mardi 23 mai 2017

Tranquille Royan



Je ne connais pas Sandrine Marc.
Je ne sais pas ce qui constitue sa générosité à mon égard.
Mais je reçois et je regarde.
Il s'agit d'un petit livre de photographies sur Royan, livre d'artiste car tout y donne cette belle sensation d'un montage à la main, d'une édition précieuse, délicate presque attendrie à la ville de Royan. Pas de texte contextualisant le regard, peu d'informations hors les photographies elles-mêmes et la pagination.
On y voit un Royan très marqué par les années cinquante essentiellement tourné sur ses villas et pas du tout sur le reste de l'architecture comme Notre-Dame ou d'autres constructions moins balnéaires. Il s'agit de cadrer les détails, de fouiller dans les formes, d'associer le ciel toujours bleu comme dans nos cartes postales et les couleurs et la blancheur des lieux.
Se dégage de l'ensemble, vidé souvent des habitants ou des corps prenant le soleil, une tranquillité, une paix assez étonnante, délicate, comme hors saison. Le Royan que j'aime, celui des volets clos.
Se reculant peu, au contraire affirmant la visite, on devine la photographe demandant de pouvoir entrer dans les jardins, monter sur les balcons pour cadrer ici une ferronnerie, ici une trouée dans une haie, là un coin de ciel dans une découpe du béton brésilien. Les ombres des palmes se découpent sur les écrans des façades. Matisse est venu là sans doute.
C'est beau.
Nous regretterons que, alors que toutes les villas sont bien nommées, les architectes soient oubliés. Mais je fanfaronne. Ce n'est pas si grave, je me promène et je découvre encore des points de vue à moi inconnus.
Sandrine Marc nous indique sur son colophon (vous voyez mes étudiants que c'est important) qu'elle a réalisé les photographies entre 2011 et 2014, mon exemplaire en édition d'artiste est signé. On devine une lenteur obligée par la fabrication à la main, par l'assemblage minutieux et peut-être aussi pour prendre le temps de bien connaître les images.
Alors je ne sais pas si vous pouvez acheter ce livre, je ne sais pas sa destination. Soyez jaloux !
Je vais donc vivement remercier Sandrine Marc pour cet envoi et la féliciter pour ce travail sur un Royan tranquille.
Et, devant les images, dans les espaces adoucis du cadre, je pense que cela fait bien longtemps que je suis venu là, sous le ciel de la plus belle ville du Monde.
Vous trouverez sur le site de Sandrine Marc tous les compléments d'informations sur son travail et vous comprendrez mieux les accointances avec ce blog :
http://www.sandrinemarc.com/










Comme il y a longtemps que je vous ai montré des cartes postales de Royan, voici une nouveauté qui jouera, je le crois, comme une adresse à Sandrine Marc :


Difficile de résister à cette belle carte postale de la maquette de la future ville ! Il s'agit d'une édition Bourdier comme celles que nous connaissons déjà. Je vous donne le verso car le correspondant date la carte de 1952 (!) et surtout, pour une fois, nous donne son avis positif sur la Reconstruction de la ville. On notera la touche d'humour sur les entrepreneurs qui roulent en automobile Vedette !
Pour ma part, j'aime toujours autant la nuit noire et profonde sur la moitié du cliché.







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