samedi 24 février 2018

Edith Commissaire est généreuse

Dans une enveloppe de papier-bulles, je reçois un paquet de cartes postales envoyées par Edith Commissaire. C'est gentil Edith. Merci beaucoup Edith !
Il convient, comme le veut l'usage, que je vous en fasse profiter, ainsi, sans trop trier, dans le hasard joyeux de leur arrivée.
Pour une fois, laissons donc les cartes postales comme cela, heureuses à leur fréquentation. Voici une petite sélection.
On commence ?
J'ai envie de commencer par celle-ci :


Nous sommes à Cholet et l'on retrouve ici la Mairie grâce à l'éditeur Combier. La carte fut envoyée en 1987. Nous sommes immédiatement séduit par pincement de béton lavé, la massivité de l'ensemble et l'esplanade vide pourtant aménagée avec des jeux pour les enfants. On pourrait se croire à Mériadeck. Un petit retour vers cet article vous permettra de voir mieux ce superbe bâtiment de Cholet de l'architecte Francis Pierrès et aussi de voir mieux la bibliothèque au fond de la carte postale. Un très beau morceau de ville !
Puisque j'évoque Mériadeck :


Cette belle carte postale est une édition Cely par Michel Pendaries. Sait-il, Monsieur Pendaries, que le quartier Mériadeck de Bordeaux est en train de devenir le spot des aficionados des dalles et du beau béton des seventies ? Aujourd'hui The place to Be, Meriadeck, hier détesté et maintenant incontournable et c'est amplement mérité. Mais que nous montre exactement ce très solide et construit cadrage ?
Au fond, l'immeuble André Lhote, très beau, très typé qui serait de l'architecte Francisque Perrier si on en croit l'excellent et riche site Meriadeck Free. Je vous conseille d'y faire un tour ! Je n'y ai pas trouvé le nom ni l'auteur de la sculpture en bronze au premier plan...Qui a une réponse ? Vous ne trouvez pas curieux la presque homonymie entre Francis Pierrès et Francisque Perrier ? Le même architecte ?
Et au sud ?


Retrouvons La Grande Motte ! Cette carte postale des éditions Yvon nous plonge sur l'avenue de l'Europe au cœur de la ville et de ces superbes pyramides. Tout comme Mériadeck, le retournement de l'histoire de l'architecture a eu lieu et La Grande Motte est aussi devenue une étrangeté ravissante et brutale qui mérite la visite en oubliant Thalassa et ses acolytes. Il y a tellement de cartes postales de La Grande Motte que cela devient indécent ! Retournez ici par exemple !
Nous voici aux Ulis :


Il s'agit de la mairie des Ulis plus précisément. On aimera ce très beau volume marron glacé, couleur si typique de cette époque. Mais on aimera surtout la grande classe de cette construction et de sa structure de verre et de métal. C'est d'une grande rigueur, d'un chic incroyable. Chässis sur châssis, ce beau bloc tout tendu de sa couleur nous laisse rêver à son mode de fabrication. Qui aurait le nom de l'architecte de cette petite pépite de métal et de verre ?


dimanche 18 février 2018

Le Corbusier dans la main et sous le Regards

Je crois que pour bien saisir la place d'une architecture dans le monde, il suffit de voir comment les médias non spécialisés en architecture s'en emparent.
La capillarité d'une certaine presse populaire à l'événement architecturale reste bien une manière de juger de l'étonnement ou de l'action d'un bâtiment dans une population peu encline parfois à analyser les soubresauts de l'innovation architecturale.
Par exemple, je vous conseille en ce moment de regarder dans Télé 7 Jours comment ce magazine très régulièrement évoque les nouveautés en architecture, toujours du côté de l'innovation technologique ou de l'étrangeté un peu futuriste, voulant faire rêver le lecteur, un peu comme si l'architecture pouvait devenir une sorte de décor à des fictions filmiques ou télévisuelles.
Aujourd'hui je vous propose donc non pas une carte postale (qui est bien aussi traversée par cette même question) mais une double page d'une revue publiée en 1949, le 27 octobre exactement. Cette revue c'est la revue Regard, journal qui met du sel dans votre vie quotidienne, ce n'est pas moi qui le dit, c'est le journal lui-même. Tout un programme donc allant de l'actualité cinématographique ou des variétés à des analyses satyriques bien peu convaincantes de l'actualité politique. Surnommé, parait-il, le Paris-Match du pauvre, il serait surtout un journal communiste ce qui est assez évident lorsqu'on prend le temps de lire les articles. C'est déjà bon signe.
Alors quand on tombe sur cette double page, il faut savoir regarder la force des images mais aussi lire entre les lignes du texte évoquant cette future Cité Radieuse :


Cette page est une merveille !
Regardons d'abord l'habileté de la composition mêlant photographies et dessins, comment le jeu des flèches et des phylactères donne le dynamisme à la composition et comment, en si peu de place, autant d'informations nous sont offertes ! Et quelle idée géniale que cette main géante, celle d'un Gulliver, qui vient placer comme un tiroir dans son trou, l'appartement de la Cité Radieuse ! À qui appartient cette main qui est photographiée alors que la perspective de l'appartement est, elle, dessinée ?
On remarque de suite l'incroyable détail des éléments de décor, comment tout est parfaitement nommé pour prouver l'originalité de la construction de Le Corbusier. Quelle autre construction de logements collectifs a eu le droit à autant de descriptions de ses particularités ? Aucune...On est à la fois dans la maison de poupée, dans la maquette d'architecture, dans ces gravures d'immeubles parisiens dont on a supprimé la façade et qui fascinaient Georges Perec au moment de la rédaction de La Vie, Mode d'emploi.
L'architecte, dans un portrait collé en haut à gauche, penche la tête comme pour regarder son œuvre. On note aussi la très belle photographie de chantier car l'immeuble n'est pas encore livré en 1949. On s'étonne finalement que l'article, avec une telle démonstration par l'image, ne soit pas si enthousiaste que cela et reste un peu en retrait face au projet. Prudence ?
On notera tout de même que Le Corbusier y est nommé comme un champion (sic!).
On aimera que l'on interpelle le lecteur en lui proposant comme signe de la qualité et l'originalité de la construction que l'habitant n'ait justement pas à en sortir ! Comme si la principale qualité d'un immeuble n'était pas tant son insertion dans l'urbain que sa fonction d'isolement de son habitant, comme un Robinson joyeux de ne pas sortir de son île, comme un passager de paquebot devant se contenter du confort des aménagements du bord. On note aussi que ce type de projection spatiale ne rend pas tellement hommage aux articulations et circulations internes de cet appartement de la Cité Radieuse. Le resserrement des pièces, les emboîtements divers surtout dans la partie supérieure produit une confusion, le sentiment d'un habitat de placards et de recoins alors que la partie la plus proche de la main ouverte est bien plus lisible et donc désirable. Il faut donc en expliquer toutes les astuces ménagères, tous les rangements, toutes les surprises pour que cette représentation reprenne avec force sa raison d'être dans le génie de ses combinaisons, de sa modularité. Magnifique didactisme populaire...
Malheureusement l'article ne comporte aucun crédit. Nous ne saurons pas qui photographie le chantier, qui dessine ce plan, à qui est cette main, qui a fait le portrait de Corbu ni même qui a écrit ce texte.






















































































































































































mercredi 14 février 2018

il est frais mon architecte, il est frais !



Comment ne pas tomber amoureux d'une telle image, d'une telle architecture ?
Vagues attendries faisant une onde, piliers en V si fins qu'on a envie de les tenir, fermeture en grille rythmant les vides et beau carré blanc à l'entrée...
Mais où sommes-nous ?
Mais qui êtes-vous, Monsieur l'Architecte ?
Au fond, il y a des palmiers, c'est donc le sud ? Oui !
Nous sommes de retour à Sidi-Bel-Abbes en Algérie. Et, il n'y a pas si longtemps que nous y étions. Mais, quittant son immense dôme du marché moderne, nous voici, grâce à l'éditeur Cap devant... sa nouvelle poissonnerie ! Merveilleuse construction ! Et l'éditeur nous régale, il nous donne le nom de l'architecte, tenez-vous bien, Monsieur Mauri en personne ! Vous vous rappelez ?
Voilà bien le signe d'un grand architecte, d'un grand dessinateur n'ayant pas peur pour un objet au programme si modeste de dessiner un superbe bâtiment.
On se croirait au Brésil.
On se croirait à Royan.
Une fois encore, c'est la carte postale qui enregistre ce moment de l'histoire de l'Architecture, celle des petites pépites, celle des modesties de Province, celle, un peu loin des grandes icônes.
Espérons que nos amis algériens auront su conserver cette merveille et la protégeront bien. J'en suis certain. Oui, la vue satellite sur Google Earth nous montre la poissonnerie juste à côté du dôme du marché.

Pour revoir tous les articles sur Monsieur Mauri et sur Sidi-Bel-Abbès :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search?q=Mauri




samedi 10 février 2018

Marcel Lods, actualités bonnes et tristes

Ici, depuis longtemps, j'aime évoquer Marcel Lods. Évidemment il est très présent dans ma région, autour de Rouen et à Elbeuf. Son actualité régionale c'est ainsi la destruction honteuse de ses immeubles dans les Hauts-de-Rouen. Personne n'a bronché, surtout pas les responsables du Patrimoine en Région Normandie ou à la Mairie de Rouen.
Je reçois une annonce pour une exposition au MUS à Suresnes où Marcel Lods est associé à Eugène Beaudouin, je vous communique en fin d'article les informations, il y a aussi un cycle de conférences. C'est une bonne nouvelle et il me faudra trouver le temps de venir la voir. Allez-y !
Vous savez aussi que Marcel Lods et Eugène Beaudouin sont menacés à Clichy au travers d'un projet réalisé par Rudy Ricciotti. La Maison du Peuple, qui si le projet voit le jour, ne sera plus rien qu'un socle pour une tour dont je vous laisse juge de la qualité signalétique, pour les qualités architecturales respectueuses, on repassera... Ou pas. Dommage de la part d'un si bon architecte et surtout dommage pour ce chef-d'œuvre bafoué et écrasé. La Maison du Peuple devrait être littéralement intouchable. Oui, intouchable et cela veut dire que l'on ne peut pas lui accoler quoi que ce soit qui fasse rupture avec son environnement urbain. Les échelles, ça se respecte tout autant que la construction, Monsieur l'architecte.
Je vous offre une carte postale inédite de ce chef-d'œuvre :


On notera que l'éditeur Marco nomme la Maison du Peuple et les Halles. La carte postale reste difficile à dater mais je la crois du début des années cinquante. On y voit bien à droite la Maison du Peuple et sa façade superbe venir contraster avec la rue. On remarque que l'éditeur ne lui donne pas toute la place mais laisse la ville et sa rue jouer avec elle. La Maison du Peuple est chez elle en quelque sorte. Ciel blanchi, lumière venant de la gauche. Nous sommes à hauteur de piéton, la vraie place. Allez rigoler en regardant la vidéo du groupe Duval. Vous remarquerez que rien ne signale le contact entre la construction de Monsieur Ricciotti et la Maison du Peuple. Et pour cause... Et surtout, il faudra un jour faire une parodie de ce genre de machin communicationnel où les dessinateurs nous mettent des chaises de Jean Prouvé dans le décor en garantie de leur attention et de leur appartenance au club des modernistes convertis de justesse. Allez ! Mets-moi du Prouvé ! Comme un certain ancien ministre, demandait qu'on lui mette du blancos, du White sur les images du marché pour faire cosmopolite. Et la fenêtre s'ouvre sur la ville de Clichy, le vent fait tourner les pages du catalogue et au loin, à l'horizon ensoleillé sur une musique attendrie, la tour de spaghettis s'élève, majestueuse, forcément majestueuse ! Pouf, pouf, pouf !
Non ? Franchement, les gars... C'est une blague ? Et le Centre Pompidou cautionne ?


Même type de communication, belle image, belle image :




Mais l'autre actualité sur Marcel Lods qui, peut-être est un peu loin, peut-être est un peu trop proche, est l'édition d'un superbe et très touchant ouvrage sur Drancy.





Il est inutile de dire combien ce lieu est douloureux, combien pour un architecte qu'une histoire aussi difficile puisse entacher son œuvre est une chose pénible et injuste. Drancy c'est une architecture, belle, puissante, généreuse à l'idée de loger, d'habiter. Mais c'est aussi un camp de concentration, un camp de départ pour la mort, une ignominie dont, bien évidemment, il faudra toujours, toujours dégager l'architecte de cette responsabilité. Trop de petits redresseurs de tort de l'architecture moderne ont sauté sur le dos de Marcel Lods pour accuser son architecture à Drancy, comme si, intrinsèquement, elle était prédestinée à se transformer ainsi. Cette thèse est ridicule, elle est pourtant partagée, on la trouve par exemple, dans le malgré tout excellent ouvrage de François Maspero Les passagers du Roissy-Express, avec une mauvaise foi déconcertante. (voir pages 174 à 180)
C'est pour cette raison qu'il est toujours bien d'entendre les témoignages de ceux qui ont vécu cette douloureuse expérience et ce livre vient à point.
Ce livre est plus que poignant et Georges Horan-Koiransky nous donne l'exacte mesure de ce qui s'est joué ici, dans les immeubles de Marcel Lods. L'édition de ce témoignage dessiné et écrit est d'une grande tenue éditoriale. Texte explicatif qui remet en place l'ouvrage et l'auteur dans son époque, fac-similé du livre original, qualité d'impression, choix des typos et des papiers, tout est superbement tenu. Pierre Gaudin et Aude Garnier pour Creaphis éditions ont fait un travail vraiment remarquable. Il est donc aisé d'entrer avec Georges Horan-Koiransky dans son enfer. Il est aisé de saisir le drame, de le sentir palpiter, d'avoir même du mal à retenir l'émotion car la force de l'auteur c'est son dessin, fort, noir, solide et sans concession à ce qui se déroule là. Aucune mièvrerie doloriste mais l'œil et la main au service de ceux qui subissent, au service surtout de leur mémoire. Ce livre est un monument, un choc.




Les chapitres sur les enfants sont à peine lisibles tellement c'est dur. On oublie bien entendu ce débat sur la culpabilité de l'architecture car ce serait bien obscène que de vouloir se réfugier dans cette question. Le drame est ailleurs, dans les espaces maintenus sous les autorités des gendarmes français dont le rôle est pour le moins, si on en croit l'auteur, plus que douteux. Car exercer une violence c'est tenir son espace et accepter de jouer ce jeu est bien une ignominie historique.
Il est donc temps de diffuser ce livre le plus largement possible, de montrer comment tout lieu peut basculer en enfer.
Achetez-le et faites-le lire.
Achetez-le chez un libraire indépendant.

Quelques images :






Pour terminer, voici une carte postale de ces mêmes gratte-ciel de Marcel Lods à Drancy :


La carte postale est une édition ALFA, sans doute d'après-guerre vu son mode éditorial. L'architecte n'est pas nommé mais l'éditeur reprend bien ce terme de gratte-ciel qui doit, à lui seul, raconter son ambition et sa modernité. La correspondante au verso de la carte postale ne fait pas écho au drame qui s'est joué là, elle raconte sa vie, celle des enfants, de la Marraine, de Mémé. Il ne reste plus que le spectacle superbe de ces tours dans leur ciel comme si le silence tombé sur l'image devait recouvrir aussi la mémoire. L'architecture malgré tout tente encore de tenir debout.
Est-ce raisonnable ? Que faire de cette distance, de ce doute ?
Vivre ?

Pour voir ou revoir les articles sur Marcel Lods :
http://archipostcard.blogspot.fr/search/label/Marcel%20Lods
ou
http://archipostalecarte.blogspot.fr/search?q=lods 
Sur le projet de Monsieur Ricciotti :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2017/11/rudy-les-spaghetti-sont-servie-et-la.html

Toutes les infos sur l'exposition au Mus ici :
http://www.suresnes-tourisme.com/expo-mus-architectes-davant-garde.html



mercredi 7 février 2018

Chronique définitive d'Aurélien Bellanger

Bonjour Monsieur Aurélien Bellanger,
j'avais eu la joie de vous envoyer un courrier le 4 janvier pour vous demander de signaler la demande de classement du centre commercial de Claude Parent à Ris-Orangis. J'avais cru à tort, à une forme de proximité.
Depuis, vous passez à côté, tout proche, comme si vous ne vouliez pas y toucher de peur que l'on vous retire, sans doute, votre originalité.
Vous avez, en effet, depuis mon courrier, réalisé une chronique sur les centres commerciaux (!) et ce matin sur le Brutalisme, sans jamais évoquer le cas de Ris-Orangis et son combat.
Cette manière est bien particulière, celle qui consiste publiquement à user des cordes que l'on vous tend sans en rendre la tension.
Ce n'est pas très grave dans le fond, on a l'habitude. C'est l'histoire de la Droite. Il y a ceux qui agissent et ceux qui parlent.
Vous n'avez même pas répondu à ma lettre, même pas pour me dire non, laissant mon écoute à votre chronique me raconter votre dédain joyeux.

Picoti, Picota, léve la queue et puis s'en va....

Je suis le mur.
Continuez à picorer mon courrier.

Bonne journée, Monsieur Bellanger.








samedi 3 février 2018

Royan, il sera reconstruit.

Le collectionneur de cartes postales est souvent penché sur ses cartes, loupe à la main, cherchant dans les replis des ombres, les détails qui lui feront pénétrer l'image.
Il n'est finalement jamais satisfait, ou, plus certainement, l'est toujours moins que le regardeur habituel qui passe rapidement sur la surface du carton, ne saisissant pas la chance, ici d'un bord de trottoir, là d'une affichette donnant une date ou encore d'un enfant jouant derrière une fenêtre. Il lui faut tout voir, dans un appétit décidé.
C'est pareil pour moi.
Ajoutez que les éditeurs de cartes postales, voulant satisfaire tout le monde, tentant des niches commerciales, ont multiplié les points de vue, décalant parfois de peu leur appareils photographiques pour donner à chaque acheteur l'image idéale qu'il veut envoyer à Mémé.
Et rapidement on se retrouve avec ce genre de chose :



Cette carte postale de Royan nous montre le portique qui n'existe plus suite à sa destruction stupide orchestrée pour, soi-disant, ouvrir la ville sur la mer. Preuve évidente et cas d'école d'une mairie n'ayant rien compris à la richesse de son architecture, n'ayant rien saisi de la justesse du plan d'urbanisme, bref, mairie ayant cédé aux fausses sirènes d'un renouvellement urbain passant forcément par la destruction sans analyse. Ici, la valeur d'usage étant bafouée par la valeur d'image. Ne soyons pas trop tristes, le portique va être reconstruit. Cela est une obligation morale.
J'étais donc déjà heureux ici, grâce à l'éditeur Cap de pouvoir le retrouver, de le revoir surtout à une époque où il était tout neuf, la place n'étant pas encore pavée. On voit presque le sable de la mer venir sous les pneus des automobiles.



D'ailleurs les automobiles vont m'aider à comprendre une séquence photographique. Si nous regardons le détail en haut à droite de la carte postale on voit une 4cv Renault garée le long de la rue et sur le parking une Traction Citroën. Maintenant, si nous sommes attentifs à la seconde carte postale, celle qui se rapproche de l'Hôtel de France, on retrouve bien les deux mêmes véhicules garés au même endroit. On devine aussi la même Panhard.





Il ne fait aucun doute qu'il s'agit de la même campagne photographique et que les deux photographies furent prises dans un intervalle très court puisque les autos n'ont pas bougé. Par contre, impossible de savoir dans quel ordre. Il va de soi que celle de l'Hôtel de France est orientée pour la clientèle de cet hôtel, donnant l'occasion au voyageur de montrer son lieu de villégiature. On notera aussi que l'éditeur Cap nous informe que son architecte est bien Monsieur Claude Ferret. C'est gentil et utile pour nous amateurs d'architecture. On pourra d'ailleurs en regarder le très subtil et délicat jeu de sa façade, comment il prend le portique sur son angle et comment également, jouant le toit plat en façade maritime, il arbore un toit tuilé en pente sur le côté ville. On notera la parfaite transparence du portique qui ne méritait pas son triste sort.
Il sera reconstruit.

Pour ceux qui ne le sauraiENt pas encore, mon ouvrage sur Royan et les cartes postales est toujours disponible, achetez-le chez un libraire indépendant :
http://www.lefestin.net/royan-limage-absolue-cartes-postales-de-la-ville-moderne