mercredi 7 janvier 2015

Chantiers d'expériences

Et voici la belle image :



Elle est en noir et blanc, elle montre des blocs posés sur de pilotis en V, elle affiche clairement son very Hard French style, elle est plus qu'une image, elle est une icône.
Ces trois tours sont de Raymond Lopez, architecte associé à Gravereaux. On notera d'emblée que ceux-ci ne sont pas nommés par l'éditeur d'Art REMA.
Le photographe recule, recule, recule sur le pont pour obtenir dans son cadre les trois tours ensemble. Elles se dressent ainsi comme une porte monumentale de la ville de Brest et donnent à voir avec fierté cette France moderne de 1953.
Oui 1953...
On remarque que les blocs ne sont pas sur une base carrée mais des U très resserrés donnant presque la sensation de deux barres accolées. Pas de doute, cela tient l'image, cela fait ville. Une forme solide, dure mais que l'époque voulait puissante.





L'ensemble est encore en travaux et même en peinture si on en croit un échafaudage pendu dans le vide et le pied des trois tours.  À moins qu'il ne s'agisse d'un toilettage. Ça prend grave le soleil comme diraient les jeunes.
Les pilotis ici ne libèrent pas grand chose, allègent sans doute un rien le poids visuel de telles masses.
On aimera comment la route ouvre au premier plan l'image à hauteur d'homme, comment nous sommes des compagnons de promenade du photographe qui laisse venir le flou du parapet et monter les lampadaires fièrement dans le ciel.
Dans le toujours excellent Architectures en Bretagne au XXème siècle* on trouve une photographie aérienne nous montrant les trois tours et une quatrième en chantier. On apprend surtout que celles-ci faisaient partie du programme chantiers d'expériences et que, l'expérience tourna court suite à des difficultés de jointure et d'étanchéité.





L'architecte Raymond Lopez, en Normandie, on le connaît pour ça, l'église de Saint-Valéry-en-Caux, que je n'arrive vraiment pas à trouver belle. J'essaie pourtant. Mais non, je ne peux pas. Ce n'est pas grave. Peut-être devrais-je y retourner ?



Je profiterai de cette promenade, pour aller voir aussi cette autre construction de Raymond Lopez à St Valéry-en-Caux, Bâtiment qui a eu droit à une double page dans Architecture d'Aujourd'hui en 1961. Mais regardons d'abord cette carte postale Cap, qui installe d'abord le décor, la plage de galets et la falaise avant d'installer la construction comme une strate supplémentaire de l'événement géologique. Au bord, la Modernité au bord...



Et plongeons-nous maintenant avec bonheur dans la revue :






*Architecture en Bretagne au XXème siècle
Philippe Bonnet-Daniel Le Couédic
Palantines éditions.

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