jeudi 12 juillet 2018

C.G.T en miniature et en force

L'une des chances des fouilles dans les boîtes à chaussures, au petit matin, à la recherche de cartes postales, ce n'est pas tant de trouver ce que l'on cherche que de tomber sur de l'inattendu :


Dans une forêt un peu ouverte, un peu proprette, un mini-golf accueille des messieurs d'un certain âge, tous miraculeusement posés devant l'une des étapes de ce parcours de golf miniature. La plus étonnante, bien  entendu, est celle de droite, affichant fièrement les trois lettres géantes en béton de la C.G.T...
Qui peut rêver d'une image plus parfaite ? D'une photographie plus inspiratrice ? Comment croire même en la possibilité d'une telle photographie et d'un tel espace ?
Le photographe ? C'est Monsieur Roussel qui est aussi éditeur à Châteauroux. Il signe là un beau et surprenant cliché des œuvres sociales des Unions Syndicales des Travailleurs de la Métallurgie de la Seine, plus précisément de la maison de repos Ambroise Croizat dans le domaine de Vouzeron. Au fond, un homme en short, plus jeune, semble surveiller la partie de golf miniature. Pourtant, bien rangés, ils ont l'air bien sages nos métallos au repos.
























J'aime autant l'image que ce qu'elle porte de solidarité, d'attention, aussi, sans doute, d'un épuisement au travail que la protection sociale et syndicale a pu prendre en charge. Je laisse l'ironie aux autres.
Je vois bien dans le dos courbé, dans les épaules arrondies serrées dans un gilet en tricot de laine, une silhouette familière, comme celle de mon grand-père Jean, ouvrier chez Renault. Cela suffit à en aimer l'image et la joie tranquille qu'elle dispense, une nostalgie aussi.
Que reste-il de ce golf miniature aujourd'hui et surtout que reste-il de cette action sociale, de cette solidarité, de cette attention aux travailleurs ? Que nous prépare-t-on ?
Je crains que le superbe golf miniature ait disparu depuis longtemps.
https://vouzeron.info/2013/09/16/le-chateau-de-vouzeron/
Pour vous venger, allez voir celui de Pierre Huyghe à Piacé :
https://www.piaceleradieux.com/oeuvres/obstacle-pierre-huyghe-2014/

Mais la C.G.T sait aussi garder sa force et la montrer dans ses constructions :


Cette carte postale appartient à la typologie des cartes postales de souscription que nous voyons, c'est bien certain, plus souvent pour la construction des églises !
On note d'emblée que la somme de la donation est imprimée, 20 francs, et d'ailleurs cela correspond à la date : 1982. Mais cette carte postale appartient donc aussi à la typologie des cartes postales de maquettes de constructions puisque la future Bourse du Travail n'est pas encore construite. On devine donc un bâtiment énorme, multiple, un peu complexe dans ses articulations, comme une dispersion de volumes sur un terrain. Depuis cette maquette, on note un goût certain pour une massivité affirmée organisant des passages, des canyons presque, mais aussi de gigantesques verrières, ici en Plexiglas. Ce genre d'énorme machine me plait beaucoup. Quelque chose de sévère et de âpre, d'irréductible, d'impossible à contrefaire...
On note aussi que la carte postale oublie de nommer le ou les architectes de cette énorme morceau de ville voué à la défense des travailleurs et de leurs droits.
Je vous laisse lire cela :



Combien de constructions peuvent afficher qu'elles sont la propriété de 2 millions de syndiqués...
On trouve ici le nom des architectes de cette Ruche pour la Lutte. Voilà le plus beau des noms pour une bâtiment, une ruche pour la lutte :







On est content de lire le nom de Claude Le Goas. Il est célèbre dans le petit monde des architectures étranges et fortes car il est l'architecte à l'origine du magnifique et incroyable conservatoire de Montreuil mais aussi d'un grand nombre de beautés plus ou moins brutalistes que je vous conseille vivement de regarder.

Allez...Vous avez été bien sages...Vous pouvez partir en safari maintenant...

Pour ma part, une fois encore, et toujours renouvelés, tous mes remerciements aux C.G.Tistes et syndiqués du Comité d'Établissement de l'Usine Renault de Cléon, C.E qui restera pour moi celui de la Régie NATIONALE des Usines Renault. Merci pour les livres, merci pour Matisse, merci pour Aragon, pour Durrell... Merci pour l'émancipation. Merci à jamais, pour mon père, mon grand-père.

















































































mercredi 11 juillet 2018

Les missiles sur Ronchamp

Lorsque, comme moi, on possède un Fonds d'environ 10 000 cartes postales, il peut arriver que le cerveau défaille.
Et si l'ordre d'un rangement parfait ne venait pas, de temps en temps, remettre les choses à leur place, je pourrais croire pendant longtemps que je possède des doubles. Or, oui, il m'arrive de ranger. Dans le classeur consacré à Le Corbusier, je crois ranger un doublon, doublon que je garde toujours me disant que 2 c'est mieux que 1.
Mais voilà...


D'abord il est toujours intéressant de voir une architecture en cours d'utilisation. Ici, sur ces deux vues aériennes, la messe en plein air a lieu et permet bien de comprendre l'utilisation de l'espace extérieur de la Chapelle de Ronchamp. La foule se répand, tourne autour de la Chapelle et on devine les limites, les espaces et leurs orientations. De plus, l'éditeur nous donne pour ce moment et même cet événement, la date de cette messe : le 14 octobre 1962. Je me souviens que j'avais cru naïvement lors de mon premier regard que Le Corbusier pourrait bien être l'un des petits points sur cette carte postale. Mais non... il n'est pas là... car il s'agit d'une messe extérieure pour le Pèlerinage et non une vue de l'inauguration ou du sacrement de la Chapelle. La dernière fois que Le Corbuiser est venu là, c'est le 6 octobre 1959. Dommage.
Sur la première carte postale, on voit la file indienne des prêtres et des officiants en aube blanche gagner l'autel extérieur et d'ailleurs la foule n'a pas encore fermé leur chemin. La foule a aussi grimpé sur la pyramide extérieure permettant de bien voir l'office.
Je me pose la question de la nécessité de voler au-dessus de Ronchamp en ce jour. Quelle manifestation particulière Monsieur Larcher de Vesoul est-il venu photographier avec son avion ? Et d'ailleurs est-il le pilote et le photographe ? Pourquoi avoir édité plusieurs (au moins deux donc...) vues aériennes de ce moment particulier ? Pourquoi avec autant de netteté inscrire la date sur le cliché comme pour en révéler l'importance ? Le moment du Pèlerinage suffit-il à justifier ces vues aériennes ? L'instantanéité étant impossible, en effet, on peut affirmer que les acteurs de cette foule n'ont pas pu le jour-même acheter ces cartes postales. Il fallait donc pour repartir avec un souvenir de cet événement, revenir acheter la carte postale plus tard, un autre jour. On peut aussi s'amuser à lire le mouvement de l'avion qui tourne de la droite vers la gauche et surtout descend un peu puisque on ne peut plus lire le dessus du toit sur la deuxième carte postale. Armé de mon compte-fil, je regarde les détails. Je vois avec surprise que des personnes se donnent la main pour former un cordon en haut du chemin, sans doute pour guider les visiteurs. Mais je suis surtout surpris de voir des hommes grimpés sur le toit de l'abri du pèlerin, ils ont grimpé là grâce à une échelle ! Je m'amuse aussi à bien percevoir que l'avion est repéré et que les têtes sont tournées parfois vers lui, certains faisant un signe de la main à l'avion bien au ras du sol.
Mais, bien entendu, je me pose une autre question. Est-ce que Charles Bueb est là ? Est-il en ce jour si particulier en train de faire à son tour des photographies ? C'est bien possible mais rien ne peut aussi me l'assurer. On retrouve bien dans ses photographies l'ambiance de ces moments de foules autour de la Chapelle de Ronchamp, comment elle complète le lieu, lui donne sa raison. Atteindre un lieu qui est un but, c'est toujours exiger la pause en sa proximité.
Est-ce que Monsieur Larcher, dans son avion savait que dans un ciel lointain, au-dessus de Cuba, le même jour, Rudolf Anderson Jr. photographiait les bases de missiles ? Les ciels, parfois, ne portent pas les mêmes histoires, les mêmes jours...
Et n'oublions pas que pour survoler Ronchamp, un avion de chasse, parfois, c'est utile.
Comme... un mirage...

Pour savoir comment photographier Ronchamp, je vous conseille encore l'excellent livre Charles Bueb, Ronchamp, Le Corbusier aux éditions Facteurs Humains. C'est toujours un beau livre et une belle histoire...
isbn-978-2-9600513-7-7














































































































































jeudi 5 juillet 2018

Il fait un peu Freyssinet chez Lestrade

Tentative de reconstitution du dialogue téléphonique d'hier. ( Jean-Jean, Walid, corrigez-moi au cas où) :

Driiiiiinnnngggg.... (J'espère que mon imitation de sonnerie de téléphone vous ravira)
- Allo ? Oui ? Jean-Jean ?
- Ouais, c'est moi, salut David.
- Comment va ? Et Walid ?
- Ba super ! On part mardi prochain pour Marseille
- Chouette ! Je n'ai pas vraiment besoin de te dire quoi voir...
- Ba non ! Là... du coup, je connais... en fait...
- Oui ?
- En fait, on a trouvé des photographies intéressantes dans le carton bleu, tu vois ?
- Celui sans classement, derrière la porte ?
- Ouais, celui-là. Je t'envoie les scans en direct ok ? T'as le temps ?
- Ba oui ! Je te rappelle à réception ?
- Ouais, parfait, tu vas aimer....
- Ah ?....
..................................................

Driiiiiinnnng
 - Allo ? Ouais, c'est David.
- Alors ? Hein ! Je t'avais dit !
- Ba, là... Jean-Jean, évidemment, je connais l'endroit...
- On en était sûrs avec Walid, il m'a même dit que tu aurais peut-être même des photos à toi.
- Ba, non, je ne suis jamais allé à Saint Pierre-du-Vauvray exprès pour ça, mais je connais bien ce pont.
- T'as vu ? Incroyables ces images non ? Ce chantier ! Ma préférée c'est celle du coffrage des soutiens du tablier !
- Oui superbe, toutes superbes, c'est des vues de la reconstruction de ce pont qui fut détruit pendant la guerre.
- Ouais on a vu ça sur le net, ils ont reconstruit le même. Les photos sont datées mais je crois qu'il doit en manquer dans la série.
- Sans doute. Avez-vous trouvé avec Walid un lien vers ton arrière-grand-père, dans ses notes ou autre ?
- Pour le moment non. Pas facile de savoir ce qu'il avait à faire avec Freyssinet en 46 ou 47. En tout cas, ça correspond bien à son âge, possible qu'il ait un peu participé à ce pont.
- Qu'en disent ton père ou ton grand-père ?
- Ba Papa, il sait pas et Papy Momo, il n'a pas encore reçu les photos mais il est affirmatif : il ne croit pas que Jean-Michel ait participé à ce chantier. Pourtant, les photos sont nombreuses et de qualité, quel intérêt pour lui d'avoir ça ?
- Le même que nous, Jean-Jean ! La curiosité du beau ! Imagine pour lui, l'importance d'un tel chantier. Je parierais bien qu'il est allé sur place juste pour voir comme pour la halle de Fontainebleau et, qui sait, il a dû demander un jeu de photographies. Tu ne m'as pas dit si les photos sont signées ?
- Attends... Deux secondes...
(au fond, au loin, Jean-Jean appelle Walid resté dans le sous-sol de l'agence et lui hurle de regarder derrière les photos. On entend vaguement Walid répondre Henry... Louviers)
- Ouais David ? T'es toujours là ?
- Oui
- Alors Walid me dit que c'est le Studio Henry de Louviers qui a tamponné le dos des photos.
- Oui ? Donc un photographe local. Sans doute un achat ou une commande de Jean-Michel Lestrade, à moins qu'un confrère les lui ait envoyées.
- Tu devrais y aller et faire des photos de maintenant.
- Ah... Oui... C'est une idée... Oui
- T'as pas l'air enthousiaste David ?
- Non, c'est pas ça, c'est que le souvenir que j'en ai c'est que c'est compliqué de tourner autour maintenant, mais, oui, tu as raison, je devrais aller voir.
- C'est vraiment de Freyssinet ce pont ?
- Ba, le concept oui. Il est même classé aux Monuments Historiques maintenant. C'est un modèle courant mais pas avec une telle envergure. On trouve souvent encore ce genre de pont sur nos routes. Ça a la beauté simple des idées géniales. Deux arcs précontraints, tendus qui portent par le haut le tablier. Magnifique non ?
- Ouais, la vache.
- Mais comment vous avez su que c'était près de chez moi ?
- Ba David... Tu déconnes ? On a agrandi le détail de la plaque d'inauguration, c'est marqué dessus...
- Ah, j'suis con...
(rires)
- Par contre, il n'y a pas le nom de Freyssinet ! Qu'est-ce qu'on en fait ? On les garde pour l'expo ou on les range et où ?
- Pour l'expo, oui, c'est important de montrer sa curiosité. Dans l'agence, tu devrais trouver une boîte noire avec écrit dessus...
- Génie Civil... oui, David, on range dedans !
- Ah mais c'est Walid ! Comment vas-tu ?
- Oui Jean-Jean m'a passé le tel, il est parti répondre à la porte.
- Bon, rangez-bien ces images. Elles sont superbes. Et préparez bien votre départ pour Marseille et...
- ...Oui, tu me fais marrer quand tu fais le type attentionné... On a l'impression d'un vieux tonton attentif qui...
- Eh, petit con, tu préfères que je m'en tape de votre...
(rires)
- ...Oui, Tonton... on va faire bien attention. Tonton... On va bien manger, bien se laver et changer de T-shirt tous les jours...
(rires)
- Bon... Ouais... facile... J'irai faire des photos du pont demain, ok ? Je vous les enverrai, bien entendu. Et ce serait chouette que vous veniez le voir, un week-end, c'est toujours moi qui viens et jamais...
- Et les reproches maintenant ! Tu me fais trop marrer Tonton David !
(rires)
- Repasse-moi Jean-Jean, lui au moins...
- Il est sérieux !
(rires).

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur Jean-Michel Lestrade, ingénieur-structure, vous pouvez lire les anciens articles Momo et Gilles ou regarder ma conférence ici :
https://drive.google.com/file/d/0B6EawGgUKcKmQ1F2dkRpYm52aTQ/view  

Ne pas copier ces documents sans autorisation de la Famille Lestrade.
Merci Gilles.






































































































Ma visite de ce jour, le pont est en travaux !















lundi 2 juillet 2018

Le Mans est Open à l'horreur architecturale

Il y a vraiment peu de chefs-d'œuvre architecturaux du Vingtième siècle au Mans et ceux qui auraient pu être soutenus, défendus par les autorités locales sont soit abandonnés à leur sort soit sacrifiés.
La gare routière dite Autogare, petit bijou endormie d'Art Déco pourrit lentement dans une indifférence générale, elle n'a pas la chance d'être dans la muraille. La Sécurité Sociale et son auvent de Jean Prouvé ont été démontés depuis longtemps et l'auvent du génial ingénieur a quitté Le Mans qui n'a pas compris son importance, un marchand a fait le travail de sauvetage. Merci.
La Barre Le Couteur est en cours de reDÉqualification et il ne restera pas grand chose de ses particularités modernistes, son mobilier dessiné par Charlotte Perriand et Jean Prouvé a évité la benne de justesse, sauvé là encore par des particuliers, au courant, eux, de l'existence de ce Patrimoine exceptionnel au Mans. On sait les menaces qui pèsent sur le très beau bâtiment administratif et ses auvents superbes en béton, bâtiment idéalement situé, trop sans doute... pour que sa valeur patrimoniale ne soit maintenue. Il semble que Le Mans ne supporte que ce qui concerne le Vieux Mans, que l'on doit appeler Cité Plantagenêt, pour échapper par la communication à sa réalité. Ah les vieilles pierres et le vrombissement pendant 24 heures des autos, voilà tout ce que nous devrions garder comme image de cette ville qui s'endort dans son enceinte d'ailleurs somptueuse !
Et, voilà que le massacre du Patrimoine Moderne et Contemporain continue dans cette ville avec l'annonce de la défiguration haussmanno-parisiano-proprette de l'un des bâtiments phares du Mans : son central téléphonique, véritable pièce essentielle de la construction moderne dans cette ville qui fait la joie des manceaux par son articulation sur les axes routiers, souvent comparé au Flat Iron par Claude Lothier. La Ville du Mans et ses responsables des permis de construire (qui sont ces gens aveuglés ?) ont donc accordé à Open Partners (l'anglais c'est plus chic et plus sérieux) le permis de défigurer ce bâtiment. Open Partners... moi, rien que ce nom ça me fait marrer, mais pas longtemps quand on voit la réalisation pondue par cette agence. Le collage d'un toit de zinc façon boulevard parisien qui augmente bien entendu la surface et surtout le retour sur investissement est d'un comique architectural représentatif de ce que ce genre d'agences sait faire. En créant ce type de collage, on flatte l'ego conservateur des municipalités et des investisseurs en croyant faire disparaître ce qui serait, bien entendu, l'insupportable modernité de ce beau bloc. Le quartier Courboulay, entièrement nouveau, tourné vers la modernité doit donc passer sous le fil de l'épée du retour en grâce de cette audace moderniste en camouflant partout sa modernité sous les imaginaires creux d'agences d'investisseurs. Pauvres étudiants, venant vivre là, dans le rêve conservateur d'une société faible, d'une municipalité qui semble ne rien comprendre à son Patrimoine Moderne et Contemporain...
Voilà comment se définit sur son site, Open Partners, cherchez le mot architecture : 

La société :
À propos du groupe Open Partners – Investisseur & développeur urbain
Open Partners est une société d’investissement indépendante, structure de tête d’un groupe d’entités spécialisées qui développent, pilotent et accompagnent des projets d’entreprises dans le domaine immobilier ou dans des secteurs où l’immobilier est un facteur stratégique. Soucieux du développement économique du territoire et conscient des enjeux liés aux besoins résidentiels, notamment des jeunes et des seniors, Open Partners s’attache à investir plus particulièrement dans des projets innovants et cherche à apporter une réponse efficace à ces enjeux de société,par une approche ensemblière de talents et d’expériences humaines partagées. Entrepreneur de l’immobilier, Open Partners se positionne à travers son Open Lab comme un « incubateur» spécialisé dans un processus d’innovation ouverte avec ses partenaires.


On voit ce que l'Open Lab peut fabriquer... Trop rigolo.

Je vous laisse juge, sur leur site, de leurs réalisations, au bout de trois, on n'en peut plus, tellement c'est l'invention d'un anonymat urbain, mélange de brun foncé café au lait et de propreté sympa, pour les vieux et pour les jeunes qui sont leur public et surtout... leurs clients. Ne pas leur faire peur sans doute, laissez-les dormir... Chuuuuuttt.....

Je m'adresse à Monsieur Le Foll, notre nouveau maire : 

Monsieur le Maire, 
votre Patrimoine immobilier, l'histoire de votre ville, sa modernité assumée méritent mieux que ce camouflet architectural. Ne laissez plus Monsieur le Maire, les investisseurs dessiner votre ville, soyez celui qui relance les chances d'une architecture moderne et contemporaine capable de travailler avec son passé sans le défigurer ou feindre son inexistence. Travaillez, Monsieur le Maire, avec vos autorités patrimoniales, regardez ce que la requalification peut faire de superbe quand elle est responsable de son héritage. Appuyez-vous sur de vrais inventeurs d'espaces qui feront de votre ville, non pas celle qui abandonne mais celle qui crée. C'est aussi une chance pour votre ville, c'est une manière aussi de faire parler de votre ville en prouvant à la fois les qualités architecturales de son passé et l'audace de son avenir.
Monsieur Le Foll, s'il vous plaît, Monsieur Le Foll ne laissez pas faire cela, ne laissez pas ainsi l'une de vos plus emblématiques constructions tomber dans l'ignominie d'une architecture sans envergure. Votre ville, Monsieur le Foll, et j'ose, NOTRE VILLE mérite mieux que ces errements. Sachez dès maintenant Monsieur Le Foll vous entourer de personnes sachant vous guider sur ces choix. 
Ce très beau bâtiment, emblématique de l'énergie de la Reconstruction et de l'énergie de nos aînés à la réaliser mérite notre égard et notre respect. 

Saisissez cette occasion, faites-en un emblème du retour de l'architecture contemporaine dans votre ville.

Monsieur Le Foll opposez-vous immédiatement à ce projet indigne de votre ville et de son héritage.

Monsieur Le Foll, il existe des architectes capables de faire le même travail, avec audace, réalisme, respect, et conscients de leurs engagements. Lancez un concours, stoppez dès maintenant ce risque patrimonial afin que Le Mans ne devienne pas la ville-type des errements sur le Patrimoine Moderne. S'il vous plaît. Monsieur le Maire, s'il vous plaît.
David Liaudet

On peut également, une fois encore, se poser la question des avis et des connaissances en histoire de l'architecture des mairies et de ses personnels chargés de l'urbanisme et du Patrimoine. Comment, sur de telles constructions, peut-on sans interrogation et conseil de professionnels de l'architecture et du Patrimoine laisser passer de tels permis de construire ? Comment la Mairie du Mans travaille-t-elle avec le CAUE et avec la DRAC et sa conservation du Patrimoine ?
Ou pas...
Qu'en pensez-vous Madame Catherine Gouhier ?


Je vous donne une carte postale où l'on ne voit que très peu et très mal le central téléphonique mais, par bonheur, on voit aussi la barre Le Couteur au fond de l'image, ainsi que la Sécurité Sociale et son auvent de Prouvé disparu... Tous trois formaient un ensemble moderne superbe... La carte postale est une édition Jipé, la photographie est de Georget-Dobleau.






































Je vous donne aussi une carte postale du Bâtiment Administratif, annexe de la Préfecture, si remarquable dans sa volumétrie et sa composition, et aussi par le jeu entre le bâtiment et ses auvents en béton absolument merveilleux, très proches de Prouvé également. Il FAUT CONSERVER cela. La carte postale est du même éditeur Jipé et du même photographe.



Nous reviendrons sur cette construction et son avenir malheureusement menacé.
Pour la Barre Le Couteur, vous pourrez retourner ici, nous reviendrons également sur cette construction emblématique du Mans qui est malheureusement, en quelque sorte, aujourd'hui, en train de disparaître :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/03/charlotte-perriand-au-mans.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/03/le-couteur-encore.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/07/hum-hard-french-on-radio-on.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/09/le-mans-modeste.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/06/hommage-jean-le-couteur.html 



On notera que, d'après le dessin publié, les ouvertures larges et généreuses semblent réduites...
On notera que l'agence communique sur la proue du bâtiment en inventant une sorte de bulbe sur son toit. Bien entendu, la part essentielle de cette construction passe par ce dessin inscrit dans l'urbain, générant l'événement architectural par la plasticité de cette articulation. Bien entendu, le coiffage de cet événement urbain le nie de fait et en éteint la force architecturale. Une vraie erreur de compréhension des enjeux architecturaux de ce central téléphonique parfaitement inscrit dans son îlot. Sans doute, par contre, s'agit-il d'une vraie stratégie commerciale pour gagner sur ce toit des mètres-carrés.