Nous recevons cette lettre ouverte adressée à Madame la Ministre de la Culture, nous la diffusons, nous la soutenons :
Madame la Ministre,
En qualité de porte-parole du collectif qui milite en faveur de la préservation de la halle de Fontainebleau, je viens vous dire que nous ne comprenons pas l'attitude du Ministère.
En dépit de courriers répétés, du soutien inconditionnel de quinze Grands Prix de l'Architecture et de l'Urbanisme, distingués par les ministres qui vous ont précédée, d'ingénieurs de renom international, de la S.P.P.E.F., reconnue d'utilité publique et, plus récemment, de l'appui expressément formulé par le Ministre Jack Lang, nous ne percevons à trois jours du démantèlement de l'édifice aucune réaction de votre part.
L'erreur d'appréciation manifeste qui selon nous entache votre décision d'abroger fin juillet l'instance de classement du 5 mars 2013 donne donc lieu aujourd'hui au recours contentieux et au référé que nous déposons en ce moment même auprès du T.A. de Paris.
Le collectif et l'ensemble des personnalités que j'ai l'honneur de représenter déplorent d'avoir à assumer des responsabilités qui vous incombent : la préservation du patrimoine du XXe siècle auquel vous venez lors des journées du patrimoine de manifester votre attachement.
Une conférence de presse s'improvise dimanche prochain 22 septembre au marché de Fontainebleau à 11h30 et nous appelons par cette lettre ouverte tous ceux que le sort de cette rare et précieuse nef de béton construite par Henri Bard et Nicolas Esquillan (concepteur des voûtes du CNIT à la Défense) en 1942 préoccupe, à nous rejoindre place de la République, plus connue - pour quelques jours encore - sous le nom de place du Marché.
Convaincu que le différend qui nous oppose aujourd'hui ne peut que reposer sur un malentendu, j'anticipe et me réjouis de ce temps - je l'espère prochain - où nous travaillerons tous ensemble dans le même sens.
Les circonstances en offrent une occasion immédiate. Pouvons-nous vous prier de veiller à rendre exécutoire le référé suspensif - c'est-à-dire faire surseoir de quelques semaines la démolition de la halle - jusqu'à ce que le T.A. de Paris tranche définitivement l'affaire, sans doute d'ici au début du mois d'octobre ?
Veuillez croire, Madame la Ministre, à l'expression de ma très profonde et très sincère considération.
Jean-François Cabestan
porte parole du collectif en faveur de la préservation du marché couvert de Fontainebleau
Nous, Comité de Vigilance Brutaliste nous nous joignons à ce courrier et ajoutons :
Il faut aussi, Madame la Ministre, vous occuper de tout cela, s'il vous plaît :
École de Gond-Pontouvre : Chaume architecte, Prouvé constructeur.
Siège Novartis, Rueil-Malmaison : Martin Burckhardt et Bernard Zehrfuss.
Usine FAMAR, Orléans : Jean Tschumi.
Et combien d'autres ?
Et, alors que vous faites des déclarations en faveur du Label Patrimoine du XXème siècle, considérez que la parole politique c'est avant tout des actes.
Agissez ! C'est urgent !
Vous en avez le pouvoir et la responsabilité.
http://www.lemoniteur.fr/159-culture/article/actualite/22371107-patrimoine-les-annonces-d-aurelie-filippetti
vendredi 20 septembre 2013
Jean Prouvé fait sonner Le Corbusier
Surtout les églises qui possèdent toutes ou presque un jeu de cloches permettant d'appeler les fidèles et de rythmer la vie religieuse des beaux et tristes moments.
À Ronchamp, Notre-Dame-du-Haut ne déroge pas à cette tradition mais les cloches ne sont pas installées dans un clocher ou à l'intérieur de la Chapelle mais à l'extérieur sous les arbres.

La carte postale Combier nous montre donc ce campanile et nous donne une information bien intéressante en nous révélant le nom du constructeur, ici nommé architecte : Jean Prouvé !
Il est vrai que rien dans ce dessin, rien dans cette forme massive ne laisse penser que c'est Jean Prouvé qui ait pu réaliser cette construction dont on imagine bien, vu sa fonction et ce qu'elle porte, qu'elle doit être parfaitement solide et ancrée dans le sol !
Nous sommes au printemps, les arbres sont en fleurs !
Et nous sommes maintenant en automne :

Toujours chez Combier éditeur, cette carte postale nous montre le campanile à l'exact opposé de l'autre carte postale, regardez l'ordre des cloches et comment nous avons tourné autour de l'arbre que l'on voit derrière maintenant !
Cette carte postale est une photographie de Guy Janin.
Vous pourrez ici en savoir un peu plus sur l'histoire de ces cloches. Mais où se trouvent-elles sur le terrain ?
Regardons cette carte postale de la Chapelle vue du ciel, carte postale offerte et envoyée par Patrick Bellenfant, un fidèle lecteur. Merci Patrick !

Alors vous voyez ?
Non ?
C'est normal ! Le campanile est caché par les arbres ! Et surtout, le campanile fut construit en 1975 et la carte postale est de 1973...
Mais le campanile sera installé ici :

On remarquera que sur cette carte postale des éditions de la Société Immobilière Notre-Dame-du-Haut, une certaine activité règne sur le site. Des voitures sont garées presque sur le haut de la colline ! des tables sont dressées à l'extérieur. Se prépare-t-on à une messe extérieure ?
Dans son livre, un évangile selon Le Corbusier, L' Abbé René Bollé-Reddat, ne nous offre aucune opportunité de comprendre cette localisation, ni ne nous parle de ce moment si particulier que l'arrivée des cloches d'une église. C'est dommage.
Par contre, je trouve ce témoignage de l'Abbé, sur ce site :
René Bolle-Reddat écrit dans le Journal de Notre-Dame du Haut - N° 87 – de décembre 1990 :
" J’avais dit, demandé, prié :
- Jean, dessinez-moi … un campanile.
Aussitôt il avait dit oui et pour pas trop cher … S’était ressaisi bientôt :
- A côté de l’œuvre de Corbu, il ne faut pas faire de bêtise, pas détonner …
Lui qui pourtant travaillait depuis toujours dans le même esprit, dans la même loyauté et respect du matériau, que l’artiste a pour mission d’exalter, d’ennoblir …
Communauté, descendance féconde au-delà des ans, au-delà du temps … Le Corbusier est mort il y a 25 ans … Il disait à quelqu’un qui demandait :
- Ainsi, père Corbu, vous vous êtes donné une succession uniquement par votre pensée et par vos œuvres ?
- Oui, j’ai engendré, j’ai fait des p’tits, des enfants. C’est normal qu’ils aient un père quelque part, eh bien, il se trouve que c’est moi ! Je vais bientôt disparaître dans les zones célestes … Je leur ficherai la paix. Mes œuvres continueront … ils parleront de moi de temps en temps avec un mot gentil.
J’affirme, père Corbu que tout ce qui a fleuri et fructifiera encore ici à perpétuité temporelle vous est imputé à mérites ! Et à Jean Prouvé à l’heure du soir, aux temps où est annoncée la prière, des joies, des deuils … je pense à vous qui n’avez peut-être pas cru au même Ciel que moi … (il ne doit en être qu’un … infiniment multiple et varié) que le chant du bronze, de ses supports d’acier doivent aussi ébranler !"
Puisque nous sommes de retour à Ronchamp :
Cette très belle carte postale nous montre le Chœur extérieur et sa superbe volumétrie. Le soleil frappe fort, il est presque assourdissant, sans doute comme les cloches de la Chapelle lorsqu'elles se balançent dans le campanile de Jean Prouvé !
La carte postale de la Société Immobilière est datée de 1966.
mercredi 18 septembre 2013
Ivry par Jean, Renée et Laurent
Décidément !
Ivry-sur-Seine est dans l'actualité pour le meilleur et peut-être pour le pire...Grâce à Laurent Patart, je vous ai déjà montré hier, le beau travail de Ianna Andréadis sur cette ville mais voici que Laurent m'expédie également un autre dépliant tout à fait différent mais qui reprend bien les mêmes codes éditoriaux !







Mais cette fois, c'est une sorte de pendant historique au travail de Ianna Andréadis puisque les clichés sont ceux de Jean Herrmann qui a travaillé directement pour la ville d'Ivry-sur-Seine et a produit un fonds d'archives exceptionnel. Le dépliant propose donc un tout petit extrait de cette richesse et démontre bien comment une ville pouvait alors se représenter sa propre modernité dans cette période des Trente Glorieuses.
Photographiée en noir et blanc, la ville ici est plus tournée vers ses habitants, nous montrant en alternance progrès et aménagements urbains et les événements de la ville. Il y a même Youri Gagarine en visite à Ivry, à la piscine, ce qui produit un bien étrange et séduisant... cliché pour qui sait regarder.
On retrouve également quelque chose de cette photographie humaniste à la Doisneau ou encore, mais c'est sans doute le décor qui l'accentue, une atmosphère comme celle de Henri Salesse au M.R.U. analysé par Didier Mouchel.
Alors, même si ce dépliant n'interroge pas finalement la question de la photographie et de la ville face à un parti-pris éditorial et agit bien plus simplement comme une collection de clichés attachants, il n'en demeure pas moins une représentation de la ville, sans doute un rien nostalgique puisque la ville va jusqu'à l'édition d'un fac-similé d'une carte postale des éditions Raymon que nous connaissons bien ici.

On notera tout de même le "complément d'informations" apporté lors de cette ré-édition et qui nous donne au verso : " Conçue par les architectes ivryens Henri et Robert Chevalier, cette cité HLM d'un millier d'appartements est construite de 1959 à 1963, dans un contexte de crise aigüe du logement."
Le rappel à la crise du logement est souvent aujourd'hui l'argumentaire avancé pour excuser ce qui semble pour beaucoup une indigence architecturale... Pour ma part, je ne m'y retrouve pas !
Mais voici que Laurent Patart, en plus d'être un très sympathique donateur, est aussi un photographe qui aime Ivry-sur Seine et qui nous en offre une vision blanche de neige.
On y retrouve évidemment nos belles constructions de Jean Renaudie et Renée Gailhoustet vues de haut et notamment depuis la Tour Raspail ! Magnifiques points de vue, superbes montages ! Comme tout cela nous donne envie de revenir voir Ivry ! Merci Laurent !
Il se trouve que dans le même temps, celui du plaisir à voir cette si belle architecture, je reçois une alerte concernant ce quartier Jeanne Hachette dont "une restructuration" serait envisagée... Cette alerte est composée d'un site internet permettant de bien connaître et de comprendre les enjeux architecturaux, sociaux, urbains et... excusez-nous mais humanistes de ce travail de l'un des plus fondamentaux architectes du logement social : Jean Renaudie.
Lire l'interview de l'architecte sur ce site c'est comprendre comment une personnalité loin des dogmes, loin des esthétiques tape-à-l'œil, loin des préoccupations politiciennes mais totalement investi dans son rôle et donc dans sa responsabilité (c'est ça la politique de l'Architecture !) a su construire une œuvre puissante, belle et surtout parfaitement pensée pour ceux qui vivent là.
Nous espérons donc ici que les arguments de cette restructuration de ce centre Jeanne Hachette sauront préserver TOTALEMENT les principes de cette architecture. Il ne sera pas concevable qu'un tel héritage soit bradé et nous ne le laisserons pas faire.
Nous resterons vigilants. Très... vigilants et combatifs.
Vite ! Soutenez les amis de Jeanne Hachette ! Vite !
http://lesamisdejeannehachette.fr/
Regardez comme c'est beau ! Merci Laurent Patart !



mardi 17 septembre 2013
Ivry par Ianna
Continuons à découvrir ce que les photographes contemporains tirent de leurs souvenirs de l'objet éditorial que représente la carte postale.
Cette fois, il s'agit du regard de Ianna Andréadis qui nous régale de son œil sur une ville que nous aimons beaucoup sur ce blog et que nous avons parcourue bien des fois : Ivry-sur-Seine.
La ville est curieuse et l'objet éditorial d'Ianna Andréadis aussi !
Il ne s'agit pas de cartes postales isolées mais d'un dépliant comme on en voit encore parfois sur des tourniquets et qui réunit 10 cartes postales, 10 photographies de la ville dans un parcours que le titre de l'ensemble nous révèle : du port au Moulin.
L'ensemble joue parfaitement sa référence et on pourrait bien se laisser prendre au jeu et croire avoir dans la main une édition courante de cartes postales touristiques. Sauf... que, bien entendu, tout arrive à point nommé dans les images et les choix de cadrages de l'artiste pour nous dire que nous sommes là devant une photographie bien plus exploratoire, étrange, et débordée que celle de nos cartes postales. Ce qui me fait signe immédiatement c'est la couleur des ciels et nos éditeurs aiment moins suivre que Ianna Andréadis les ciels encombrés, menaçant ou troublés !
On perçoit aussi une certaine jubilation presque abstraite à composer avec les couleurs, jouer des aplats. Les phénomènes météorologiques offrent parfois des monochromes comme les feuillages orangés d'un pommier contre les briques des immeubles.
Ici, pas de cette lassitude triste des espaces contemporains, pas de cynisme des espaces pauvres, le plaisir toujours de prendre le parti de la poésie même si cela est un parti risqué et que, les images restent vides de leurs habitants.
J'ai aussi la sensation (me trompé-je ?), que Ianna Andréadis nous offre les quatre saisons... sans pittoresque ridicule, sans affection outrée.
C'est plaisant.
Le verso des images nous donne les informations suivantes :
éditions A. Leconte, éditeur (de qualité !) depuis 1920, ainsi qu'une nomination des lieux, sans mystère, le logo de la Ville et le copyright de l'artiste... modestement.
C'est une belle édition, c'est une belle promenade qui nous permet surtout, je l'avoue de revenir dans la ville des deux architectes français que je compte parmi mes préférés : Jean Renaudie et Jeanne Gailhoustet.
Et, toujours ému, je retrouve ainsi ces lieux, beaux parce qu'humanistes.
Rien que pour cela, merci Ianna Andréadis et merci beaucoup à Laurent Patart pour ce bel envoi.
Hier, l'artiste nous répond :
"Cette édition accompagne mon exposition sur Ivry "du port au moulin" qui a lieu actuellement, à l'espace Gérard Philipe à Ivry , (et qui vient de commencer (!! )
Hier, l'artiste nous répond :
"Cette édition accompagne mon exposition sur Ivry "du port au moulin" qui a lieu actuellement, à l'espace Gérard Philipe à Ivry , (et qui vient de commencer (!! )
mais c'est un projet en soi.
Dans l'exposition je présente les photos par triptyques ( tel qu'on voit sur la couverture et la quatrième-dos du dépliant).
C'est en effet l'enregistrement d'un parcours de deux extremités d'Ivry, le titre étant choisi pour le coté "dépaysant " tout en étant tout à fait ivryen ...
J'ai décidé de ce titre, et du choix des images / des lieux pour les cartes postales , qui sont tous des "haut lieux" d'Ivry"
samedi 14 septembre 2013
French play-ground factory with Jacques Simon and Pierre Székely
On y a découvert le Group Ludic, Sculptures-Jeux ou encore les belles inventions de Pierre Székely qui mériterait à lui seul une belle rétrospective tout comme l'incroyable Jacques Simon dont on se demande pourquoi aucune institution ne lui rend un vrai et bel hommage.
Faisons donc un point avec ce qui vient d'arriver dans ma collection nous permettant à nouveau de nous régaler de ce genre : l'aire de jeu.
Retrouvons un lieu :
![]() |
| éditions la Cigogne, 1976. |
![]() |
| éditions la Cigogne. |
Deux cartes postales du quartier de la Croix-Rouge à Reims qui posséda en son temps un ensemble de jeux pour enfants extraordinaire.


Sur ces détails, on peut percevoir cette aire de jeux qui était également alimentée en eau et permettait aux enfants de se rafraîchir. Ces détails me permettent d'évoquer à nouveau le centre commercial "La Rafale" chef-d'œuvre disparu et, au loin, les belles coquilles de la Faculté. Comme il était beau ce quartier Croix-Rouge de Reims avant.... avant....
Mais ce magnifique travail d'aire de jeu est dû à Jacques Simon et à Ludovic Bednar. Dans l'excellent ouvrage de Jacques Simon et Marguerite Rouard, Espaces de jeux, on trouve bien ce travail représenté et décrit. Je ne résiste pas, excusez-moi Madame et Monsieur les auteurs, à citer ces pages tellement elles sont pour moi importantes dans l'histoire de la pensée de ces aménagements urbains et sur la philosophie de l'époque bien révolue malheureusement.






Un autre jeu fait de rondins est, lui, proche de celui de Nanterre que nous avions vu ici. On remarque là également l'intrépidité des enfants !

On retrouve bien ce jeu de rondins sur une double page dans l'ouvrage nommé plus haut ! Les auteurs nous apprennent que les auteurs de cet espace sont Violet et Brichet, que le mikado géant est de Jacques Simon lui-même et que la mise en service a eu lieu en 1971 !
Je vous donne photos et article qui sont bien signifiants de l'attitude particulière et généreuse des auteurs de cette aire de jeu !





À la montagne :
![]() |
| éditions EDY. |
Très belle carte postale nous montrant le très beau jeu pour enfants aux Arcs 1800 !
Quelle merveille !
Ici, faisant bien la vedette de l'image, les éditions EDY ont su photographier cette aire de jeu avec attention. Il devait être bien amusant et effrayant de glisser dans le tuyau entre les deux polyèdres de résines ! On en profite aussi pour se régaler des très beaux lampadaires. Oui.

Plus éloigné :
![]() |
| éditions Raymon, photo de J. N. Duchâteau, 1980 |
Nous sommes à Bobigny devant le parc municipal. La carte postale des éditions Raymon nous permet de bien saisir les qualifications d'espaces au pied des tours et des logements. Désir de verdure, désir de jardin, j'aime tout particulièrement le praticable de bois qui aurait bien pu faire notre affaire à Thomas Dussaix et moi-même lors de notre exposition instabilisation(s) !
Quelle belle petite construction pour évoquer presque la Fonction Oblique !

En courbe :
![]() |
| éditions Raymon. |
Retour à L'Haÿ-les-Roses. Nous sommes devant le groupe de logements Terre-Famille qui nous régala déjà par de belles images de l'œuvre de Monsieur Székely. Retournez ici ou encore ici.

Mais ce morceau de béton très bien dessiné et qui semble peint en partie (mosaïque ?) appartient-il également au projet de l'artiste ? Oui si on est attentif au cliché déjà publié. On retrouve au fond de l'image nos bacs à sable. Ils semblent sur cette carte postale déjà un rien dégradés ce qui serait le signe d'une grande fréquentation et de son succès !
à lire d'urgence :
aménagement des espaces libres,
400 terrains de jeux vus et commentés par Jacques Simon
directement chez l'auteur.
un chef-d'œuvre éditorial, presque un livre d'artiste !
Espaces de jeux,
de la boîte à sable au terrain d'aventure.
Marguerite Rouard/ Jacques Simon
éditions D. Vincent
copyright 1976 by Verlag Gerd Hatje, Stuttgard.
Magnifique !
Pour connaître un peu mieux Jacques Simon : Son site
http://simonpaysage.free.fr/
Pour connaître un peu mieux Pierre Székely :
http://j.p.karinthi.free.fr/
vendredi 13 septembre 2013
Royan rare, Royan connu, Royan traversé
Il faut dire que je prépare quelque chose qui vient un peu prendre le dessus sur le travail fait ici. Il est temps de reparler de la plus belle ville du Monde grâce à des cartes postales offertes par Claude et par des arrivages divers. Merci Claude.
Soyons fous, on va commencer par une vraie rareté :

Cette carte postale Combier nous montre l'Hôtel Beau Rivage que nous avons déjà découvert par une autre carte postale ici. Mais cette superbe carte postale nous permet de bien juger la qualité de dessin de sa façade et de son jeu graphique que l'on doit aux garde-corps des balcons qui ont la particularité étonnante dans la partie basse d'être débordants sur l'étage inférieur offrant ainsi un brise-soleil ! Mais cela produit sans aucun doute surtout une façade graphique riche et si typée de l'époque. On le devine mal sur ce cliché en noir et blanc mais le pan de mur intérieur à chacune des alcôves était peint d'une couleur vive : rouge je crois. Ayant dormi dans cet hôtel il y a peu, je me permets de vous le conseiller pour vos séjours dans la plus belle ville du Monde.

Depuis le ciel :

Toujours chez Combier éditeur, cette carte postale semble hésiter entre photographier la galerie Botton ou photographier la ville vers la tache verte ! Pas toujours facile en effet de concilier la plage et la ville dans le même cliché.
Mais c'est réjouissant de voir ainsi se dérouler la Grande Conche le long de la mer mais aussi, ici c'est bien visible, le long de la forêt ! On admire aussi le très beau dessin de la galerie Botton que l'on retrouvera bientôt à son identique.
Descendons :

Imaginons le photographe de cette carte postale Yvon avec tout son corps penché par dessus le parapet du portique pour faire ce cliché ! Regardez comme nous débordons dans le vide pour pouvoir saisir la courbe du Front de Mer !
On devine à peine le Casino mais nous pouvons observer comment ce Front de Mer était bien plus beau sans les honteux agrandissements et débordements des commerçants sur cet espace qui aurait dû rester public ! Même si, sur cette carte postale, on commence à sentir la pression des terrasses... Dégageons vite tout cela ! Un peu de dignité patrimoniale !
Un espace particulier :

À force de vivre dans la plus belle ville du Monde et d'en voir des images, on oublie les particularités d'espaces de cette dernière. Or cette carte postale La Cigogne, nous montre bien comment les architectes et les urbanistes avaient pensé des espaces de ville dont la qualification était difficile. Sommes-nous déjà à la plage ? Sommes-nous sur un trottoir ? Sommes-nous sur une place publique ? Sommes-nous sur une avenue ?
Tout cela à la fois ! Et c'est bien la belle qualité de la pensée de cette ville, de son invention. Et si on regarde les promeneurs on trouvera tous types d'utilisations !
Une petite fille joue avec un petit tricycle comme sur les plages du Nord. Un petit garçon revient du bain avec sa serviette sur la tête ! Un Couple bien chic fait du shopping !
C'est ça Royan ! C'est ce génie subtil d'un plan jouant entre balnéaire et ville à vivre, entre proximité de la mer et confort moderne.
Toujours j'aimerai à Royan, au sortir du marché, tomber sur une femme chic ayant fait l'achat de sa dernière paire de chaussures accompagnée de l'adolescent en maillot de bain encore mouillé par la leçon de surf dont les pieds nus laisseront une trace que le soleil bien trop chaud parfois fera évaporer le temps d'une réprimande pour un retard au rendez-vous...
Vive Royan !
J'arrive !



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