samedi 14 avril 2018

Paul Bossard, exemplaire

Dans la production immense du logement social en France pendant les Trente Glorieuses, se détachent quelques icônes indispensables : Jean Renaudie, Renée Gailhoustet sont très loin devant, Aillaud bien entendu, Camus et son système remplissant le monde, mais l'une des plus belles réussites françaises, un peu oubliée est celle de l'architecte Paul Bossard pour la Cité des Bleuets à Créteil.
Nous avons déjà évoqué cet ensemble ici mais comment résister devant une nouvelle carte postale, ce qui en fait deux au moins pour ce lieu, le signe tout de même d'une certaine importance.
La voici :

La carte est une édition Scintex, maison d'édition peu fréquente qui malheureusement ne nomme ni l'architecte Paul Bossard ni le photographe...
Par contre, le cliché nous permet de bien lire toutes les qualités constructives et esthétiques de ces logements. Ici, la liaison sur le sol, avec le traitement en socle incliné et aveugle, là sur le pignon, les plaques de béton emboîtées ou encore le remarquable traitement des bandeaux que Paul Bossard a particulièrement soignés en un granulat épais de cailloux additionnés. On note la remarquable gestion des ouvertures verticales sur toute la façade perçant littéralement celle-ci sur sa longueur et contrariant les effets de massivité et de brutalisme de cet épiderme, l'un des plus étranges, des plus beaux de cette période. L'effet sculptural ne camoufle rien et l'intelligence semble avoir gagné aussi les aménagements intérieurs.







































Paul Bossard fait ici preuve d'une grande originalité, d'un sens poétique même, donnant à ces barres une force indéniable, un caractère. Claude Parent aimait beaucoup cet ensemble, sans doute y retrouvant dans leur franchise ce qui lui restait d'amour pour Le Corbusier. Une peau épaisse, granuleuse, rocailleuse comme remontée des profondeurs.
Ionel Schein ne s'y trompe pas non plus, nommant dans son Guide de l'Architecture Contemporaine la Cité des Bleuets de Paul Bossard.
On aimera aussi que la Google Car soit passée si près des barres de Paul Brossard que l'on peut presque en toucher leur peau de cailloux.

Et merci Tony...j'ai corrigé ! Je me fais vieux...









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