dimanche 17 mars 2019

As-tu déjà oublié ?

Petit poème du matin :

As-tu déjà oublié que publier c'est un travail ?
As-tu déjà oublié que les images ont des propriétaires ?
As-tu déjà oublié que les photographies ont des photographes ?
As-tu déjà oublié que les photographes ont des éditeurs ?
As-tu déjà oublié qu'ils ont des Droits ?
As-tu déjà oublié que les familles des ayants-droit ne doivent pas être ignorées ?
As-tu déjà oublié que vous pourriez demander gentiment ces autorisations ?
As-tu déjà oublié que vous ne devez pas vous attribuer ces Fonds, ces scans, ces photographies en les copiant-collant et en les découpant sur votre blog pour en camoufler l'origine et faire du contenu pour pas trop cher ?
As-tu déjà oublié que s'attribuer les recherches des autres c'est peu glorieux ?
As-tu déjà oublié que les collectionneurs ont des Droits sur leurs images ?
As-tu déjà oublié que nous pourrions faire la même chose ?
As-tu déjà oublié que ce n'est pas la première fois ?
As-tu déjà oublié que nous prendrons dorénavant toutes les dispositions légales contre ce pillage ?
As-tu déjà oublié qu'il ne faut pas confondre la convivialité d'Internet et ce pillage ?
As-tu déjà oublié qu'avoir un point de vue, un angle de regard s'appelle de la recherche et que cette recherche est protégée mais aussi généreusement partagée si on fait l'effort d'en discuter ?
Walid Riplet- J-J Lestrade

Après avoir signalé ce cas, David nous envoie ça :

"Je reprends la main.
Depuis longtemps maintenant je vois mes scans de cartes postales ou les images publiées sur mon blog migrer miraculeusement vers d'autres blogs qui s'autorisent à en couper les bords et à y ajouter un cartouche pour s'approprier les images. J'ai d'ailleurs moi-même marqué mes images car j'en avais assez de les voir pillées ainsi sans même un petit message poli me demandant l'autorisation de le faire. Mais alors ils recadrent les images ! 
J'avais déjà eu cette discussion avec ce monsieur et je croyais qu'il avait compris. Les images ont des Droits et surtout des propriétaires, c'est d'ailleurs parce que mon blog veut rendre hommage à ces photographes de cartes postales que je nomme systématiquement leur nom, le nom de leur éditeur et bien entendu le nom des architectes. Cela m'a valu de grandes amitiés avec eux.
Il est donc insupportable de voir des personnes venant se goberger sur mon blog, copier-coller les images et de se les attribuer sans remords, sans citation des sources quelles qu'elles soient.
La source d'une image raconte cette image.
C'est d'ailleurs ce travail d'analyse qui me vaut d'avoir pu rencontrer des photographes, des éditeurs, des chercheurs et des architectes qui m'ont toujours appuyé dans cette voie. Et dans le très peu de cas contraires, j'ai retiré les images (une fois en 10 ans !)
Ce blog est un travail d'analyse, pas une boîte dans laquelle je jette en vrac des images après avoir écrit mon nom dessus comme le font d'autres blogs. Merci de respecter mon travail. 
Je prête généreusement mes images, j'en fais les scans régulièrement pour des articles (récemment Télérama), des étudiants, des chercheurs. Eux me nomment, me citent et même... incroyable... me remercient !
Il est donc aisé en toute joie collaborative de me demander une image. Ceux qui ne font pas cette démarche simple sont simplement des pilleurs, des As du copier-coller, ce qui en dit long sur leur capacité de travail. Je tape sur Google-Image une recherche et j'en pille le résultat.
La famille Lestrade que je connais maintenant depuis des années me fait la confiance de me raconter son histoire, de me laisser fouiller dans ses archives familiales. Les images provenant de ce Fonds lui appartiennent et sont toujours signées par leur nom. Elles n'ont pas vocation à être découpées, copiées et ré-attribuées par n'importe qui venant à la goberge. C'est ce genre de comportement qui m'avait un peu écœuré et conduit à confier ce blog à Walid et Jean. 
Les cartes postales que je publie sont toutes physiquement dans ma collection, elles sont  ma propriété et donc protégées par les Droits du collectionneur. Lorsque je scanne des images j'en nomme toujours dans la mesure du possible et de l'information le nom des photographes ou des éditeurs, il en va de même pour les revues ou tous autres documents ou même sites que je remercie dans mon texte. 
Si Internet est un lieu du partage, il doit se faire avec d'abord le respect du Droit et surtout un esprit de convivialité qui passe par une demande d'autorisation simple. Une politesse, comme on dit une urbanité. 
Alors une fois ça va, là, trop c'est trop et surtout visible, risible, révélateur du fonctionnement de certaines personnes."
David Liaudet

Voilà le travail, et ce n'est que l'un des exemples sur son site, l'article complet est là :
http://archipostalecarte.blogspot.com/2019/01/changement-de-proprietaires.html








samedi 16 mars 2019

Corbu nippon ni mauvais




On s'excuse...
On n'a pas résisté...
Sur une carte postale faite uniquement de deux vues découpées se frottent deux architectures bien différentes. L'une concerne le sport avec un gymnase, l'autre un musée de l'Art Oriental. Comme nous ne parlons pas japonais, il nous est difficile de dire ce que le  verso de l'image ajoute comme commentaire à ces deux photographies.
Rapidement nous nous étonnons de notre chance de trouver cette carte postale nous permettant d'évoquer l'une des belles architectures de Le Corbuiser, son beau Musée de Tokyo !
Certes l'image n'est pas flatteuse, ni même très généreuse car elle fait de l'architecture un décor au penseur de Rodin mais nous ne pouvons que nous réjouir de trouver ainsi une représentation de cette architecture en carte postale.
Nous sommes descendus aux archives après avoir consulté Archirès et nous avons trouvé un somptueux numéro de L'architecture d'Aujourd'hui de 1961avec un article sur ce Musée. Nous ne pourrions mieux faire que vous le partager, nous rappelons que les photographies sont de Lucien Hervé himself, Lucien Hervé qui produit aussi dans ce même numéro un bel article sur le Japon.
Par contre, nous n'avons rien trouvé sur ce Gymnasium qui a la chance de côtoyer sur cette carte postale le musée de Le Corbusier...

D'abord l'article :














































































Le texte très juste de Lucien Hervé (extraits) :










































samedi 9 mars 2019

Le fameux bleu Gagès



-... oui ? Ah ? j'ai mis du temps pour identifier l'importance de cette carte postale. Tu sais, Walid, ça arrive. On sent un truc quand on regarde vite les cartes dans les boîtes à chaussures sur les vide-greniers, une minuscule sensation qui fait que tu achètes ou pas la carte. Des indices. Et puis, la carte, elle reste sur un tas à la maison. T'as vu ça quand t'es venu. Et puis, tu sais pas pourquoi, un jour tu la regardes à nouveau, tu rentres dans l'image. Tu cherches un peu, parfois mollement, et tu te promets de faire un article sur cette architecture, sur cette carte postale. Là, ouais, c'est vrai, j'avais pas pensé à René Gagès, j'avoue... Mais au-delà du nom du ou des architectes, tu vois, ce qui me plaît c'est comment le bleu se répand dans l'image.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Ba, regarde, Walid, la tache de la belle piscine bleue et tout ce monde autour et puis vois-tu partout tous les points bleus faits par les maillots de bain, les sacs, les serviettes de bain, c'est curieux non ?
- Y'a ça aussi !
- Oui ! J'adore quand les gens entourent ainsi leurs fenêtres ! 
- Par contre, pas de commentaire sur l'architecture !
- Non... ? Ah... c'est souvent comme ça... Mais regarde bien Walid, tu vois pas ? Tu vois pas que les baigneurs ont la tête tournée vers le photographe ? Regarde, c'est marrant ! Même ceux qui sont loin regardent le photographe comme s'il avait appelé les gens !
- Ouais ! Génial ! Pourtant il a l'air un peu loin...
-... et un peu haut aussi !
- ... Alors ? t'as trouvé René Gagès comme architecte ? Super ! Je l'adore, voilà un grand monsieur... Il a fait travailler Lestrade.
-... ouais avec Gabriel Roche, et la gare de Lyon, purée, une tuerie ! Tiens, regarde, on trouve un excellent article ici pour les infos :
http://www.atelierthierryroche.fr/fr/labo/montessuy-a-50-ans-comment-leurs-architectes-de-peres-ont-cree-le-quartier_d211.html
-... je suis tellement content qu'on fasse ça ensemble. 
-... ouais....
-........
-... Euh... Vous voulez un thé les gars ? Vous avez l'air perdus...
- Oui, Merci, Jean-Jean, comme d'hab...
- Oui, lait et sucre, David, on sait.

Pour revoir quelques articles sur René Gagès :
https://archipostcard.blogspot.com/2008/05/merci-madame-gags.html
https://archipostcard.blogspot.com/2011/02/rene-gages-berlin.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/02/gages-et-prouve-font-lusine.html 
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/03/paysage-avec-cubes.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/02/bron-bron-bron-faisait-lavion.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/12/lamour-12h58.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/10/premiers-pas-sur-un-chef-duvre.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/01/tout-est-sa-place.html













mardi 5 mars 2019

Les Halles ? C'est vachement bien raté comme d'habitude.

Un mot rapide pour vous dire que, hier, nous avons eu la grande joie d'entendre sur France Culture la belle analyse de Françoise Fromonot sur l'aventure des Halles à Paris.
Le moins que l'on puise dire c'est que, justement, elle dit les choses...
Il est toujours heureux d'entendre des personnalités qui travaillent avec ardeur nous faire partager généreusement leur travail sans donner de leçon, en étant au plus près de leur sujet, avec cette distance de l'observatrice amusée et aussi parfois interloquée des mœurs politico-financières, souvent trop loin, bien trop loin d'une politique participative et citoyenne.
Les Halles c'est un ratage à tous les étages : l'architecture, l'urbanisme, le social.
On passera sur l'habituelle démagogie qui récupère tout, même la liberté de la rue qui venait là.
À écouter d'urgence :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/lurbanisme-est-il-un-sport-de-combat

Pour lire Madame Fromonot :
la Comédie des Halles. Intrigue, mise en scène.
La Fabrique, éditeur, 2019.
 Comme David nous a déjà beaucoup parlé des Halles de Paris, voici deux nouvelles cartes postales sans trop de commentaires :





































La première est une édition Chantal qui nous montre le Forum des Halles et la perspective sur Saint Eustache. On notera avec joie que l'éditeur nomme les architectes messieurs Vasconi et Pencreac'h. Mais un détail nous chiffonne. Quelle est donc cette construction faite d'éléments préfabriqués qui fait le raccord entre le Forum et l'église ? Il s'agit d'une construction éphémère mais dans quel but  ? Difficile de lire ce qui est inscrit sur sa façade... Le photographe a fait une image très serrée pour effectuer sans doute le collage judicieux de ce qui était alors la construction "moderne" et l'ancien Paris. On note que le photographe est très près du bord du trou.
Autre point de vue :


Toujours chez l'éditeur Chantal, cette fois le photographe cadre bien le trou du Forum des Halles et les galeries marchandes disparues aujourd'hui. Le soleil donne à tout cela un air joyeux que le jaune de la toile tendue de l'entrée éphémère du Métro souligne encore. Le Vieux Paris a bien du mal à faire une petite crête sur le haut des galeries. Pour notre part, nous aimons le caractère très minéral de l'ensemble et, sans succès nous nous amusons à croire que nous pourrions dans le reflet en face trouver le photographe piégé en train de cadrer. Le point rouge du vêtement nous fait penser à John Hinde.

David nous a montré il y a peu sa collection de vues stéréoscopiques qu'il avait effectuées avant la démolition, pour nous qui n'avons pas vraiment connu cet espace, c'est comme y être...
Merci.
Walid Riplet, J-J Lestrade

Pour voir ou revoir quelques articles sur les Halles :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/04/un-forum-ou-des-halles-pour-la.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/01/chose-perdue.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/10/fabio-rieti-lhomme-qui-marchait-sur-les.html 
https://archipostcard.blogspot.com/2010/07/lettre-de-monsieur-pencreach-au-maire.html
https://archipostcard.blogspot.com/2011/12/le-trou-desdedans-la-memoire.html
https://archipostcard.blogspot.com/2008/09/faire-le-plein-par-le-trou.html



lundi 25 février 2019

Je Bandol Dubuisson


Pardon...
Un intérieur cosy, un peu moche, surtout dans le choix du mobilier n'ayant pas su avoir la radicalité moderniste ou la simplicité du confort. Il se la pète un peu ce mobilier, voulant jouer à plus jeune qu'il n'est vraiment. Pourtant ça ne manque pas de clarté, murs blancs, mobilier clair. Mais, dans la teinte marronnasse des sièges, dans la mollesse de la moleskine, quelque chose d'un EHPAD ou d'une clinique privée, quelque chose de peu vivant, de déjà mort. Je reconnais immédiatement sur le mur une reproduction des chevaux rouges de Franz Marc et la netteté de la tasse de thé vide me dit que personne ne vit vraiment là. Nous sommes à Bandol, dans la Résidence "Le Bosquet" dans l'un des studios photographiés par les éditions Aris. Au stylo-bille une main anonyme a écrit Juin 83 sans autre précision. On devine que le studio laisse les couchages derrière un meuble bas ne séparant pas la pièce. C'est lumineux, comme on dit.
Alors donnons-nous rendez-vous là :

Les glaïeuls font le spectacle, petit feu d'artifice de couleur jeté au milieu du salon de la Résidence. Les gros fauteuils un rien mémère anglaise sont disposés pour une conversation sur le temps qu'il fera demain. Personne... pourtant quelqu'un a allumé la petite lampe. Une bibliothèque remplie de livres achetés au mètre, quelques bibelots censés rappeler le Sud, le santon, la cruche, terminent la décoration de ce lieu de convivialité collective. Pourtant un seul élément de mobilier donne soudain à ce salon une nécessaire attention et une curiosité, c'est la table basse en bois et son plateau en céramique....
Roger Capron ?
Bingo !


On la retrouve sur ce site de Brocante !
Courrez vite à Bandol la récupérer !
Au fond de l'image, quelques imitations de mobiliers modernistes à pied tulipe, sans doute aussi à récupérer !
Il fait beau, allons en terrasse :


Que la vue est belle !
Ne jamais oublier cela, l'architecture se regarde aussi du dedans vers le dehors. Admirons les magnifiques poutres de liaisons blanches venant cadrer le paysage, affirmer une géométrie dans le ciel. L'architecte de cette Résidence "Les Bosquets" a certainement tout fait (et bien fait) pour servir cette vue, ce paysage. Il a donné aux résidents l'espace infini d'un horizon lointain, cela permet certainement d'oublier le mobilier.
Et, finalement, le séjour, là, suspendu dans le ciel, sur une terrasse proprette doit être bien agréable.
Une femme écrit au dos de cette carte postale dont la photographie est de Mr Guinet que "chaque studio est séparé, l'entrée est sur la rue, il y a un escalier qui arrive sur la terrasse et le studio. Je suis complètement seule."
Nous n'arrivons pas à savoir si cette solitude est négative ou positive, nous essayons avec Jean de lire tour à tour ce texte avec des tonalités différentes pour comprendre...
Prenons le chemin, descendons :


C'est beau non ?  Ces bandeaux qui s'étirent en courbe ?
On devine bien les petits volumes cubiques reliés entre eux par ce travail de filtre que forment les poutres affirmant avec force la courbure de la construction et, en quelque sorte la dessinant à elles seules. On devine aussi un travail sur une intimité de chacun, chaque cube étant isolé de l'autre par des murs profonds. On voit l'escalier évoqué plus haut par la correspondante. Le jardin est tout neuf, espérons qu'il n'a pas trop bouché la lumière et la vue en grandissant.
Mais voilà, pas de nom d'architecte sur ces cartes postales nous montrant pourtant un très bel ensemble, bien construit, donnant au paysage sa chance et aux résidents à la fois l'intimité et la rencontre.
Il est aisé de savoir qui est venu là, en un seul clic vous trouverez la très belle fiche rédigée par Pascale Bartoli (merci !)  pour  la DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur qui vous donnera Jean Dubuisson comme architecte... Oui, rien moins que l'un des plus grands...
Lisez l'histoire :
http://www.culture.gouv.fr/Regions/Drac-Provence-Alpes-Cote-d-Azur/Politique-et-actions-culturelles/Architecture-contemporaine-remarquable/Le-label/Les-edifices-labellises/Label-Architecture-contemporaine-remarquable-Var/Bandol/Bandol-Residence-Les-Katikias-et-residence-hoteliere-Le-Bosquet

Mais à Bandol, Jean Dubuisson n'a pas construit que "Les Bosquets", il a même un peu avant, comme nous le raconte Pascale Bartoli, construit l'ensemble "Athena", incroyable barre de logements venant mourir dans le rocher, comme un coin dans une buche. Comment peut-on faire plus radical comme geste, plus serein, plus violent aussi ! Quelle beauté contextuelle ! Quelle intelligence de ce que l'architecture se doit au paysage ! Et Paf ! La barre rentrera dans la géologie ! Paf !
Regardez ! Une édition Aris expédiée en 1979 :



Qu'il doit être curieux d'ouvrir sa fenêtre directement contre la pente du terrain ! La radicalité des Modernes c'est bien celle-là, l'expression, non pas d'un dédain pour le paysage mais la construction assumée d'un nouveau, accordant à la nature et au bâti une correspondance de force, d'action, d'ombre et de lumière.
Qui mieux que le grand Jean Dubuisson pour nous offrir cette radicalité. Là, à Bandol, par deux fois, il signe d'un geste architectural son sens du paysage, de la vue. Là suivant les courbes naturelles du terrain ou ici enfonçant avec force sa barre dans cet autre terrain. La géométrie c'est aussi cela, fabriquer des récifs de béton pour la vue et la joie, la Modernité c'est donner au plus grand nombre la chance de ce contact avec ce qu'aujourd'hui on appelle les éléments. 
Merci Monsieur Dubuisson. Merci.
Et rêvons, rêvons que la Ville de Bandol déclare son attachement à cet exceptionnel héritage, que la Ville de Bandol fasse de ces ensembles son Patrimoine, et que, rapidement, une protection leur soit accordée.
Walid Riplet, J-J Lestrade (surtout Walid en fait..., Oh l'autre ! Non mais je le crois pas... si, si...)

Pour voir ou revoir des articles sur Jean Dubuisson :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/04/dubuisson-bicyclette.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/03/dubuisson-sur-la-crete.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/01/dubuisson-uckange-grille-chatoyante.html 
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/04/le-surmale-dubuisson.html




























Dernière minute ! Dernière minute ! Dernière minute ! Dernière minute !Dernière minute ! Dernière minute !Dernière minute ! Dernière minute !Dernière minute ! Dernière minute !Dernière minute ! Dernière minute !

Nous avons oublié deux cartes postales de ce programme ! Merci David pour ce rappel !
Sur la première, on nous donne à voir un "studio" dont on devine la petitesse car le lit, la table de salon et ses chaises et le coin repas sont réunis ensemble derrière l'immense baie vitrée. Le choix de la couleur corail orangé nous fait penser au Japon tout comme le dessin des petits fauteuils à la structure noire mat. On aime que l'ensemblier ou la décoratrice ait su faire de ce petit espace un lieu complet et chaleureux, les rideaux sont assortis aux coussins ! Sur la terrasse, la poutre vient bien là aussi dessiner le paysage et la vue, visibles pourtant encore depuis cet intérieur.
La seconde nous montre un espace bien plus grand et plus clair puisque le blanc est dominant dans cette carte postale. On note un gros bloc de service au fond de l'image faisant cuisine et placard. Difficile de savoir ce qui se passe derrière la porte, entrée ou salle d'eau ? La lumière est partout et nous aimons les petits objets au dessin bien marqué qui nous font penser immanquablement au Design italien mais aussi à Morandi. Sur la table basse, David nous signale que le livre est celui des recettes pour la cocotte-minute Seb !
C'est bien entendu un appartement-témoin. Les deux cartes postales sont photographiées pour les éditions Aris par C. Guinet. Qu'il (ou elle) nous écrive !
W.Riplet




dimanche 24 février 2019

Est-ce le regardeur qui fait le paysage ?


"...ah oui j'avais oublié ce cliché ! C'est bien Hans qui a pris la photographie et pas moi, aussi curieux que cela paraisse ! C'est bien moi de dos.
Avec Hans, on avait croisé par hasard cet ensemble, sur la route. Je m'étais promis d'en faire un reportage et finalement je ne l'ai pas fait. Le 11 juin 67... Oui c'est sans doute ça, je ne me souviens pas bien. Je sais que Hans avait offert ce tirage à tes arrière-grands-parents mais c'est moi qui avais fait le tirage. Par contre, je ne me rappelais plus que je découpais ainsi les bords, j'ai toujours détesté ça. C'est du papier Agfa, c'est celui que j'aimais et surtout que l'on trouvait facilement en Allemagne pour pas trop cher. Voilà, j'espère que je réponds à vos questions, les gars. Continuez le tri et faites remonter tout ça. La bise." 
Gilles Lestrade



Bien entendu, nous aimons beaucoup cette photographie car, au-delà de l'histoire personnelle et familiale, elle est porteuse d'un charme certain, un peu romantique, un peu nostalgique, un peu, aussi cinématographique. Dans une image de paysage, un personnage qui regarde vers un objet lointain, c'est toujours comme un hôte qui vous invite à regarder avec lui, un compagnon de vue, de paysage.

Aujourd'hui cette photographie serait impossible à faire, Vigneux a renoncé à son paysage et ses tours. Elles sont  détruites. Ah oui, c'est vrai, c'est dans... L'Essonne...


Pourtant, sans doute que de telles constructions auraient dû être sauvées car elles étaient, en quelque sorte, l'aboutissement d'un type et d'une idée de l'architecture. De plus leur grande plasticité, la fabrication d'un paysage, l'intelligence du mode constructif et leur position dans l'histoire du logement en France auraient dû permettre ce sauvetage. Mais voyez-vous, le petit commerce avait des trucs à vendre pas très catholiques, alors... le patrimoine... Des petits ensembles de cinq étages certainement peu ambitieux, écologico-joyeux viendront remplacer l'Histoire.
Dans un numéro de la revue L'Oeil de 1966, on trouve un article passionnant de Henri Duthu sur ce très grand ensemble. On le remercie d'avoir ainsi donné à Messieurs Lopez et Tourry la chance d'entrer au moins dans les archives. Nous sommes de cette génération qui regarde ces pages, ayant l'impression d'avoir loupé un Monde plus ambitieux, moins boutiquier de Province, petit élu gentil.
Nous remercions une fois encore Marc Lavrillier pour ses somptueuses photographies redressées. Finalement, entre souvenirs familiaux et archives de presse, l'Histoire de l'Architecture contient encore la possibilité de voir et surtout de croire que cela fut.
Walid Riplet, J-J Lestrade.