mardi 14 avril 2026

venir ici pour chatouiller vos yeux

 Être sa propre source, ça fonctionne comme ça : acheter de manière un rien frénétique des cartes postales sur les vide-greniers, en faire des tas un peu partout, un peu abandonnés puis, quelques mois après (voire quelques années) replonger dans ces tas pour y redécouvrir quelque chose, un espace, une architecture, une image qui me touche à nouveau.
C'est bien comme cela que je fonctionne, sans grande direction, sans plan pré-établi, sans réalité concrète de ce que le management d'une collection bien gérée voudrait dire.
Mais ce qui est toujours maintenu c'est bien mon premier émerveillement comme si je renouvelais de fait toujours ma joie à regarder une image d'architecture.
Parfois, comme c'est le cas ici, cette architecture reste anonyme, donne peu d'informations et reste comme un one shot de plaisir sensuel à l'image. Je cherche, je ne trouve pas. Parfois l'échec conduit alors à remettre à plus tard la publication d'une telle carte postale et elle retourne dans l'anonymat de son tas, ou bien, malgré tout, elle me donne l'envie de venir ici pour chatouiller vos yeux à votre tour.
Alors voilà :

N'est-il pas beau cet espace ? N'en aimez-vous pas tout comme moi sa lumière, la légère courbe, les pentes douces de son sol mais surtout le très beau travail du béton ? Non mais regardez cette structure si bien dessinée et les piliers qui la portent ! Fantastique dessin !
Je me souviens que mon cerveau au moment de la découverte de ce lieu y avait collé dessus le très beau travail de Willerval pour la Caserne Massena, comme ça, d'un coup, comme un éclair ! Puis...j'avais compris bien entendu que j'étais ailleurs, ici donc dans la Crypte de Sameiro au Portugal à Braga. J'étais certain devant un tel dessin que je n'aurais pas trop de mal à trouver son ou ses architectes. Mais non...je reste sans information. Pourtant que c'est beau cet espace ! Il mériterait de retrouver ses créateurs.
D'ailleurs se pose ainsi à moi comme question d'où vient cette émotion et de comment elle fut construite chez moi, faite de toutes les choses que j'ai vues, lues, aimées et surtout apprises. Cette culture des espaces et de leur représentation couve en moi comme un petit programme informatique me faisant immédiatement la surprise d'une réaction quasi-automatique, presque par dessus ma raison. On appelle cela l'imaginaire ?
Mais voilà comment faire pour ranger cette carte postale ? Vers quel architecte ? En attendant de trouver le moyen d'une identification, je vais devoir la ranger dans le classeur d'Art Sacré où elle restera anonyme. Mais qu'importe ! Je glisserai bien encore de temps en temps mes yeux sur cet espace.




Autre chose retrouvée :



Pas très loin de la première, cette carte postale de Thonon-lès-Bains, elle, nous propose presque une icône et un architecte que nous connaissons vraiment très bien sur ce blog, le prolixe Maurice Novarina !
Je pourrais presque faire un classeur rien que pour lui ! Mais ce n'est pas un reproche et cela n'entame en rien la joie toujours renouvelée de le croiser. Ici donc un bâtiment très marqué par une écriture très moderne un peu loin du goût de Novarina pour des citations plus régionalistes notamment dans ses églises. J'ai même cru longtemps que la façade de cette Maison de la Culture était de Prouvé. Mais non...Comme quoi les projections que je fabrique ne sont pas toujours justes mais disent tout de même bien mes rapports avec mon imaginaire et cette culture des formes.
L'image est forte en tout cas et la radicalité de la Modernité de cette façade est clairement l'objet de l'architecture de cette Maison de la Culture. Pureté presque glacée. J'adore.
Le photographe de chez Combier a cherché le contraste avec cette fontaine en fonte si éclectique, si dix-neuvième siècle. Au dos de cette carte un très touchant témoignage qui complète mon goût pour cette carte postale.


Si on aime une forme de radicalité sans tomber dans la pseudo et fausse néo-objectivité des fabricants d'Atlas de la France du vide, on aimera mieux cette édition de Jansol expédiée en 1967. On admirera le découpage des feuilles du premier plan venant ralentir en quelque sorte la radicalité moderne de la Maison de la Culture de Thonon devenue le Théâtre Maurice Novarina. C'est beau, c'est plastique, ça ne refuse pas les codes du genre et donc ça ne tombe pas dans l'académisme contemporain photographique...Ouf... Vive l'Art Populaire qui est bien mieux que la condescendance contemporaine.

Pour revoir la Caserne Massena :
Pour revoir Novarina :
etc....
Et pour connaitre un peu mieux la Maison de la Culture de Thonon :

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