mercredi 8 février 2017

Je suis amoureux



- Jean-Michel, voici le courrier. Il y a une lettre du Maroc, je crois que c'est Hassan.
-Ah ? Merci Yasmina.
Jean-Michel, méticuleusement, ouvrit l'enveloppe d'un coup de lame rapide. Il aimait toujours le bruit que cela faisait. En effet, le courrier venait du Maroc, avait été expédié cinq jours avant. Il reconnut immédiatement la piscine et retourna la carte postale. Son ami Hassan lui écrivait depuis Sidi Harazem, depuis la somptueuse piscine circulaire de Zevaco. Jean-Michel se projeta d'un coup sur place, se rappela sa visite avec Mohamed de ce lieu magique. Hassan était leur guide et aussi un ancien ouvrier maçon qui avait travaillé avec le père de Mohamed. Ce détail, Mohamed ne le connaissait pas. Jean-Michel lui montrera la carte postale demain. Aucune mention à Yasmina qui, pourtant, avait bien connu Hassan. Jean-Michel regarda Yasmina qui vaquait à ses occupations matinales ne semblant pas touchée par ce détail. Jean-Michel se promit que demain il montrerait la carte postale à Mohamed et qu'il lui dirait qui était Hassan. Il posa la carte postale sur le bureau, bien en évidence, pour se rappeler d'en parler.
Jean-Michel et Yasmina n'eurent jamais l'occasion de revoir le Maroc.
Mohamed y retourna avec son fils Alvar quelques années plus tard.
Hassan serait à l'aéroport.




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Mon Denis,
Je suis amoureux. (de toi encore).
De toi encore.
Nous nous étions fait la promesse de tout nous dire alors je continue à tout te dire.
Il est venu la semaine dernière me voir à la fin des cours, il avait avec lui un livre sur les brouillards toxiques. Il voulait savoir si j'allais bien. Il est reparti aussi vite. J'ai regardé son dos. J'ai compris.
J'écris tout cela dans le carnet que tu m'as laissé. J'ai proposé l'argent à mon père pour faire le montage de l'expo sur mon arrière-grand-père. T'aurais vu leur tronche ! Je ne sais pas quoi foutre avec ton argent. Alors pourquoi pas. Mon père s'y refuse, étrangement c'est ma mère qui est pour.
Je t'ai pas dit. Il s'appelle Walid. Walid. Walid ça me fait marrer car je me dis que Walid je peux le lire comme valide. Tu vois où j'en suis.
J'ai rendu mes partiels. Pas terrible sauf mon texte sur Parent. Tu devineras facilement qui m'a aidé. Tout le monde est gentil avec moi, comme si du mou s'était installé entre eux et moi. Une prévenence prévenance, c'est comme ça que David m'a dit que ça s'appelait. Une prévenance. J'aime bien. Mais ça me fait mal aussi car je sais que c'est sur ton absence que ça se pose. Au début ça me faisait chier cette attente des autres de ma tristesse.
Dis-moi que d'une manière ou d'une autre, tu reviendras.
Walid te ressemble. Pas physiquement. Mais par sa manière de me laisser de l'espace. Il sent bon.
Il me dit tout le temps : "comme tu veux". Des fois c'est pénible.
Il faut qu'on fasse un projet de réhabilitation. J'ai choisi un truc déjà démoli. La halle de Fontainebleau. Avec Walid, on va sur place, vendredi. On verra jusqu'où on ira. Je te dirai. Je te dis tout.
Je suis amoureux.
Jean-Jean.
PS : ci-jointe, une carte postale envoyée par Gilles et Mathew.
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Carte postale des éditions Alfred Mainzer.

Tu avais raison. Pas si facile de trouver une carte postale du World Trade Center à New York aujourd'hui. Celle-ci chinée dans un Yard-Sale, au petit matin, hier. Mathew a aussi chiné un grand mug Chewbacca qu'il te donnera au retour en mars. Sois patient ! Bises de nous deux. Gilles et Mathew.

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