mardi 30 avril 2013

des halles en France : in extremis.

A Vitry-le-François, quand un éditeur de cartes postales veut montrer les halles reconstruites après les bombardements de la ville, il choisit de nous montrer ça comme ça :



Et il a raison car la grande beauté de ces halles tient bien à ce beau dessin du réseau de nervures de béton de sa charpente.
L'ensemble reprend bien pourtant une forme traditionnelle celle d'un toit posé sur des piliers mais le génie c'est bien d'avoir fait de son intérieur un spectacle. La structure ainsi révélée ou du moins laissée ouverte au regard offre toute la solidité de sa poutraison.
Ne dirait-on pas les belles nervures d'une feuille végétale immense ?
L'éditeur Combier nous signale que Vitry-le François fut "Ville Martyr totalement détruite par les bombardements Allemands en 1940" Mais ne nous donne pas le nom de l'architecte de ce bijou moderne. C'est dommage.
Mais à Reims :



La carte postale des éditions Graff et Lambert nous donne bien le nom de l'architecte de ces halles qui viennent d'ailleurs d'être réhabilitées. Elles sont simplement splendides. Nous les devons donc à E. Maigrot architecte. Vous trouverez toute son histoire ici.
On voit aussi que certaines villes savent aimer leurs architectures de béton même si Reims a laissé détruire la Rafale à la Croix-Rouge qui aurait sans doute été un autre Patrimoine à aimer et sauver et que, le centre commercial du Tinqueux par Claude Parent architecte, dans cette même ville de Reims a été saccagé sans histoire...
Il est parfois difficile de savoir pourquoi l'un et pourquoi l'autre...
Sans doute que la protection au titre des Monuments Historiques des Halles de Mr Maigrot situées de plus, en centre ville aura permis sa sauvegarde. Pour ce qui est de la petite banlieue de Reims, on laisse faire. On imagine pourtant bien comment la Ville avec ces trois constructions aurait pu faire valoir cette architecture et l'inscrire même dans une forme de tradition...Trois édifices de béton, trois constructions commerciales, trois chefs-d'œuvre dont deux irrémédiablement détruits qui formaient une sorte de musée à ciel ouvert de l'architecture de béton à Reims et en France. Et j'ai bien peur que ces destructions soient " la partie visible de la stratégie d'aménagement à l'échelle de notre métropole" de Madame Hazan maire de Reims comme elle l'affirme dans le document...
C'est une gestion bien particulière, c'est au moins, une méconnaissance du patrimoine de sa ville et une chance, une opportunité perdue à jamais.
Cela on ne doit pas l'oublier, on ne l'oubliera pas.
Et n'oubliez pas le beau combat de nos amis pour sauver la halle d'Esquillan, architecte à Fontainebleau.


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