samedi 10 mars 2018

19 piges au Banlay


Il faut voir comment le pèlerinage au Banlay est devenu initiatique, comment ce caillou au milieu des pavillons est devenu pour eux, 19 piges et un peu plus, leur grotte où ils ne s'agenouillent pas mais restent debout à écouter, regarder, palper, analyser, photographier en " argentique" comme ils disent maintenant.
Le brutalisme en France est bien là, dans leur avenir.
Louis Lepère est venu à Banlay. Je l'ai rejoint sur son insistante et enjouée invitation. Il lui fallait bien deux curés en quelque sorte. Nous devons d'ailleurs, Louis et moi,  immédiatement remercier le Père Yves Sauvant qui nous a si gentiment ouvert son église de Nevers, qui a su raconter à Louis son espace et son histoire. Une patience infinie, merci Père Yves Sauvant.
Faut-il encore le dire, est-ce encore nécessaire ici d'affirmer le génie total et complet de ce lieu, la beauté parfaite de ses images, l'intelligence constructive que l'on oublie un peu plus souvent, intelligence de ses deux porte-à-faux maintenus au-dessus du vide par un lanterneau, nervures qui font les tensions internes et le seul décor de l'église. Car on évoque souvent le bunker, la grotte mais j'en aime aussi les solutions techniques qui confirment l'infinie connaissance de Claude Parent de ce matériau, opposant sans cesse l'impression de son épiderme, le carrossage de ses formes et sa fracture initiale qui se doit de tenir, comment il a en quelque sorte suspendu leurs rêves à la réalité de la précontrainte.
Banlay...
Même si Sens reste pour moi un jalon personnel qui me touche, même si cet autre rocher échoué sur un parking chante encore et pour toujours un tellurique assaut, Banlay est une œuvre d'amour pur.
Car son innocence extravagante, son baroque qui hurle un monde brutal, au bord de l'effondrement général, sont dessinés pour qu'une jeune femme, Bernadette, habitée, ayant reçu la Parole, puisse s'y cacher. Nevers est le refuge pour cette jeune femme esseulée face à sa responsabilité trop lourde du message.
Comment incarner une telle solitude ?
Alors viennent là l'innocence joyeuse des 19 ans de Louis, son effarement jubilatoire, les mains dans le dos de peur de casser quelque chose puis ces mêmes mains rougies sur la maquette de bois, l'œil visant les perspectives, les raccords, les tensions, et la question pour laquelle il veut une réponse, même question en somme que Bernadette : "Pourquoi moi ?"
Pourquoi, en effet, se sent-il concerné, pourquoi cette histoire de l'architecture, de ce matériau soudain résonne chez lui alors qu'il y a seulement quelques étés en arrière (trois ou quatre tout au plus) tout cela ne le touchait pas ?
Pourquoi la jeunesse a besoin de sentir les façades s'éclairer, les liens se construire et les politiques s'y joindre dans un tourbillon d'idées, de concepts qui lui donnent presque le tournis ?
Car Louis est exigeant.
Et c'est ton exigence, Monsieur Lepère que je remercie.
On se voit jeudi à l'école ?
Tu reprendras ta parole.

Pour revoir une toute petite partie des articles sur Claude Parent :
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2014/10/bernadette-me-fait-signe.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2017/04/claude-parent-en-express.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2016/08/claude-parent-entre-patrimoine-et.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2016/06/hommage-claude-parent.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2016/05/a-lenseigne-de-la-banlieue-claude-parent.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2016/02/une-derniere-lettre.html
http://archipostalecarte.blogspot.fr/2015/05/le-centre-commercial-de-ris-orangis-les.html http://archipostalecarte.blogspot.fr/2015/04/un-centre-commercial-monument.html
http://archipostcard.blogspot.fr/2011/04/sens-un-centre-commercial-monument.html

Merci de ne pas oublier que le combat pour le classement du centre commercial de Ris-Orangis continue. Le dossier a été déposé il y a six ans maintenant... On en reparle bientôt !
Signez la pétition ici :
http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N29781 







































































































































1 commentaire:

  1. Le Comité de Vigilance se souviendra toujours !

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