mercredi 31 octobre 2018

Stynen à découvrir

C'est sans doute une certaine forme de fidélité qui fait que je vais vous proposer une architecture de l'un des plus grands architectes belges : Léon Stynen. Cette fidélité est une fidélité amicale née il y a bien longtemps maintenant lorsque j'étais au collège comme élève et que Philippe Radigue y était mon enseignant en Arts Plastiques ! Vous imaginez... Milieu des années 80...
Mais c'est bien grâce à Philippe Radigue que j'ai aimé l'art, que j'ai pensé en faire mon avenir et donc, finalement écrire ce blog aujourd'hui.
C'est Philippe Radigue qui, il y a peu, me parla pour la première fois de Léon Stynen architecte dont je l'avoue je n'avais jamais entendu parler jusque là.
Alors :






































Oui.
Cette merveille de béton brut qui monte vers le ciel accompagnée de sa frêle croix de fer est bien une église, c'est Sainte Rita à Harelbeke. Facile d'imaginer mon choc en découvrant ce beau morceau de brutalisme au béton plié brut. Existe-il plus radical ?
La carte postale est une photographie de J. Vandecasteele qui fait là un très beau travail, durcissant le contraste, construisant parfaitement son cadre, donnant à l'église Sainte Rita toute sa force de surgissement. C'est très direct. On aime aussi les petits arbustes venant troubler de leur fragilité la peau du béton pas encore peint de blanc comme ce le sera plus tard malheureusement.
La forme évoque celle de la tente, celle d'une forme primitive de l'abri comme fossilisé par la Foi. C'est la force du béton qui, même à partir d'un dessin très épuré donnera toujours un sentiment de puissance, même si personne ne peut imaginer que l'épaisseur de ses plis, de sa coque n'est que de 8,5 cm... Une coquille donc.
L'œil voit un cône tronqué comme pour calmer l'ambition de gratter trop le ciel et pour aussi éviter l'image d'un cône alpin par trop simpliste. La surface ainsi ouverte laissera aussi passer la lumière à l'intérieur :






































Quelle photographie !
J. Vandesteele fait là un bien beau cliché où le grain de la photographie sert merveilleusement le grain du béton. Les verticales des plis à l'arrière jouent bien avec les tuyaux de l'orgue qui pourrait presque être considérée comme une maquette de l'église elle-même ! Le mobilier est superbe, raide, dur, sans concession, tout doit tenir dans l'émotion spatiale orchestrée par la lumière. Oui, messieurs les petits photographes contemporains, Monsieur Vandecasteele ne vous a pas attendus...
Allez, va prendre vite ton appareil et cours vers la Belgique faire tes photos pour la FIAC en jouant au découvreur.
Et que dire de l'audace de Monsieur Vandecasteele lorsqu'il cadre l'orgue ainsi, d'encore plus près ?



Tout se ramasse, tout se tasse, l'abstraction est tout au bord du monde, l'œil doit fouiller l'image. Le photographe coupe même l'élan de l'orgue, ratiboisant ses pointes !
Pour bien connaître Léon Stynen, je vous conseille l'exposition qui lui est consacrée en ce moment jusqu'en janvier :

https://www.vai.be/en/news/stynen2018
https://www.lecho.be/sabato/architecture/casino-king-sur-les-traces-de-l-architecte-leon-stynen/10027532.html
Pour tout savoir sur Sainte Rita :
http://www.eglisesouvertes.be/church_detail.asp?n=sint-rita&churchID=1835 

La Belgique Brutaliste est un terrain de jeu pour nous. C'est par le partage des connaissances qu'elle se révèle, sans laisser croire ni à sa rareté, ni à sa découverte ou à son invention. Espérons donc que les amis belges protégeront ses merveilles que nous aurons plaisir à venir, revenir voir.
Merci Philippe pour se partage et pour tout le reste. (Pudeur)
http://archipostalecarte.blogspot.com/2018/09/brutalisme-belge-2-sos-brutalism.html
http://archipostalecarte.blogspot.com/2018/07/brutalisme-belge-1.html





















































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