samedi 24 août 2019

Prisunic, le beau pour tous

Le supermarché et le centre commercial sont bel et bien représentés en cartes postales. Et d'ailleurs, pourquoi ne le seraient-ils pas ?
Modernes, affirmant un nouveau rôle dans l'espace urbain, signes parfaits d'un progrès que l'époque voulait défendre et vivre, ces supermarchés avaient tous les atouts du pittoresque pour finir sur des cartons 10 x 15cm.
Nous en avons d'ailleurs déjà vu ici et certains dessinés par Monsieur Claude Parent sont chers à notre cœur.
Voici un nouveau arrivé dans ma collection :


Nous sommes à Audincourt, ville que nous avons déjà chantée avant le Prisunic ! Cette marque résonne pour moi et dans notre famille d'une manière toute particulière puisque mon père avait dans sa jeunesse à Elbeuf, travaillé au Prisunic tout neuf de la Reconstruction d'Elbeuf avant d'être embauché chez Renault.
Alors, dès que nous voyons ce nom, chez nous, ça tape.
Prisunic !
D'abord quel beau nom bien choisi ! On dirait le nom d'un personnage d'un album d'Astérix.
Ici l'éditeur Combier resserre bien le cadre sur le magasin qui n'a rien d'architecturalement passionnant, tout au plus une sorte de droiture, de fermeté que la brique (?) sur la façade accentue. En fait, ce Prisunic offre surtout une grande lisibilité et une transparence avec un déploiement de vitrines sur toute sa façade. Venez ! Venez nous voir, entrez donc ! semble-t-il nous dire. On note les drapeaux flottant comme accrochés à d'immenses queues de billard qui devaient faire signal. On note aussi un garage à vélos bien développé !
Je n'ai pas réussi à retrouver ce Prisunic à Audincourt, il semble qu'il ait disparu ou qu'il soit tellement transformé qu'il soit méconnaissable. Tant Pis...
La carte postale Combier ne nous donnant pas le nom de l'architecte, il sombrera ainsi dans un oubli tranquille sauf pour les habitants d'Audincourt.
Dans ma collection, rangée dans le quatrième classeur Boring Postcard, je trouve sur une carte postale en multi-vues, un autre Prisunic, celui de la Courneuve. La carte postale est une édition PI qui a beaucoup travaillé et diffusé la banlieue parisienne.



Finalement, c'est une image de la Courneuve bien différente de celle que l'on attend, représentée ici comme une petite ville française typique avec son bar-tabac et ses immeubles. Ne dirait-on pas que le photographe a simplement tourné sur le carrefour en photographiant tous ses axes ? On y voit donc un Prisunic épousant le cercle du carrefour. Seul le nom du magasin fait ici architecture, il est bien moins intéressant que celui d'Audincourt.
Il est aisé de retrouver ce que tout cela est devenu et le moins que l'on puisse dire c'est que le sentiment de vide et d'espace donné par le recul du photographe est maintenant comblé par une densité urbaine bien... marquée.
Mon frère Christophe, ce fouineur parfait, m'apporte sa dernière trouvaille faite dans un minuscule dépôt-vente d'Elbeuf.
Ce livres est d'une très grande qualité éditoriale et permet de vivre la révolution du prêt-à-porter dans cette France de l'après-guerre. On y apprend aussi comment Prisunic était une sorte de projet global permettant à tous d'accéder au beau pour pas cher que ce soit pour l'habillement ou pour, bien entendu le design et le mobilier.
Le design Prisunic est bien reconnu maintenant et est devenu même une sorte de Graal pour chineur chic.
Sophie Chapdelaine de Montvalon nous permet donc de suivre le travail de Maïmé Arnodin et de Denise Fayolle, figures incontournables de cette révolution populaire.
On y trouve aussi pour nous, amateurs de micro et mobiles architectures une vieille connaissance !
La Bulle six Coques de Monsieur Maneval !







































Elle servait à promouvoir l'arrivée de Prisunic dans une ville et était une vitrine fort bien en accord avec le style et les idées de Mesdames Arnodin et Fayolle. Malheureusement, le livre ne s'attarde pas assez sur l'utilisation et le choix de la Bulle Six Coques par Prisunic. C'est dommage. Et surtout, qu'est-elle devenue cette Bulle six Coques ?
On note que la photographie nous donne à voir que son piètement de métal lui permettait d'atterrir partout ! Est-ce Monsieur Maneval lui-même qui avait dessiné ce piètement ? On remarque aussi que l'entrée dans la Bulle se faisait par l'une des grandes baies montée sur vérins et que l'escalier prenait appui sur la structure métallique de la Bulle. Bien conçu tout cela !

Ce livre est vraiment superbe : qualité du papier, mise en page, choix des documents, style clair et joyeux...
Il sera vite un indispensable dans votre bibliothèque si vous aimez la France intelligente du Beau pour Tous !
Attention, il fut publié il y a dix ans déjà...
Ruez-vous chez votre bouquiniste !

Le beau pour tous
Maïmé Arnodin et Denise Fayolle
l'aventure de deux femmes de style : mode, graphisme, design.
Sophie Chapdelaine de Montvalon
édition l'iconoclaste
2019
68 euros ou 15 quand c'est Christophe qui régale ! Merci  Christophe ! 









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