailleurs se fait-il qu'elle n'ait pas déjà au moins obtenu le Label Patrimoine du Vingtième Siècle ?
Doit-on encore ici redire l'importance du travail de Pierre Szekely, émigré hongrois qui a collaboré avec les plus grands architectes et artistes de son temps ? N'y-a-t-il donc personne à Grand Quevilly, dans le conseil municipal ou au Diocèse pour se rappeller la chance que ce patrimoine représente ?
Sont-ils donc aveugles à ce point des qualités plastiques des façades ? Du jeu simple mais puissant du plan ? De la jubilation des volumes ? De la chance d'avoir une église construite en fusées céramiques, technique rare et belle ?
Remarquée dès sa construction, publiée dans les revues, l'église Sainte-Bernadette est l'un des très beaux exemples de ce que le mouvement de Vatican 2 a produits dans notre région. Elle est un jalon indispensable au trajet du renouveau de l'Art Sacré moderne et contemporain qui passe par l'église St-Joseph au Havre, l'église Jeanne-d'Arc à Rouen ou la modeste et moins connue mais superbe église de Foucarmont. Et tant d'autres...
Les arguments sont toujours les mêmes : désaffection, besoin de place etc... On rêve !
Si cette église était romane, il est certain que Monsieur le Maire et le Diocèse ne rêveraient pas sur ces terrains disponibles... Non, il y a là un vrai et profond mépris, une inculture grave de ce qui constitue notre Patrimoine Architectural Moderne et Contemporain.
J'ai honte.
De plus signalons que le bâtiment est en parfait état, qu'il est parfaitement intégré à son quartier. Il est tout à fait possible de lui trouver une nouvelle attribution, un nouveau rôle dans ce quartier. Une habitante m'a indiqué sa crainte de cette démolition car cette église apportait dans le quartier silence, calme et souvenirs.
On s'étonnera tout de même que le permis de démolir soit au nom du Diocèse qui serait donc capable de laisser tomber ainsi une part importante de son histoire... Pour quoi en échange ?
Nous, Comité de Vigilance Brutaliste, suivrons ce dossier de très près. Nous prendrons toutes mesures nécessaires à la sauvegarde de ce monument qui par la personnalité exceptionnelle de Mr Szekely mérite une protection.
Les ayants-droits sont prévenus.
On attend avec impatience la position de la D.R.A.C Haute Normandie et notamment de son service des Monuments Historiques.

Signez la pétition !
Faites circuler l'information.

Ci-jointe copie de la lettre adressée à Monsieur  Marc Massion, le Maire de Grand-Quevilly ce jour :

Monsieur le Maire,
alors qu’il y a peu encore, les Journées du Patrimoine ont démontré l’attachement des français à leur constructions emblématiques, nous apprenons avec effroi que l’église Sainte Bernadette serait menacée de destruction.
Cette église, Monsieur le Maire, vous n’êtes pas sans le savoir fait partie de l’héritage architectural typique de l’élan de Vatican 2. Par son architecture audacieuse et typée, par ses formes, par son mobilier d’art sacré que l’on doit à l’un des plus grands sculpteurs français d’origine hongroise Pierre Szekely, cette église est bien plus qu’un bâtiment vide qu’il faut éliminer mais elle est un Patrimoine National qui appartient aux habitants de Grand Quevilly mais également à tous les amoureux de l’Architecture Sacrée ou Profane.
Votre ville a une identité riche en termes d’architecture moderne et contemporaine qui fonde sa réalité sociale et historique. Une autre église Sainte-Bernadette pourtant repérée par les critiques d’architectures est déjà dans votre commune l’objet d’un abandon honteux. Il serait tout de même dommage que votre ville devienne dans l’histoire de l’architecture sacrée du XXème siècle l’exemple type d’une commune lâchant son patrimoine.
Votre action mérite mieux et vos administrés attendent certainement un autre traitement de leur histoire locale.
Nous resterons donc vigilants à l’avenir réservé à cet édifice, nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour communiquer autour de cette affaire patrimoniale d’une très grande gravité et urgence.
Les bâtiments modernes méritent autant d’attention à leur héritage que les autres, surtout dans une commune dont l’histoire est fondée sur l’égalité des chances, le brassage des origines et le partage des convictions religieuses.
Saint Bernadette, cette église est le symbole même de cette histoire. Moderne dans ses formes, ambitieuse dans sa construction, ayant fait appel à un émigré hongrois pour ses décors, elle est l’une des images fortes de ce que votre ville a porté comme espoir.

Monsieur le Maire, sauvez cette église. Sauvez votre histoire.

Dans le respect de vos fonctions et la certitude de votre écoute,
Veuillez agréer Monsieur le Maire l’Expression de ma Considération Distinguée.

David Liaudet















































vendredi 30 octobre 2015

Sauvons l'église de Serqueux avant que...

6 mai 2026
Dernière minute ! Urgence absolue ! Menace imminente !
On apprend hier que le préfet aurait signé la destruction de l'église de Serqueux.
Si cela s'avère vrai c'est une honte absolue et une perte inestimable pour l'architecture du Vingtième Siècle !
Pire c'est l'aveu d'impuissance et d'inutilité du Label Architecture Contemporaine Remarquable  et classement en Normandie puisque dans cette région on a déjà assisté au déclassement de leur titre de Monument Historique des Verre et Aciers de Marcel Lods, voilà qu'aujourd'hui  c'est cette église qui est attaquée ainsi.
Bien entendu tout cela se fait sous les yeux des autorités patrimoniales (autorités bien peu efficientes en fait) et avec leur complicité ?
Après la destruction de l'église Sainte Bernadette du Grand Quevilly celle de Serqueux montre bien comment l'Art Sacré contemporain est traité en Normandie par ses institutions. On notera que cela fait donc deux constructions en fusées céramiques qui sont donnés aux pelleteuses. On dirait bien que la Région Normandie et ses institutions culturelles veulent en faire une vraie rareté sur son territoire en supprimant le plus possible les expressions de cette technique soit exactement l'inverse de sa...mission de sauvegarde. Chapeau la Région Normandie, Chapeau bas.


30 octobre 2015
Oui.
Sauvons l'église de Serqueux.
Après le scandale de la destruction de l'église Sainte Bernadette de Grand-Quevilly, seule autre représentation en Seine Maritime du système de construction en fusée céramique, il est hors de question que celle de Serqueux ne puisse être restaurée et classée dans un département dont la liste des outrages vis-à-vis de l'architecture moderne et contemporaine commence à être longue : Niemeyer au Havre, église de Grand-Quevilly, le pont tournant de Dieppe (nous en reparlerons bientôt), l'église Saint Nicaise de Rouen, l'abandon du chef-d'œuve de Mottini devant l'école d'architecture et j'en passe certainement...
La Seine Maritime un département oublieux de son Patrimoine moderne et contemporain ? Oui, maintenant c'est clair et limpide.
L'église de Serqueux tout comme celle de Grand-Quevilly est faite pour l'essentiel d'une très belle voute parabolique constituée de fusées céramiques, système intelligent et rare. Une flèche fine posée en campanile hors de la construction vient lui donner son élan, la signaler. Ce campanile d'une très grande qualité de dessin par sa finesse et par le jeu des formes entre elles suspend un cube contenant les cloches. Le reste de la construction se répand sur le sol dans un dessin en arc de cercle. Il s'agit là de la mise en œuvre par Michel Percheron son architecte d'une grande simplicité, d'une pureté même d'un ensemble religieux moderne, bien marqué par son époque qui mérite toute notre attention.
Regardons cette carte postale des éditions SOFER sans nom de l'architecte Michel Percheron ni nom du photographe :


On notera que la carte postale est colorisée et que le sol de la parcelle de l'église est très largement couvert d'un rouge un rien surjoué. Qu'importe !
On se réjouit de la vue de cette église posée là dans son village et offrant tous ses services dans une modernité acceptée et aimée.
Alors, j'apprends que des mesures de sécurité sont prises car l'église semble fatiguée. Espérons que cette fois les autorités de la conservation du Patrimoine en Haute Normandie, les autorités politiques locales et les citoyens de Serqueux feront le nécessaire pour sauver ce seul et dernier exemple maintenant de ce type de construction en Seine Maritime.
J'avoue que vu la dernière expérience et l'inaction en marche de ces autorités patrimoniales en Haute Normandie et les petites démagogies politiques qui l'accompagne, je crains le pire.
Ça sent la grignoteuse.
ce que dit la PQR :
http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/4133062/l-eglise-de-serqueux-necessite-de-lourds-travaux#.VjOFpqSjv-Y
Quelques images prises par votre serviteur, il y a un an maintenant sous un soleil bas d'hiver normand...









On perçoit très bien ici les fusées céramiques formant les voûtes et qui sont bien similaires à celles de l'église Sainte Bernadette Grand-Quevilly.













dimanche 4 mai 2014

Dieu aime la couleur

C'est dimanche.
Nous aimons, en ce jour, visiter nos belles églises modernes et contemporaines. Nous allons poursuivre le travail d'inventaire de ces très beaux lieux et de ces très belles architectures qui n'ont pas attendu les petits photographes contemporains pour exprimer toutes leurs forces, toutes leurs couleurs saturées, toutes leurs beautés formelles dans un objet éditorial populaire : la carte postale.
On va revoir certaines de nos icônes, on va les voir sous des aspects nouveaux.
On commence ?
Bon dimanche à tous !



Voici l'un des plus beaux lieux d'Art Sacré de France, l'un des plus radicaux. Il s'agit du Prieuré du Mont-Cenis en Savoie. On le doit à l'Atelier d'Architecture en Montagne, la carte postale Combier rend parfaitement hommage à son implantation dans le paysage et tente une symétrie montagneuse ! On a déjà bien regardé cette église dans notre blog mais ici, l'objet est clairement et nettement mis à notre disposition. Un site nous indique que l'architecte pourrait bien être plus précisément Philippe Quinquet qui travailla avec Charlotte Perriand.



Nous ne pouvons que nous réjouir qu'une forme géométrique vienne ainsi durement mais justement se mettre en rapport avec son environnement. La justesse d'intégration vient ici, évidemment, de cette opposition que l'on pourrait qualifier de cristallisation. Il faut aussi admirer les aménagements extérieurs et la manière dont ce lieu joue avec le sol.
Toujours dehors :



N'est-elle pas incroyable cette image ?
Ne fait-elle pas d'une forme architecturale une forme photographique ? Comment ne pas être saisi par l'agencement des surfaces et des couleurs sur une telle carte postale ?
Vous aurez reconnu, pour les plus fidèles, l'église d'Estrées-Deniécourt que l'on doit à l'architecte Quentin, architecte royannais. La carte postale n'a ni nom d'éditeur ni nom de photographe mais nomme l'église comme "reconstruite style moderne 1959" ! Oui... C'est vrai !
Même s'il est difficile de définir le style "moderne" (comme le style "ancien" !) on pourra tout de même dire qu'il y a là une intention un peu naïve mais touchante de définir une forme architecturale. L'architecte est oublié dans cette description. Et Roger, l'expéditeur ajoute "Drôle église".



Pour ma part, je m'étonne de voir monter si haut au premier plan des herbes dans le cadre. Cela veut dire sans doute que le photographe est bien bas sur le sol, un peu comme Lucien Hervé à Ronchamp. Le cadrage pourrait d'ailleurs passer pour maladroit, coupant à gauche, ouvrant à droite. Et une échelle monte dans le ciel bleu pastel. L'église datant de 1959, la carte date, elle de 1960.
Entrons dans une autre église :


Vous la reconnaissez ?
Allez...
Ce bel espace est bien l'intérieur de l'église de Foucarmont ! Rappelez-vous ici.
L'éditeur Combier nous donne les informations suivantes : " église moderne inaugurée le 3 mai 1964. L'ancienne ayant été détruite lors du bombardement du 13 février 1944. Architecte : Ozavaronni (grand prix de Rome)"
C'est donc à un jour près le cinquantième anniversaire de l'église de Foucarmont ! Joyeux anniversaire !
On admire ici grâce aux belles couleurs que l'éditeur laisse s'exprimer le beau travail de la lumière et de ce pan de mur percé d'une multitude de points colorés comme un moucharabieh moderne. En contraste, le mur de l'autel apparaît plus serein, plus calme. Le toit sombre laisse bien la couleur et la lumière s'exprimer pleinement. Cette église de Foucarmont mérite le détour et reste en Normandie l'un des plus beaux lieux d'Art Sacré du Vingtième Siècle.
Toujours dedans mais plus loin :




L'intérieur de l'église de Baccarat est une machine optique et colorée incroyable ! Il faut que vous alliez voir ça !
La carte postale des éditions de l'Europe vous en donne une idée. Un rien viennois dans l'expression des dessins, les vitraux de cette église aux couleurs saturées et puissantes ont raison de s'exprimer pleinement dans une photographie qui rend justice à leur force plastique.
L'architecte de cette merveille de l'Est est Nicolas Kazis et je vous laisse refaire la promenade que nous avons déjà effectuée ici.
La couleur saturée ou pastel, la fermeté de l'architecture sacrée contemporaine, la jubilation audacieuse du cadre, tout cela est présent sans prétention mais avec une incroyable qualité dans le seul véritable inventaire de cet Art Sacré du XXème siècle : la carte postale.






mercredi 13 septembre 2023

Journées Européennes du Patrimoine c'est inutile ?


 

6 mai 2026
Dernière minute ! Urgence absolue ! Menace imminente !
On apprend hier que le préfet aurait signé la destruction de l'église de Serqueux.
Si cela s'avère vrai c'est une honte absolue et une perte inestimable pour l'architecture du Vingtième Siècle !
Pire c'est l'aveu d'impuissance et d'inutilité du Label Architecture Contemporaine Remarquable  et classement en Normandie puisque dans cette région on a déjà assisté au déclassement de leur titre de Monument Historique des Verre et Aciers de Marcel Lods, voilà qu'aujourd'hui  c'est cette église qui est attaquée ainsi.
Bien entendu tout cela se fait sous les yeux des autorités patrimoniales (autorités bien peu efficientes en fait) et avec leur complicité ?
Après la destruction de l'église Sainte Bernadette du Grand Quevilly celle de Serqueux montre bien comment l'Art Sacré contemporain est traité en Normandie par ses institutions. On notera que cela fait donc deux constructions en fusées céramiques qui sont donnés aux pelleteuses. On dirait bien que la Région Normandie et ses institutions culturelles veulent en faire une vraie rareté sur son territoire en supprimant le plus possible les expressions de cette technique soit exactement l'inverse de sa...mission de sauvegarde. Chapeau la Région Normandie, Chapeau bas.


13 septembre 2023

Et si le dossier de l'église de Serqueux devenait un emblème de la gestion du Patrimoine en Normandie et en France ?

Voilà une petite ville qui possède sur son sol l'un des rares exemples de voûtes en fusées céramiques gràce à son église volontairement moderne et audacieuse. Archétype des églises de ce type en France construites après la Seconde Guerre Mondiale, cette église dessinée par l'architecte Michel Percheron, certes, n'est ni Ronchamp ni l'église du Raincy mais elle ne démérite pas, surtout d'un point de vue technique et aurait donc du faire l'objet de tous les soins possibles surtout après la démolition honteuse de sa soeur l'église de Grand Quevilly qui était l'autre témoin en Haute-Normandie de ce matériau génial et si original. On passera sur cette démolition, on ne comprend toujours pas le raté patrimonial...Enfin...si...On comprend...




Le clocher-campanile de Serqueux lui n'a déjà pas survécu.
On pourrait se dire que cette église de Serqueux fut bien repérée puisqu'elle a bénéficié du si étrange Label Architecture Contemporaine Remarquable (à l'origine Label Architecture du XX), preuve donc que les services régionaux du Patrimoine avaient été attentifs à cet héritage mais n'avaient bien entendu pas pensé à un classement. Il reste toujours difficile de comprendre comment on atteint le podium de l'aristocratique classement au titre des Monuments Historiques.

Mais voilà...la vie municipale et démocratique est faite de creux et de rebonds ! L'église de Serqueux est en mauvais état et, comme un nombre grandissant d'églises désaffectées en France, personne ne sait comment financer sa restauration ou lui trouver une destination autre. La reconversion et le financement ainsi que la sécurité des habitants et usagers deviennent donc de fait des questions importantes pour le maire, responsable sur tous ces points aux yeux de ses administrés. Monsieur Hermand avait donc demandé légitiment et courageusement par la voie démocratique aux habitants ce qu'ils voulaient faire de leur église. Mais...au moment-même où cette question était posée démocratiquement, manquait donc une information essentielle : le maire et ses administrés ne savaient pas que cette église de Serqueux était bel et bien labellisée ! 
Oui c'est incroyable.

Comment dire...


On notera que ce Label a pour objet justement d'éduquer à l'architecture moderne et contemporaine, il se doit de rendre visible de fait ce qui est exceptionnel et devrait être avant tout un moyen de diffusion de cette histoire de l'architecture. Comment se fait-il que personne à Serqueux ne fut informé de cette labelisation ? Pourquoi ce manque d'échanges entre l'administration du Patrimoine et une commune ? On imagine bien que le cas échéant, depuis toutes ces années, la Mairie et son maire aurait pu s'emparer de ce Label pour communiquer aux habitants de Serqueux la chance de posséder sur leur territoire un tel objet architectural et donc auraient bien pu, évidemment, voter d'une toute autre manière pour son avenir !
Maintenant, et une fois encore, tout se bouscule ! Sans doute alertés par les médias de la demande démocratique faite par le Maire à ses administrés, voilà les services patrimoniaux qui se remobilisent et rappellent au Maire que ce bâtiment fut labellisé. On a envie de dire : juste à temps ! Juste avant la démolition...
Mais Monsieur le Maire me fait remarquer justement : comment croire encore à la parole publique quand un maire s'engage sur les décisions de sa population et que cette décision se fait sur une information si ce n'est mauvaise au moins...incomplète ! 
Et comment expliquer maintenant que c'est trop tard, que cette église ne fut pas alors reconnue, soutenue et donc entretenue pendant tout ce temps. Pourquoi cette église n'a pas été repérée en 1980, 90, 2000, 2010, 2020 ?

À qui jeter la pierre de cette politique de la protection patrimoniale en France et donc en Normandie ? Pourquoi, une fois encore, a-t-on l'impression que tout se gère (ou ne se gère pas) dans l'urgence juste avant la ruine ?
Admirons la patience de Monsieur le Maire...et son fair-play, lui qui doit rendre des comptes à des administrés qui n'ont pas été informés de la qualité de leur Patrimoine. À quoi sert (et à qui ?) un Label Architecture Contemporaine Remarquable qui n'est...remarqué par personne ?

On se souvient que la DRAC Ile-de-France a mis sept ans et demi pour répondre sur un dossier. 

Alors on sait de moins en moins quoi penser de toute cette organisation administrative de notre Patrimoine, de tous ces Labels ! Et de ce qui constitue normalement un service publique.
On dirait que parfois certaines administrations tentent de sauver les apparences pour ce Patrimoine au dernier moment, comme pour effacer leur absence de repérage et de travail en amont. Un manque de Culture et de curiosité pour ce Patrimoine du XXème de la part des dits-agents ? Un manque de moyen humain et technique ? Un manque de formation à ce Patrimoine ? Qui contrôle les activités des agents patrimoniaux et leur gestion et dans quel cadre administratif ? Qui donc pour juger de la qualité de leurs services ? 
Le tribunal administratif ?
Comment inventer une vraie capillarité entre les citoyens et leurs services publiques du Patrimoine ?
Le loto du Patrimoine est-il donc le seul lien valide ?

L'autre question que cela pose est le repérage de ces architectures et de qui doit l'opérer et au nom de quelle vision du Patrimoine. En 2023, l'inventaire des constructions des années 90 et 2000 devrait être en route. On devrait déjà pouvoir classer certaines de ces architectures. Faudra-t-il que les DRAC en 2050 se rendent compte trop tard qu'elles ont oublié quelque chose ? Est-ce que la notion-même de Patrimoine aura la même valeur dans un monde surchauffé qui ne gérera l'urgence que par sa vision rétrécie et idéologique d'une écologie devenue maitresse de toutes les décisions ? Qui de cette génération montante du Patrimoine et de l'Architecture aura été formé pour sauver techniquement et esthétiquement ces architectures de la fin du XXème des risques de dépréciations écolo-démagogiques ?

Alors, en ce week-end des Journées Européennes de l'Architecture et du Patrimoine en Normandie, peut-on au moins rêver à une issue heureuse pour l'intelligente et touchante église de Serqueux ? Est-ce que la prise de position démocratique du Maire, son incroyable bonne volonté d'administrer correctement sa commune et de mettre en valeur son Patrimoine construira une alliance enfin apaisée avec les agents du Patrimoine pris d'un sursaut, conscients donc, les un et les autres, de leur responsabilité et du respect de la parole publique. Un Label ça devrait aussi être considérée comme une déclaration politique et l'exercice de la Démocratie, pas un machin de spécialistes qui tombe sur un territoire comme une punition pour une mairie ou qui s'efface selon les desiderata des élus politiques locaux.

Rêvons...Croisons les doigts.
Il parait que l'une des thématiques du Minsitère de la Culture en ces Journées Européennes du Patrimoine serait : Patrimoine vivant.
Aimons-nous vivants
N'attendons pas que la mort nous trouve du talent...donc...

Walid Riplet.

Pour revoir quelques articles en rapport avec ce texte :
Déjà en 2016 :

Sur les fusées céramiques et Jacques Couëlle :

Sur la honte de Grand Quevilly et comment ça pourrait finir aussi à Serqueux :

Quelques images déjà publiées mais qui éclaireront les nouveaux venus sur ce blog.
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