mardi 7 mars 2017

y a le téléphon qui son

Dans l'autre sens.
Oui, parfois ça commence à l'envers.
Je chine d'abord cette photographie de presse, provenant de l'AGIP et datée du 17 septembre 1974 :



Remercions Robert Cohen d'avoir ainsi immortalisé Jacques Rabinel l'architecte de ce central téléphonique mais regrettons qu'il soit ici nommé Jean...
Car il s'agit bien de Jacques Rabinel qui construisit ce central téléphonique d'une très belle maîtrise volumétrique dont on peut se réjouir, pour un tel programme, d'une attention esthétique et technique aussi poussée. Faire architecture c'est bien faire architecture avec tous les objets de la ville. La photographie nous montre donc l'architecte pointant du doigt la maquette dans une iconographie presque obligatoire de l'architecte devant son œuvre. La description de la photographie ne nous dit pas où nous sommes exactement. On devine au fond de l'image des plans, des coupes posés un peu en désordre.







Lorsque je trouve cette photographie, je sais que quelque part, dans mon Fonds, traîne une image évoquant ce morceau d'architecture. Mais où ? Il me faudra un moment pour retrouver la carte postale rangée dans l'une des nombreuses boîtes Ikea attendant de trouver son classement car, voyez-vous, j'étais persuadé au début d'avoir lu un article et non d'avoir vu cette carte postale :



Remercions une fois encore les éditions Raymon d'avoir fait cette carte postale absolument étonnante pour son choix de cadrage ! Le photographe vient dans ce jardin grillé par le soleil et à l'entretien un peu déclinant pour pointer au loin les deux Tours Mercuriales et bien entendu ce central téléphonique de Monsieur Rabinel, l'architecte. Pourquoi cette carte postale ? Et surtout pour qui ? Qui, en effet, pour donner des nouvelles de sa famille, choisira ce genre d'image mêlant le charme éteint d'un jardin négligé et la modernité des constructions ? Il faudra demander à Monsieur J.-N. Duchâteau, le photographe des éditions Raymon ce qu'il est venu faire là. Monsieur Duchâteau nous a déjà bien régalé de vues et de cartes postales sur ce blog. La carte postale nous donne Bagnolet, le nom des Tours Mercuriales mais pas celui des architectes. On notera que le photographe marche littéralement sur la plate-bande pour faire son cliché !





Le cadrage en tout cas nous permet d'apprécier la très belle façade de ce central téléphonique, façade composée de triangles colorés alternant le bleu et le blanc et offrant l'une des architectures les plus cinétiques de la Région Parisienne ! Les vitres bleues sont celles qui sont transparentes. Ce jeu formel d'une grande élégance vient travailler avec des blocs aveuglés de noir, monolithe technique que l'on voit blanc sur la photographie de la maquette. Il semble que d'ailleurs sur la carte postale les petites tours placées devant la façade cinétique ne soient pas construites. Aujourd'hui, Google Earth nous permet bien de les trouver. Peut-on peut en conclure que le photographe se place ainsi pour camoufler le chantier de ces petites tours ?
Dans l'excellent et très complet Guide d'architecture Paris d'Éric Lapierre on retrouve notre architecte Jacques Rabinel et une fois encore pour un central téléphonique, cette fois dans le 15ème arrondissement. Éric Lapierre nous en fait une description qui pourrait tout à fait se coller à celui de notre carte postale, affirmant que : " Une architecture qui témoigne d'une époque où il avait déjà été envisagé qu'un bâtiment puisse se présenter comme une sorte de sculpture plutôt que comme une construction."
Quel avenir pour ce genre d'objet architectural ? Saura-t-il tenir tête aux bouleversements techniques ? Comment, le cas échéant, maintenir alors sa beauté, sa puissance dans une reconversion réussie ? On a le droit d'avoir peur...






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