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jeudi 24 juillet 2014

STEPPTERMINAL



À Rouen, dans la galerie 180, nous avons la chance de passer tout l'été en compagnie d'une œuvre de Nicolas Moulin. On connaît bien Nicolas Moulin sur ce blog pour ses donations, pour ses familiarités que nous partageons avec le travail de Claude Parent.
Il est, pour moi, l'un des rares artistes contemporains ayant réussi à vraiment travailler avec la présence de l'architecture. On voit aujourd'hui beaucoup de maquettes, beaucoup d'images, beaucoup de regards photographiques qui s'amusent sans profondeur à fabriquer d'autres images, de simples échos aux vraies préoccupations de l'architecture et de sa représentation. Peu arrivent non seulement à rester dans une forme de distance amoureuse (celle de l'hésitation à embrasser) tout en livrant depuis des années maintenant une recherche pertinente sur ce que Nicolas Moulin appela un jour dans une conférence la présence vaudou de l'architecture.
Il faut pour cela être un artiste.










La sculpture présente ici prend la forme d'une maquette géante et se nomme STEPPTERMINAL, trop grande pour être didactique à sa fonction, trop petite pour faire semblant d'être un lieu. Lors de ma rencontre avec Nicolas Moulin, il m'expliqua que cette question d'échelle (celle choisie) oblige à réellement "construire" puisqu'on ne peut ici, vu la taille, faire semblant que cela tienne. Il s'agit donc bien d'être architecte, de penser au poids, à la gravité de ce qui est montré. On ne fait pas ici image. L'objet tient donc, en quelque sorte tout seul.
Mais dans ses matériaux, dans son éclatement, dans le resserrement même du lieu, la sculpture impose une projection dans son intérieur, oblige à une visite de chantier. Le moment le plus palpitant, le plus évident aussi est la visite de la façade qui seule semble nous dire ici une singularité. Le reste pouvant rapidement passer à l'œil averti pour un ensemble simple de planchers et de poutres, la fabrication d'un open space. Tout est à l'air. Mais voilà, la façade semble être connue, reconnue dans son dessin sa géométrie. On a ce sentiment d'une évidence, presque d'un type. On se reconnaît en quelque sorte dans ce style de béton architectonique qui ne fait architecture que dans la forme de cette géométrie, ne remettant rien en cause de l'invention de son espace. Une façade certes moderne mais déjà un rien dépassée, usée, presque absurde. On est certain que si on prend sa voiture, que l'on tourne un rien dans la zone des bureaux des années 70 en périphérie de notre ville, on trouvera bien ce modèle vendu en plaques dans des catalogues il y a encore peu. Mais là où Nicolas Moulin fait preuve d'analyse et joue avec nous c'est bien que ce modèle, loin d'être anonyme est simplement (et c'est peu dire !) de Marcel Breuer puisque imité à celui de la Gaude, le centre IBM dessiné par le célèbre architecte... Ainsi, dans un retournement habile et je le crois amusé, à nous même, Nicolas Moulin détruit l'image que nous avons construit pour nous obliger à modérer notre jugement.
La pièce est silencieuse, nous travaillons. 
Je ne crois pas que Nicolas Moulin joue ici particulièrement avec une opposition entre cette architecture et celle du lieu même. Le In situ ici n'est pas mis en cause. On pourrait tout au plus s'amuser avec l'artiste à ce que la transparence structurelle de sa pièce réagisse avec celle des structures de colombages des maisons à pans de bois de la rue Martainville qui sont, dans leur lisibilité un écho historique à un brutalisme si cher à l'artiste. Par contre, il ne faut pas oublier que dans le lieu de l'exposition, des cartes postales sont disponibles et gratuites. En voici un exemplaire :


Ce bâtiment pris dans une lumière un rien éteinte, disons boring postcard, est connu de beaucoup de rouennais. Il est le siège de Carsat et se trouve rive gauche au bord de la ville, introduisant en quelque sorte la zone industrielle. Nicolas Moulin va donc chercher dans le réel, dans le bâti, une représentation qui résonne avec sa sculpture STEPPTERMINAL. Le premier geste est la comparaison. On saisit d'abord un rapprochement possible du moins dans une esthétique géométrique évoquée plus haut, on pourrait même croire trop rapidement qu'il s'agit là du même bâtiment. Mais ce point image que fait Nicolas Moulin tente bien à nouveau de troubler la piste possible de son positionnement. D'abord dégradé dans son apparition grautag, notion inventée par l'artiste, il nous donne aussi envie d'aller voir... Il joue avec notre attente de la carte postale comme la sculpture joue de notre attente de la maquette. Nicolas Moulin nous oblige finalement à re-voir nos images. Et, en romantique désespéré mais jouissant de ce désespoir, nous allons sur place pour jouir encore un peu de notre errance, perdus entre réalité, image, structure. 
Je suis romantique, je suis allé voir. 
La triangulation est ainsi opérante : représentation sculpturale, lieu réel, référence historique. Chacun nourrissant l'autre, attribuant ou retirant dans le même temps les qualités et les errements d'une architecture presque essouflée de n'être que de façade.... Et je me retrouve sur le parking vidé du mois de juillet, dans une zone industrielle, en train de jouir d'une construction que j'ai vu des années sans jamais la regarder. Et c'est là, dans ce moment, que je sais que Nicolas Moulin est un artiste nous offrant la capacité à vivre le réel à nouveau sans cynisme vain, sans typologie vide, avec même humour et j'oserai jubilation pour un monde déjà en ruine (car négligé par l'histoire de l'architecture) mais superbe pour celui qui veut apprendre encore à voir.
On notera tout de même que dans ce jeu de piste, l'artiste laisse l'image de la carte postale sans référence du lieu, ne nous donne aucune information sur l'architecte.
Je suis donc sur ce parking, je fais quelques images pour vous, et vous allez voir que ce bâtiment est simplement superbe. Je n'ai pas réussi malgré ma demande à l'accueil à en connaître l'architecte.
"Monsieur Michel n'est pas là, il est en vacances, revenez plus tard."
Alors si vous venez à Rouen mettre des fleurs sur la tombe de Duchamp ou de Flaubert, descendez à la galerie 180 et visitez ensuite la zone industrielle de Rouen. Visitez toutes les zones industrielles ou du service tertiaire de vos villes, elles sont pleines d'images grautag, pleines simplement de beautés cachées que vous aimerez pour ce qu'elles sont, non pas des icônes vintage, mais simplement aussi des beautés endormies que l'on découvre dans les clairières des parkings.

l'exposition se tient jusqu'au 31 août du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous.
tél : 02 32 08 13 90.
Galerie 180 : 180, rue de Martainville, Rouen.








Comme un plaisir ne vient jamais seul, je reçois de la part de Nicolas une carte postale :



Expédiée de Berlin, elle porte les amitiés du Grautagland que m'adressent l'artiste. La carte postale est une photographie de Melzer et nous montre Halle-Neustadt.
Oui camarade !
C'est aussi le pays d'une architecture puissante et sociale, politique et solide dont le bleu réjouit le cœur des camarades.
L'art est en bronze au premier plan, la maman promène son petit dans une poussette rouge vif, camarade.
Le landau chutera un peu plus tard sur les marches du Palais, camarade.
Le nourrisson sera sauvé par un marin en lutte, camarade.
Et, dans l'appartement, depuis le balcon donnant sur l'égalité de son voisin, nous boirons un coup avec lui, camarade.
Le bébé sur les genoux, le soleil chauffant le béton, nous lèverons notre verre à Reyner Banham, camarade !
À mon tour, mes amitiés !

mercredi 28 décembre 2016

Je suis ton père

6 novembre 2016
 - En fait, tu m'as assez peu raconté ta virée allemande. L'as-tu racontée à tes fils ?
Alvar, Jean-Jean et Mitica étaient assis sur le canapé du salon, Émilie, dans son fauteuil fétiche des années cinquante et j'avais choisi le pouf marocain qui, s'il était assez inconfortable, me permettait de bien voir tout le monde et d'observer toutes les réactions de la famille.
Alors que je finissais de poser cette question, je jetais ainsi un œil sur les visages de mes amis, réunis pour une fois, tous ensemble et pouvant cette fois évoquer la vie d'Alvar plutôt que celle de son grand-père. Je savais aussi que cette question aurait du être posée par Jean-Jean mais ce dernier avait décidé avec moi d'une manière tacite que je poserais à son père les questions que lui-même n'osait pas toujours poser à Alvar, toujours un peu secret sur sa jeunesse et sur sa vie en générale. Émilie essayait souvent de combler ce vide mais la conversation finissait souvent par un tu demanderas la suite à ton père qui n'était jamais suivi des faits.
 - Tu crois vraiment que c'est intéressant , David... On est là pour le Grand-père pas pour évoquer ma petite jeunesse et...
Alvar n'eut pas le temps de finir que Jean-Jean reprit à la volée :
 - Tu vois, Tu vois comment il fait ! en s'adressant à sa mère. Tu vois, il coupe la discussion tout de suite !
 - Non, non, je pense juste que ce n'est pas très intéressant et que...
 - Pardon, Alvar mais je me permets d'insister car je crois bien que cela pourrait éclairer un peu tes choix de vie et la rupture familiale avec l'architecture, enfin pour ma part...
 - David... Oui... Bon... Donc que veut savoir cette petite réunion familiale ? demanda Alvar avec un ton un peu sec mais amusé.
 - Ba... Tout de même... Tu peux nous raconter ta virée à Berlin avec Moulin. Tu te targues toujours de cette amitié sans rien nous dire de ce que tu as fait ni comment, finalement, tu l'as connu.
 - Ouais, c'est vrai ça ! nous, on doit te dire tout ce qu'on fait et qui on voit et tout et toi, tu nous dis rien, reprit Mitica un peu accusateur.
 - Eh ! Bonhomme, la différence c'est que je suis ton père et ....
 - Oh purée, tu vas nous faire ce coup là ! Papa ! Non mais vraiment on n'a plus l'âge !
Mitica ne put finir sa phrase que les deux fils se marrèrent tous les deux aux dépens de leur père. Émilie, trop heureuse de voir ainsi Alvar prit au piège laissait la conversation filer.
 - Mais c'est un procès stalinien cette conversation ! affirma Alvar avec humour. Vous voulez que je commence comment ?
 - En quelle année tu es allé à Berlin ? demanda simplement Mitica.
 - En 90 ou 91, je crois 91. Oui. C'est Nicolas qui m'avait donné l'adresse.
 - Et ce Nicolas, tu l'as connu comment ? reprit Jean-Jean.
 - Une fête aux beaux-Arts de Cergy, un ami commun, il avait apporté des disques. Moi, j'étais en archi mais je fréquentais plus de beaux-artiens que d'archi. Je ne me souviens plus du nom de ce type...
 - Romuald, il s'appelait Romuald Vernet, affirma soudain Émilie.
 - Oui, c'est ça c'était Romuald. Bon, donc, je rencontre ce Moulin, il me dit qu'il part à Berlin, que tout se passe là-bas avec la chute du mur et que notre génération doit aller voir. Je lui dis que surtout on doit entendre, que la musique se fait en Allemagne et il acquiesce. Bref, on devient potes mais comme il part, on n'a pas le temps de beaucoup parler. Il me propose un mois après de venir le rejoindre. Voilà.
 - Voilà ? Voilà ? Tu crois qu'on va se contenter de ça ? Voilà ! ajouta de suite Mitica en allumant une cigarette qu'il avait mis dix minutes à rouler.
 - On faisait la tournée des clubs et des disquaires. On faisait aussi avec Nicolas et une de ses amies, Valérie, beaucoup de marches architecturales, de promenades en attendant les soirées. On se levait tard, on mangeait dehors, on chinait des trucs, on rentrait, je dormais par terre. C'est là que j'ai trouvé Molotov, le berger allemand que j'ai ramené en France à la grande colère de votre grand-père !
 - Et tu as perdu une bonne vingtaine de kilos... précisa Émilie.
 - Oui ! Votre Mamie Sidonie ne m'a pas reconnu à la gare lorsque je suis revenu. J'avais la barbe et, oui, vingt kilos de moins et ce chien !
 - C'est comme ça que je t'ai connu ! Faut dire que t'étais bien beau, tout pouilleux de retour d'Allemagne.
Cette phrase fit rire tout le monde et Émilie joignit le geste à la parole et alla chercher une photo de l'époque. On voyait Alvar derrière une platine double, un énorme casque audio sur les oreilles, en train d'écouter de la musique. On reconnaissait bien ses traits, et ses deux fils furent tout heureux soudain de comprendre que ce type qui avait à peu près leur âge avait pu ainsi vivre sa vie.
 - Et comment tu es passé de l'archi au son ? Demandais-je.
 - Ba, en fait, en quelque sorte...D'abord il y a eu Mathew qui m'a influencé et puis surtout, j'ai oublié de passer les exams puisque je suis resté à Berlin. C'est pour ça que c'est ma mère qui est venue me chercher et pas mon père...
 - Tu t'es fait engueuler ? demanda Jean-Jean.
 - La vache oui... C'est peu dire... Imagine, je suis parti pour quinze jours, je suis rentré après six mois avec un chien sans presque donner de nouvelles pendant les deux derniers mois... Il était donc pas question de refaire de l'archi.
 - Tu as fait quoi alors ? demandais-je.
 - Ba, mon père connaissait l'un des ingénieurs ayant travaillé sur l'acoustique de l'auditorium de la Maison de la Radio et ce type me mit en contact avec celui qui réglait la salle, tu vois, la balance des micros etc... Alors je suis entré en stage. Comme ça, d'abord pour rien, même pas officiellement. Je me suis rendu indispensable et deux mois après j'avais mon premier contrat. Entre deux, j'animais des soirées avec mes disques d'Allemagne, j'étais Dj !
 - Dj ! Comment tu te la pètes Papa ! s'exclama Jean-Jean.
 - Oui ! Mais c'est grâce à ça que tu es au monde mon chéri, reprit Émilie, car c'est là que j'ai vu ton père pour la première fois. Tu était beau, tellement beau mon Alvar !
Nous éclatâmes tous de rire devant la gêne soudaine d'Alvar qui, en même temps, était assez fier de cette conclusion.
 - Je croyais que vous vous étiez connu lors d'un enregistrement pour un documentaire ?
 - Oui ! Tu as raison David. Enfin, surtout, tu vois, Alvar il ne se souvenait pas de moi à cette soirée. Pourtant... Enfin ! Nos amis communs firent que nous nous sommes retrouvés sur ce projet. C'était trop marrant de voir ce grand gaillard aussi timide...Votre père c'était vraiment pas un dragueur !
Les deux garçons n'en pouvaient plus de rire.
 - Oh mais, marrez-vous marrez-vous les gars ! Faut dire que vous êtes vraiment des exemples ! Pour ce que je peux savoir, votre vie de dragueurs à vous deux est bien discrète aussi ! essaya de se défendre Alvar face à ses deux fils.
 - Papa... Tu confonds discrétion et réalisation ! T'inquiète pas... Tout va bien... affirma Mitica avec arrogance.




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C'est Émilie qui m'ouvrit la porte. Devant un thé, nous commençâmes à parler de Mitica, de Jean-Jean, de l'exposition sur Lestrade et des vacances passées en Grèce. Émilie est une femme discrète, pourtant forte, sachant ce qu'elle veut, réussissant souvent à l'obtenir. Très protectrice, elle regarde ses fils grandir, les consolide phrase après phrase, ne laisse rien passer, porte une exigence qui marque son visage souvent d'une ride horizontale sur son front. Nous évoquions l'accident de Mitica et d'Alvar, les progrès de Mitica pour remarcher, le fait que certainement, il aurait toujours maintenant besoin d'une canne, comment il avait voulu la choisir, comment il passait des heures sur des sites de collectionneurs pour trouver un modèle de canne qui lui ressemble. Il disait que, quitte à avoir besoin d'un appui, il fallait que cet appui soit le plus beau et le plus proche de lui possible. Denis lui avait alors fabriqué une canne avec un bambou renforcé et une tête de mort qu'il avait sculptée en trois jours dans un morceau de Tilleul en s'inspirant de celle vue sur un autoportrait de Mapplethorpe. Émilie me raconta la séance familiale où Denis régla avec Mitica la hauteur parfaite de cette canne. Comment avec une extrême attention, il ponçait la pointe et demandait si le crâne de bois ne faisait pas mal dans la paume de Mitica. La main jeune de Mitica sur cette tête de mort frappait beaucoup Émilie. C'est elle qui donna l'idée à son fils de devenir œnologue car, depuis maintenant ses seize ans, le garçon aimait boire du vin. Surtout le Bourgogne, comme son arrière-grand-père dont il avait hérité la cave. Mitica partait ainsi parfois pendant des semaines faire le tour des caves. Il avait aimé faire les vendanges mais maintenant son handicap ne lui permettrait plus d'y participer directement. Pourtant, il avait déjà programmé pour l'année prochaine d'y retourner au moins par habitude en étant accueilli par des vignerons devenus des amis.
- Mais peut-être que tout cela te saoule ? me demanda Émilie.
- Non, non ! Pas du tout. Tu sais c'est bien aussi que nous partagions cela. Et puis je sais aussi combien ce fut difficile pour vous tous et aussi pour Alvar.
- Oui... Maintenant, tout est en ordre, j'ai compris aussi certaines choses, il m'a fallu les laisser vivre. Tu vois, regarde ! La maison est vide ! Jean-Jean est avec son Denis, quel drôle de type celui-là ! Pas de nouvelles depuis huit jours et... Mitica est sur les bords de la Loire pour une conférence sur la culture biodynamique des vins... Non mais... Parfois, j'ai du mal à y croire ! Bon, allez, descends, Alvar est en bas. Alvar ! Alvar ! David est là.
Émilie appela Alvar depuis le haut de l'escalier. J'entendis ce dernier lui répondre de me dire de descendre. Je trouvais donc Alvar dans l'agence.
- Salut ! Tu es là depuis longtemps ?
- Non, enfin, une demi-heure, j'ai discuté avec Émilie. Bon alors, tu voulais que je vienne pour quoi ?
- Tiens, regarde...
Alvar me passa un paquet en carton dont le format me fit comprendre immédiatement le contenu, un disque vinyle. J'ouvris et je vis alors le dernier album Brume Mother Blast édité par Nicolas Moulin pour Grautag Records. L'album montrait sur ces choix d'images toute l'atmosphère et l'ambiance de l'artiste, jalousie que Alvar et moi-même partagions.






- Tu sais, je lui ai demandé si nous pourrions avec ce travail faire une ambiance sonore pour l'exposition Lestrade. Il est d'accord et...
- Vrai ? La vache, ce serait super !
- Oui, mais il aimerait que l'on fasse aussi une soirée Grautag le jour du vernissage. Pour ma part, tu imagines bien que je suis plus que d'accord mais je voulais tout de même t'en parler car...
- Oui ! Oui ! Génial ! Bien entendu !  Faudra discuter du mode et aussi des moyens mais cela serait vraiment chouette ! Faisons ça ! Et le Grautag c'est tellement Lestrade !
- Tiens, regarde, il a même ajouté trois cartes postales pour toi.
- Ah ! Super, oui ! Je vais pouvoir les ajouter à sa donation. C'est quoi ?



Je regardais d'abord une incroyable carte postale bulgare montrant des hôtels gigantesques et blancs posés sur le sable. Le contraste entre les immeubles des chambres et les coupoles en coquilles minces donnaient à l'ensemble une classe incroyable. La répétition à l'identique des deux ensembles étaient aussi très étonnante et j'essayais de convaincre Alvar que l'on pouvait ainsi parler d'édition architecturale.




Nous regrettions alors tous les deux de ne pas trouver le nom de l'architecte de cette merveille sans aucun doute soviétique. Pourtant, une inscription en cyrillique me donnait l'impression que cela pourrait bien être ce nom qui nous manquait. Jean-Jean, deux jours plus tard m'affirma qu'il s'agissait en fait du nom du photographe.
Puis vint une carte postale d'une église moderne à Bad Füssing. Nous admirions immédiatement le magnifique campanile bien détaché de l'église elle-même et qui offrait au ciel parfait une pointe touchant le bord de la carte postale.



Au fond, l'église proposait une structure incroyable, posée sur des triangles blancs supportant une charpente mais laissant un fronton très ouvert. Là encore, l'éditeur Dennerlein-Liebl manquait à son devoir d'information et ne nous indiquait pas l'architecte. Enfin, posée sur la grande table, je regardais avec Alvar la dernière carte postale envoyée par Nicolas Moulin. De celle-ci, je reconnus immédiatement l'objet car j'avais déjà publié sur ce blog une carte postale du même type.



Il s'agit d'un restaurant et d'un motel autoroutier à Holdorf. L'éditeur nous donnait plein d'informations sur les capacités techniques et hôtelières de ce magnifique bâtiment. Alvar pointa du doigt la finesse des piliers rouges montant dans le ciel, pendant que, sur mon iPhone, je cherchais des informations pour trouver le nom des architectes. Je trouvais facilement un article me donnant Paul Wolters et Manfred Bock. 
Alvar me parla alors du temps de pose qui faisait filer les phares des autos et donnait la sensation de néons infinis. J'ajoutais la couleur verte un peu égale qui baignait le cliché, la nuit tombante comme choix du photographe permettant de lire l'intérieur de la construction. Tous deux, nous nous posions la question : est-ce que Nicolas a acheté ces trois cartes postales spécialement pour cet envoi ou les avait-il dans sa collection ? Alvar me rassura, il poserait à son ami la question par Messenger en même temps qu'il remercierait Nicolas pour l'envoi.
Nous remontions tous les deux dans la maison. On montra l'album à Émilie qui émit le souhait de l'entendre immédiatement. Alvar pesta parce qu'il avait prêté son tourne-disque à Jean-Jean et que celui-ci l'avait emmené chez Denis. Je rassurais tout le monde en disant que l'on pouvait peut-être écouter l'album Brume sur internet. Finalement, nous trouvions bien l'adresse mais l'album n'y est pas encore audible. Nous nous rabattions de concert sur les autres enregistrements.
Alors que nous entamions notre deuxième tasse de thé sur l'écoute de la Face A de Azurazia, le téléphone sonna. C'était Jean-Jean. J'entendis clairement Émilie qui l'engueulait pour ne pas avoir donné de nouvelle. Elle lui demanda :
 - Mais tu es où ?
Au même moment, on entendit la porte de la maison qui s'ouvrait. C'était Jean-Jean et Denis, hilares, heureux de leur blague qui faisaient leur entrée sur le solo de Pharoah Chromium....................
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Merci à Nicolas Moulin pour cet envoi plus que généreux.
Merci à la Famille Lestrade pour le thé et l'accueil et nos souvenirs.
Pour écouter et surtout commander les disques de Nicolas Moulin, il vous suffit de vous rendre sur cette page.
http://grautagrec.com/main.html
Musiques et pochettes font de ses albums de vraies incroyables éditions d'artiste.
Régalez-vous !

dimanche 7 avril 2013

Jour gris pour un ami un peu loin

Je dédie la publication de ces trois cartes postales comme ça, sans raison particulière à Nicolas Moulin.
D'abord sans doute parce que nous avons parlé de lui, il y a peu, avec Thomas Dussaix.
Puis, parce que comme ce dernier, je jalouse son travail.
Enfin parce que, simplement, réunies par hasard dans un paquet de cartes postales, il me fallait leur trouver une raison de se montrer ensemble.
Le noir et blanc porte sans doute dans ce type d'image aujourd'hui quelque chose, si ce n'est de douloureux, au moins de radical, d'effrayant, et donc parfois de repoussant.
Le mouvement de retrait malheureusement associe l'image à l'objet, construisant maintenant une imagerie bien plus qu'une image.
Et dans cette dureté qui nous est contemporaine on oublie l'exaltation de l'époque, la qualité photographique et la qualité architecturale des projets. Je tente de dire, en fait, que notre culture visuelle transforme l'objet regardé. L'absence de couleur fait monter les ombres et la tristesse d'un ciel pourtant bleu. Le dessin des grilles modernistes ne laissent pas de place à un sentimentalisme herbeux.
Pourtant dans leur implacable beauté, ces images et ces lieux sont aussi un romantisme. Celui bien noir et sombre des lavis de Hugo, celui des errements et des reprises d'un Piranèse. Quelque chose à la fois de fouillé, de secret, de dur et de brutal que seule la contemplation de l'entrée des Enfers peut évoquer.
Quelque chose comme les constructions d'un imaginaire soutenu et inventé par Nicolas Moulin.

On commence cette visite ?



La Banane de Lorient est belle. Nous l'avions évoquée ici. L'architecture de  Mr Toury est celle presque parfaite du modèle M.R.U. Le fonctionnalisme ne trouve de poésie que dans la courbure de la barre. Moins dessinée (designée ?) que celles d'Emile Aillaud, elle a la franchise de sa solution. Il faut avant tout habiter. C'est bien fait, simple, j'ose... campagnard. Une efficacité utile, sans ornement autre que la vie paisible de ceux qui sont ici et qui l'animent. Et c'est son honneur et sa justesse. La carte postale Gaby pour Artaud nomme l'architecte. Et le ciel est beau...



La Duchère de Lyon est ici un archétype !
Tant pour son architecture que pour son image. Nous la devons aux éditions Trolliet et Fils qui ont fait là un travail parfaitement contemporain !
D'abord l'œil glisse sur la façade de la barre et sur son scintillement de gris. On la trouve belle. Les ombres construisent parfaitement son dessin jusqu'au raccordement au sol. J'aime tout particulièrement ce travail, comment la finesse de la barre eu égard à sa longueur vient se tenir sur le sol. Et puis au fond, son écho : une autre barre.
Il ne s'agit pas de barrière, ne vous trompez pas. Il s'agit de superbes réflecteurs. A la fois ils reçoivent le paysage, offrent un observatoire et en même temps forment celui-ci.
Au premier plan, là aussi l'angle droit est le Maître. Dans une composition de vides et de pleins, le centre commercial qui semble d'une grande légèreté face aux masses des habitats ordonne la vie sociale par des cheminements articulés. Et c'est encore en travaux.



Parce que l'histoire de l'architecture ne permet pas toujours d'échapper à la dureté d'une image. A Rezé,
La Cité "Le Corbusier" comme la nomment les éditions Artaud est ici photographiée par le célèbre Raymond Delvert, Pilote et Photographe. Quel beau travail il a fait !
Il place la construction dans son horizon lointain, nous laissant croire à son isolement superbe. la Cité Radieuse (Maison Radieuse...) est bien ici la ville à la campagne !
Et même si celle-ci ne tient pas tout fait les promesses de celle de Marseille, on ne peut que se réjouir de ce que son idéal tente d'offrir.
Et puis, oui ! Nous aimons sa dureté, oui nous aimons le contraste des murs aveugles comme des falaises et des percées multipliées à l'envi.
Oui nous aimons son mirador qui coupe par le tiers la façade. Oui nous aimons ce gris qui annihile les couleurs pourtant tant travaillées par Corbu.
Oui, nous aimons cette image populaire, celle dans laquelle, parce qu'un pilote adroit, glissant sur l'aile, a su saisir la masse, les habitants ont pu se reconnaître.
Et le sol encore en chantier, ce sol qui reçoit ce rocher, ces arbres sombres comme des mousses, ce ciel faible et réduit d'un horizon haut, tout cela je l'offre à Nicolas.

mercredi 23 octobre 2013

Les Turbulences sont au Centre


Et voilà ! Il fallait que cela arrive !
La première carte postale du F.R.A.C Centre est enfin entrée dans ma collection. Inutile de dire ici que c'est tout naturel en somme.
Comment une institution mettant autant en avant la question de la représentation de l'architecture pouvait-elle y échapper ! Merci Claude pour cet envoi.
Je vous le dis tout net, je n'ai vu les Turbulences du F.R.A.C Centre que de l'extérieur et encore en chantier. Et, il est vrai qu'il est difficile depuis une image ou même une coquille vue du dehors de parler d'architecture. Vous me direz avec raison que c'est justement ce que je fais sur ce blog, toujours hésitant à parler des images et à démontrer leur puissance.
Alors voilà :



Voilà comment le F.R.A.C Centre se représente depuis ce média populaire. La photographie est de N. Borel (de la famille de Monsieur Borel, le grand architecte ?). On y trouve bien l'une de ces Turbulences qui s'élève vers le ciel un peu comme des Volcans vectorisés de Niemeyer au Havre. On s'étonnera de la température de l'image photographique un rien mauve sans doute produite par un soleil bas. On voit aussi comment cette forme à vocation à faire signe et même logotype puisque reprise totalement (et facilement) justement dans la communication du F.R.A.C. Centre.



J'aime bien ce travail des architectes Jakob et MacFarlane et surtout j'aime leur très émouvant et sobre monument du Val de Reuil que je considère comme un petit chef-d'œuvre. Ici, ce qui m'avait séduit lors de ma visite de chantier c'était surtout la manière dont l'ensemble est attaché au sol, comment il semble vouloir s'en élever comme une main sous une nappe. Et faire signe (au sens premier !) c'est bien aussi nécessaire pour ce type de programme. Rien de grave à cette tentation ici.
Fêtons-donc l'ouverture de ce nouveau lieu plein de promesses et de trésors ! Je viendrai dans le réel marcher sur cette image.
Et comme Claude est généreux, il en profite pour m'expédier aussi une carte postale reproduisant une œuvre de Claude Parent et Paul Virilio et éditée par le F.R.AC. Centre :



Les Turbosites II de 1965 donnent ici toute leur ampleur et me reviennent à l'oreille les paroles de Nicolas Moulin prononcées lors de sa conférence rappelant les qualités Vaudou de l'architecture. Comme il a raison ! Et comme j'aime cette architecture aussi pour ces qualités.
Écoutez Nicolas Moulin ici :

cliquez sur l'image pour lancer la vidéo.

Et, je vous offre des images supplémentaires de Messieurs Parent et Virilio, images venant du numéro de Architecture Principe N° 1 de 1966 en ma possession (eh oui...) :































Et je vous offre quelques photographies prises lors des travaux de constructions presque achevés :







mercredi 27 février 2013

J'ai la dalle.(ondulée)

Sur ce blog nous aimons les dalles.
Nous aimons leur vide minéral, la beauté de leur espace absolument nettoyé de végétal. Nous aimons la concrétion des bétons formant comme au bas des falaises, des espaces inconnus entre deux dangers : les chutes et les vagues.
Il existe une dalle à Paris, hormis celle déjà très belle du Front de Seine, qui donne ce sentiment de sauvagerie tectonique : les Olympiades.
Ce matin, la trop courte mais souvent bien émoustillante pastille radiophonique de Mr Trétiack sur France Culture faisait écho à l'exposition consacrée à cette dalle au Pavillon de l'Arsenal.
Je vous le dis tout net, je n'ai pas encore vu cette exposition.
Mais...
J'ai vu cette dalle. Je vous en ai même déjà un peu parlé ici.
Je vous propose de la découvrir de nouveau grâce à nos cartes postales qui ont su enregistrer ces beautés urbaines que le verbiage écolo-bien-pensant n'a pas encore décidé de faire verdir de quelques bacs remplis de compost réalisé dans les écoles maternelles parce que les enfants c'est notre avenir.
Laissons, s'il vous plaît, dans le tissu urbain, des espaces dont la seule vraie qualité est leur vide, où la seule "nature" qui s'exprime, ce sont les courants d'air et, de temps en temps, la chute des corps. Oh la ! C'est peut-être un peu dur... (j'ai de la fièvre...)
Regardons le beau travail de Monsieur Holley.



Cette carte postale est une édition Stella Cartes. Elle porte le titre de "Souvenirs de Paris N°100" (sic).
Cette multi-vues nous permet de visiter comme le piéton les olympiades en passant sous les toits de la galerie commerciale aménagée en pagodes. Déjà le photographe cadre au fond, le très beau travail de Messieurs Andrault et Parat pour Tolbiac.
L'autre image, prise sans doute depuis Tolbiac nous montre cet effet de canyon urbain dont la surprise vient sans doute aussi de son ouverture et de son point de fuite très lointain !



On perçoit également le travail de terrassement pour faire monter les piétons sur la dalle et comment la grande tour à droite doit prendre appui sur son "sol".
Une autre image ?



Cette carte postale qui pourrait provenir de l'univers "Grautag" de l'artiste Nicolas Moulin est une carte postale un rien... curieuse et étrange.
D'abord, il faut le dire tout net, la photographie noir et blanc est superbe et donne à ce lieu toute sa puissance onirique. Blade Runner est dans le quartier.
Mais au-delà du plaisir à saisir dans ce type de lieu et d'image, une poésie, une qualité fictionnelle dont Monsieur Trétiak nous a rappelé dans son billet l'histoire, cette carte postale possède donc quelques mystères....
Elle porte comme nom d'édition A.V. R . I . L 13 et un petit poisson est placé devant... poisson d'avril ???



Puis elle nomme aussi "IMAGES du 13e" donnant l'idée d'une série sur cet arrondissement ?
Elle est datée de 1986 et G. Torchet (J'ai torché...) serait le nom du photographe... Tout cela sent la blague potache... Et vient comme renfort "la dalle ondulée" et entre parenthèses les Olympiades. Tout cela est bien étrange.
Si Monsieur Torchet existe vraiment... qu'il m'excuse...
Nous reste la photographie à regarder avec attention, elle montre les qualités de cet espace urbain offrant, dans ce jeu de la rigueur, des images à nos fictions.
Et pour ceux qui n'auraient pas le courage de retourner lire un ancien message, je vous donne à nouveau la carte postale des éditions Guy qui a le mérite d'une belle photographie, de nous donner le nom de l'architecte Monsieur Michel Holley et ainsi sans humour certes de faire de la carte postale le témoin implacable de l'un des plus beaux paysages de Paris.
Pour une belle promenade à Paris :
Subterannean
Exposition de Nicolas Moulin
Galerie Chez Valentin jusqu'au 1er mars

Puis :
Les Olympiades
Pavillon de l'Arsenal
Jusqu'à la fin mars.



jeudi 13 mars 2014

Greetings from Nowhereland


























Je reçois par l'intermédiaire amical de Nicolas Moulin, grand donateur de ce blog, un 33 tours plein de promesses si l'on en croit la pochette : Greetings from Nowhereland.
L'objet éditorial pourrait bien par son travail graphique avoir été produit pour ce blog ! Mais il est bien l'œuvre d'artistes musicaux : King Kameha et Kouriakin (des pseudos... mystérieux). Mais la pochette nous propose donc d'abord de voir quelques cartes postales que nous aimons tant ici et dont il est difficile de définir la provenance et le lieu de production. Nous y reconnaissons pourtant en haut à gauche l'immeuble résidence "la barre St Just" ainsi qu'une vue de Moscou si célèbre, la perspective Kalinin. Pour le reste le nulle part est bien réel puisque les modèles architecturaux mêlent un style international à celui d'un soviétisme joyeux d'apparatchiks en vacances sur les bords de la Mer Noire. On y trouve aussi tout de même quelques indices avec une carte postale d'un hôtel Sheraton...
À l'intérieur Bruce Bégout nous offre l'opportunité de mieux saisir l'objet sonore par un texte " Bruit de fond" que, j'avoue, j'aime beaucoup. Ramassé, il donne à voir des images précises et ouvertes d'un lieu et d'une narration que j'aurais aimé écrire sur ces images. Ce que l'on appelle un ton.
Oui, le ton et la tonalité de l'ensemble sont donnés.



Et les vibrations sourdes et colorées, un rien saturées comme une encre Offset italienne bon marché des années 60 sont bien présentes dans la bande musicale, nappe doucement rythmée, dansante mais pas trop car il fait chaud sous les lampes électriques, sous le bleu céruleum des ciels en aplats. On a envie de siroter quelque chose et pas de boire goulûment. "Ouh Wahou ouh Wahou" reprend une blonde un peu glissante en se trémoussant mollement sur une voix lointaine. Il fait vraiment trop chaud.
Et ça marche.
Au coin de la table mal nettoyée par une serveuse épuisée, une table poisseuse, on écrit quelques cartes postales l'avant-veille de rentrer pour faire plaisir à la famille, renouer avec le beau garçon un peu oublié et dragué à Lacanau l'an dernier.
Mais une langueur nous prend, douce, tranquille.
On commande un nouveau Coca car c'est le seul nom de boisson que l'on connaisse dans la langue du pays de nulle part. On ne sais plus si c'est la fin d'après-midi ou le début de la soirée.
Non, je n'irai pas danser sur ce morceau, tu le sais bien. Tu n'as qu'à inviter le portoricain à qui tu fais de l'œil depuis tout à l'heure, tu avais l'air si curieux de son tatouage.
Mon cul restera collé sur le skaï défoncé de se siège sans âge, je veux juste écouter la musique.
Greetings from Nowhere, my Dear.

Un grand merci à Nicolas Moulin et à Bruce Bégout pour cet envoi.

Greetings From Nowhere
King Kameha et Kouriakin's
Avec :
John Badoma, Bruce Bégout, Luc Intérieur, Memphis Mao, Billy Muge, Ami Sioux, L'excellent Jean-Luc Verna (vos dessins...) Warm Baby.

L.D.R.R  Studio production, C. VIA Studio et le Dojo par Arnaud Maguet et Christian Vialard.
Les Disques en Rotin Réunis.





Pour compléter, je vous redonne l'article sur la barre Saint-Just publié dans le tome premier de ce blog !


Voici exactement ce que vous aimez voir sur ce blog.
Une architecture spectaculaire, parfaitement marquée par sa période, un rien étrange, ayant pu être mal considérée il y a peu, revisitée aujourd'hui, une architecture volontaire sur le front de la Modernité, une architecture sans détour mais aussi avec une certain poésie à rebours qui satisfait les gens de ma génération y voyant un avant-goût des mangas ou de la Grande Motte.


On retrouve cette barre Saint-Just de Rennes dans notre guide d'architecture contemporaine en France et voici ce que nous en dit Monsieur Amouroux :



On remarque que le point de vue n'est pas tout à fait identique et que nous avons en fait d'une image à l'autre tourné autour de la barre qui est bien étoilée...
On s'amusera, si on aime comme moi les automobiles Renault, de la présence de deux Renault 16 blanches sur le même cliché de la carte postale, carte dont le cliché est signé NEDELEC (?). La carte postale nous indique également que la réalisation de cette barre Saint-Just est due au groupe Lamotte/S.R.P.I et nous donne bien le nom de Monsieur Maillols comme architecte D.P.L.G à Rennes.
Deux détails nous permettent d'admirer le très puissant et sculptural travail des brise-soleil :


Rappelons-nous que Monsieur Maillols est aussi l'architecte des Horizons dans la même ville de Rennes. Un Maillols à la Barre et les Horizons en vue à Rennes.