mardi 14 mai 2019

Monsieur Jean-Claude Drouin architecte, Monsieur Prouvé, raidisseur.

Le soir, la nuit tombée, voilà qu'une présence se fait sentir. Alors que Anne Bariteaud, notre jeune collègue, nous promène dans les rues de sa ville de Tours, je tombe en arrêt devant les Halles et immédiatement j'en palpe les montants en aluminium.
Je ne sais pas pourquoi mais d'abord je trouve l'ensemble superbe et bien marqué par son époque et, dans ma tête, je pense immédiatement à du Prouvé, celui tardif, pas celui si célèbre à Tours de l'Usine Mame dans laquelle d'ailleurs nous allons passer deux jours de suite.
Mais...
Mais, en même temps, je me dis que cela serait tout de même inouï que cette bonne ville de Tours possède ainsi deux aussi beaux ensembles de Jean Prouvé en n'y faisant pas plus attention que cela. La restauration de l'ensemble sur le toit de l'Usine Mame attend, attend, attend et donc pourrit, pourrit, pourrit sans qu'il ne semble que quiconque s'y intéresse.
Alors... En pleine ville... Un ensemble Jean Prouvé...
Eh bien si !
Si ! Mais pas seulement !
Dans le restaurant, alors que mes collègues hésitent entre une salade au saumon ou au tofu (oui on est comme ça) je cherche rapidement sur mon téléphone et je tombe sur cet excellent et très complet interview de Cécile Garcia-Giraud par  Laurent Geneix  :
https://www.37degres-mag.fr/societe/un-architecte-un-lieu-tourangeau-episode-8-les-halles-de-tours/

Ouf ! Me voici conforté dans mon intuition et quel plaisir, toujours de faire une aussi belle découverte ! Merci à vous deux !

Alors, de retour à la maison, je cherche mieux car la personnalité de Jean Prouvé pourrait avoir vite fait d'occulter celle de Jean-Claude Drouin le vrai architecte de ces belles halles de Tours. Il est aisé alors de suivre le cours normal des recherches et de tomber d'abord sur un article dans l'Architecture d'Aujourd'hui qui oublie de mentionner Jean Prouvé mais nomme bien Monsieur Jean-Claude Drouin et Michel Georginadi comme architectes. Nous avons la date : février 1981. Pourquoi Jean Prouvé n'est pas nommé ? Sans doute que son rôle structurel passe en second plan du... plan. Pourtant son écriture est lisible et c'est d'ailleurs troublant à quel point l'esthétique de ce bel ensemble lui rend hommage. Et ne sont évoqués par Cécile Garcia-Giraud que les raidisseurs.

Mais voilà une autre belle surprise, toujours dans la revue l'Architecture d'Aujourd'hui voici que Jean-Claude Drouin dans un très bel article nous propose une maison expérimentale en 1972 et que cette maison me fait vraiment trop penser à l'ensemble saccagé sur les ordres de Pecresse à Saint-Ouen. Le voilà mon écho mémoriel.
La maison est superbe ! On rêverait de la visiter ! On note que l'article fait allusion au système Pétroff, à Jean Prouvé cette fois bien nommé mais aussi à la société Matra.
Je ne sais pas qui a encore la chance aujourd'hui d'habiter dans une telle œuvre mais qu'il nous contacte ! Et Monsieur Jean-Claude Drouin aussi !
Il me fallait donc, dans ma collection, ajouter quelques cartes postales de ces belles Halles de Tours afin de rendre justice à Monsieur Drouin son architecte et à Monsieur Prouvé son raidisseur !

La première :


Les éditons Valoire ont fait le choix d'une proximité avec les halles de Tours. Aucun nom n'est donné, aucune indication non plus du photographe. Par contre, la lumière donne toute sa chance aux jeux contrariés des verticales et des horizontales ainsi qu'à la blancheur de l'ensemble. On note aussi la grande ouverture du bâtiment sur l'extérieur et sa belle massivité sereine. Le toit n'a sans doute pas échappé aux contraintes d'intégration et propose donc des pentes couvertes d'ardoises.
La seconde :


Une belle édition Artaud qui nous permet de lire un peu mieux la volumétrie et aussi, par le recul, permet au photographe de placer un élément architectural du Tours historique. Ciel parfaitement tendu et nettoyé, minéralité de l'ensemble que le vide de vie rend beau et spectaculaire.
La troisième :


Placé en hauteur le photographe des éditions Greff fait le choix d'une vue intégrante. Les halles sont prises dans la ville et s'y intègrent bien semble-t-il. On note la hauteur bien tenue et la coloration du bâtiment qui tient compte de son environnement : mur blanc, toit en ardoise. C'est d'ailleurs assez étonnant comment cela rentre bien en quelque sorte !

Tours, la nuit :




































Et maintenant les articles dans l'Architecture d'Aujourd'hui, l'article sur Tours ne comporte aucun nom de rédacteur ou de photographe et le nom du dessinateur est illisible.















































































La Maison, les photographies proviennent de chez Matra ou de J. Masson :






























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