lundi 16 mars 2020

Être, aller, voir : Le Mans 2

Et voilà une église contemporaine de plus, visitée par ce blog.
Toujours dans le cadre de l'atelier avec Sylvain Bonniol, nous nous sommes donc rendus, étudiants et enseignants, à l'église Saint Liboire du Mans.
De suite, je veux remercier vivement les responsables de la Paroisse de Saint Liboire qui, avec une très grande réactivité, nous ont permis de visiter l'intérieur de l'église, de répondre à nos questions, avec une grande générosité de temps et une totale liberté de travail pour nos étudiants. Comme aujourd'hui c'est assez rare une telle invitation, je les en remercie, ici, très vivement.

Voilà donc Saint Liboire que pendant des années je n'ai connu que par son très beau profil en béquille, ne réussissant jamais à la voir ouverte.
Comment d'abord ne pas être justement séduit par ce profil si incroyablement marqué par les influences de l'époque. La béquille de béton ici fait bien entendu penser à Jean Prouvé. Mais ici, matériau mis à part, elle reprend tout de même appui sur son porte-à-faux le plus long. Donnant à l'œil la sensation d'un seul point d'appui, rapidement, on s'aperçoit que le dessin nous le laisse croire. Ce profil sera répété sur toute la longueur, dégageant ainsi sous le plus grand côté l'espace des bancs et sur l'autre celui des confessionnaux. L'architecte, Monsieur Ménard, fera de l'espace dégagé sous le premier profil une entrée très impressionnante, dégageant et découpant des points de vue sur la ville. On note que l'église comporte une crypte, et que l'église est donc posée sur une dalle. L'espace est immense.
La simplicité constructive, sa logique et son économie font toute la force de cette église : une radicalité franche, aboutie, qui s'annonce depuis l'extérieur, faisant de cette béquille de béton la déclaration immédiate de son intérieur.
La lumière arrive par le grand côté, éblouissante et filtrée par une résine prise dans les stries verticales de brises-soleil. Ici pas de vitraux qui sont réservés à l'autel et à l'autre façade venant souligner sur toute la longueur la nef. Tout est d'une grande simplicité, aucune exubérance, tout tient dans la justesse des espaces bien déterminés. On note que le sol se soulève en pente douce sur l'extrémité de la salle.
Il s'agit donc d'une incroyable chance patrimoniale que cette église, véritable signe d'une église moderne, image même de Vatican 2, et réalité de la pensée architecturale sachant dans la grande tradition romane accorder économie, intelligence constructive et beauté structurale. 

Sauvons Saint Liboire !

Lors de la visite, rapidement, la question de l'avenir de cette église est évoquée. Le béton a vieilli et quelques fuites et éclatements sont visibles. La résine a mal vieilli. Il faudrait 300 000 euros immédiatement pour ne serait-ce que maintenir l'état tel qu'il est mais, bien entendu, il serait nécessaire de faire une belle reprise complète de l'édifice. À l'heure des désaffections des églises, peut-être y-a-t-il un vrai projet à construire avec ce très beau bâtiment dont le plan et l'organisation spatiale permettent sans effort de penser à une réhabilitation intelligente rendant hommage à son architecture et surtout à son histoire faite aussi de l'amitié entre Paderborn et Le Mans.
Vu l'état de l'architecture moderne et contemporaine au Mans... Rien n'est moins sûr.
Les élections municipales seront peut-être l'occasion de voir surgir une vraie attention à ce Patrimoine architectural. Rêvons.
Il suffit de lire cet article pour comprendre que parfois, pour les églises  modernes, l'enfer est pavé de "bonnes intentions"... spéculatives. Quelle tristesse ce peu de conviction pour sa propre église. Que font les autorités patrimoniales locales, régionales, municipales ? Réveillez-vous.
https://lemans.maville.com/actu/actudet_-eglise-Saint-Liboire-detruire-pour-reconstruire_24-456450_actu.Htm































samedi 14 mars 2020

Être, aller, voir : Le Mans 1

Que de belles journées !
Hier s'est achevé l'atelier avec Sylvain Bonniol. Nous devons ici le remercier pour son implication, son énergie incroyable et ses compétences, généreusement offertes aux étudiants.
Vous pouvez voir tout ce travail sur le compte Instagram suivant :

les.vues.du.mans.qui.manquent

























Comme promis, j'ai pu aller voir deux lieux encore inconnus pour moi et c'est toujours heureux les rencontres vraiment désirées. L'énergie de Sylvain Bonniol m'a comme autorisé à aller voir, voilà qui est important. Important aussi de bien tenir la technique photographique, de ne pas nier son importance pour construire une image. J'ai été, si on en croit les images qui suivent, un bien mauvais étudiant !

Avec Lise Davy, excellente dessinatrice, nous sommes donc partis tous deux vers la grande barre proche de la gare. Et aussi incroyable que cela puisse paraître je n'avais jamais vraiment regardé ce beau et même titanesque morceau de Hard French au Mans... Certainement trop centré sur la barre Le Couteur, j'en avais occulté l'importance. Pourtant... Quel morceau !
Son implantation est assez incroyable car elle oppose deux façades, l'une au Sud l'autre au Nord. Ce qui est surprenant c'est que la façade nord impose son horizontalité dans un terrain en pente ce qui rend nécessaire la construction d'une passerelle au-dessus du vide et l'invention d'un immense fossé qui donne à notre barre une allure de vaisseau amarré à sa cale ou à un quai de port maritime. Incroyable beauté.
La construction est en bon état, nous n'avons par contre pas pu entrer ni sur son terrain ni sur ses coursives... L'ensemble est maintenant ceint d'une clôture à digicode.  On s'amuse à retrouver le point de vue de la carte postale. Le pignon, si on se met bien en face, pourrait nous laisser croire que nous sommes devant une tour et non devant une barre.
Malheureusement, nous n'avons trouvé aucune plaque ou information sur le ou les architectes de ce magnifique vaisseau amiral du Hard French. On va trouver.

La suite au prochain numéro.















mardi 10 mars 2020

Sylvain Bonniol, être, aller, voir, J-1

Claude Lothier, Georgina Cotineau-Corcy et votre serviteur allons profiter de la venue de Sylvain Bonniol pour un atelier, dès demain, dans notre école des Beaux-Arts du Mans, pour voir.
Oui : pour voir.
Dans un cadre pédagogique, avec étudiants à l'écoute et enseignants au travail, comment va se passer (ou pas) le changement de la perception autour d'architectures présentes depuis longtemps dans mon imaginaire de collectionneur face aux objets concernés par cette représentation.
La représentation ici en question est bien composée de deux cartes postales que je possède, cartes de deux éléments d'architectures dont je ne connais pour l'un qu'une carte postale sans jamais avoir eu l'occasion (je crois) de l'avoir aperçu pour de vrai et l'autre est une église moderne devant laquelle je passe toutes les semaines, admirant le profil de sa construction sans jamais n'avoir pu en voir l'intérieur. Seule, une carte postale en ma possession me permettant de comprendre, de voir (vraiment ?) l'intérieur.
Il s'agira donc d'aller voir, de confronter à la fois l'image, sa construction face au choc toujours amusant, troublant, rassurant ou déroutant du réel, de faire cette expérience évidente mais si précieuse d'ÊTRE ALLÉ VOIR.
Je vous propose donc en plusieurs épisodes de tenter de suivre nos divagations, nos recherches, nos perceptions dans le cadre de cet atelier Intersites de notre école des Beaux-Arts avec notre invité, Sylvain Bonniol.
Il sera notre guide et nos yeux.
Comment la photographie est toujours une construction, comment elle donne toujours la jubilation de voir, comment une correction de l'image n'est pas forcément une correction du réel, comment dans l'histoire de la photographie d'architecture la question de son enregistrement est toujours un point de vue, une analyse.
On va surtout profiter de notre ville, des espaces, des hauteurs, des points de fuite, de ses perspectives. On va tenter de voir quelles vues du Mans manquent, pourquoi nous devrions pouvoir regarder ça ou ça au lieu de ça ou ça. Nous tenterons aussi d'en faire des images, c'est-à-dire des objets mobiles, fragiles tenant dans nos mains pour tenir fermement, en quelque sorte, le réel.
Déclarons ici d'emblée notre amour du réel, notre amour des images, notre amour du regard.

Voici donc les deux cartes postales du Mans en ma possession et qui restent encore mystérieuses et aussi encourageantes au réel.
La première :



Nous sommes Boulevard de la Gare devant deS immeubleS comme le dit au verso l'éditeur et photographe Georget-Dolbeau. Nous avons comme information donc une localisation, un photographe et une date d'expédition : 1965.
Nous avons un point de vue mettant une barre en perspective qui envoie l'œil vers le fond de l'image.
Qu'allons-nous, qu'allez-vous chers étudiants, chères étudiantes voir d'autre et faire de cette image ?

La seconde :


Ce magnifique intérieur d'église moderne est celui de l'église Saint Liboire au Mans. Quelques infos éditoriales : l'architecte est nommé, il s'agit de Ménard à Paris, sans plus de précision. Il faudra chercher. Nous avons le nom du photographe et là, Le Mans est bien lisible puisqu'il est indiqué Photo Pont en X Hamelin Le Mans... Tout un roman manceau. La Carte est datée au stylo-bille du 15 juillet 1966. Pourquoi cette précision manuscrite ? Que vient-elle vraiment dater ?
Pourrons-nous, à notre tour, entrer dans ce lieu, y verrons-nous exactement ce que nous voyons là ? Quelle perception de l'espace de ce lieu aurons-nous alors ?
J'ai hâte !

Pour voir le travail de Sylvain Bonniol :
https://bonniol-photo.com/
Pour voir les articles concernant Sylvain Bonniol sur ce blog :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/03/de-la-photographie-contemporaine-enfin.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/03/expedition-sur-place-recommandee.html 
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/07/sylvain-bonniol-porte-folio-au-forum.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/01/sylvain-bonniol-expose.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/01/trois-presque-quatre-pour-2013.html

Pour voir ou revoir les articles sur Le Mans et l'architecture moderne et contemporaine :
http://archipostcard.blogspot.com/2010/09/marin-kasimir-paradoxalement.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/03/charlotte-perriand-au-mans.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/02/obliques-autour-de-claude-parent.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/07/le-mans-est-open-lhorreur-architecturale.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2019/04/un-anneau-pour-les-reunir-tous.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/09/le-mans-modeste.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2019/01/un-pont-hennebique-au-mans.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2019/04/jean-ginsberg-le-mans-monaco.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2019/11/on-va-pas-semmerder-avec-ca.html
etc.......

Un blog, un autre, important :
http://lesvuesdumansquimanquent.blogspot.com/


dimanche 8 mars 2020

Ça se passe près de chez vous, de chez moi

C'est toujours étrange de voir soudain l'urgence passer à proximité de son domicile. Cela donne au risque de disparition une incroyable intimité.
Le bâtiment en question est situé à Mont-Saint-Aignan, dans la très proche banlieue de Rouen, sur le campus universitaire, il s'agit de la Faculté des Sciences de Mont-Saint-Aignan.
Comme je n'ai pas l'intention de faire moins bien que les amis et amies de DOCOMOMO en vous expliquant en quoi ce bâtiment en danger est une très belle chance patrimoniale, je vous conseille de lire le remarquable texte écrit sur la page de la pétition.
Car, oui, vous allez signer cette pétition.
https://www.change.org/p/pr%C3%A9fet-de-seine-maritime-non-%C3%A0-la-d%C3%A9molition-du-campus-de-mont-saint-aignan?recruiter=1046715673&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition
Il le faut.
Vous vous le devez à vous-même.
 Il est, une fois encore, question dans notre beau pays de la préservation d'architectures modernes totalement oubliées des institutions (surtout ici en Normandie..., en Seine Maritime...) et qui risquent de disparaître.
On détruit. On éradique. Et surtout, on n'a pas le courage d'un vrai inventaire qui ne serait pas seulement une liste réservée à quelques lecteurs égarés mais un inventaire actif, décidé, courageux qui dirait aux politiques culturelles, aux aménageurs et aménageuses du Territoire, aux petits barons locaux (chez nous, les socialistes joyeux de la Fabiusie eigthy) que là se tient un Patrimoine.



Alors...
Voilà la rare et seule carte postale que je possède de ce campus universitaire de Mont-Saint-Aignan. La carte postale ne possède pas de nom d'éditeur mais pour une fois nomme les photographes :  W. et D. Cordier. La carte postale ne parle pas de Mont-Saint-Aignan mais du campus de Rouen, ce qui est bien représentatif de l'action de la ville sur sa géographie locale. On y voit donc en noir et blanc les très beaux bâtiments de la Faculté des Sciences. Je m'étonne de l'affranchissement datant de 1990 ! Bien entendu, la carte postale est bien plus ancienne. Le bâtiment menacé est bien celui tout à droite de l'image.

Je donne à lire seulement cet extrait du texte de la pétition :

Pour une réhabilitation
La réhabilitation est donc non seulement possible, mais elle est économe en coût, en temps de chantier, en énergie et elle génère des espaces dont la valeur culturelle est indéniable. La sauvegarde permettrait non seulement de conserver un témoignage d’une architecture remarquable de la Normandie de la fin des années 1950, mais elle mettrait à disposition un site à disposition de la communauté universitaire et estudiantine : rappelons que le site de Caen construit par Henry Bernard est quant à lui protégé et que la faculté des sciences de Bordeaux, édifiée par René-André Coulon, a été remarquablement réhabilitée par Paul Chemetov en 2016.









vendredi 28 février 2020

Flaine, une excuse et un coupable

Parfois, on enrage.
On enrage contre le photographe de carte postale de n'avoir pas compris qu'il aurait pu faire le parfait cliché pour ce blog en se déplaçant un peu, en cadrant autrement. On dirait qu'il fait exprès de venir à proximité mais ne voit pas, ne comprend pas qu'il passe à côté de la parfaite carte postale.
Regardons :


Vous me demanderez de quoi je me plains en regardant cette carte postale. Le photographe resté anonyme cadre à la fois la neige, la montagne, le bâtiment de ce forum de Flaine et en plus il l'anime par les jeux des enfants et des beaux drapeaux qui ouvrent le premier plan. Alors ? Alors quoi ?
Mais voyons, vous ne voyez pas ?
Là, à gauche, dans l'ombre sombre des sapins ?


Vous ne voyez pas que la chapelle de Flaine, dessinée par Marcel Breuer est à peine visible ? Nous aurions tellement aimé la voir en plein cadre, regardée vraiment. Mais ne jetons pas la pierre à ce photographe. Il fait son métier et il nous permet finalement de regarder un espace désiré par Breuer, celui du Forum et cette chapelle, un peu oubliée est en fait à sa place, non pas comme la star de Flaine mais comme un élément parmi d'autres, comme le ciel, la neige, et ce vide qui circule entre le construit.
Enfin, je me rassure en pensant cela et si un jour, je tombe sur une carte postale ayant, cadrée seule, cette chapelle, il se pourrait bien que j'oublie celle-ci. Il est toujours difficile de rendre compte de l'architecture car elle n'est pas faite que d'objets saisis dans leur unicité. Elle est aussi faite des espaces entre ces objets. Et on pourrait bien croire que là, dans ce simple carton imprimé, le photographe des éditions Iris nous en dit bien plus sur la gestion spatiale de Flaine et donc sur le travail de Marcel Breuer que s'il avait isolé l'une de ses constructions.
Comme nous la voyons mal cette chapelle, il nous est difficile d'en chanter sa beauté, ses formes. On devine à peine ses trois volumes dont le campanile central qui semble avoir écrasé les deux autres volumes.
D'ailleurs on pourrait facilement ranger cette architecture dans la classe des monolithes offrant une esthétique qui se refuse à se dévoiler et faire comprendre son plan, ne donnant à voir que des faces sombres, percées comme au hasard dont la rudesse, les angles, la couleur voudraient agir comme un bloc fendu un peu raide : l'onirisme brutaliste de la masse. Reste cette étrange impression de poids lourd posé au centre ayant appuyé trop fort sur les deux autres volumes.  Je ne ne sais pas trop quoi penser de cet expressionnisme un peu trop revendiqué. Mais je ne peux juger. Et savez-vous pourquoi ? Parce que le photographe des éditions Iris n'a pas voulu mieux cadrer. Il faut bien, que voulez-vous, que je me trouve à la fois une excuse et un coupable.
Pour mieux voir cette Chapelle de Marcel Breuer et même en lire ses plans, je vous conseille ce site très complet :
https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/chapelle-oecumenique-de-flaine/2a9bca50-d680-4332-a631-7254f5def43a 
Pour une belle lisibilité des formes, je vous conseille la page du Centre Pompidou consacrée à la maquette de cette chapelle :
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/crXLqb/rAbMeyK 
Pour revoir Flaine sur ce blog :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=flaine 
Pour revoir Marcel Breuer sur ce site :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search/label/Marcel%20Breuer
Pour revoir ailleurs les très beaux jeux ici perdus dans la neige :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/12/a-trappes-volumes.html

Vous savez comme j'aime Fillod et nous avons déjà eu la chance d'en voir à Flaine une belle implantation. Je vous donne donc cette nouvelle carte postales signée Cluses-Photo qui reprend le point de vue. La carte est intéressante car l'éditeur informe au dos son image de la sorte : Hébergement ouvriers de FLAINE. 
Il ne fait aucun doute que cette carte postale s'adresse surtout à eux, les ouvriers, heureux d'ainsi pouvoir montrer leur condition de logement pendant ce chantier.
On aime les camions qui circulent mais aussi les premiers plans où la nature semble chamboulée, racines, branches, cailloux sont à la renverse.
Nous aurions aimé trouver au verso une correspondance pour nous raconter les conditions de travail sur ce chantier...
Pour revoir Fillod sur ce blog :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=fillod