lundi 30 septembre 2013

Brutalisme coréen

Aujourd'hui, partons un peu loin, partons en Corée.
Je vous propose de voir deux objets un rien mystérieux par leurs formes et par leur puissance.
Deux objets de béton, brutalistes.



Nous sommes à l'arrière de l'Hôtel Tokyu à Gyungju.
D'ici les volumes apparaissent totalement fermés et seule la façade par ses creux aux niveaux inférieurs  brise ce sentiment de bunker gris !
On aimera tout particulièrement la volée d'escalier et le petit volume sculptural à l'entrée qui doit être (?) une bouche d'évacuation de la climatisation.







Mais ne nous laissons pas berner par cette face très expressive et très dure car l'autre face de l'Hôtel Tokyu est, elle, beaucoup plus ouverte ! Je vous laisse aller voir sur ce site la décoration superbe et brutaliste de cet hôtel aujourd'hui...
Mais, alors même que cet hôtel (Concorde maintenant) jouit d'une vue et d'une façade sur un lac très pittoresque, on s'amusera que la carte postale choisit de nous montrer cette façade et son parking... Je n'ai pas d'information à vous donner sur les noms des architectes.
Sur la colline :



Ce bar (ou restaurant) est posé sur une colline qui domine Séoul. Malgré sa très grande originalité due à une forme de pyramide posée sur la pointe, malgré sa situation exceptionnelle, je n'arrive à avoir comme information sur cette beauté brutale de béton que sa transformation en restaurant à Pizza !
Pourtant, il ne fait aucun doute, qu'un tel monument aussi marqué a dû bénéficier d'une fortune critique... mais où ?
Restons donc sur cette carte postale qui nous permet tout de même de saisir la structure de l'ensemble, son traitement de béton, le beau dessin de cette forme qui permet à tous les niveaux du restaurant d'avoir une vue imprenable sur Séoul.
J'imagine que c'est bien là que les pizzas quatre saisons ou la Margarita sont les meilleures du Monde car nos amis coréen savent prendre partout les bonnes leçons que ce soit pour la pizza comme pour l'architecture !
Pour ce qui est de l'architecture, nous resterons sur notre faim et le mystère coréen de l'architecture brutaliste restera complet.
Nous noterons que l'éditeur de ces deux cartes postale est WooJin Press.



dimanche 29 septembre 2013

Plaidoyer pour les Carrats de Georges Candilis à Port Leucate

éditions Audumares, 1975.
Allons-nous encore laisser faire ?
Allons-nous encore faire semblant de ne pas voir le danger qui menace l'une des œuvres majeures de l'architecture des loisirs produites en France ?
Les Carrats, centre de vacances à Port Leucate sont en vente. On sait comment les promoteurs traitent sur notre territoire les ensembles immobiliers en front de mer, on sait comment déjà par exemple, le Kyklos à Port Leucate est massacré visuellement et dans son environnement à quelques mètres de là.
Alors même qu'une exposition remarquable a fêté le centenaire de la naissance de Candilis * dans les locaux de la mairie de Port Leucate, comment penser que cette attention retrouvée au concepteur de cette ville puisse le mois suivant disparaître dans une indifférence à l'une de ses créations majeures ?
Il faut sauver les Carrats de toutes modifications notoires, de toutes transformations de ses espaces, de ses distributions et lui redonner la totalité de ses détails : huisseries, couleurs, mosaïque, jardins...
Il faut que le Label Patrimoine du XXème Siècle attribué à cet ensemble soit transformé rapidement en une inscription sur la liste supplémentaire des Monuments Historiques pour stopper immédiatement et avant même que le changement de propriétaire soit effectif tous risques de transformations de cette construction qui reste une œuvre, une pensée, une leçon.
Cela est de la responsabilité des autorités locales : D.R.A.C, municipalité et tous les acteurs locaux du Patrimoine. Cela est de la responsabilité des vendeurs et des futurs acquéreurs, cela est de la responsabilité du Ministère de la Culture dont on sait, malheureusement depuis quelque temps, le manque total d'intérêt pour ce Vingtième Siècle pourtant digne et riche d'un Patrimoine Architectural tourné vers l'esprit populaire qui devrait ravir sa ministre.

Monsieur Michel Py,
Monsieur le Maire de Port Leucate, je m'adresse à vous. Je suis venu voir votre ville, je suis venu voir ce travail inventif de Monsieur Candilis créateur de votre ville, de vos espaces, de ce qui est votre territoire municipal. Chaque espace, chaque détail, chaque circulation est un travail, une invention dont vous connaissez la valeur de son créateur, auquel vous avez, par un discours public, lors de l'exposition au sein même de vos locaux municipaux rendu un hommage vibrant.
Voyez aussi comment le Patrimoine Moderne produit une autre forme de tourisme.
Monsieur le Maire, je suis certain que cela se rappellera à vous et que vous prendrez en main rapidement  le dossier de protection des Carrats car, je ne peux pas imaginer que vos paroles ne soient que de circonstance, que votre engagement vis-à-vis de l'Histoire de votre ville ne soit qu'une déclaration d'intention.
Sauvez les Carrats, sauvez et restaurez à Port Leucate tout ce qui peut l'être encore du travail de Monsieur Candilis...
Car ce Patrimoine n'appartient pas seulement aux enjeux locaux mais à la communauté nationale : Ce Patrimoine est le nôtre.
Merci.

Nous avons déjà beaucoup évoqué Port Leucate sur ce blog:

http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/06/port-leucate-un-manifeste.html

http://archipostcard.blogspot.fr/2012/10/strabic-une-revue-un-echo.html

http://archipostalecarte.blogspot.fr/2013/03/georges-candilis-au-debut.html

http://archipostcard.blogspot.fr/2009/08/renault-16-et-kyklos.html





éditions Théojac, photographie de l'excellent J.-C Meauxsoone.



*exposition organisée et montée par l'Association le Design s'Expose, Clément Cividino commissaire.



Georges Candilis-100 ans / Port-Leucate

samedi 28 septembre 2013

Dehors, dedans le béton


 

Dans un paysage de Paris égrainant le blanc, le noir, le gris, se détache à peine de cette égalité, une construction moderne.
Son intégration, d'ici, pourrait paraître totale et admise : l'UNESCO.
La carte postale CAP nous donne beaucoup d'informations tant par son titre que par son correspondant. D'abord la date puisque le courrier est daté de juin 1959 et raconte la visite des lieux par un gendarme anglophone qui écrit vers l'Algérie.
Puis nous avons la description du lieu avec la mention du Secrétariat et du bâtiment des conférences, et, enfin, le nom du photographe : Berrety.
Ce bâtiment abondamment présent dans les collections familiales reste tout de même toujours un objet passionnant du point de vue architectural et donc, photographique. Rares sont, en effet, les constructions ayant suscité autant de représentations depuis le dessin du projet jusqu'à des images artistiques en passant par des cartes postales représentant le chantier à des fin publicitaires !
Et parfois, ces cartes postales photographiques sont d'une très grande beauté :



Cette carte postale est une photographie de Pablo Volta, une bien belle photographie !
Comment ne pas jubiler ici de cette silhouette trouvant son échelle contre le magnifique travail du béton plié ?
Comment ne pas se réjouir de cette matière s'opposant par son grain à l'aplat noir et dense de ce personnage en train de marcher ?
Quelle image !
Il est assez facile de la replacer sur la carte postale précédente.
Je crois que nous n'avons pas fini de trouver ici ou là encore de belles photographies, de belles cartes postales de cette construction qui marqua par son architecture et par son programme le paysage parisien.
Architecture d'Aujourd'hui en 1958 fit un article complet et même sa couverture avec le même motif que Pablo Volta mais dans un traitement encore plus abstrait. Comme ce dossier comporte... 32 pages (!), je ne vous montrerai que quelques photographies de la Salle des Conférences (ou salle des séances plénières)... Mais ce qu'il faut surtout faire c'est visiter cette construction et ses jardins lors de votre prochain passage à Paris.
Bonne visite.




















vendredi 27 septembre 2013

Monument de la Honte

En 2017, l'émotion était palpable mais surtout le soulagement.
Cela faisait maintenant 5 ans que le monde de l'Architecture et du Patrimoine attendait ce moment où l'on verrait enfin la Guerre contre le Patrimoine Architectural prendre fin. Cette guerre fut violente et dure mais fut aussi inégale car les moyens d'action étaient, il faut bien le dire, concentrés seulement d'un seul côté celui, et c'est cela qui est étrange, des officiels de la protection.
En hommage à la disparition des Grands Monuments détruits par cette guerre entretenue par celle-là même qui aurait dû les protéger, les Architectes et Citoyens Résistants décidèrent de construire un Monument rappelant aux générations futures la hargne belliciste de celle que l'on nommait alors la Ministre de la Culture.
Ce monument le voici :



Chaque barre de béton brut représente l'une des constructions disparues ou défigurées pendant cette Guerre contre le Patrimoine Architectural : Siège Novartis, Usine FARMA, école de Gond-Pontouvre, Halle de Fontainebleau, Espace Niemeyer, Tour Perret de Grenoble, les Carrats de Leucate.
La dédicace gravée sur le Monument de la Honte dit : " contre les actes de barbarie culturelle, nous n'oublierons pas. nous reconstruirons."
On voit sur cette photographie trois jeunes et vaillants combattants reconnus pour leur courage fleurir le jour de l'inauguration ce monument.
Et dans le silence de ce jour, on décida de remplacer le regret par l'action.

jeudi 26 septembre 2013

Aurélie Filipetti et "un acte de barbarie culturelle."

Les mots sont durs mais malheureusement ils sont justes.
Jamais en France, jamais, une telle concentration d'attaques contre le Patrimoine Architectural Moderne n'aura suscité de la part d'un(e) Ministre de la Culture aussi peu d'intérêt voire même, on finira par le penser, au contraire, le désir de ces destructions et cela alors même qu'elle se permet, dans le même temps d'annoncer des mesures pour les bâtiments ayant obtenu le Label Patrimoine du XXème. Un cynisme à son comble !
Oui, c'est un acte de barbarie culturelle dont se rend complice par son inaction et son dévoiement Aurélie Filipetti, avec les élus locaux et cela sous les yeux interloqués de très grands noms de l'Architecture, du Patrimoine et des citoyens.
Je devrai donc, comme enseignant, avoir la pénible charge d'annoncer, d'enseigner comment les politiques en France et les plus hautes autorités de la Culture laissent ainsi détruire ce qui fonde notre lien national : le Patrimoine.
Et si je suis en colère, j'aurai surtout honte... j'aurai honte devant cette jeune génération.
Mais je n'oublierai pas, nous n'oublierons pas.
Je vous donne ici lecture du texte de Hubert Lempereur et vous verrez que bientôt les cabinets de communications du Ministère feront leur travail et on entendra des annonces, des blablas, mais certainement pas des excuses.

http://www.lemoniteur.fr/159-culture/article/actualite/22428050-carnage-architectural-a-fontainebleau?fb_action_ids=470929276347991&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map=%7B%22470929276347991%22%3A194119277436826%7D&action_type_map=%7B%22470929276347991%22%3A%22og.recommends%22%7D&action_ref_map=%5B%5D

extrait :


« La valeur patrimoniale de ce bien commun qu'était la halle de Fontainebleau commandait évidemment sa conservation et transformation, sans la moindre équivoque ou réserve. Sa destruction est un acte indigne. Indigne d'un élu supposé porter l'intérêt général et le bon usage des deniers publics. Indigne de Fontainebleau, dont l'image sera, j'en suis certain, entachée pour longtemps par cet acte de barbarie culturelle, comparable à sa façon à la démolition des halles de Baltard.
Jamais une mobilisation de grands noms des mondes de la culture, de l'architecture, et aussi, fait rarissime, de l'ingénierie et des travaux publics, n'avait été aussi large et unanime. Il était de votre responsabilité, de votre honneur, et de celle de votre maître d'œuvre, ne serait-ce qu'au titre de son devoir de conseil, de savoir l'écouter. La réponse brutale que vous avez donnée vous met ensemble en bonne place à la longue et peu glorieuse liste des vandales et des urbicides ».
Hubert Lempereur, architecte et historien


nous ajoutons, nous soutenons et nous soulignons le courrier de Serge Renaudie :

Madame la Ministre,

La Halle du marché de Fontainebleau, due à l'ingénieur Nicolas Esquillan, a été assassinée ce lundi matin, 23 septembre 2013, après que votre ministère lui ait refusé aide et protection. C’est une manière brutale de dire les choses, mais c’est ainsi que je le ressens. Incrédules, nous avons assisté à la démolition de ce patrimoine architectural unique. Comment avez-vous pu, vous, laisser passer l'occasion de montrer votre détermination à défendre la culture architecturale? A Gond-Pontouvre, la démolition de l'école, conçue par Robert Chaume, avec des éléments de Jean Prouvé, a été suspendue en juillet. Suivra-t-elle le même sort que la Halle d'Esquillan ? Se contentera-t-on de sauvegarder quelques morceaux de tôle dans un hangar des monuments historiques? Cette école est un patrimoine vivant, pas un objet de musée. 
Comment pourriez-vous à la fois défendre la "culture vivante" et laisser s’opérer la destruction progressive du patrimoine architectural du XXème siècle ? Comment pourriez-vous encourager la rencontre de la culture et de l'école, en acceptant que cette école soit démolie? 
Des gestes forts et concrets sont attendus après les discours, pour la protection du patrimoine architectural du passé récent et pour la promotion de l'architecture contemporaine, patrimoine du futur. 
L’architecture contemporaine, déjà mise à mal par les entreprises et les procédures PPP, étouffées par les normes, ne doit pas perdre son socle historique. Dans une société de consommation dirigée et du jetable, l’architecture a besoin d’être accompagnée pour être comprise. 
L’architecture a besoin d’un soutien culturel fort, le vôtre, Madame la ministre. 




Dans l'attente impatiente, je vous prie d'agréer, Madame la ministre, mes salutations respectueuses.
Serge Renaudie, Architecte-Conseil de l’Etat.

mercredi 25 septembre 2013

Des tours à la française

Retrouvons les beautés du Hard French :



Cette très belle carte postale en couleurs des éditions Combier, nous montre la Tour d'Ermont dont, si on en croit l'éditeur, les architectes seraient messieurs Herbé, De Coudun, Fournier, Boissenot.
On aimera : la polychromie superbe de l'ensemble, le contraste entre cette verticale accentuée par le volume de la cheminée et les petites constructions au toit ondulé au pied de la tour. Que dire d'autre devant ce qui représente certainement une sorte de typologie de la tour Hard French même si Monsieur Herbé est un architecte que nous connaissons bien, difficile ici de s'attarder sur cette architecture alors même que sa photographie devient une photogénie. Peut-on aimer une architecture seulement par son image ? Certainement ! Merci Claude.
Plus courte :



L'éditeur exceptionnel qu'est Lyna nous promène cette fois à Gennevilliers dans la Cité du Fossé de l'Aumône.
La carte postale en noir et blanc trouve une belle jeunesse dans l'appui discret mais bien posé de quelques touches de couleurs qui font vibrer l'ensemble. Une fois de plus, les stores font le travail de faire chanter un peu le gris de l'architecture. Même le ciel, très lumineux, joue au contraste.
Le jaune idéal et joyeux glisse du tissu du store à la carrosserie d'une automobile...
Très ambitieuse :



Toujours l'éditeur Lyna pour cette image superbe !
La Tour Pleyel s'élance dans un dégradé de bleu et y oppose un brun de bronze. Un monolithe que nous pourrions vénérer comme une idole venue d'un autre monde, la tour Pleyel ainsi isolée, prend une ampleur qui, sans doute, déborde la vraie importance de son architecture.
Mais nous aimons cela ici, ces beautés étranges et radicales qui n'ont à offrir souvent que leur isolement comme force, puissance et... intérêt !
Pourtant, dans un numéro de 1968 d'Architecture d'Aujourd'hui on trouve des images du projet qui malheureusement a avorté.
4 tours étaient prévues !
Et, dans cet article, on trouvera aussi là un plaisir avant tout des images et de la représentation. Comme cela a fière allure ces 4 blocs rudes et solides implantés dans le sol. Comme cela était moderne et fort et d'une abstraction, d'une abstraction... d'une abstraction...
Les architectes de cette merveille inachevée sont messieurs Binoux, Folliasson, Favatier, Herault.







lundi 23 septembre 2013

La honte à Fontainebleau

La destruction en cours de la Halle de Fontainebleau restera dans l'histoire la responsabilité de son maire Monsieur Valletoux et de la Ministre de la Culture Aurélie Filipetti.
Un acte de barbarie culturel.
N'oubliez jamais ces deux noms associés ensemble dans la destruction du Patrimoine.
Pour le premier c'est sans doute une première, pour le second cela devient une habitude, presque une signature.
C'est une honte associée, une responsabilité historique.
Et rien ne sert de regretter si vous ne vous êtes pas mobilisés.
Voilà le résultat de la démocratie populiste française, de la Culture de gauche quand elles s'associent.
Et n'oublions pas le remarquable travail du Cabinet Chavannes qui sait travailler sur des ruines.

Le Comité de Vigilance Brutaliste.




Monsieur Valletoux, il y a du courrier pour vous :

Nous recevons et nous agréons: 

Lettre ouverte à Monsieur Frédéric Valletoux


Monsieur le Maire,

Le destin que d'entente avec Patrick Chavannes (A.A.U.P.C.) vous réservez à la halle de béton et de verre construite par l'architecte Henri Bard et l'ingénieur Nicolas Esquillan pendant l'Occupation dans l'optique de la requalification prochaine du centre-ville historique de Fontainebleau suscite indignation et colère auprès de personnalités chaque jour plus nombreuses du monde de l'architecture, de l'urbanisme, mais aussi de l'ingénierie et du BTP.

Répondant à l'appel lancé par le collectif opposé à la destruction de la halle, plusieurs de ces personnalités autorisées - Marc Mimram, architecte et ingénieur, Claude Éveno, urbaniste, écrivain et professeur à l'École Normale Supérieure du Paysage, Jean-Baptiste Minnaert, professeur d'Histoire de l'architecture à l'Université de Tours et d'autres encore - ont spontanément participé à la conférence de presse organisée hier matin au marché et, parmi d'autres voix, ont exprimé les motifs de leur hostilité à ce geste.

On m'a aimablement signalé votre présence, à quelque distance de l'équipement septuagénaire qui, débarrassé des voitures qui l'encombrent ordinairement, remplissait avec efficacité et bonhommie sa fonction ordinaire. Je me suis présenté, et, enchaînant sur les courtes salutations d'usage, j'ai évoqué nos divergences de vues sur le cas de la halle. À brûle-pourpoint, je vous ai demandé si vous ne voudriez pas changer d'avis, mais vous avez souhaité abréger et clore l'entretien et nous nous sommes salués.

C'est en qualité de porte-parole du collectif bellifontain et de l'ensemble des pointures qui le soutiennent et sont en copie de ce message que je m'exprime ici, pour vous exhorter de sursoir et de réexaminer le bien-fondé de cet acte. Le nombre de suffrages qui stigmatisent votre position est trop élevé - jamais un tel ensemble de signatures ne s'est trouvé réuni, y compris dans le cas de l'hôtel Lambert à Paris - pour que l'architecte lauréat Patrick Chavannes et vous-même n'en teniez compte, et ne considériez l'éventualité d'un ajustement du parti d'intervention.

Le référé suspensif lancé contre l'abrogation de l'instance de classement du 5 mars dernier, les complications et aléas inhérents à un chantier de ce type - découverte d'amiante et de plomb - vous offrent une dernière chance. Ces contingences instaureront des délais propices et vous ouvrent la porte à un revirement sportif et fédérateur, qui ne ferait qu'ajouter à la qualité de ce que vous vous apprêtez à mettre en oeuvre. Si elle est perpétrée, la destruction de la halle du marché de Fontainebleau vous vaudra une célébrité sans doute durable, mais d'un panache assez indigne de l'homme politique que vous êtes, et sans rapport avec les mérites que beaucoup sont prêts à vous reconnaître.

Veuillez croire, Monsieur le Maire, à l'expression de ma très respectueuse et très sincère considération.


Jean-François Cabestan
porte-parole du collectif en faveur de la préservation du marché

et ajoutons :

Monsieur Valletoux, 
Maire de Fontainebleau,

Monsieur Lipkowski maire de Royan est resté dans l'histoire de sa ville.
Comment ?
Non pas pour son activité certainement honorable de Maire mais parce que dans tous les manuels d'histoire de l'architecture et dans la mémoire des Royannais, il est LE Maire qui détruisit le Casino de Royan chef-d'œuvre d'architecture.
Cette responsabilité, il la porte aujourd'hui et pour toujours.
Est-ce une manière de rester dans la mémoire de l'histoire d'une commune ? Sans doute !
Ne faites pas, Monsieur Valletoux, avec la Halle du Marché de votre ville la même erreur historique, la même erreur politique.
Car, vous pouvez être certain, que la destruction du Patrimoine de votre ville, donc du Patrimoine commun et national, est une bien étrange méthode pour obtenir une célébrité locale et... nationale que la menace même vous fait déjà gagner de jour en jour.
Au nom du respect des autorités intellectuelles de la Culture, au nom du respect des amoureux du Patrimoine mais surtout Monsieur le Maire, au nom du respect du Patrimoine de votre ville, sauvegardez la halle du marché de Fontainebleau et dans un retournement spectaculaire qui ne sera pas un dévoiement mais une prise de conscience éclairée, défendez ce patrimoine unique, superbe et exemplaire pour les futures générations de Bellifontains.
Choisissez comment vous voulez entrer dans l'histoire de votre ville.

Veuillez Agréer, Monsieur Le Maire, l'Expression émue de notre Considération Distinguée.

David Liaudet pour le C.V.B



dimanche 22 septembre 2013

Tous ensemble, tous ensemble à Fontainebleau !


Aujourd'hui,

DIMANCHE 22 SEPTEMBRE, à 11h30

CONFÉRENCE DE PRESSE et SIT-IN
au marché couvert de Fontainebleau, place de la République


En dépit de courriers répétés, du soutien inconditionnel de quinze
Grands Prix de l'Architecture et de l'Urbanisme, d'ingénieurs de renom
international, de la SPPEF, et, plus récemment, de l'appui
expressément formulé par le Ministre Jack Lang, aucune réaction
n'émane du Ministère de la Culture quant à l'imminence du
démantèlement du marché couvert de Fontainebleau.

En signe d'ultime protestation, le collectif des bellifontains opposés
à la destruction de la halle improvise une conférence de presse
dimanche prochain 22 septembre à 11h30 et invite tous ceux que
préoccupe le sort de cette rare nef de béton construite par Henri Bard
et Nicolas Esquillan (concepteur des voûtes du CNIT à la Défense) en
1942 de prendre part au sit-in qui aura lieu place de la République,
plus connue - pour quelques jours encore - sous le nom de place du
Marché.


Libération :
http://next.liberation.fr/design/2013/09/20/a-fontainebleau-le-combat-continue-pour-contrer-la-destruction-de-la-halle-du-marche_933436

Patrimoine en blog :
http://patrimoine.blog.pelerin.info/2013/09/20/halles-de-fontainebleau-le-week-end-de-tous-les-dangers/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+PatrimoineEnBlog+%28Patrimoine+en+blog%29-la-destruction-de-la-halle-du-marche_933436

Un Royan, pour moi, encore inconnu...



Il y aurait donc encore des lieux et des constructions à Royan que je ne connaîtrais pas ?
Sans doute !
Mais l'étonnement fut bien total, hier, lorsqu'en écrivant mon article sur Max Schlup, je trouvai un article sur Royan... un Royan pour moi inconnu...
Effectivement, ce numéro de 1957 de Architecture d'Aujourd'hui nous réserve une belle surprise page 8, tout un article sur l'école du centre par Henri Maillard son architecte.
Et quelle école !
Quelle façade !
La polychromie est magnifique et le système constructif est bien dans le goût de l'époque ! Entre légèreté et luminosité, l'ensemble par son plan et par son utilisation des matériaux est d'une très grande élégance.
Mais où est-ce dans Royan ? Qui me dira à quel point, je dois encore arpenter les rues de la plus belle ville du Monde pour en trouver ces pépites ? Charlotte ? Mathieu ? Véronique ?
Est-ce que cette école existe toujours ? A-t-elle été transformée ? Détruite... Oh non ! Dites-moi que non...
Je vous laisse à la lecture de l'article sur l'école :












Mais on trouve aussi que Monsieur Maillard a participé à la construction et au dessin de la galerie Botton et une somptueuse photographie en couleur illustre cette précision !
Pas de doute que nous avons hâte de retrouver cette merveille parfaitement restaurée dans ses volumes, dans ses couleurs...





Comme ici, nous aimons les cartes postales d'architecture et que Royan y brille avec magnificence (oui je sais c'est sans doute trop...), je vous propose quelques nouveautés :



Incroyable point de vue !
Cette carte postale Chatagneau nous montre l'Avenue Aristide-Briand depuis... l'une des fenêtres des immeubles ! Nous sommes au troisième étage ! Imaginons le photographe, Monsieur Chatagneau demandant à l'un des habitants l'autorisation de monter là-haut pour faire ce cliché ! Il se tourne évidemment vers le marché et fait une scène de vie royannaise superbe ! Mais... connaissant la richesse de Chatagneau éditeur, aurait-il tourné son appareil de l'autre côté de la fenêtre pour éditer une carte postale nous montrant, dans le même temps, les Nouvelles Galeries et le Portique... Il faudra chercher !
Encore :



L'éditeur de cette carte postale du Boulevard Briand est Glatagny. On connaît bien ce point de vue mais, ici, l'originalité vient de ce que le marché au fond de l'image est en chantier, bien avancé. La carte fut expédiée en 1957.
Mais où sont les cartes postales nous montrant franchement, directement ce chantier du marché ?
Pourquoi les éditeurs semblent avoir si peu d'intérêt pour ces moments des constructions ?





samedi 21 septembre 2013

Un architecte suisse : Max Schlup

Le Frisson.
C'est bien ce qui arrive parfois, quand au milieu d'un paquet de carte postales passe cela :



Immédiatement les yeux analysent une forme, reconnaissent une sorte de familiarité.
Ici, nous sommes à Bienne ou Biel selon que l'on est francophone ou pas. C'est en Suisse ! Et ce bâtiment visé par une carte postale des éditions Orell Füssli est le Palais des Congrès. Rapidement, la courbe du toit de la piscine vient donc jouer avec la tour élancée qui lui est accolée. Et si on peut avoir raison de reconnaître rapidement la toiture si typique de la structure de la piscine, on reste surpris par le dessin que l'on devine de la tour qui semble comme évidée...



C'est bien le cas !
Quel dessin !
Il est pourtant un peu difficile de trouver des informations sur l'architecte Schlup et même des images de ce Palais des Congrès et de cette piscine. Pourtant c'est bien là une œuvre singulière !
Depuis Google :





Depuis Panoramio :



Dans le numéro de septembre 1957 d'Architecture d'Aujourd'hui sur les jeunes architectes dans le monde, on trouve pourtant une page sur Max Schlup qui présente la construction d'un... Atelier d'Horlogerie (on est bien en Suisse !) à Lengnau.
Né en 1917, ce "jeune architecte" a donc déjà 40 ans !
Il semble qu'un livre soit consacré à Max Schlup. Nul doute, que ce livre pourrait nous donner mieux à voir l'œuvre de cet architecte qui nous a réservé par la carte postale une bien belle surprise. Si des amis suisses nous lisent et ont des belles images de cette surprise...
Merci Claude pour cette belle carte postale.