jeudi 27 septembre 2018

Moi, je l'emballe l'architecture



Dans la moisson des cartes postales, j'aime beaucoup trouver des liens et voir apparaître des images d'événements qui ont disparu et que la carte postale retient comme une archive populaire.
Il ne fait aucun doute que le Pont Neuf emballé par Christo en 1985 fait partie de ces événements qui ont marqué les années 80 si promptes à voir surgir le spectacle.
Je n'ai malheureusement pas vu cette intervention de l'artiste mais je me souviens de son scandale un peu mousseux.
L'intervention en elle-même, geste gratuit qui fait sa beauté, sert donc à bouleverser la ville, à la transformer, à questionner le geste artistique et sa nécessaire collaboration avec le politique. En effet, difficile de venir un matin, emballer le Pont Neuf sans autorisation. Alors que l'imaginaire et de beaux dessins en prouvant la réalité poétique auraient bien pu suffire, il est indéniable que la réalisation dans le réel des jours et des lumières est la preuve, de fait, d'un désir politique.
Bien entendu, ce geste d'empaqueter le Pont Neuf (empaqueter est le terme utilisé par l'éditeur des cartes postales) a donné l'occasion d'éditions de cartes postales pour nourrir les visiteurs, les touristes, les détracteurs et... l'artiste.



En voici deux exemples par le photographe Wolfgang Volz pour la maison d'édition Nouvelles Images. On remarque de suite cette couleur ambrée, dorée, d'un brun chaud qui, surtout sur la première carte postale, semble jouer avec les pierres du Vieux Paris. Bien entendu, ce champ coloré est désiré par l'artiste, sans doute pour en atténuer à la fois le jeu entre son intervention et le paysage urbain. Tenter aussi de ne rien perdre du spectaculaire, assumer tout de même une certaine intégration, une politesse. Calmons le jeu, en quelque sorte.
J'avoue que c'est bien ce qui me gêne, cette réticence, cette timidité de façade. J'aime mieux le Christo rose vif des îles de la baie de Biscayne. Si le doré montant d'un soleil bas, au lever ou au coucher, donnera une chance à un ton plus audacieux de paraître, il me semble qu'une franchise plus grande eut été aussi plus juste.
Au dos des cartes postales, le correspondant ajoute qu'il a passé deux jours et demi chez Mimi en octobre 1985. On trouve aussi des informations techniques comme l'utilisation de 40 000 mètres carrés de toile nylon polyamide et 11 000 mètres de corde. On apprend que le directeur du projet était Johannes Schaub.
Mais dans les boîtes à chaussures, je n'achète pas que des cartes postales d'architecture contemporaine ou moderne. D'autres événements, de la même époque, ont droit eux aussi à une expression par l'édition du carte postale. Et, l'emballage d'une partie bien plus intime et plus réduite en est aussi l'objet.
Cette carte postale, (tout en haut de cet article) a le mérite de sa clarté, de son évidence qui, contrairement à Christo, reste d'actualité. Je vous donne ici le verso, car, je crois bien que Antoine, l'expéditeur, sans y toucher, comme ça, l'air de rien, semble vouloir dire quelque chose de bien clair à son voisin...



On notera que Antoine semble hésitant sur la portée du message du Syndicat National des Entreprises Gaies, mêlant contraception et protection. Mais... on appellera ça un dégagement timide.
Pourrait-on affirmer que l'enfilage d'une capote géante sur l'obélisque de la Concorde par Act Up en 1993 est une réminiscence de l'emballage du Pont Neuf par Christo ? S'agit-il là d'une vraie filiation Agit-Prop, utile elle, puissante, claire et nécessaire ? L'acte artistique est alors superbe car sans ce romantisme de l'artiste démiurge s'appuyant sur les autorisations et soutiens de l'État.
Le surgissement soudain de cet événement, sa radicalité, son audace rompant le silence (et sa violence associée) furent un vrai moment historique, un monument historique.
Un monument historique qui n'aura duré qu'une heure, n'oublions pas qu'en 1993 Charles Pasqua est Ministre de l'Intérieur et Philippe Douste-Blazy Ministre de la Santé. On n'oublie rien de leur utilité.
Et n'oubliez pas d'emballer ce qui se doit de l'être, encore, et encore.
Merci.


samedi 22 septembre 2018

L'une des plus belles par Gérard Guillat

Ce dimanche, sur un stand comportant une dizaine de boîtes à chaussures pleines, je tombe là-dessus :






































J'ai immédiatement aimé cette image, cette photographie, cette carte postale.
J'ai aimé les trois ensemble.
Ma surprise première fut de trouver représentée, aussi clairement et directement (on reparle de ça) la Faculté de Tolbiac, chef-d'œuvre français de Messieurs Andrault et Parat que nous aimons beaucoup sur ce blog.
En effet, pour l'instant, alors que le duo d'architectes est assez bien représenté en carte postale, rares sont celles qui, aussi franchement, montrent l'une de leurs créations, et pas l'une des moindres.
Alors ?
Remercions de suite le photographe, car, ici, chance parfaite, il est nommé : Gérard Guillat.
Et alors là...
Là, d'abord, je découvre que Monsieur Guillat a travaillé pour Claude Parent et qu'il a photographié un grand nombre de ses architectures ! Incroyable indice que je prends comme un signe du ciel ! 
Gérad Guillat semble avoir beaucoup photographié l'architecture et on trouve son nom dans des Fonds photographiques qui sont consacrés à cet Art. Je m'étonne même de ne pas avoir rencontré son nom plus tôt. Si vous tapez son nom sur un moteur de recherches vous tomberez immanquablement sur Malick Sidibé qui travailla chez lui...
On aimerait en savoir plus sur Monsieur Guillat.
Quelle chance de pouvoir tirer ce fil.
On a donc affaire à un homme du métier qui connaît son sujet, sait établir avec l'architecture un regard particulier, précis et ici, pour cette carte postale, extrêmement  poétique. Oui, poétique.
Il y a ce grand miroir qui reflète Tolbiac et qui ne semble être là que pour cela, ne laissant que peu de signes pour s'identifier en tant qu'architecture et assumant son rôle de réflecteur. Pourtant ce miroir est bien une façade, elle-même architecture. On devine alors que le photographe joue ce rôle étrange d'entremetteur entre ces deux architectures : celle donnant l'image et s'oubliant dans le reflet du Monde et celle reflétée qui, en quelque sorte prend le pouvoir de cette image. Une présence oublieuse d'elle-même, un écran.


L'autre superbe idée de cette image c'est bien ce jeune homme qui regarde, tête levée, l'architecture de Andrault et Parat, en étant très proche de la façade, oubliant que ce miroir qui le reflète est aussi transparent sur son autre face. Pas de doute, cette présence est composée, construite. On aime que le photographe trouve un angle pour ne pas lui-même apparaître dans ce miroir, disparaissant, comme pour nous laisser seul devant l'événement du miroir. Pour le reste...
Que de qualités !
Admirons les tons chauds de l'image, les plages colorées parfaitement bien construites, laissant ce bronze et ce brun monter partout, justement équilibrés par le bleu du ciel et l'éclat plus orangé du soleil passant sur la façade en béton architectonique en haut à droite.



























































Quelle composition !
Mais qui est ce jeune homme dont la silhouette est si bien marquée par son époque ? Et, autre question importante, où est donc placé Monsieur Guillat pour faire cette image ? On cherche ensemble ?
Nous sommes bien rue de Tolbiac. Ma promenade par Google Earth ne me permet pourtant pas de retrouver ce grand pan de verre réfléchissant situé, forcément en face. On reconnait bien le motif de béton des immeubles des Olympiades sur la photographie mais le traitement des accès et du rez-de-rue ne semble plus correspondre. Ce morceau d'architecture aurait-il disparu ? C'est possible, j'irai voir.
L'autre chose qui m'étonne dans cette photographie de Monsieur Guillat c'est la présence de deux lampes (?) faisant deux auréoles jaunes dans la vitre.












Il ne me semble pas possible qu'elles soient à l'intérieur de l'immeuble, à l'arrière de la vitre de cette
façade.
À moins qu'elles n'éclairent l'intérieur ? Est-il possible que depuis ce point de vue, elles soient situées à l'extérieur, offrant au photographe une lumière supplémentaire sans être visibles depuis le dehors et n'apparaissant alors que comme reflets ? Mon compte-fil ne me permet pas de lire les pieds des lampes ni, d'ailleurs, encore plus étrange, la présence du photographe...
On retrouve là toutes les interrogations soulevées ici :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/10/leffet-blade-runner.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/08/un-homme-et-la-lumiere.html
http://archipostcard.blogspot.com/2011/07/le-piege-de-lombre.html

Revenons à l'objet éditorial. La carte postale en question est une carte éditée par SNC, Société Nationale de Construction, dont le siège social nous est indiqué : 58, rue des Dessous des Berges à Paris dans le même arrondissement. On note que cette carte servant à envoyer des vœux pour 1977 nomme bien le lieu du cliché mais plus curieux, oublie de nommer les architectes, Messieurs Andrault et Parat, ce qui, pour une Société Nationale de la Construction apparaît comme bien peu délicat. D'ailleurs, y-a-t-il un lien direct entre cette SNC et la construction de la Faculté de Tolbiac ?
D'autres questions restent en suspens : comment cette carte postale était-elle distribuée ? Monsieur Guillat a-t-il produit une photographie spécialement pour ce projet éditorial (et donc orienté son image en ce sens) ou a-t-il fourni l'un de ses nombreux clichés d'architecture ?
Bien entendu si le photographe lui-même ou ses proches pouvaient nous éclairer, cela serait parfait.
Par chance, dans cette boîte à chaussures, il y avait deux exemplaires de cette superbe carte postale. J'ai acheté les deux, la beauté, multipliée, diffusée à l'époque de la reproductibilité technique ne perd rien de son aura, quoi que puissent en penser certains.
Je vais ranger cette image, la protéger, la chérir comme l'un des plus beaux témoins de ce que l'image peut dire du Monde et de l'architecture contemporaine en particulier.
J'aime les images.



mercredi 19 septembre 2018

Paul Virilio le temps corporel

Nous sommes nombreux, amateurs d'architectures brutales (et donc tendres), à regretter  la disparition de Paul Virilio.
Il fut pour moi qui eut la chance de connaître un peu Claude Parent, l'autre, celui qui est là, comme une ombre que je n'ai pas eu l'occasion de connaître.
Dans mon combat pour Sens et son centre commercial, dans celui toujours engagé pour Ris-Orangis (on n'oublie pas s'il vous plaît) la présence de Paul Virilio était un socle. Non pas qu'il fut le complice de Monsieur Parent pour ces deux architectures mais simplement parce qu'il était à l'origine de mon intérêt pour ce travail architectural.
Banlay en est l'expression, Bunker Archéologie, l'annonciation.
Mais surtout, ce qui me semble important dans ce duo c'est l'importance du corps comme médium de l'architecture. Pieds, appuis, colonne vertébrale, cou penché, et surtout le regard et la puissance sensuelle de l'œil sont au centre de cette nécessité à vivre le réel qui passe souvent par l'architecture c'est à dire par donner une forme à son déplacement.
Une architecture principe, une fonction oblique.
D'où aussi sans doute, la crainte (tremblement) de sa disparition au profit d'outils prenant cette place, faisant écran : le média.
C'est en cela que Bunker Archéologie fut pour moi un seuil. C'est la force des inventeurs de voir et dire que ce qui est vu comme interdit est désirable. La violence de l'attaque, l'éclatement des masses, la vitesse de l'assaut nécessitent des refuges. Paul Virilio fera donc avec Monsieur Parent de l'architecture.
Dans la masse de ma collection d'images (ça lui va bien masse des images), j'en possède une qui m'est essentielle :


Cette photographie nous montre un homme regardant l'accrochage de l'exposition Bunker Archéologie au Musée des arts Décoratifs en 1975.
Ce qui me trouble toujours dans cette photographie c'est la ressemblance (ou ma projection...) du visiteur avec Roland Topor. J'aime croire qu'il s'agit là du dessinateur si important pour moi visitant cette déclaration d'amour. Mais ce que nous regardons aussi, bien entendu, c'est la taille des tirages photographiques donnant toute la chance de toucher de l'œil les épidermes des bunkers.




Il faudra retrouver les clichés de cette exposition, il faudra refaire cette exposition. Il semble qu'aujourd'hui les bunkers retrouvent une grâce patrimoniale quand ils n'ont pas le malheur de voir les égos des tristes street-artistes les encombrer de leurs peinturlures libérales.
Voir, sentir, tout ce qui est du domaine sérieux de la sensualité en architecture, je l'ai appris en grande partie en vous lisant, Monsieur.
J'ai remis mon corps au milieu du béton, au milieu des lumières, interrogeant toujours le seuil et le désamour possible pour des constructions, les chargeant alors non pas d'une nostalgie inutile mais bien d'une vitalité première, primale même, celle des sens.
Pour cela, pour le reste, pour le travail, pour les remises en question, merci Monsieur Virilio.
Permettez-moi de vous dédier cette carte postale, simple objet populaire, banale, facile, accessible.
Elle place un photographe à l'intérieur d'un bunker. Il cadre la vue depuis le tir. Il traduit les deux peurs.
Entre l'horizon, le bleu du ciel et de la mer, le dessin griffonné des barbelés sur la vue. Au-dessus, le noir du bunker, en dessous, son béton.
Voir avec (par) vous, me manquera.

Je vous conseille :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/paul-virilio-penseur-de-la-vitesse































Carte postale des éditions ED, photographe J-J. Dubray.

dimanche 16 septembre 2018

La tuile bouteille est une fusée céramique

Dans le Fonds Lestrade, Jean-Jean me trouve ça :


Cette photographie provient de l'Agence Interpresse, le tampon au dos de la photographie ne laisse aucun doute sur sa provenance.
Je vous donne le texte collé à la photographie qui nous raconte bien ce que nous avons sous les yeux :


Malheureusement pas datée, cette photographie comporte des trous aux quatre coins, ce qui prouve que Jean-Michel Lestrade avait punaisé pendant un temps ce document dans son agence. Pourquoi ? On ne sait pas. Admiration ? Travail en cours ? Ami ou connaissance sur le cliché ? Je penche assez pour cette dernière possibilité, à moins que Jean-Michel Lestrade n'ait tout simplement eu une relation amicale avec Jacques Couëlle l'inventeur du système. Pour l'instant aucun courrier, rien dans les archives Lestrade ne prouvent cette possibilité. En tant qu'amateur débridé de nouveauté, il n'est pas impossible aussi de penser que l'ingénieur en structure, amoureux des systèmes intelligents, ait trouvé là une expression parfaite de la structure naturelle appliquée à la construction.
Reste aussi à savoir comment il a pu obtenir ce cliché réservé normalement à la presse.
Nous sommes donc au Parc de Saint-Cloud lors d'une exposition internationale du Bâtiment et de la Construction où il est aisé de penser que Lestrade s'est rendu et qu'il a dû donc voir l'expérience en cours. On note que le document n'évoque pas Jacques Couëlle et nous donne un drôle de nom pour cette méthode de construction : la tuile-bouteille !
Cette manière de nommer cette technique est bien différente de celle plus commune de fusée céramique mais aussi, pourtant, certainement plus claire à son objet. Le mot de bouteille étant très juste pour que l'imaginaire fabrique la forme.



























La construction en cours est bien modeste, un peu plus haute qu'un homme et ne faisant que quelques mètres de longueur... Ayant pour vocation d'être démonstrative, et dans le temps court d'une exposition, il s'agissait sans doute d'être surtout didactique et clair. A-t-on pu visiter et pénétrer dans l'édicule pendant le temps de l'exposition ? Le chantier était-il terminé avant ou bien en cours pendant l'exposition ? A-t-on pu suivre la construction en direct avec, parfois, Jacques Couëlle sur place expliquant les enjeux de cette invention ?
Le document est difficile à dater. Je ne trouve aucune trace de cette démonstration dans cette exposition qui semble plus souvent nommée Salon des Travaux Publics.
Les habits des maçons sont bien peu marqués par une période, salopettes et bérets étant utilisés bien longtemps.
Je penche pour le début des années cinquante mais sans certitude.
Par contre, on comprend parfaitement la beauté et la simplicité de ce procédé des fusées céramiques. Un coffrage léger est construit, une saignée dans le sol est tracée, ne reste qu'à emboîter les fusées céramiques ou tuiles bouteilles depuis le sol en les scellant avec du ciment. Elle seront entièrement recouvertes ensuite par le dessus. Les quelques exemples de ce type de construction que j'ai pu voir laissent les fusées céramiques à nu dans leur sous-face et la beauté structurelle du module apparaît donc, dynamisant la belle voûte à la couleur chaude de la céramique : un must de l'efficacité structurelle et esthétique. On note que la courbe est déterminée avant le montage, elle est donc calculée, est-ce là que Lestrade est intervenu ?
Pour l'église de Grand Quevilly, (destruction honteuse) il y avait aussi des filins d'acier passant entre les fusées céramiques, sans doute que la taille de la voûte nécessitait à la fois un guide mais aussi une structure plus ferme. On note sur ce document des morceaux de bouteilles coupés et abandonnés permettant un ajustement au coffrage. Était-ce aussi amusant et facile à mettre en ordre que le système le laisse croire ? On devine derrière un rouleau de treillage métallique. À quoi servait-il et à quel moment ? Posé dessus en phase finale ? L'émotion devait être grande au moment du décoffrage et l'épreuve de vérification de la solidité bien... euh... courageuse ! J'imagine les maçons sautant à pieds joints sur le faîte de la courbe pour prouver sa solidité.
Dans l'une des revues d'architecture de Jean-Michel Lestrade, Walid Riplet trouve cette publicité ( Walid, veux-tu bien nous retrouver le numéro et le nom de cette revue ?) :



On note que l'inventeur Jacques Couëlle n'est pas nommé. La liste des qualités du matériaux est impressionnante et c'est sans doute ces qualités qui ont plu à l'architecte Paul Dremilly, car dans une autre revue, Walid me trouve ça et, là, je reconnais bien la construction !




























































L'article met surtout en avant le faible coût de la construction et oublie la qualité esthétique du bâtiment dont les courbes font bien références encore à Royan et Brasilia même si les murs en moellons s'y opposent un rien ! On remarque aussi que les fusées céramiques ne sont plus lisibles. Voici quelques images prises par votre serviteur. Le Temple est chaque fois fermé.




































































































Mais je ne possède pas de carte postale de ce modeste et intéressant édifice en fusées céramiques.
J'ai pourtant sous la main une carte postale qui pourrait bien nous remettre sur la piste de ce système. Même si, j'avoue, rien ne me permet de l'affirmer pour l'instant, mes recherches restant vaines à l'identification de l'architecte et du procédé technique utilisé.
Voici la carte postale en question :


Cette carte postale nous montre le Souk de Orléansville en Algérie. L'éditeur Chetrite ne nous donne malheureusement aucune autre information. Mais en voyant ces petits édicules, les uns contre les autres, dans une échelle de taille tout à fait similaire et une courbe de voûtes tout aussi proche, il est assez clair que cet ensemble a bien dû être construit en tuiles-bouteilles ou fusées céramiques. Les agrandissements ne me permettent pas de voir bien sous les courbes et je n'ai pour l'instant trouvé aucune information dans mes revues, dans le Fonds Lestrade ou sur Internet sur les architectes de cet ensemble. Udo Kultermann lui-même dans son ouvrage Architectures Nouvelles en Afrique ne nous donne pas la réponse alors qu'il évoque messieurs Mauri, Emery, Simounet ou Miquel pour cette ville...
J'avoue que pour des raisons de proximité géographique, j'aimerais bien que Louis Miquel y soit pour quelque chose !
En tout cas, j'aimerais bien que les constructions réalisées avec ce procédé ingénieux et beau dans sa grande simplicité et limpidité structurelle puissent être protégées et soutenues, étudiées et aimées. En Normandie deux exemples connaissent des sorts funestes : Grand Quevilly et Serqueux...
Espérons qu'ailleurs l'invention de Jacques Couëlle saura retenir l'attention. Espérons...
Merci Walid Riplet et Jean-Jean Lestrade pour vos efforts.

ne pas copier les documents sans autorisation de la famille Lestrade.

Pour revoir des articles sur Jacques Couëlle :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search/label/Jacques%20Couelle
Sur la fusée céramique :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/04/60-000-fusees-60-000.html 
https://archipostcard.blogspot.com/2007/10/grand-quevilly-construit-son-glise.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/10/sauvons-leglise-de-serqueux-avant-que.html 
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/11/sainte-bernadette-naime-pas-les.html
http://archipostalecarte.blogspot.com/2014/12/grand-quevilly-la-honte.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/10/le-diocese-marc-massion-et-bernadette.html
































































Dernière minute ! Dernière minute !







































































Alors que j'écris déjà l'article suivant, Walid et Jean-Jean m'envoient un incroyable document. Il s'agit d'un article publié en 1946 dans la revue Le Monde Illustré et qui évoque sur une page entière tout le procédé et l'avenir de la fusée céramique de Jacques Couëlle ! 
L'exemplaire de cette revue était parfaitement rangé dans le carton dédié aux techniques et au génie civil. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? En tout cas, cela prouve à nouveau l'intérêt de Jean-Michel Lestrade pour ce procédé.
L'article est simplement passionnant car il reprend toute la philosophie de Jacques Couëlle, son attachement à l'observation de la nature et aussi toutes les qualités techniques des fusées céramiques. On devine aussi la chance du chantier expérimental de la Reconstruction pour tenter l'expérience dans le réel. De plus, cet article nous met sur la piste d'une réalisation d'envergure à Marseille pour un camp de prisonniers et de déportés, le camp de Grand Arénas.
C'est passionnant ! Le dessin explicatif est superbe et la photo de chantier nous rappelle celle tout en haut de l'article. Je vous laisse lire, c'est un peu long mais je vous sais passionnés tout comme moi de cette aventure de la fusée céramique !
Merci Walid et Jean-Jean pour votre perspicacité !




































































vendredi 14 septembre 2018

Le Festin d'architectures, d'images et d'amis

Je veux vous signaler un numéro exceptionnel à plus d'un titre de la revue Le Festin consacré aux Trente Glorieuses :




































Ce numéro est très émouvant pour moi car il fait bien entendu la part belle à la Région Nouvelle Aquitaine et la plus belle ville du Monde, Royan, mais aussi parce que ce numéro contient des textes de deux personnes pour lesquelles j'ai un respect profond : Didier Mouchel et Charlotte de Charette. Et comme il se trouve que j'ai, un peu, participé à l'iconographie de cette revue, nous voici, tous les trois réunis dans un même ouvrage et ça me fait plaisir, d'autant plus que, malheureusement, Didier nous a quittés il y a peu. J'aurais aimé pouvoir discuter avec lui de son passionnant article sur les photographes de la Reconstruction :


Charlotte de Charette nous offre un beau texte sur Royan qui résume parfaitement et clairement l'influence brésilienne sur Royan et ses architectes. Un bel esprit de synthèse.


Vous verrez que ce numéro de la revue fait une part belle à nos icônes chéries sur ce blog que sont la Piscine Tournesol et l'Opération des Mille Clubs grâce à un article de Marc Saboya pour lequel j'ai prêté quelques cartes postales bien reproduites.
D'ailleurs l'iconographie de ce numéro est exceptionnelle ! Que de documents !


Ah oui... j'oubliais... la carte postale est partout présente dans ce numéro, ce qui prouve une fois encore sa validité pour un travail historique et iconographique. C'est heureux de voir que le message passe.
La revue contient plein d'autres articles passionnants et l'architecture moderne et contemporaine y est présente à toutes les pages ! Un article sur les Villas par Delphine Costedoat ou encore un portrait de Pierre Ferret vous passionneront également et tant d'autres !
Si donc vous aimez Royan, sa région, l'architecture moderne et contemporaine, il vous faut lire cette revue !
Attention ! Il est bien possible que cela vous donne une envie irrésistible de venir voir !
Pour ma part, je vais chérir mon exemplaire, bien le ranger à côté des livres de Didier Mouchel.
Les cartes postales qui suivent lui sont dédiées.

Le Festin
N°107, automne 2018
15 euros

Une page de publicité ?




































Pour tenir mes promesses, voici donc quelques cartes postales de Royan. Il y a bien longtemps maintenant que je ne vous en ai montré mais, voilà, cela devient difficile de trouver des angles différents et des points de vues originaux.
Allez ! On regarde ?


Cette carte postale éditée par Michel Marcou nous montre le marché de Royan. On note que l'éditeur fait lui-même le rapprochement formel si tenace en indiquant : "le marché en forme de coquille Saint-Jacques". Ce qui nous amuse ici, dans ce cadrage certainement réalisé au téléobjectif, c'est le contraste recherché entre le béton lisse et blanc du marché et les tuiles romanes des maisons. Très serré dans son cadre, le marché apparaît donc comme une étrangeté superbe venue s'insérer durement dans la ville de Royan ce que d'autres points de vues relativiseraient davantage.


Cette carte postale Arum éditions nous montre la Plage de Foncillon et son fameux Palais des Congrès. L'actualité sur ce Palais des Congrès est vive puisque, enfin, il va retrouver sa vraie façade et l'articulation de ses volumes dès 2019 !
Ce n'est pas une bonne nouvelle, c'est simplement une joie immense de vivre ça, enfin !
Bravo Royan !
Je me réjouis de ce retour et je reparlerai de cet événement plus largement. Mais quelle nouvelle !
La plage de Foncillon est ma préférée à Royan, c'est là que vous me trouverez si je ne suis pas à Saint Palais.


Toujours tourné sur la plage de Foncillon mais un peu plus sur la piscine, voici une carte postale des éditions de l'Europe. Cette carte met en relation piscine, plage et surtout pour moi la superbe tour de Louis Simon que j'aime tant. Aujourd'hui les amateurs de Vintage se réjouiront du mobilier en rotin de la piscine... J'avoue que je n'ai jamais nagé dans cette piscine qui était perçue par mon regard d'enfant comme un lieu de gens riches, d'un luxe inouï. Je ne comprenais pas bien, gamin, pourquoi les gens se baignaient dans une piscine pour... regarder la mer en contre-bas...


Les éditions charentaises d'art A. Gilbert nous proposent un angle intéressant sur le Boulevard Briand. On note de suite que la carte fut expédiée en 1955. La Place est encore en terre battue. On aime la grande perspective sous un ciel, pour une fois, très habité de nuages.


Retour au marché avec ce très rare point de vue puisque d'habitude le marché est photographié depuis l'une des fenêtres du petit immeuble visible au fond ! Le photographe des éditions Yvon est un peu en hauteur pour photographier la vie bien animée autour du marché. Regardez... on devine Notre-Dame qui pointe ! Quelle image !


On évoque trop peu dans l'urbanisme de Royan la place réservée aux étendues des parcs et des jardins, véritables lieux de paix et de repos qui jalonnent la virtuosité permanente des bâtiments.
Ici, c'est une édition de Monsieur Berjaud qui nous montre la belle et nécessaire Tache Verte et ses très belles et modestes petites constructions qui la bordent. On imagine qu'une telle carte postale qui ne montre pas la mer dans une ville balnéaire nous dit bien comment les éditeurs tentent de tout cerner des particularités de la ville de Royan.
Autre jardin :


Cette fois nous sommes dans les jardins du Palais des Congrès où les petits marins ayant peur de la mer viennent faire jouer leur bateau à voile ! Pelouse tondue de près, bâtiments au loin fermant la perspective, tout est calme.
Prenons les airs !


L'éditeur Combier nous emmène avec lui au-dessus de la Place et du Boulevard Briand. On voit parfaitement les Nouvelles Galeries et son plan très compliqué articulant des volumes dans un ordre que je cherche toujours à comprendre. Il s'agissait d'un très beau bâtiment de Royan qui a connu, malheureusement, quelques errements. Au fond, vous devinerez le Temple protestant, le centre commercial provisoire. Un bien beau cliché de Royan tournant le dos à la mer.
Vive Royan !
Vive la plus belle ville du Monde !
J'arrive !