Ah...les joies du rangement et du tri...Faire disparaître les tas de cartes postales trainant sur le mobilier Ikea vers les classeurs du rangement salutaire qui permet très souvent de croiser les noms des architectes et de faire les liens entre des cartes postales nouvellement arrivées et les anciennes un peu endormies depuis vingt ans.
Je tombe sur ça...
...et je me dis que vraiment c'est le genre de machine architecturale que j'adore. C'est implacable, raide, parfaitement bien dessiné et la photographie, au soleil un rien dure, donne à la façade toute ses chances.
Purée...c'est vraiment ce genre de cartes qui me fait vibrer, heureux de cette architecture donnant à voir en quelque sorte le sérieux et la rigueur que nécessite ce qu'elle abrite. Ça rigole pas, on est pas là pour faire du bulbeux érotico-auto-construit, de la courbe naturelle, du machin bizarre, on est là pour que le formulaire 2B trouve le bureau du troisième étage ou Mademoiselle Dubreuil saura le classer : une préfecture. Une belle et bien sérieuse préfecture. Celle de la Drôme en l'occurence, celle de Valence. La carte Lumicap malheureusement ne nomme pas son photographe. On le regrette car cette image est saisissante dans sa lumière. Par contre, oui, nous avons le nom des deux architectes : Maurice Biny et G. Goldfard.
Ah que j'aimerais m'y perdre dans les couloirs, y attendre trop longtemps en salle d'attente mon tour de passage au guichet pour un renouvellement de carte grise, sentir sous mes fesses une chauffeuse en tube d'acier et moleskine ayant au moins cinquante ans, entendre dans les bureaux fermés les téléphones qui sonnent sans que personne n'y réponde. Muriel est en congés et ce n'est pas à Jean-Claude de faire son travail. Bref...j'adore cette préfecture.
Mais...comme elle est bien encombrée maintenant, disparaissant derrière un machin courbé prétentieux avec grand effort de faire moderne et respectueux. On ne voit plus le bel escalier et l'écriture de la façade. Tant pis...j'ai mon image pour mes rêves et mes fictions.
On notera qu'une église à Pouzin, dessinée par Maurice Biny est publiée dans Architecture d'Aujourd'hui en 1957. On en reparlera le temps venu.
Sur cette autre carte postale, on retrouve bien la Préfecture, cette fois, prise dans son tissu urbain. On voit bien sur quelle parcelle l'agrandissement récent a été effectué mais aussi comment le bâtiment contrastait alors avec le reste de la ville. On notera que la carte postale Cellard (célèbre pour ses prises de vue aériennes) se trompe sur l'orthographe du nom de l'architecte, Bimy en lieu est place de Biny. Ça arrive souvent.
L'autre merveille :
Nous sommes devant un très bel ensemble mais sauriez-vous me dire ce qu'il contient ? Car, vous avouerez que son beau dessin, sorte d'Architectone blanc aux verticales sombres très appuyées ne manque ni d'élégance ni de force. Alors ?
Il s'agit du Quartier Lieutenant Pichard pour la Gendarmerie Nationale à Drancy. La carte postale qui ne souffre d'aucun défaut éditorial est de la maison d'édition Raymon dont on connait sur ce blog sa grande rigueur et sa poétique de la Banlieue, maison d'édition qui nous régale depuis si longtemps maintenant. Mais où sont vos archives ? On notera que J.N Duchateau, le photographe est devenu ici une véritable star tant nous l'avons croisé de fois. Que sont devenus vos clichés ?
Malheureusement je n'arrive pas à attribuer cette architecture qui mériterait tout de même de retrouver son dessinateur. Un architecte-gendarme travaillant dans une cellule spéciale pour fabriquer toutes les architectures des casernes des gendarmes de France ? Pourrait-il y avoir ce genre de services dans la gendarmerie ?
En tout cas, la Google Car nous en montre toute sa beauté encore bien préservée. Ouf...
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