mardi 15 septembre 2020

C'est la zone, Marcel !

 Il est toujours bien de faire une petite promenade en se déplaçant d'image en image, en ne sentant comme air frais que celui de sa chambre, ordinateur sur les genoux, certain de n'avoir pas à décider par où il faudrait passer. Parfois c'est le photographe des éditions de cartes postales qu'il faut suivre tranquillement.

Nous ferons cette petite fugue dans la Zone Verte de Sotteville-lès-Rouen, grande machine urbaine et architecturale de Marcel Lods, l'une des plus belles de France.


On se mettra d'abord d'emblée au bas d'une tour, l'immeuble Touraine, véritable déclaration d'amour à la préfabrication dont tout le jeu plastique tient dans l'application rigoureuse d'une économie et d'une intelligence. Comment ne pas tomber sous le charme d'une modénature aussi parfaite ? J'aime même les froissements et les plis de cette carte postale Combier qui viennent contredire la rigueur de l'ensemble. Le redressement des verticales par le photographe fait tenir la Tour debout, fermement sur son sol, comme isolée dans sa prétention moderne alors que...



on la retrouve ici articulée avec une barre qui traverse son champ de vision. Remarquez comme, depuis  ce point de vue, la Tour Touraine semble bien moins haute, plus tassée dans ses proportions. La carte postale Estel est bien plus précise que la Combier. Elle nous donne le nom des barres au fond de l'image, barre Gascogne, barre Dauphiné (au loin), elle nous donne aussi le nom des architectes : Marcel Lods, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, Monsieur Alexandre, architecte D.P.L.G, Monsieur Yvelin  architecte A.P.

Sur cette exemplaire Michèle fait le geste idéal : elle place avec une flèche au stylo-bille son appartement qu'elle entoure aussi d'un trait bleu. Voilà la fonction parfaite de la carte postale bien respectée par Michèle. Être dans le Monde, y trouver sa place dans la grille de la Modernité. Elle ne s'en plaint pas, elle donne la chance à Mauricette de comprendre l'espace de sa vie. Parfait, je vous dis.



Il faut rencontrer aussi l'espace libéré par la densité. Il faut se rendre Place de la Liberté, sous l'ombre d'un conifère. Le photographe de chez Combier comprend bien qu'il est difficile de faire image avec un vide urbain. C'est pour cela qu'il encadre l'image des branches solides de l'arbre donnant l'impression que la ville  surgit toujours au fond d'une clairière quand bien même celle-ci serait un espace urbain. L'air circule et au fond on retrouve nos constructions. C'est dans cet espace que j'ai rencontré Simon Boudvin et ses étudiants, il y a peu. Mais à gauche, surgit l'immeuble Garibaldi l'un des plus beaux de France, l'une des plus belles réussites de Marcel Lods. Implacable de poésie. Il ne faudra pas que l'écologie et les politiques de pseudo-requalification viennent épaissir ces merveilles. Il faut immédiatement les classer, les protéger, interdire toutes interventions qui en troubleraient l'écriture. N'y touchez pas. N'Y TOUCHEZ PAS.



Pour voir ou revoir Marcel Lods :http://archipostcard.blogspot.com/2012/11/territoire-marcel-lods.html

https://archipostalecarte.blogspot.com/2019/08/au-petit-matin.html

https://archipostalecarte.blogspot.com/2018/02/marcel-lods-actualites-bonnes-et-tristes.html

https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/01/le-juste.html

https://archipostalecarte.blogspot.com/2016/01/le-juste.html etc..........

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