lundi 2 octobre 2017

Istanbul américaine, européenne, internationale.




Au tournant du virage apparaîtra la beauté simple d'un immense parallélépipède percé d'ouvertures. Mendes, le photographe, heureux de ce surgissement, en fera une photographie chic en noir et blanc, spécialement décalée dans son format, comme un objet précieux dans un écrin. Le papier photographique de cette carte postale est solide, d'une matité qui donne au piqué de l'image toute sa chance. On notera que le photographe signe par un tampon sec et un gaufrage son nom dans l'image.
Il s'agit d'une carte postale d'une certaine classe, la première, sans doute.
Mais c'est aussi parce que cet immeuble n'est rien moins que l'Hôtel Hilton d'Istanbul.
Et la machine à rêver se met en route. Tourisme international, Jet Set, diplomatie souterraine James Bondesque et marchés juteux à l'International, tout est inscrit dans ces deux mots : Hilton et Istanbul. On dira une atmosphère.
Il fallait de grands architectes internationaux (et donc à cette époque américains) pour construire cette beauté moderne. Il faudra donc Skidmore, Owings et Merril mais aussi, associé, Sedad H. Eldem.
Comme l'objet est beau et moderne, comme il signe son époque, la revue l'Architecture d'Aujourd'hui le mettra sur sa couverture du numéro de septembre 1955 et fera un bel article de deux pages. On notera que l'une des photographies de cet article est très proche du point de vue de la carte postale. Le désir de montrer le paysage dont l'hôtel est la vigie moderne est certainement la raison du succès de ce cadrage.
Est-il encore aujourd'hui nécessaire et utile d'aller là-bas ?
Les photographies de l'article sont de Othmar Pferschy.











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