samedi 1 février 2020

De la réception populaire de l'architecture

Lorsque mes amis me qualifient de fan de Claude Parent, j'ai toujours un moment de recul, comme si ma relation à l'architecte et à son œuvre méritait mieux (ou différemment) que ce vocable plus souvent associé à des petites vedettes de la chanson.
Pourtant, c'est vrai, et mes amis ont raison en ce sens, que chaque fois que l'occasion m'est donnée de rencontrer le travail de Claude Parent, j'ai un petit frémissement particulier, une sorte de satisfaction primaire, un frisson faisant trembler la colonne vertébrale.






































Ce fut le cas avec cet ouvrage, la civilisation du loisir chez Marabout, offert par Catherine Schwartz et Lucas Morin, éditeurs et artistes de talent. Merci à vous deux.
Dans ce livre dont la collection se veut très populaire, didactique et de vulgarisation, on trouve plein de textes et d'images qui, dès la couverture, donnent le ton d'une époque Pop heureuse de vivre. L'année ? 1967. C'est parfait...



Sur la couverture de l'ouvrage, magnifiquement dessinée par Henri Lievens, on voit une robe de Paco Rabane et, très stylisé, Habitat 67 de Moshe Safdie quand il faisait encore de l'architecture.
Ce que donne à voir donc ce genre d'ouvrage c'est la réception d'un travail, comment, soudain, il apparaît comme représentatif, reconnu, racontant à lui seul la question posée.
Donc, pages 156-157 et pages 158-159 surgissent deux dessins de Claude Parent au milieu d'un article de Hugo Uyterhoeven sur l'expansion économique.




J'ai donc cherché dans cet article quelque chose permettant de comprendre ce désir de présence de Claude Parent et Paul Virilio sans bien saisir cette nécessité. Peut-être, vaguement, le désir d'évoquer d'autres structures de la vie pour permettre une refonte entre les temps de loisirs et les échanges sociaux... Rien de très convaincant... Alors ?
On sait que ce genre d'ouvrage à vocation populaire doit aussi être séduisant, ouvert et offrir dès le premier feuilletage, l'envie de le parcourir et, de par son iconographie très riche, faire saisir le contenu et l'objet de la réflexion. D'ailleurs Parent et Virilio ne sont pas les seuls architectes montrés dans l'ouvrage qui accumule tous les stéréotypes de la ville moderne et de la prospective sur l'urbanisme. Je crois d'ailleurs que le mot prospective est bien le seul qui justifie ici cette place accordée à nos deux amis architectes.
On note avec délice qu'en fin d'ouvrage, dans les sources des illustrations, c'est bien Architecture Principe qui est nommée et que le premier dessin est crédité à Claude Parent alors que le second est crédité, oui, à... Paul Virilio...
Bien entendu cela m'étonne car il ne fait aucun doute que ces deux dessins sont bien de Claude Parent. S'agit-il alors d'une stratégie de la nomination ? Qu'ainsi, en ayant attribué son nom à un dessin, Virilio apparaît à égalité avec Parent dans le groupe Architecture Principe et gagne en lisibilité ? Hummm....
Et surtout, comment l'éditeur de ce petit livre a-t-il trouvé ces architectes, ces dessins et comment a-t-il pu penser qu'ils seraient utiles ? Cela prouve une certaine réception de notre duo, une certaine lisibilité pour ce qui est de la vulgarisation de la prospective architecturale. Je pense que les ouvrages de Michel Ragon ont certainement aidé à cette vulgarisation de l'œuvre de Parent et Virilio.
Lorsque Catherine Schwartz et Lucas Morin m'ont offert ce livre, j'ai tout de suite émis un doute quant à mon désir de le garder dans ma bibliothèque déjà très encombrée de ce genre d'ouvrages que l'on aime pour peu de choses (une photo, une qualité éditoriale) mais que l'on n'ose pas éjecter. Alors que faire de celui-ci ?
Que faire aussi d'un livre offert, dont l'éloignement de la bibliothèque apparaîtra comme une trahison de l'amitié ?
Au moins m'aura-t-il permis de me poser cette question de la réception d'une architecture, de voir comment elle intègre et illustre des préoccupations de son temps et fait iconographie. Combien de lecteurs de l'ouvrage sont allés voir le nom des auteurs de ces deux images ? Combien ont alors décidé de tout savoir sur nos architectes ? Combien alors ont même reconnu les auteurs ?
J'imagine au moins une joie de nos architectes de se savoir ainsi éparpillés dans des bibliothèques populaires et d'être heureux qu'on ait pensé à eux pour raconter le futur.
Il ne faut donc pas négliger les autres espaces éditoriaux lorsqu'on veut raconter la réception d'une révolution architecturale. Le livre de poche, tout comme la carte postale, sont donc des genres populaires qu'il faut étudier.
Qui veut ce livre ?
Louis ?

Pour revoir tous les (très nombreux) articles sur Claude Parent et Paul Virilio :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=claude+parent
https://archipostcard.blogspot.com/search?q=claude+parent

Comment ne pas voir dans ce jeu de construction entre le phare d'une DS et d'un immeuble, un petit signe à Charles Bueb ? le cliché est crédité à L. R. Mat.




































Très beau cliché d'une somptueuse maquette pour une piscine. On est heureux de retrouver ici les architectes Maillard et Ducamp ! Cliché venant de la revue Aujourd'hui, photographie de G. Martin.
On retrouve cette architecture ici :
https://archipostcard.blogspot.com/2012/10/fais-la-plus-grande-la-gouttiere-je-te.html

Cette photographie de Claude Magelhaes ne nous donne malheureusement aucun indice de sa situation...



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