mercredi 26 avril 2017

La valise miraculeuse



Dans cette valise achetée la semaine dernière, il y avait bien plus que les 130 cartes postales que j'avais triées parmi les 500, avant que, sur les conseils du vendeur, je décide d'acheter la totalité du lot.
Il y avait aussi des diapositives et une promesse incroyable dont j'aurai à vous parler bientôt. Mais pour l'instant, il est question d'une série contenue dans ce lot, une série déjà particulière par son format puisque les cartes postales ont une taille de 17cm par 11,5cm. Cela fait de ces cartes postales des grandes images qui racontent de fait, un autre désir éditorial, une autre fonction, un entre-deux, quelque chose entre la maxi carte postale ou le mini-poster.
Le verso, vide d'emplacement pour le timbre et de séparation centrale entre correspondance et adresse est aussi un signe d'une autre aventure.
Ce verso nous indique que ces cartes géantes appartiennent à une série appelée Vingt cinq fois Paris, atelier de création de Paris, fondation nationale de la photographie. Elles sont bien éditées chez le grand éditeur Yvon, éditions d'Art et imprimé en France.
Il est facile de retrouver la trace de la fondation nationale de la photographie ici.
Nous sommes donc face à une série visant à promouvoir un autre regard sur Paris en offrant à une multitude de photographes l'occasion de faire et donner leur idée de Paris en sortant un peu certainement du cliché déjà vécu comme appauvri de ce qu'est une carte postale mais aussi de ce que l'on s'attend à voir de Paris. Format, tirage, choix des photographes, tout cela indique ce désir, on pourrait même dire ce dédain de la carte postale habituelle, c'est à dire celle produite en masse, justement par Yvon ! S'agit-il aussi pour l'éditeur de renouveler le désir d'achat, de faire revenir des clients qui, au milieu des années 70 boudaient déjà les cartes postales conventionnelles ou de trouver un nouveau type d'acheteur plus Arty comme on dirait aujourd'hui. Difficile de croire que la maison Yvon, grand éditeur, au milieu des années 70, avait du mal à vendre des vues traditionnelles de Paris et avait donc besoin de ce renouveau. Il est raisonnable de croire qu'il s'agit surtout d'une tentative de donner à la société une image plus moderne et de soutenir ainsi la création contemporaine. Peut-être aussi que, simplement, pour la fondation nationale de la photographie, le soutien d'une grande maison d'édition imprimant bien, diffusant largement était utile à sa fonction de diffusion de la création photographique. Comme je ne possède pas la série complète qui affiche 25 vues différentes, je ne pourrai pas tirer trop de conclusions de cet ensemble.
On note donc que Paris est ici travaillé à la fois dans un mélange d'un Paris moderne, voire très contemporain (Beaubourg) et d'un Paris plus traditionnel, tentant par le détail de nous prouver que Paris possède encore quelques éléments affichant son éternité attendrie comme les boutiques anciennes déjà jugées comme remarquables en ce milieu des années 70 et donc aussi... Nostalgiques...
Les photographes tentent aussi, pour faire artistes, des cadrages inédits, des effets de kaléidoscope, des flous et des bougés, tout ce qui contrarie en fait une lecture par trop facile ou reconnue du Paris attendu. C'est à la fois, parfois, intéressant, parfois troublant ou émouvant et parfois, disons-le, épuisant à force de trop vouloir se détacher du modèle pour produire avant tout une image originale. Mais je ne bouderai pas mon plaisir et cette série a le mérite de raconter comment on tente de sortir une ville du cliché de sa représentation tout en affirmant sa force.
On note aussi que certains clichés (Pascal Hinous) sont signalés comme appartenant à la revue Connaissances des Arts, ce qui tendrait à prouver qu'il y a là un recyclage d'images pour cette série. Difficile aussi de savoir comment cet ensemble était diffusé. Sur les mêmes tourniquets que le reste de la production de Yvon ? Dans un espace privilégié ? Et à quel prix ? On notera aussi que ce format géant devait être un choix un peu contrariant pour l'expédition même si les éditeurs de cartes postales avaient l'habitude de vendre des panoramiques, des vues brodées ou tout autres cartes postales à système. Pas de doute que le client achetant une carte de ce type faisait preuve d'un geste inhabituel et se voulant original, pour l'expédition et la correspondance mais aussi pour la conserver et peut-être l'afficher : to pin-up !
Il va de soi que si Messieurs les photographes veulent nous raconter cette histoire, ils sont les bienvenus. Je signale que dans ce lot, pour l'instant, je ne vois aucune femme photographe...
Allez ! On regarde ?
le front de Seine : Architecture, par Bruno Depeyre :



promenade imaginaire, par André Naggar :



Beaubourg et autour, par André Naggar :



Chevaux de bois, par André Naggar :



le palais de Justice, par Daniel Boudinet :



Le Trocadéro, par Daniel Boudinet :



Paris bleu nuit, par Édouard Rousseau :



le coffret magique, par Édouard Rousseau :



Notre-Dame vue du Centre Georges Pompidou, par Pascal Hinous :



les toits de Paris vus du Centre Georges Pompidou, par Pascal Hinous :



La structure métallique du Centre Georges Pompidou, par Pascal Hinous :



Motif d'une boulangerie parisienne, par François-Xavier Bouchart :



La mère de famille, par François-Xavier Bouchart :



Zazie au Trocadéro, par Jean-Pierre Lambersend :



L'arbre et la ville, par André Avignon :



Montparnasse d'hier et d'aujourd'hui, par François Demerliac :



La Défense, par Thierry Castel :




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