lundi 5 octobre 2020

Royan à Royan, c'est normal, finalement

 Comme je vous ai tous vus à ma conférence sur Royan et sa modernité vue par les cartes postales, je ne vous ferai pas un article sur ce que j'y ai raconté. Et puis, au pire, je sais, au vu des nombreux retours de vos lectures que vous avez déjà tous lu Royan, l'image absolue et que, donc, vous en avez saisi l'essentiel. Mais savez-vous que pendant ces trois belles journées, j'ai laissé là-bas, dans les bras de Charlotte de Charette et de Madame David, les deux gros classeurs de mes cartes postales sur Royan pour les verser à la Ville et à ses archives. Voilà bien une histoire qui s'achève. Oh, ne soyez pas inquiets, je continuerai à enrichir cette collection avec de nouvelles arrivantes ou à poser un regard sur cette représentation.

Mais le plus important finalement, dans ces journées à Royan, ce n'est pas de s'alléger si facilement au fond de plus de 900 cartes postales. Le plus important c'est que j'ai fait ce dernier séjour en compagnie d'une jeunesse ouverte à mes histoires et à l'architecture de la ville. Cette jeunesse c'est Louis Lepère et Gabrielle Desile qui la portaient de leur présence, tous deux n'ayant jamais séjourné à Royan, il me fallait faire avec eux le grand tour ! Sans doute que leur présence m'a permis de me focaliser sur l'avenir et m'a permis aussi de moins me replier sur la possible difficulté d'offrir ainsi une partie de moi-même. Un contrepoint sentimental en quelque sorte...

Nouvelle casquette sur la tête pour oublier une pluie battante, nous avons donc arpenté la plus belle ville du Monde. Nous n'avons pas oublié les bunkers, de prendre un bain courageux à leur pied et d'aller voir le chantier magnifique du Palais des Congrès ! Comme c'est beau de le découvrir ainsi, allant vers sa résurrection grâce à l'équipe de Monsieur Ferret. Ça va être superbe de revenir là. Merci pour ça. Merci.

Royan renaît doucement. On sent bien que les chantiers sont en cours, que la ville se tourne vers un renouveau. Pourtant il reste d'énormes points noirs. Le premier, bien entendu, c'est le Front de Mer. Il est grand temps que courageusement il soit décidé de raser, d'éradiquer, de supprimer, de broyer, de grignoter les immondes extensions des boutiques sur le devant de ce Front de Mer. On passera sur ce qui y est vendu, on passera sur la qualité des restaurants pour se concentrer sur l'improbable couloir indigne qu'oblige ce genre de commerces. Il faudra être radical. On notera qu'une tour d'ascenseurs vient même d'être créée à l'arrière du Front de Mer... Quand la digue cède... Il faudra être alors aussi radical pour les Galeries Botton, elles aussi totalement noyées derrière des extensions inqualifiables et qui dénaturent totalement l'inspiration brésilienne dont la Ville se réclame. Rasons tout cela. Revenons au Patrimoine, laissons-lui la chance d'exister réellement.

Notons que les arrières du Boulevard Aristide Briand, que leurs façades sont dans un état aussi épouvantable, que les résidences nouvelles au style faussement 50 montant en hauteur écrasent par exemple certains points de vue sur le marché, que celui-ci présente un état inquiétant de ses peintures et nous aurons fait presque le tour des problèmes. Bref, entre la pression immobilière de mauvais goût mais à haut rendement financier, entre des propriétaires de logements de vacances ou de maisons secondaires se refusant à un entretien normal des façades, Royan fait ce qu'elle peut pour maintenir sa tête hors de l'eau et évoluer sans renier ce qui la fonde : la modernité. En ce sens, le service Culture de la Ville fait acte de pédagogie avec beaucoup de courage et d'invention. Merci.

C'est certain, les reconstructions du Portique et du Casino donneront un élan à ce retour en Grâce d'une ville martyre et exemplaire.

Gabrielle, Louis et moi-même remercions vivement l'ensemble du personnel du Service Culture de la Ville de Royan et la mairie de Royan pour cette invitation.

Quelques images de ce séjour à Royan, qui reste, en toute objectivité et malgré ces soucis, la plus Belle Ville du Monde.













Au fond, la très belle résidence Les Fauvettes, espérons que...








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