lundi 20 mai 2019

As-tu déjà oublié ?

Petit poème du matin :

As-tu déjà oublié que publier c'est un travail ?
As-tu déjà oublié que les images ont des propriétaires ?
As-tu déjà oublié que les photographies ont des photographes ?
As-tu déjà oublié que les photographes ont des éditeurs ?
As-tu déjà oublié qu'ils ont des Droits ?
As-tu déjà oublié que les familles des ayants-droit ne doivent pas être ignorées ?
As-tu déjà oublié que vous pourriez demander gentiment ces autorisations ?
As-tu déjà oublié que vous ne devez pas vous attribuer ces Fonds, ces scans, ces photographies en les copiant-collant et en les découpant sur votre blog pour en camoufler l'origine et faire du contenu pour pas trop cher ?
As-tu déjà oublié que s'attribuer les recherches des autres c'est peu glorieux ?
As-tu déjà oublié que les collectionneurs ont des Droits sur leurs images ?
As-tu déjà oublié que nous pourrions faire la même chose ?
As-tu déjà oublié que ce n'est pas la première fois ?
As-tu déjà oublié que nous prendrons dorénavant toutes les dispositions légales contre ce pillage ?
As-tu déjà oublié qu'il ne faut pas confondre la convivialité d'Internet et ce pillage ?
As-tu déjà oublié qu'avoir un point de vue, un angle de regard s'appelle de la recherche et que cette recherche est protégée mais aussi généreusement partagée si on fait l'effort d'en discuter ?
Walid Riplet- J-J Lestrade

Après avoir signalé ce cas, David nous envoie ça :

"Je reprends la main.
Depuis longtemps maintenant je vois mes scans de cartes postales ou les images publiées sur mon blog migrer miraculeusement vers d'autres blogs qui s'autorisent à en couper les bords et à y ajouter un cartouche pour s'approprier les images. J'ai d'ailleurs moi-même marqué mes images car j'en avais assez de les voir pillées ainsi sans même un petit message poli me demandant l'autorisation de le faire. Mais alors ils recadrent les images ! 
J'avais déjà eu cette discussion avec ce monsieur et je croyais qu'il avait compris. Les images ont des Droits et surtout des propriétaires, c'est d'ailleurs parce que mon blog veut rendre hommage à ces photographes de cartes postales que je nomme systématiquement leur nom, le nom de leur éditeur et bien entendu le nom des architectes. Cela m'a valu de grandes amitiés avec eux.
Il est donc insupportable de voir des personnes venant se goberger sur mon blog, copier-coller les images et de se les attribuer sans remords, sans citation des sources quelles qu'elles soient.
La source d'une image raconte cette image.
C'est d'ailleurs ce travail d'analyse qui me vaut d'avoir pu rencontrer des photographes, des éditeurs, des chercheurs et des architectes qui m'ont toujours appuyé dans cette voie. Et dans le très peu de cas contraires, j'ai retiré les images (une fois en 10 ans !)
Ce blog est un travail d'analyse, pas une boîte dans laquelle je jette en vrac des images après avoir écrit mon nom dessus comme le font d'autres blogs. Merci de respecter mon travail. 
Je prête généreusement mes images, j'en fais les scans régulièrement pour des articles (récemment Télérama), des étudiants, des chercheurs. Eux me nomment, me citent et même... incroyable... me remercient !
Il est donc aisé en toute joie collaborative de me demander une image. Ceux qui ne font pas cette démarche simple sont simplement des pilleurs, des As du copier-coller, ce qui en dit long sur leur capacité de travail. Je tape sur Google-Image une recherche et j'en pille le résultat.
La famille Lestrade que je connais maintenant depuis des années me fait la confiance de me raconter son histoire, de me laisser fouiller dans ses archives familiales. Les images provenant de ce Fonds lui appartiennent et sont toujours signées par leur nom. Elles n'ont pas vocation à être découpées, copiées et ré-attribuées par n'importe qui venant à la goberge. C'est ce genre de comportement qui m'avait un peu écœuré et conduit à confier ce blog à Walid et Jean. 
Les cartes postales que je publie sont toutes physiquement dans ma collection, elles sont  ma propriété et donc protégées par les Droits du collectionneur. Lorsque je scanne des images j'en nomme toujours dans la mesure du possible et de l'information le nom des photographes ou des éditeurs, il en va de même pour les revues ou tous autres documents ou même sites que je remercie dans mon texte. 
Si Internet est un lieu du partage, il doit se faire avec d'abord le respect du Droit et surtout un esprit de convivialité qui passe par une demande d'autorisation simple. Une politesse, comme on dit une urbanité. 
Alors une fois ça va, là, trop c'est trop et surtout visible, risible, révélateur du fonctionnement de certaines personnes."
David Liaudet

Voilà le travail, et ce n'est que l'un des exemples sur son site, l'article complet est là :
http://archipostalecarte.blogspot.com/2019/01/changement-de-proprietaires.html








dimanche 19 mai 2019

Peï et puis Peï et puis plus rien

Ils sont toujours dans leurs examens, ça ne rigole pas.

Monsieur Peï est décédé.
Avec une telle figure de l'architecture, difficile d'être original ou de croire que l'on révélera quelque chose de plus. Quelques clics sur votre clavier et vous aurez des milliers de pages sur cet architecte génial.
Bien entendu en France, on a la Pyramide du Louvre si photogénique que des milliers de cartes postales vous en raconteront la forme et la présence. Je ne manquerai pas à mon devoir de vous en montrer quelques unes.
Mais je voudrai vous montrer d'abord cette Tour à Singapore, la O.C.B.C car je la trouve particulièrement bien dessinée et qu'elle est peut-être moins connue que notre belle Pyramide :




































La carte postale est une édition S.W. Singapore sans nom de photographe ni d'ailleurs de nom d'architecte. Je n'arrive pas à trouver le nom de l'architecte de la tour U.O.B à gauche de l'image et qui est détruite maintenant.
Pour la Pyramide, je commence par cette carte postale que j'aime beaucoup :


Il s'agit d'une édition CL'H montrant le nettoyage acrobatique de la Pyramide qui, effet superbe, semble disparaître dans le ciel. Je l'ai déjà publiée mais bon, elle est très touchante.
Je vous propose celle-ci :




































Cette carte postales des éditions de la réunion des Musées Nationaux est datée de 1988 ! Déjà ! La photographie est de Deidi von Schaewen pour Connaissances des arts. Bien entendu, l'intérêt d'une telle image est de percevoir mieux la structure surtout grâce au détail en haut de la photographie. Si la transparence du verre semble bien total depuis l'intérieur, on remarque tout de même que la grille marque l'image. C'est très beau et cela fait penser à Frei Otto.
Et si on zoomait ?


Voici donc une autre carte postale serrant encore davantage sur la résille. L'éditeur est éditions à vue d'œil (joli nom) et le photographe est Xavier Testelin. Quoi dire ? Qu'il est difficile de faire la netteté sur le Louvre derrière et la pyramide devant, dans le même temps...
Je m'arrête là.
Il pourrait y avoir encore tant et tant de cartes postales de cette pyramide du Louvre.
Je vous rappelle que vous pouvez aussi lire ou relire l'article sur le beau MuDam dessiné par Monsieur Peï au Luxembourg ici :

https://archipostalecarte.blogspot.com/2014/03/lea-luxembourg.html


mercredi 15 mai 2019

Royan M.R.U

 Comme Walid et Jean-Jean sont en plein partiels, je reprends la main :

Dans le flot maintenant bien maitrisé des cartes postales de Royan, il devient difficile de trouver un point de vue original, une information nouvelle qui permettra de maintenir l'étonnement de la représentation.
Alors comment faire ?
Mais il arrive que ce ne soit plus l'image qui signifie.
Il arrive que ce soit le correspondant ou ce qui a produit l'occasion de l'envoi et du choix qui vont signifier.


 
Sur cette carte postale des éditions Studio Bourdier on a déjà la joie de trouver la maquette de la ville de Royan ce qui est un miracle particulier à cette ville. Nous avons déjà évoqué ici ou dans mon ouvrage l'exception de cette représentation d'une ville. Ici, on retrouve le centre ville, le Front de Mer et son arc puissant et ce qui deviendra sans doute le point fort de son plan d'urbanisme, sa projection vers la mer.
Déjà on peut observer les changements avec le réel, que la construction de l'Hôtel de Ville n'a pas eu lieu et que la place est bien plus ouverte aujourd'hui. D'ailleurs je m'étonne d'une telle densité, et surtout d'un rapport urbain à la mer encore bien plus filtré qu'il ne l'est aujourd'hui, surtout depuis la destruction honteuse du portique qui, heureusement, sera reconstruit bientôt. Ouf !
On note que le photographe pointe l'appareil photographique vers le bas, en plongée, comme le ferait un aviateur photographiant la ville pour une vue aérienne. Cela permet de serrer la maquette dans le cadre et d'éviter le vide du noir du hors maquette. Cela fabrique bien un point de vue sur le plan d'urbanisme, dont on sait que le regard depuis le ciel fonde souvent le dessin (dessein aussi) comme si dessiner une ville devait toujours se faire depuis le ciel. Il n'y a, à ma connaissance, aucune photographie de cette maquette montrant le point de vue du piéton.
On note aussi que la maquette ne comble pas certains îlots et articule surtout le Front de Mer. Elle est, à la fois très technique et poussée sur certains détails, voir même enfantine (cabines de plages, automobiles, quelque chose du maquettisme ferroviaire) mais aussi assez brutale avec des morceaux d'immeubles réduits à quelques cartons vite assemblés.
Retournons la carte.


Ce qui a produit mon désir de posséder cette carte postale c'est bien les trois lettres de l'adresse : M.R.U !
On note aussi que le correspondant(e) a souligné l'inscription Royan de demain ce qui tendrait à dire que soit l'image ne le souligne pas assez (soucis de réalisme ?) soit que le correspondant tient à ce que cette information soit particulièrement mise en avant pour en dénoncer le retard, ou du moins, le fait que ce ne soit pas encore le Royan d'aujourd'hui. On peut aussi penser que cette carte postale, envoyée après la construction de ce Front de Mer nécessite que le correspondant en ré-affirme la différence avec le réel effectivement construit.
Mais qui était Monsieur Demolier et Cécile travaillant (?) pour le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme à Poitiers ? Quels liens pouvaient-ils y avoir entre ce M.R.U de Poitiers et celui de Royan ? Une direction régionale ? Malheureusement la carte n'a plus (ou pas eu) son affranchissement ce qui ne permet pas de la dater et donc de comprendre où nous en sommes de la Reconstruction de Royan dont on sait que les retards avaient donné lieu à des manifestations.
L'inscription Bon souvenir de vacances indique bien un séjour personnel que l'on pourrait penser envoyer par un(e) collègue à ses amis de bureau.
Reste que pour ma collection, c'est la seule carte postale qui évoque ainsi ce Ministère et donc la puissance politique sous-jacente à ce moment. Certes, c'est un détail mais il fait chanter ce document pour moi d'une certaine manière. Une réalité affirmée.



Le 14 juillet 1957 à 16h30, il y avait du personnel à la Poste de Royan. Oui, un jour férié, alors qu'un touriste faisait son tour et lançait sa carte postale dans la boite au lettres de la Poste, un employé était au travail.
Monsieur Berjaud a permis à ce touriste de faire le choix d'une belle photographie bien réussie du marché. Pour une fois, et c'est assez rare, c'est depuis le sol que Monsieur Berjaud cadre. Et il cadre bien. Regardez comment il utilise le remblais enfin construit pour faire un beau triangle qui servira de contre-point géométrique aux courbes du marché. On note aussi que la pointe de ce triangle vient bien nous signaler la présence de deux gamines qui tiennent le lampadaire !
Les représentations depuis le sol de ce marché sont peu courantes, les photographes préférant souvent prendre un peu de hauteur pour mieux affirmer la belle originalité du marché et de sa forme de coquillage. Là, Monsieur Berjaud est comme le piéton, il voit une succession de vagues venant, tour à tour, taper le sol, taper le ciel. Il choisit aussi un moment à la lumière dure qui fera le travail de creuser les formes avec force. Le ciel moutonneux finira la beauté simple de cette image, véritable ode à cette architecture. Good Job ! Comme dirait l'américain.


mardi 14 mai 2019

Monsieur Jean-Claude Drouin architecte, Monsieur Prouvé, raidisseur.

Le soir, la nuit tombée, voilà qu'une présence se fait sentir. Alors que Anne Bariteaud, notre jeune collègue, nous promène dans les rues de sa ville de Tours, je tombe en arrêt devant les Halles et immédiatement j'en palpe les montants en aluminium.
Je ne sais pas pourquoi mais d'abord je trouve l'ensemble superbe et bien marqué par son époque et, dans ma tête, je pense immédiatement à du Prouvé, celui tardif, pas celui si célèbre à Tours de l'Usine Mame dans laquelle d'ailleurs nous allons passer deux jours de suite.
Mais...
Mais, en même temps, je me dis que cela serait tout de même inouï que cette bonne ville de Tours possède ainsi deux aussi beaux ensembles de Jean Prouvé en n'y faisant pas plus attention que cela. La restauration de l'ensemble sur le toit de l'Usine Mame attend, attend, attend et donc pourrit, pourrit, pourrit sans qu'il ne semble que quiconque s'y intéresse.
Alors...En pleine ville...Un ensemble Jean Prouvé...
Et bien si !
Si ! Mais pas seulement !
Dans le restaurant, alors que mes collègues hésitent entre une salade au saumon ou au tofu (oui on est comme ça) je cherche rapidement sur mon téléphone et je tombe sur cet excellent et très complet interview de Cécile Garcia-Giraud par  Laurent Geneix  :
https://www.37degres-mag.fr/societe/un-architecte-un-lieu-tourangeau-episode-8-les-halles-de-tours/

Ouf ! Me voici conforté dans mon intuition et quel plaisir, toujours de faire une aussi belle découverte ! Merci à vous deux !

Alors, de retour à la maison, je cherche mieux car la personnalité de Jean Prouvé pourrait avoir vite fait d'occulter celle de Jean-Claude Drouin le vrai architecte de ces belles halles de Tours. Il est aisé alors de suivre le cours normal des recherches et de tomber d'abord sur un article dans l'Architecture d'Aujourd'hui qui oublie de mentionner Jean Prouvé mais nomme bien Monsieur Jean-Claude Drouin et Michel Georginadi comme architectes. Nous avons la date : février 1981. Pourquoi Jean Prouvé n'est pas nommé ? Sans doute que son rôle structurel passe en second plan du...plan. Pourtant son écriture est lisible et c'est d'ailleurs troublant à quel point l'esthétique de ce bel ensemble lui rend hommage. Et ne sont évoqués par Cécile Garcia-Giraud que les raidisseurs.

Mais voilà une autre belle surprise, toujours dans la revue l'Architecture d'Aujourd'hui voici que Jean-Claude Drouin dans un très bel article nous propose une maison expérimentale en 1972 et que cette maison me fait vraiment trop penser à l'ensemble saccagé sur les ordres de Pecresse à Saint-Ouen. Le voilà mon écho mémoriel.
La maison est superbe ! On rêverait de la visiter ! On note que l'article fait allusion au système Pétroff, à Jean Prouvé cette fois bien nommé mais aussi à la société Matra.
Je ne sais pas qui a encore la chance aujourd'hui d'habiter dans une telle œuvre mais qu'il nous contacte ! Et Monsieur Jean-Claude Drouin aussi !
Il me fallait donc dans ma collection y ajouter quelques cartes postales de ces belles Halles de Tours afin de rendre justice à Monsieur Drouin son architecte et à Monsieur Prouvé son raidisseur !

La première :


Les éditons Valoire ont fait le choix d'une proximité avec les halles de Tours. Aucun nom n'est donné, aucune indication non plus du photographe. Par contre, la lumière donne toute sa chance aux jeux contrariés des verticales et des horizontales ainsi qu'à la blancheur de l'ensemble. On note aussi la grande ouverture du bâtiment sur l'extérieur et sa belle massivité sereine. Le toit n'a sans doute pas échappé aux contraintes d'intégration et propose donc des pentes couvertes d'ardoises.
La seconde :


Une belle édition Artaud qui nous permet de lire un peu mieux la volumétrie et aussi, par le recul, permet au photographe de placer un élément architectural du Tours historique. Ciel parfaitement tendu et nettoyé, minéralité de l'ensemble que le vide de vie rend beau et spectaculaire.
La troisième :


Placé en hauteur le photographe des éditions Greff fait le choix d'une vue intégrante. Les halles sont prises dans la ville et s'y intègre bien semble-t-il. On note la hauteur bien tenue et la coloration du bâtiment qui tient compte de son environnement : mur blanc, toit en ardoise. C'est d'ailleurs assez étonnant comment cela rentre bien en quelque sorte !

Tours, la nuit :




































Et maintenant les articles dans l'Architecture d'Aujourd'hui, l'article sur Tours ne comporte aucun nom de rédacteur ou de photographe et le nom du dessinateur est illisible.















































































La Maison, les photographies proviennent de chez Matra ou de J. Masson :






























lundi 6 mai 2019

Avec des planches, du courage et du génie


La sidération passée, nous pourrions vous laisser avec l'image.
Que pourrions-nous bien ajouter à ce cliché de la chapelle de Ronchamp en construction ?
D'abord l'étonnement à voir ce moment et surtout à le voir ainsi édité. On notera que le photographe resté anonyme attend un moment bien avancé du chantier permettant de bien lire déjà la forme générale de la chapelle. Il ne lui manque plus grand chose en fait.
On est au moment du décoffrage de la coque du toit. Les planches gisent sur le sol et les murs sont encore en pierres apparentes.
C'est très émouvant comme moment. On peut d'ailleurs trouver aussi que l'appareillage des pierres avait une certaine allure et que son contraste avec le toit en béton brut avait déjà une grande force.
Mais qui est venu là, à ce moment-là pour immortaliser ce chantier ? Et, surtout qui a pu bien penser que cela intéresserait une clientèle d'acheteurs venus en pèlerinage ?
Ici, sur ce blog, nous aurons vite fait de penser à Charles Bueb, bien évidemment.
La carte postale ne possède ni nom de photographe ni nom d'éditeur d'ailleurs.
Étrange. Il ne s'agit pourtant pas d'une carte-photo. Alors ?
Autre étonnement la carte fut expédiée bien tardivement puisqu'elle est oblitérée en 1990 !
Si on compare l'état du chantier sur cette carte postale et celui photographié par Charles Bueb on est dans l'obligation d'y voir un rapprochement. Je compare les dos des cartes postales de Charles Bueb et celle-ci et, patatras, ça ne tient plus...
Mystère...
Sur le toit, on devine deux silhouettes en promenade, des chanceux arpentant la coquille de crabe. On voit aussi un arbuste souvent posé là par les ouvriers des chantiers pour que tout se passe bien. Un grigri de maçon. Pour le reste, le chantier est vide, les herbes sont folles.

Il y a fort à parier que nous sommes en 1954, autour de la visite du chantier par Le Corbusier. Peut-être même un peu après si on en croit l'avancement du mur du campanile sous bâche sur la carte postale alors qu'il est nu sur la photographie de Charles Bueb.
Espérons que les cartes postales de Ronchamp continuent de nous servir d'aussi beaux documents.

Pour revoir Ronchamp :
https://archipostalecarte.blogspot.com/search?q=ronchamp+
Pour revoir Charles Bueb :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2015/04/charles-bueb-publie-ronchamp-revele-le.html












































mardi 30 avril 2019

Charlotte Perriand nous met sur la paille

David nous a dit : "J'ai une intuition."
Nous lui avons dit : "Fais voir."
Nous avons cherché et il avait raison.
Charlotte Perriand, plein la salle.



La carte postale qui n'a pas beaucoup d'intérêt architectural à part cette immense salle remplie de fauteuils nous montre le bâtiment central et son salon de bridge dans le village de vacances des... à....
On ne vous le dira pas...
Non.
On est partis voir ce qui reste !
Alors...
On vous dira juste que la carte postale est une édition et une photographie Martin. On vous dira juste que le salon offre surtout à tous une vue sur le paysage et qu'un bon fauteuil bien dessiné, simple dans son allure mais sophistiqué dans ses détails est nécessaire pour en aimer toutes les beautés.
On vous dira juste que ce modèle de fauteuil est bien de Charlotte Perriand dans ce qu'on pourrait appeler sa période paysanne-chic, retour à l'essentiel. Ce qui lança la mode du pragmatisme dans un design rompant avec le métal et le cuir de l'air post-Bauhaus et machiniste. Le Japon et les Arts et Traditions Populaires sont passés par là.
Beauté des choses simples, confort des assises, meubles affichant tranquillement une modernité venue d'une intelligence d'abord de la pratique, comme si les matériaux, maintenant, au lieu de devoir se plier au désir d'un dessin abstrait devaient diriger eux-mêmes leur forme. Matériaux ici allant de la paille, du bois et aussi du corps lui-même.
Comment et pourquoi ce village de vacances a-t-il fait ce choix spectaculaire d'un ensemble de plus de 20 fauteuils de Charlotte Perriand ? Serait-ce encore possible aujourd'hui qu'un lieu populaire soit ainsi meublé, vu le prix exorbitant des rééditions... Merci les ayants droit...
Vivement que cela tombe dans le domaine public pour que nous ayons enfin, à nouveau, à notre tour le droit de poser notre cul devant le paysage.
Nous, le prix d'un fauteuil de Perriand ou de Prouvé, ça nous laisse sur la paille.
C'est pour ça qu'on est parti voir s'il n'en resterait pas un qui traîne au fond de la cave à ...
Et non...
On ne vous dira pas où...
Du moins, pas tout de suite.
À 36000 euros le morceau, vous comprendrez notre retenue, nous en sommes certains...
La bise, les amis.
Walid Riplet, Jean-Jean Lestrade (en safari)

ah... au fait...
On remerciera Mr gregorymesrie d'avoir immédiatement copié cette image et de l'avoir propagée sans avoir la gentillesse de nommer ses sources. C'est tellement chouette de venir à la goberge et de se faire mousser avec des likes sur Instagram en allant piquer les infos (et le travail) chez les autres :





http://www.leclere-mdv.com/html/fiche.jsp?id=2441695










lundi 29 avril 2019

Un anneau pour les réunir tous.

Le propriétaire nous envoie ça et nous prie d'insérer :


" Quand on marche, on trouve. On retrouve.
Quand on regarde, on trouve. On retrouve.
Et, il n'y a pas besoin d'évoquer la dérive de ce planqué de Guy Debord.
Sans alcool, sans philosophie, juste la joie certaine d'être au monde.



Se perdre librement, prendre à gauche au lieu de prendre à droite, marcher un peu, sentir que quelque chose vous attend et le trouver. C'est bien ce qui s'est passé lorsque sur la demande de Walid Riplet et Jean-Jean Lestrade je suis parti photographier l'ensemble de Jean Ginsberg au Mans et que je n'ai pas voulu reprendre le même chemin pour le retour, perdu que j'étais dans cette partie de la ville du Mans que je ne connaissais pas.
Je suis tombé alors sur l'immeuble annulaire appelée ici la Cité du Malpalu.






































Elle est belle cette cité, bien dessinée, semble bien entretenue même si elle fut, semble-t-il, bardée par l'extérieur d'une couche d'isolation hideuse.
Elle offre en effet des moments et des séquences à la promenade architecturale. D'abord, on ne la voit pas puis, elle pointe au milieu des arbres, montrant une courbe légère que l'on a envie de suivre. On trouve alors une percée qui nous invite à entrer dans son cercle, en son cœur. Un jardin, une petite mare sans canard, des arbres, du calme. On comprend soudain que cet anneau est associé à une belle tour qui prend de l'aplomb, qui s'élève, forte, droite mais équilibrée, pas écrasante. On aime aussi la gracilité des bâtiments posés sur pilotis permettant de faire une belle capillarité entre la tour, l'intérieur du cercle construit et la ville. C'est habile, joyeux.
La volumétrie est parfaitement réussie.
Mais qui a dessiné cela ?
Je ne sais pas...












































Pour une fois, je fais le chemin à l'envers et je cherche, si par hasard, je ne trouverais pas une carte postale de cette cité du Malpalu.
Et je trouve :




Cette carte postale des éditions Jipé ne nous donnera pas le nom de l'architecte. Elle nous donne le nom du photographe, Moret et celui de l'éditeur, Georget-Dolbeau au Mans. Qu'êtes-vous devenus Messieurs ?
Le correspondant ne date pas mais indique d'une croix son pavillon.
C'est par ce chemin que je suis arrivé.
Le bosquet d'arbres existait déjà, il me camoufla la cité. L'image est un peu pauvre, mal définie et colorisée. Mais elle existe, elle donne à voir le bel anneau. 
Un anneau pour les réunir tous, le photographe, l'éditeur, l'habitant, l'architecte, le promeneur.

Allez, les gars !
Je vous laisse à nouveau la parole."
D. Liaudet 

Pour relire les autres articles sur le Patrimoine architectural contemporain et moderne au Mans :
https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/07/le-mans-est-open-lhorreur-architecturale.html 
https://archipostalecarte.blogspot.com/2017/03/charlotte-perriand-au-mans.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/03/le-couteur-encore.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2013/07/hum-hard-french-on-radio-on.html
https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/09/le-mans-modeste.html
https://archipostcard.blogspot.com/2010/06/hommage-jean-le-couteur.html