mercredi 18 juillet 2018

Les maisons de la Culture en France

























Les éditions du Patrimoine viennent d'éditer un ouvrage passionnant et qui fait très largement écho à la période que nous aimons sur ce blog : les maisons de la Culture en France.
Cet ouvrage collectif appartient à la collection des cahiers du Patrimoine et ce volume est sous la direction de Richard Klein, gage d'un grand sérieux dans l'analyse. Comme tous les ouvrages de cette collection, d'abord nous lirons un texte général qui situe l'époque, l'histoire, le contexte de la création de ces maisons de la Culture puis une série d'études plus resserrées sur quelques exemples que nous avons eu la joie de défendre souvent ici.
Il faut le dire, les maisons de la Culture de par leur programme, leur élan, leur modernité (souvent affichée avec force) furent des icônes dignes d'une représentation par les cartes postales. Il est aisé de faire un tour de France des maisons de la Culture éditées en cartes postales, parfois représentées plusieurs fois, sous tous les angles, de nuit comme de jour, dedans comme dehors ! À ce titre, celle de Grenoble est emblématique de cette représentation pléthorique ! Cet élan et ce désir de partage par l'image et la correspondance prouvent l'attachement et aussi la compréhension d'un objet, certes souvent spectaculaire, mais aussi souvent, transformateur de la relation à la culture dans cette époque où la Modernité n'est pas un problème mais une chance. Le texte de Richard Klein est à ce titre exemplaire de la réception et de la perception de ces lieux partout en France.
On pourrait parler d'effet Bilbao bien avant l'heure, tant les constructions sont audacieuses, parfois révolutionnaires, en tout cas souvent ambitieuses quant à leur désir de bouleverser soudainement un rapport à la culture et à la jeunesse dans une ville. Préfigurent-elles la poussée des médiathèques ?
Cet ouvrage nous permet donc d'aller à Grenoble, Reims, Amiens, au Havre ou encore à Firminy.
J'avoue que je fus tout particulièrement touché de voir le nom de Jean Le Couteur dans cette liste avec sa maison de la Culture de Reims, sans doute l'un de ses chefs-d'œuvres. Vous savez comme on aime Jean Le Couteur ici.



Bien entendu, ne passons pas à côté de Niemeyer au Havre ou de Wogenscky à Grenoble et encore moins de Le Corbusier à Firminy. On voit même furtivement Claude Parent....
Je remercie Raphaëlle Saint-Pierre qui n'occulte pas la question difficile des transformations sans égards de la maison de la Culture du Havre. C'est heureux de lire les doutes sur une telle transformation, malheureusement devenue un cas d'école de ce qu'il ne faudrait plus faire. Et sans doute que le choix de cet emblème pour en faire la couverture de ce livre est comme un signe de son extinction malheureuse, indubitable, honteuse.
Car ces expériences audacieuses n'ont pas toujours survécu à notre époque. Les rêves de communions culturelles et d'expérimentations tous azimuts ont tapé dur sur le fond idéologique d'un retour à l'ordre. Souvent malmenées, parfois dégradées, les maisons de la Culture ont dû, si on est politicien "évoluer avec leur temps", si l'on est pragmatique "renoncer à leur rêves".

Comme souvent pour les ouvrages de cette collection, textes, iconographies, documents, mise en page sont parfaits. Les textes sont accessibles, pratiques et permettent d'entrer dans les constructions et leur programme avec didactisme mais sans ennui. Un bien bel ouvrage donc pour tous les amoureux de cette période. On notera que l'iconographie fait une grande part aux cartes postales, ce qui est un signe de leur importance documentaire enfin assumée par les historiens de l'architecture.
Ainsi, vous aurez plaisir aussi d'y retrouver quelques cartes postales de ma collection.

Achetez votre exemplaire chez un libraire indépendant :
Les Maisons de la Culture en France
sous la direction de Richard Klein
éditions du Patrimoine, centre des Monuments Nationaux
isbn-978-2-7577-0557-5
25 euros.









































Alors quelques cartes postales ?
Oui !
Nous ne serons pas exhaustifs car, simplement, nous avons déjà beaucoup publié de cartes postales et que, surtout, nous en gardons sous le pied pour en profiter plus sereinement plus tard...

L'une des plus belles :

La carte postale des éditions La Cigogne nous montre donc le Musée Maison de la Culture du Havre avant l'invention de la maison de la Culture dessinée par Niemeyer. Claude parent a exposé dans ce lieu sa Fonction Oblique et il fut question qu'il dessine la future maison de la Culture... Les rapprochements politiques de Niemeyer et la construction à titre gracieux du siège du Parti Communiste à Paris en décidèrent autrement... On note que l'éditeur nomme bien Messieurs Audigier et Lagneau comme architectes, il nomme aussi l'auteur de la superbe sculpture sur son parvis, Monsieur Adam. On note que sur ce cliché l'immense porte de Jean Prouvé est ouverte ! Et au fond, saint-Joseph de Perret pointe son aiguille dans le ciel.

Vichy :

Cette carte postale de l'éditeur EaG nous montre donc l'une des façades de la maison de la culture et des jeunes de Vichy. On aime de suite l'immense mur polychrome et la structure métallique de l'ensemble. Le photographe se place un peu loin pour faire entrer l'ensemble de la longueur du bâtiment dans son cadre. On trouve bien d'autres points de vues plus éclairants sur cette maison de la Culture très largement éditée en carte postale.


Cette autre carte postale des éditions du lys pour As nous montre mieux la très belle construction de Messieurs Marol et Toumanantz. Comment ne pas tomber sous le charme d'une telle construction ? N'est-ce pas beau ce principe de griffes venant charpenter la construction par le dehors ? On notera que cette maison de la Culture n'apparaît pas dans l'ouvrage. Peut-être est-elle plus associée à une maison des jeunes.

Grande Tradition Française :

N'allez pas à Amiens pour voir ça. Maintenant c'est gainé d'un geste flamboyant. La difficulté de ce type de bâtiment affichant une grande rigueur et une beauté tranquille c'est que ce classicisme passe au mieux pour de la timidité, au pire, par des politiques usées, pour de la fadeur triste. Égayez-moi ça a, sans doute, été le mot d'ordre du maire pour justifier l'attaque subie par sa "modernisation"...
L'architecture de Sonrel est partout attaquée et son superbe et rigoureux casino de Boulogne-sur-Mer fut détruit pour laisser place à une lourdeur touristico-phénoménale pour poissons. Heureusement l'article de Simon Texier vous permettra de comprendre comment, pourtant, cette maison de la Culture d'Amiens était bien l'une des grandes beautés architecturales de cette période. J'ai bien dit... était... Remercions Gilles de Robien et ses architectes de Province et leur écharpe jetée autour du cou, nonchalamment, un peu comme celle d'Isadora Duncan. La carte postale est une édition La Cigogne qui nomme bien messieurs Sonrel, Duthilleul et Sogois comme architectes. Cette carte postale est donc maintenant un document historique.

Monsieur Petit :

Oui, c'est bien Monsieur Petit qui est l'architecte de la maison de la Culture de Châlon-sur-Saone que nous donne à voir cette carte postale Combier. j'ai toujours aimé ce mélange. Comme une association d'un brutalisme soviétique subtil et d'une rigueur programmatique. La carte postale montre bien cela et on pourrait presque couper l'image en deux, au raccord entre les deux corps du bâtiment, pile-poil au milieu de la photographie. Les beaux piliers soutenant l'immense volume, le soulevant pour laisser passer les spectateurs sont très efficaces, très transparents à leur fonction, fabricant le foyer comme à l'abri de la masse. Combier, l'éditeur, nomme bien Monsieur Petit comme architecte et y ajoute Lyon comme ville d'origine.

Pour retrouver les autres maisons de la Culture déjà publiées sur ce blog, bon courage...

https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/11/claude-parent-un-rare-et-touchant.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/01/malraux-banlieue.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/10/wogenscky-dedans-dehors.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/11/andre-wogenscky-connu-moins-connu.html
https://archipostcard.blogspot.com/2011/08/les-marquisats-pour-les-jeunes-et-la.html
https://archipostcard.blogspot.com/2008/10/bunker-et-culture-et-couleurs.html 
https://archipostcard.blogspot.com/2008/08/larchitettura-208.html
https://archipostcard.blogspot.com/2008/11/de-lart-de-larchitecture-et-un-radar.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/02/pierre-sonrel-classique.html 
https://archipostcard.blogspot.com/2012/03/epousailles.html
https://archipostcard.blogspot.com/2008/10/bunker-et-culture.html
https://archipostcard.blogspot.com/2008/08/je-suis-libre-et-esclave-la-fois.html
https://archipostcard.blogspot.com/2011/05/et-si-la-revolution.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/11/le-havre-est-moins-bresilien.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/06/au-havre-oscar-niemeyer-au-futur.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/04/projet-videcoq-le-havre-une-catastrophe.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/01/trois-presque-quatre-pour-2013.html

jeudi 12 juillet 2018

C.G.T en miniature et en force

L'une des chances des fouilles dans les boîtes à chaussures, au petit matin, à la recherche de cartes postales, ce n'est pas tant de trouver ce que l'on cherche que de tomber sur de l'inattendu :


Dans une forêt un peu ouverte, un peu proprette, un mini-golf accueille des messieurs d'un certain âge, tous miraculeusement posés devant l'une des étapes de ce parcours de golf miniature. La plus étonnante, bien  entendu, est celle de droite, affichant fièrement les trois lettres géantes en béton de la C.G.T...
Qui peut rêver d'une image plus parfaite ? D'une photographie plus inspiratrice ? Comment croire même en la possibilité d'une telle photographie et d'un tel espace ?
Le photographe ? C'est Monsieur Roussel qui est aussi éditeur à Châteauroux. Il signe là un beau et surprenant cliché des œuvres sociales des Unions Syndicales des Travailleurs de la Métallurgie de la Seine, plus précisément de la maison de repos Ambroise Croizat dans le domaine de Vouzeron. Au fond, un homme en short, plus jeune, semble surveiller la partie de golf miniature. Pourtant, bien rangés, ils ont l'air bien sages nos métallos au repos.
























J'aime autant l'image que ce qu'elle porte de solidarité, d'attention, aussi, sans doute, d'un épuisement au travail que la protection sociale et syndicale a pu prendre en charge. Je laisse l'ironie aux autres.
Je vois bien dans le dos courbé, dans les épaules arrondies serrées dans un gilet en tricot de laine, une silhouette familière, comme celle de mon grand-père Jean, ouvrier chez Renault. Cela suffit à en aimer l'image et la joie tranquille qu'elle dispense, une nostalgie aussi.
Que reste-il de ce golf miniature aujourd'hui et surtout que reste-il de cette action sociale, de cette solidarité, de cette attention aux travailleurs ? Que nous prépare-t-on ?
Je crains que le superbe golf miniature ait disparu depuis longtemps.
https://vouzeron.info/2013/09/16/le-chateau-de-vouzeron/
Pour vous venger, allez voir celui de Pierre Huyghe à Piacé :
https://www.piaceleradieux.com/oeuvres/obstacle-pierre-huyghe-2014/

Mais la C.G.T sait aussi garder sa force et la montrer dans ses constructions :


Cette carte postale appartient à la typologie des cartes postales de souscription que nous voyons, c'est bien certain, plus souvent pour la construction des églises !
On note d'emblée que la somme de la donation est imprimée, 20 francs, et d'ailleurs cela correspond à la date : 1982. Mais cette carte postale appartient donc aussi à la typologie des cartes postales de maquettes de constructions puisque la future Bourse du Travail n'est pas encore construite. On devine donc un bâtiment énorme, multiple, un peu complexe dans ses articulations, comme une dispersion de volumes sur un terrain. Depuis cette maquette, on note un goût certain pour une massivité affirmée organisant des passages, des canyons presque, mais aussi de gigantesques verrières, ici en Plexiglas. Ce genre d'énorme machine me plait beaucoup. Quelque chose de sévère et de âpre, d'irréductible, d'impossible à contrefaire...
On note aussi que la carte postale oublie de nommer le ou les architectes de cette énorme morceau de ville voué à la défense des travailleurs et de leurs droits.
Je vous laisse lire cela :



Combien de constructions peuvent afficher qu'elles sont la propriété de 2 millions de syndiqués...
On trouve ici le nom des architectes de cette Ruche pour la Lutte. Voilà le plus beau des noms pour une bâtiment, une ruche pour la lutte :







On est content de lire le nom de Claude Le Goas. Il est célèbre dans le petit monde des architectures étranges et fortes car il est l'architecte à l'origine du magnifique et incroyable conservatoire de Montreuil mais aussi d'un grand nombre de beautés plus ou moins brutalistes que je vous conseille vivement de regarder.

Allez...Vous avez été bien sages...Vous pouvez partir en safari maintenant...

Pour ma part, une fois encore, et toujours renouvelés, tous mes remerciements aux C.G.Tistes et syndiqués du Comité d'Établissement de l'Usine Renault de Cléon, C.E qui restera pour moi celui de la Régie NATIONALE des Usines Renault. Merci pour les livres, merci pour Matisse, merci pour Aragon, pour Durrell... Merci pour l'émancipation. Merci à jamais, pour mon père, mon grand-père.

















































































mercredi 11 juillet 2018

Les missiles sur Ronchamp

Lorsque, comme moi, on possède un Fonds d'environ 10 000 cartes postales, il peut arriver que le cerveau défaille.
Et si l'ordre d'un rangement parfait ne venait pas, de temps en temps, remettre les choses à leur place, je pourrais croire pendant longtemps que je possède des doubles. Or, oui, il m'arrive de ranger. Dans le classeur consacré à Le Corbusier, je crois ranger un doublon, doublon que je garde toujours me disant que 2 c'est mieux que 1.
Mais voilà...


D'abord il est toujours intéressant de voir une architecture en cours d'utilisation. Ici, sur ces deux vues aériennes, la messe en plein air a lieu et permet bien de comprendre l'utilisation de l'espace extérieur de la Chapelle de Ronchamp. La foule se répand, tourne autour de la Chapelle et on devine les limites, les espaces et leurs orientations. De plus, l'éditeur nous donne pour ce moment et même cet événement, la date de cette messe : le 14 octobre 1962. Je me souviens que j'avais cru naïvement lors de mon premier regard que Le Corbusier pourrait bien être l'un des petits points sur cette carte postale. Mais non... il n'est pas là... car il s'agit d'une messe extérieure pour le Pèlerinage et non une vue de l'inauguration ou du sacrement de la Chapelle. La dernière fois que Le Corbuiser est venu là, c'est le 6 octobre 1959. Dommage.
Sur la première carte postale, on voit la file indienne des prêtres et des officiants en aube blanche gagner l'autel extérieur et d'ailleurs la foule n'a pas encore fermé leur chemin. La foule a aussi grimpé sur la pyramide extérieure permettant de bien voir l'office.
Je me pose la question de la nécessité de voler au-dessus de Ronchamp en ce jour. Quelle manifestation particulière Monsieur Larcher de Vesoul est-il venu photographier avec son avion ? Et d'ailleurs est-il le pilote et le photographe ? Pourquoi avoir édité plusieurs (au moins deux donc...) vues aériennes de ce moment particulier ? Pourquoi avec autant de netteté inscrire la date sur le cliché comme pour en révéler l'importance ? Le moment du Pèlerinage suffit-il à justifier ces vues aériennes ? L'instantanéité étant impossible, en effet, on peut affirmer que les acteurs de cette foule n'ont pas pu le jour-même acheter ces cartes postales. Il fallait donc pour repartir avec un souvenir de cet événement, revenir acheter la carte postale plus tard, un autre jour. On peut aussi s'amuser à lire le mouvement de l'avion qui tourne de la droite vers la gauche et surtout descend un peu puisque on ne peut plus lire le dessus du toit sur la deuxième carte postale. Armé de mon compte-fil, je regarde les détails. Je vois avec surprise que des personnes se donnent la main pour former un cordon en haut du chemin, sans doute pour guider les visiteurs. Mais je suis surtout surpris de voir des hommes grimpés sur le toit de l'abri du pèlerin, ils ont grimpé là grâce à une échelle ! Je m'amuse aussi à bien percevoir que l'avion est repéré et que les têtes sont tournées parfois vers lui, certains faisant un signe de la main à l'avion bien au ras du sol.
Mais, bien entendu, je me pose une autre question. Est-ce que Charles Bueb est là ? Est-il en ce jour si particulier en train de faire à son tour des photographies ? C'est bien possible mais rien ne peut aussi me l'assurer. On retrouve bien dans ses photographies l'ambiance de ces moments de foules autour de la Chapelle de Ronchamp, comment elle complète le lieu, lui donne sa raison. Atteindre un lieu qui est un but, c'est toujours exiger la pause en sa proximité.
Est-ce que Monsieur Larcher, dans son avion savait que dans un ciel lointain, au-dessus de Cuba, le même jour, Rudolf Anderson Jr. photographiait les bases de missiles ? Les ciels, parfois, ne portent pas les mêmes histoires, les mêmes jours...
Et n'oublions pas que pour survoler Ronchamp, un avion de chasse, parfois, c'est utile.
Comme... un mirage...

Pour savoir comment photographier Ronchamp, je vous conseille encore l'excellent livre Charles Bueb, Ronchamp, Le Corbusier aux éditions Facteurs Humains. C'est toujours un beau livre et une belle histoire...
isbn-978-2-9600513-7-7














































































































































jeudi 5 juillet 2018

Il fait un peu Freyssinet chez Lestrade

Tentative de reconstitution du dialogue téléphonique d'hier. ( Jean-Jean, Walid, corrigez-moi au cas où) :

Driiiiiinnnngggg.... (J'espère que mon imitation de sonnerie de téléphone vous ravira)
- Allo ? Oui ? Jean-Jean ?
- Ouais, c'est moi, salut David.
- Comment va ? Et Walid ?
- Ba super ! On part mardi prochain pour Marseille
- Chouette ! Je n'ai pas vraiment besoin de te dire quoi voir...
- Ba non ! Là... du coup, je connais... en fait...
- Oui ?
- En fait, on a trouvé des photographies intéressantes dans le carton bleu, tu vois ?
- Celui sans classement, derrière la porte ?
- Ouais, celui-là. Je t'envoie les scans en direct ok ? T'as le temps ?
- Ba oui ! Je te rappelle à réception ?
- Ouais, parfait, tu vas aimer....
- Ah ?....
..................................................

Driiiiiinnnng
 - Allo ? Ouais, c'est David.
- Alors ? Hein ! Je t'avais dit !
- Ba, là... Jean-Jean, évidemment, je connais l'endroit...
- On en était sûrs avec Walid, il m'a même dit que tu aurais peut-être même des photos à toi.
- Ba, non, je ne suis jamais allé à Saint Pierre-du-Vauvray exprès pour ça, mais je connais bien ce pont.
- T'as vu ? Incroyables ces images non ? Ce chantier ! Ma préférée c'est celle du coffrage des soutiens du tablier !
- Oui superbe, toutes superbes, c'est des vues de la reconstruction de ce pont qui fut détruit pendant la guerre.
- Ouais on a vu ça sur le net, ils ont reconstruit le même. Les photos sont datées mais je crois qu'il doit en manquer dans la série.
- Sans doute. Avez-vous trouvé avec Walid un lien vers ton arrière-grand-père, dans ses notes ou autre ?
- Pour le moment non. Pas facile de savoir ce qu'il avait à faire avec Freyssinet en 46 ou 47. En tout cas, ça correspond bien à son âge, possible qu'il ait un peu participé à ce pont.
- Qu'en disent ton père ou ton grand-père ?
- Ba Papa, il sait pas et Papy Momo, il n'a pas encore reçu les photos mais il est affirmatif : il ne croit pas que Jean-Michel ait participé à ce chantier. Pourtant, les photos sont nombreuses et de qualité, quel intérêt pour lui d'avoir ça ?
- Le même que nous, Jean-Jean ! La curiosité du beau ! Imagine pour lui, l'importance d'un tel chantier. Je parierais bien qu'il est allé sur place juste pour voir comme pour la halle de Fontainebleau et, qui sait, il a dû demander un jeu de photographies. Tu ne m'as pas dit si les photos sont signées ?
- Attends... Deux secondes...
(au fond, au loin, Jean-Jean appelle Walid resté dans le sous-sol de l'agence et lui hurle de regarder derrière les photos. On entend vaguement Walid répondre Henry... Louviers)
- Ouais David ? T'es toujours là ?
- Oui
- Alors Walid me dit que c'est le Studio Henry de Louviers qui a tamponné le dos des photos.
- Oui ? Donc un photographe local. Sans doute un achat ou une commande de Jean-Michel Lestrade, à moins qu'un confrère les lui ait envoyées.
- Tu devrais y aller et faire des photos de maintenant.
- Ah... Oui... C'est une idée... Oui
- T'as pas l'air enthousiaste David ?
- Non, c'est pas ça, c'est que le souvenir que j'en ai c'est que c'est compliqué de tourner autour maintenant, mais, oui, tu as raison, je devrais aller voir.
- C'est vraiment de Freyssinet ce pont ?
- Ba, le concept oui. Il est même classé aux Monuments Historiques maintenant. C'est un modèle courant mais pas avec une telle envergure. On trouve souvent encore ce genre de pont sur nos routes. Ça a la beauté simple des idées géniales. Deux arcs précontraints, tendus qui portent par le haut le tablier. Magnifique non ?
- Ouais, la vache.
- Mais comment vous avez su que c'était près de chez moi ?
- Ba David... Tu déconnes ? On a agrandi le détail de la plaque d'inauguration, c'est marqué dessus...
- Ah, j'suis con...
(rires)
- Par contre, il n'y a pas le nom de Freyssinet ! Qu'est-ce qu'on en fait ? On les garde pour l'expo ou on les range et où ?
- Pour l'expo, oui, c'est important de montrer sa curiosité. Dans l'agence, tu devrais trouver une boîte noire avec écrit dessus...
- Génie Civil... oui, David, on range dedans !
- Ah mais c'est Walid ! Comment vas-tu ?
- Oui Jean-Jean m'a passé le tel, il est parti répondre à la porte.
- Bon, rangez-bien ces images. Elles sont superbes. Et préparez bien votre départ pour Marseille et...
- ...Oui, tu me fais marrer quand tu fais le type attentionné... On a l'impression d'un vieux tonton attentif qui...
- Eh, petit con, tu préfères que je m'en tape de votre...
(rires)
- ...Oui, Tonton... on va faire bien attention. Tonton... On va bien manger, bien se laver et changer de T-shirt tous les jours...
(rires)
- Bon... Ouais... facile... J'irai faire des photos du pont demain, ok ? Je vous les enverrai, bien entendu. Et ce serait chouette que vous veniez le voir, un week-end, c'est toujours moi qui viens et jamais...
- Et les reproches maintenant ! Tu me fais trop marrer Tonton David !
(rires)
- Repasse-moi Jean-Jean, lui au moins...
- Il est sérieux !
(rires).

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur Jean-Michel Lestrade, ingénieur-structure, vous pouvez lire les anciens articles Momo et Gilles ou regarder ma conférence ici :
https://drive.google.com/file/d/0B6EawGgUKcKmQ1F2dkRpYm52aTQ/view  

Ne pas copier ces documents sans autorisation de la Famille Lestrade.
Merci Gilles.






































































































Ma visite de ce jour, le pont est en travaux !