lundi 2 avril 2018

Mystère de Pâques à Elbeuf







































Depuis l'enfance, nous regardons à Elbeuf ces mystérieux visages sculptés dans le granit gris. D'abord posés en plein centre ville, dans le quartier du Puchot, ils furent déplacés à l'entrée de la ville, un peu en exil, à la proximité d'un rond-point.
Il est déjà heureux qu'ils n'aient pas disparu...
Car voyez-vous, personne ne connaît le sculpteur de ces merveilleuses sculptures monumentales qui garderont comme celles de l'Île de Pâques tout leur mystère.
On y reconnaît pourtant un peu du Szekely ou même du Stahly, quelque chose comme ça, cette monumentalité abstraite anthropomorphe des Trente Glorieuses, héritière de Brancusi, taillée au marteau piqueur, volumes denses, parfaitement bien dessinés.
Car je les aime beaucoup ces deux sculptures, ces deux géantes, perdues un peu là, au bord de Seine. La mairie n'indique ni le nom de l'artiste, ni le titre.
Ne reste qu'une superbe et massive présence, deux visages, deux masques, deux casques d'astronautes comme si les Incas sous influence extraterrestre étaient venus sculpter ici à Elbeuf ou venus vouer un culte étrange à quelques divinités vikings.
Retrouvons vite qui en est l'auteur, qui est le sculpteur et rendons-lui l'hommage qu'il mérite.
Et j'aimerais toujours les voir, en sortant ou entrant d'Elbeuf, les deux gardiens de mon enfance, compagnons lourds m'ayant sans aucun doute préparer à aimer ce que je partage ici avec vous.
Je leur dis : merci.
Oui, merci.
J'ai emmené mon filleul Samuel les voir. Il a voulu prendre lui-même les photographies, certaines du moins. Espérons que ces visages soient vigilants à son attention et que le passage du relais, celui d'une attention à ce qui est présent le saisisse aussi : vrai message de Pâques.















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