vendredi 1 septembre 2017

J'y suis, je crois y être

La vraie vocation de la carte postale est ici parfaitement appliquée :


Sur une photographie pouvoir se situer, affirmer sa présence, dire aux absents son lieu de passage ou de résidence.
Discrètement, même délicatement, une petite croix bleue se pose sur le haut de la fenêtre de l'Hôtel Parisien pour, sans doute, affirmer le lieu du séjour. Je connais bien ce lieu, je le rêve, je le parcours parfois, j'ai toujours aimé comment Notre-Dame de Royan apparaît en haut de la rue... Notre-Dame. J'ai toujours aimé l'escalier des petites constructions identiques enfoncées comme en retrait de l'alignement de la rue.





Une ville, si c'est un ensemble de bâtiments rassemblés, c'est aussi la manière dont leurs découvertes s'articulent, comment soudain, surgit ou disparaît une construction. C'est aussi le plaisir de cette carte postale Cap qui est bien une carte promotionnelle pour l'Hôtel Restaurant Parisien puisque, sur son verso, sont indiquées l'adresse et les périodes d'ouverture. Facile de vivre ce moment où le client, le vacancier, parlant avec le gérant, trouvait sur le comptoir la carte postale de son lieu de séjour, achetait la carte postale et dans ce moment toujours spécifique pouvait être à la fois dans l'image et dans le réel, moment tendre de projection, de réalité augmentée.
Les cartes postales promotionnelles ont cet avantage pour nous maintenant de nous montrer des lieux moins iconiques, moins représentés que les grands événements architecturaux de la Ville de Royan. On n'y voit rien d'abord puis l'œil sort progressivement de la sidération d'être là pour entrer doucement dans l'image, en capter tout ce qui ne semble pas essentiel. L'œil, paraît-il, a cette capacité si difficile à reproduire par les machines optiques d'avoir dans le temps même de la vision, une capacité à lire à plusieurs degrés, dans diverses profondeurs d'analyses d'une image. Il m'aura fallu un temps pour voir un vélo appuyé sur le mur, l'absence de clients sur la terrasse ou même le choix de l'heure pour que le soleil éclaire bien la façade. Le matin, il me semble. Il s'agit d'un rendez-vous professionnel, le photographe est venu, a salué le gérant, a pris rendez-vous pour montrer les futurs clichés et peut-être en choisir un ou deux pour l'édition de cette carte postale. N'oublions pas cela aussi, c'est l'un des autres moments de cette image, sa responsabilité à être digne de l'établissement. Elle est une construction simple mais nécessaire : promouvoir. Pas d'effet de style, pas de point de vue artificiellement original, pas de jeu, il faut mettre en avant la présence à hauteur d'homme dans la rue, de l'établissement hôtelier. Le croisement des rues, l'apparition un rien coupée mais tout même lisible de Notre-Dame de Royan permettront tout de même de situer dans la plus belle ville du Monde le lieu de cette villégiature. C'est simple. C'est aussi sophistiqué. Et ceux qui croient encore que les photographes de cartes postales ne sont pas des photographes, devraient d'abord regarder c'est-à-dire travailler. Je les plains.
Parce que la carte postale est aussi et encore un monde d'analyse, continuons dans la masse de la production royannaise de lire et d'apprendre. Continuons dans des images simples et construites de pourvoir partir. Je suis à Royan. Je suis à Royan, ne me dites pas le contraire.

Point de vue actuel, on voit comment la BNP a massacré les ouvertures :

 

Deux belles cartes, si sensibles, d'abord une édition Cap puis une édition Elcé (L. Chatagneau) expédiée en 1962



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